{"id":5378,"date":"2016-03-07T09:51:51","date_gmt":"2016-03-07T14:51:51","guid":{"rendered":"http:\/\/english.cpnn-world.org\/?p=5378"},"modified":"2020-01-04T20:40:10","modified_gmt":"2020-01-04T20:40:10","slug":"portrait-dr-denis-mukwege-lhomme-qui-reparait-les-femmes-dans-lest-de-la-rdc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/french.cpnn-world.org\/?p=5378","title":{"rendered":"PORTRAIT:  Dr. Denis Mukwege, l&#8217;homme qui r\u00e9parait les femmes dans l&#8217;est de la RDC"},"content":{"rendered":"<div style=\"float: left; width: 46%;\">\n<p>. EGALITE HOMMES\/FEMMES .<\/p>\n<p>Un article du <a href=\"http:\/\/www.un.org\/apps\/newsFr\/storyF.asp?NewsID=36043#.Vty69Mdlnfa\">Centre d&#8217;actualit\u00e9s de l&#8217;ONU<\/a><\/p>\n<p>Lorsqu&#8217;en 1999 une femme se pr\u00e9senta \u00e0 son h\u00f4pital avec l&#8217;appareil g\u00e9nital d\u00e9truit par des tirs d&#8217;arme \u00e0 feu, le gyn\u00e9cologue congolais Denis Mukwege crut d&#8217;abord \u00e0 un cas isol\u00e9.<\/p>\n<p><center><a href=\"https:\/\/french.cpnn-world.org\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Mukwege.jpg\" rel=\"attachment wp-att-5379\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/french.cpnn-world.org\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Mukwege-300x205.jpg\" alt=\"Mukwege\" width=\"300\" height=\"205\" class=\"alignnone size-medium wp-image-5379\" srcset=\"https:\/\/french.cpnn-world.org\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Mukwege-300x205.jpg 300w, https:\/\/french.cpnn-world.org\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Mukwege.jpg 603w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><br \/>\nLe Dr. Denis Mukwege, directeur et fondateur de l\u2019h\u00f4pital de Panzi \u00e0 Bukavu, en R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo, et laur\u00e9at du Prix des droits de l\u2019homme des Nations unies. Photo ONU\/Eskinder Debebe<\/center><\/p>\n<p>\u00ab Mais apr\u00e8s environ six mois, je me suis rendu compte que l&#8217;histoire se r\u00e9p\u00e9tait chez d&#8217;autres patientes quasiment \u00e0 l&#8217;identique : &#8216;J&#8217;ai \u00e9t\u00e9 viol\u00e9e, puis ils m&#8217;ont introduit une ba\u00efonnette ! J&#8217;ai \u00e9t\u00e9 viol\u00e9e, puis ils ont brul\u00e9 du caoutchouc sur mon appareil g\u00e9nital !&#8217; \u00bb, s&#8217;est rem\u00e9mor\u00e9 le Dr. Mukwege dans un entretien r\u00e9cent avec la Radio des Nations Unies et le Centre d&#8217;actualit\u00e9s de l&#8217;ONU.<\/p>\n<p>La pratique qu&#8217;il venait de d\u00e9couvrir, n\u00e9e du conflit sanglant qui opposait \u00e0 l&#8217;\u00e9poque le gouvernement \u00e0 des groupes arm\u00e9s en R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo (RDC), allait profond\u00e9ment marquer le restant de sa carri\u00e8re : l&#8217;utilisation de la destruction des organes g\u00e9nitaux f\u00e9minins comme arme de guerre.<\/p>\n<p>\u00ab C&#8217;est une situation qui nous est tomb\u00e9e dessus \u00bb, a confi\u00e9 le Dr. Mukwege, pour expliquer la d\u00e9cision qu&#8217;il prit alors de consacrer sa vie professionnelle \u00e0 la chirurgie reconstructrice des femmes victimes de violences sexuelles \u2013 une d\u00e9cision qui mettrait par la suite sa vie et celle de ses proches en danger.<\/p>\n<p>Seize ans plus tard, l&#8217;engagement du Dr. Mukwege lui a permis de soigner plus de 40.000 victimes \u00e0 l&#8217;h\u00f4pital qu&#8217;il a lui-m\u00eame fond\u00e9 dans le quartier de Panzi \u00e0 Bukavu, sa ville natale de la r\u00e9gion du Sud-Kivu, \u00e0 l&#8217;est de la RDC.<\/p>\n<p>Celui que la presse a surnomm\u00e9 &#8216;l&#8217;homme qui r\u00e9pare les femmes&#8217; s&#8217;est aussi forg\u00e9 une reconnaissance internationale pour son travail, qui lui a valu de nombreuses distinctions, dont le Prix des droits de l&#8217;homme des Nations unies, en 2008, et le prix Sakharov, en 2014. A 59 ans, il a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 plusieurs fois pressenti pour le prix Nobel de la paix.<\/p>\n<p>De ce parcours exceptionnel, le Dr. Mukwege dit qu&#8217;il est avant tout le fruit des injustices auxquelles il a \u00e9t\u00e9 confront\u00e9, \u00e0 commencer par son choix pr\u00e9coce de devenir m\u00e9decin.<\/p>\n<p>Denis Mukwege est n\u00e9 en 1955 \u00e0 Bukavu au sein d&#8217;une famille pentec\u00f4tiste de neuf enfants. Adolescent, il avait coutume d&#8217;accompagner son p\u00e8re, qui \u00e9tait pasteur, dans ces d\u00e9placements quotidiens. Un jour, ce dernier fut appel\u00e9 au chevet d&#8217;un enfant malade.<\/p>\n<p>\u00ab Apr\u00e8s avoir pri\u00e9, il commence \u00e0 plier bagage et fait mine de partir \u00bb, s&#8217;est rem\u00e9mor\u00e9 le Dr. Mukwege. \u00ab Mais moi, je lui dis : &#8216;Non Papa ! Quand je suis malade, vous priez, mais vous me donnez aussi des m\u00e9dicaments&#8217; \u00bb.<\/p>\n<p>Pour toute r\u00e9ponse, son p\u00e8re lui fit remarquer qu&#8217;il n&#8217;\u00e9tait pas m\u00e9decin.<\/p>\n<p>\u00ab A ce moment, il y a eu comme un d\u00e9clic dans ma t\u00eate et je me suis dis : je veux \u00eatre m\u00e9decin pour faire ce que mon p\u00e8re ne fait pas \u00bb.<\/p>\n<p>L&#8217;enfant, quant \u00e0 lui, finit par succomber \u00e0 sa maladie.<\/p>\n<p>Des ann\u00e9es plus tard, apr\u00e8s avoir suivi des \u00e9tudes de m\u00e9decine au Burundi, le Dr. Mukwege revint au Sud-Kivu pour commencer sa carri\u00e8re \u00e0 l&#8217;h\u00f4pital de Lemera, \u00e0 une centaine de kilom\u00e8tres de Bukavu, en tant que p\u00e9diatre.<\/p>\n<p>Durant cette exp\u00e9rience, il fut choqu\u00e9 par la d\u00e9couverte des douleurs des femmes qui, en l&#8217;absence de soins appropri\u00e9s, souffraient r\u00e9guli\u00e8rement de graves l\u00e9sions g\u00e9nitales apr\u00e8s avoir accouch\u00e9. Il d\u00e9cida alors de partir \u00e9tudier la gyn\u00e9cologie-obst\u00e9trique en France, avant de retourner \u00e0 Lemera \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1980.<\/p>\n<p>L&#8217;\u00e9clatement de la guerre du Congo en RDC (alors le Za\u00efre), en 1996, allait de nouveau confronter le Dr. Mukwege \u00e0 l&#8217;injustice. Le Sud-Kivu se retrouva en premi\u00e8re ligne des combats.<\/p>\n<p>Un beau jour, en arrivant \u00e0 l&#8217;h\u00f4pital, le Dr. Mukwege trouva l&#8217;ensemble de ses patients assassin\u00e9s, un drame dont il mit longtemps \u00e0 se remettre.<\/p>\n<p>\u00ab Cela m&#8217;a pris deux ans avant de sentir que je pouvais \u00e0 nouveau \u00eatre utile. Les gens ne s&#8217;imaginent pas \u00e0 quel point on se sent responsable des malades. Et l\u00e0, quelqu&#8217;un vient et les tue dans leur lit ! \u00bb, a-t-il confi\u00e9.<\/p>\n<p>A la m\u00eame \u00e9poque, le Dr. Mukwege \u00e9chappa lui-m\u00eame de peu \u00e0 la mort dans une attaque. Alors qu&#8217;il transportait un malade pour l&#8217;\u00e9vacuer vers la Su\u00e8de, son v\u00e9hicule essuya des tirs de balle. Fort heureusement, ni lui ni les autres passagers ne furent touch\u00e9s.<\/p>\n<p>Se sentant incapable de continuer \u00e0 travailler \u00e0 Lemera, le Dr. Mukwege rentra \u00e0 Bukavu o\u00f9 il fonda l&#8217;h\u00f4pital de Panzi en 1999, peu de temps avant sa d\u00e9couverte de l&#8217;ampleur des violences sexuelles dans l&#8217;est de la RDC.<\/p>\n<p>Un rapport publi\u00e9 en juin 2002 par l&#8217;ONG Human Rights Watch fait \u00e9cho aux constats r\u00e9alis\u00e9s sur le terrain par le Dr. Mukwege.<\/p>\n<p>Intitul\u00e9e &#8216;La guerre dans la guerre : violence sexuelle contre les femmes et les filles dans l&#8217;est du Congo&#8217;, cette \u00e9tude s&#8217;appuie sur des recherches conduites dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu, alors contr\u00f4l\u00e9es depuis 1998 par des groupes arm\u00e9s de Hutus rwandais et de rebelles burundais en lutte contre le gouvernement du Pr\u00e9sident Laurent-D\u00e9sir\u00e9 Kabila (1997 &#8211; 2001), l&#8217;arm\u00e9e rwandaise et le Rassemblement Congolais pour la D\u00e9mocratie (RCD, un groupe rebelle congolais).<\/p>\n<p>Selon ce rapport, la violence sexuelle a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e de fa\u00e7on fr\u00e9quente et parfois syst\u00e9matique comme une arme de guerre par la plupart des forces impliqu\u00e9es dans le conflit \u00e0 partir de la fin des ann\u00e9es 1990.<\/p>\n<p>Pour la seule ville de Shabunda, \u00ab le gouverneur du Sud-Kivu estime que 2.500 \u00e0 3.000 femmes et filles ont \u00e9t\u00e9 viol\u00e9es entre la fin 1999 et la mi-2001 \u00bb, indique le rapport, qui ne fournit toutefois que peu de donn\u00e9es chiffr\u00e9es \u00e0 l&#8217;\u00e9chelle r\u00e9gionale.<\/p>\n<p>(Voir suite sur colonne de droite. . . )<\/p>\n<p>(Cliquez <a href=\"http:\/\/english.cpnn-world.org\/?p=5383\">ici pour une version anglaise<\/a>.)<\/p>\n<\/div>\n<div style=\"float: right; width: 46%;\">Pregunta(s) relacionada(s) al art\u00edculo<\/div>\n<div style=\"float: right; width: 46%;\"><\/div>\n<div style=\"float: right; width: 46%;\">\n<p align=\"justify\">\n<p><em><strong><a href=\"http:\/\/english.cpnn-world.org\/?p=7599\">Protecting women and girls against violence, Is progress being made?<\/a><\/strong><\/em><\/p>\n<p>(. . . suite)<\/p>\n<p>Un autre rapport de Human Rights Watch, datant de juin 2014, indique quant \u00e0 lui que des dizaines de milliers de personnes ont \u00e9t\u00e9 viol\u00e9es ou victimes d&#8217;autres formes de violences sexuelles dans l&#8217;est de la RDC au cours des deux derni\u00e8res d\u00e9cennies. Intitul\u00e9e &#8216;R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo : mettre fin \u00e0 l&#8217;impunit\u00e9 pour les violences sexuelles&#8217;, cette \u00e9tude pr\u00e9cise cependant que le nombre exact des victimes n&#8217;est pas connu.<\/p>\n<p>Selon le Dr. Mukwege, l&#8217;une des difficult\u00e9s rencontr\u00e9es pour obtenir des donn\u00e9es chiffr\u00e9es provient du fait que les violences sexuelles \u00e9taient et restent encore aujourd&#8217;hui un sujet tabou pour les victimes, souvent rejet\u00e9es par leur propre communaut\u00e9.<\/p>\n<p>\u00ab Les femmes que nous soignons repr\u00e9sentent la partie \u00e9merg\u00e9e de l&#8217;iceberg, car beaucoup d&#8217;entre elles ont peur de dire qu&#8217;elles ont \u00e9t\u00e9 viol\u00e9es de crainte d&#8217;\u00eatre r\u00e9pudi\u00e9es par leur mari \u00bb, a-t-il expliqu\u00e9, ajoutant que, si les combats ont aujourd&#8217;hui baiss\u00e9 d&#8217;intensit\u00e9 dans l&#8217;est de la RDC, l&#8217;utilisation des violences sexuelles comme arme de guerre par les groupes arm\u00e9s est toujours d&#8217;actualit\u00e9.<\/p>\n<p>Ce tabou est si profond\u00e9ment ancr\u00e9 dans la soci\u00e9t\u00e9 congolaise que les auteurs de ces violences, dont certains vivent \u00e0 proximit\u00e9 de leurs victimes, b\u00e9n\u00e9ficient souvent d&#8217;une relative impunit\u00e9.<\/p>\n<p>\u00ab La femme, elle, connait le monsieur qui habite en face et qu&#8217;elle voit tous les matins, et qui, malheureusement, n&#8217;a jamais r\u00e9pondu de ses actes \u00bb, a d\u00e9plor\u00e9 le Dr. Mukwege.<\/p>\n<p>Au fil des ans, ce dernier a d\u00e9velopp\u00e9 une approche originale, qu&#8217;il qualifie de \u00ab holistique \u00bb, pour traiter les victimes, prenant en compte les dimensions \u00e0 la fois chirurgicale et psychologique, mais aussi les questions de r\u00e9insertion sociale et de justice.<\/p>\n<p>\u00ab Nous avions commenc\u00e9 en nous limitant \u00e0 la prise en charge m\u00e9dicale, mais nous nous sommes rapidement rendu compte qu&#8217;apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 soign\u00e9es, les femmes refusaient de manger, de boire, de vivre et donc, mourraient \u00e9galement d&#8217;une certaine forme de suicide \u00bb, a-t-il expliqu\u00e9.<\/p>\n<p>L&#8217;h\u00f4pital s&#8217;est donc dot\u00e9 d&#8217;une \u00e9quipe de psychologues et d&#8217;assistantes sociales qui travaillent avec les patientes avant m\u00eame les interventions de chirurgie reconstructrice.<\/p>\n<p>Pour qu&#8217;une fois trait\u00e9es, les patientes puissent se r\u00e9ins\u00e9rer dans leur communaut\u00e9 tout en \u00e9tant autonomes, le Dr. Mukwege et son \u00e9quipe travaillent en collaboration avec des ONG qui aident les victimes \u00e0 se rendre \u00e0 l&#8217;h\u00f4pital et leur fournit un soutien \u00e9conomique \u00e0 leur retour.<\/p>\n<p>\u00ab Nous avons constat\u00e9 que, lorsqu&#8217;elles se portent bien physiquement, que psychologiquement elles sentent suffisamment fortes et qu&#8217;en plus, sur le plan \u00e9conomique, elles sont autonomes, c&#8217;est \u00e0 ce moment-l\u00e0 que les femmes demandent justice \u00bb, a expliqu\u00e9 le Dr. Mukwege, qui a cr\u00e9\u00e9 \u00e0 cette fin une clinique juridique pour aider les femmes \u00e0 recouvrer leurs droits et poursuivre les auteurs devant les tribunaux.<\/p>\n<p>Sa volont\u00e9 de briser le silence entourant les violences sexuelles inflig\u00e9es aux femmes dans l&#8217;est de la RDC lui a cependant valu d&#8217;\u00eatre l&#8217;objet de nombreuses pressions et menaces. Il fut \u00e9galement la cible de plusieurs tentatives d&#8217;assassinat manqu\u00e9es, dont l&#8217;une dans le bureau o\u00f9 il r\u00e9alisait des consultations priv\u00e9es de patients \u00e0 Bukavu, qui fut cribl\u00e9 de balles. Heureusement, le Dr. Mukwege n&#8217;\u00e9tait pas pr\u00e9sent lors de l&#8217;attaque.<\/p>\n<p>\u00ab Qu&#8217;est-ce que je fais pour en r\u00e9chapper. Pas grand-chose. Aujourd&#8217;hui, j&#8217;ai la protection de la MONUSCO [Mission de l&#8217;Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo], que nous appr\u00e9cions beaucoup \u00e0 l&#8217;h\u00f4pital, car certains membres de mon staff ont \u00e9galement \u00e9galement \u00e9t\u00e9 enlev\u00e9s, tortur\u00e9s et viol\u00e9s \u00bb, a-t-il expliqu\u00e9.<\/p>\n<p>S&#8217;il se sent rassur\u00e9 par la pr\u00e9sence de la MONUSCO, le Dr. Mukwege a cependant admis que son travail quotidien \u00e0 Bukavu s&#8217;effectue dans des conditions difficiles et que la loi du silence concernant les violences sexuelles en RDC est toujours une r\u00e9alit\u00e9.<br \/>\nEn septembre dernier, les autorit\u00e9s congolaises ont notamment interdit la diffusion dans le pays d&#8217;un film documentaire retra\u00e7ant son parcours et les activit\u00e9s de l&#8217;h\u00f4pital de Panzi.<\/p>\n<p>\u00ab C&#8217;est un film qui montre la force de la femme congolaise, sa capacit\u00e9 \u00e0 se prendre en charge, sa r\u00e9silience. [\u2026] Les femmes ont une force int\u00e9rieure bien plus puissante que celle de ceux qui veulent les d\u00e9truire \u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 le Dr. Mukwege, faisant part de son incompr\u00e9hension face \u00e0 la censure dont le film a fait l&#8217;objet.<\/p>\n<p>R\u00e9alis\u00e9 par Thierry Michel et Colette Braeckman, &#8216;L&#8217;homme qui r\u00e9pare les femmes \u2013 la col\u00e8re d&#8217;Hippocrate&#8217; a \u00e9t\u00e9 projet\u00e9 le 22 octobre 2015 au si\u00e8ge de l&#8217;ONU \u00e0 New York, en pr\u00e9sence du Dr. Mukwege. Quelques jours auparavant, selon la presse, les autorit\u00e9s congolaises ont annonc\u00e9 la lev\u00e9e de la d\u00e9cision interdisant la projection du film en RDC.<\/p>\n<p>\u00ab On ne peut faire des avanc\u00e9es que si on reconnait en premier lieu qu&#8217;il y a un probl\u00e8me. Lorsque l&#8217;on reste dans la culture du d\u00e9ni, c&#8217;est extr\u00eamement dangereux parce que c&#8217;est la seule fa\u00e7on de laisser les femmes dans leur souffrance \u00bb, a-t-il affirm\u00e9.<\/p>\n<p>Le Dr. Mukwege a cependant reconnu que des avanc\u00e9es importantes ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9es au cours des 15 derni\u00e8res ann\u00e9es.<\/p>\n<p>\u00ab Nous avons de plus en plus de femmes qui non seulement parlent, mais en plus prennent position et deviennent des activistes pour les droits des femmes \u00bb, a-t-il salu\u00e9.<\/p>\n<p>En juillet 2014, le Pr\u00e9sident de la RDC, Joseph Kabila, a par ailleurs nomm\u00e9 une Conseill\u00e8re sp\u00e9ciale en mati\u00e8re de lutte contre les violences sexuelles et le recrutement d&#8217;enfants, Jeannine Mabunda Lioko Mudiayi, signe que les mentalit\u00e9s sont en train de changer dans le pays.<\/p>\n<p>&#8216;L&#8217;homme qui r\u00e9pare les femmes&#8217; a toutefois estim\u00e9 que beaucoup reste \u00e0 faire avant de pouvoir crier victoire.<\/p>\n<p>Pour y parvenir, a-t-il dit, la communaut\u00e9 internationale doit redoubler d&#8217;efforts afin de lutter contre les violences sexuelles li\u00e9e au conflit.<\/p>\n<p>Le Dr. Mukwege a \u00e9galement appel\u00e9 la soci\u00e9t\u00e9 dans son ensemble \u00e0 ne pas consid\u00e9rer cette question sous le seul prisme des femmes et du f\u00e9minisme.<\/p>\n<p>\u00ab Quelle est la valeur de notre humanit\u00e9 si des personnes peuvent se permettre de vendre d&#8217;autres personnes pour en faire un usage sexuel, des esclaves sexuels \u00bb, a-t-il d\u00e9clar\u00e9. \u00ab Notre soci\u00e9t\u00e9 doit dire non et \u00e9tablir une ligne rouge : si certains actes sont commis, c&#8217;est la soci\u00e9t\u00e9 tout enti\u00e8re qui doit s&#8217;y opposer \u00bb.<\/p>\n<p>(Merci \u00e0 Janet Hudgins, le reporter pour cet article)<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>. EGALITE HOMMES\/FEMMES . Un article du Centre d&#8217;actualit\u00e9s de l&#8217;ONU Lorsqu&#8217;en 1999 une femme se pr\u00e9senta \u00e0 son h\u00f4pital avec l&#8217;appareil g\u00e9nital d\u00e9truit par des tirs d&#8217;arme \u00e0 feu, le gyn\u00e9cologue congolais Denis Mukwege crut d&#8217;abord \u00e0 un cas isol\u00e9. 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