{"id":6483,"date":"2017-03-03T20:40:17","date_gmt":"2017-03-03T20:40:17","guid":{"rendered":"https:\/\/french.cpnn-world.org\/?p=6483"},"modified":"2017-03-04T12:59:55","modified_gmt":"2017-03-04T12:59:55","slug":"burkina-faso-dialogue-des-religions-et-des-cultures-tenants-et-aboutissants-du-symposium-de-ouagadougou","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/french.cpnn-world.org\/?p=6483","title":{"rendered":"Burkina Faso: Dialogue des religions et des cultures: tenants et aboutissants du symposium de Ouagadougou"},"content":{"rendered":"<div style=\"float: left; width: 46%;\">\n<p>. TOL\u00c9RANCE &#038; SOLIDARIT\u00c9 .<\/p>\n<p>Un article de <a href=\"http:\/\/www.fasozine.com\/actualite\/societe\/1080-dialogue-des-religions-et-des-cultures-tenants-et-aboutissants-du-symposium-de-ouagadougou.html\">Fasozine<\/a><\/p>\n<p>A la veille de l\u2019ouverture, le vendredi 3 mars dans la capitale du \u00abpays des Hommes int\u00e8gres\u00bb, du symposium international sur le dialogue des religions et des cultures, les deux principaux initiateurs de la rencontre, Filippe Sawadogo* et Lazare Ki-Zerbo*, \u00e9voquent dans cet entretien la substance et les temps forts de cet important rendez-vous sur l\u2019\u00e9ducation \u00e0 la culture de paix.<\/p>\n<p><center><a href=\"https:\/\/french.cpnn-world.org\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/burkina.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/french.cpnn-world.org\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/burkina-300x187.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"187\" class=\"alignnone size-medium wp-image-6484\" srcset=\"https:\/\/french.cpnn-world.org\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/burkina-300x187.jpg 300w, https:\/\/french.cpnn-world.org\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/burkina.jpg 572w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><br \/>\nLazare Ki-Zerbo* et Filippe Savadogo*<\/center><\/p>\n<p><strong>Fasozine.com: Ouagadougou abrite, du 3 au 7 mars, un symposium international sur le dialogue des religions et des cultures. Est-ce \u00e0 dire que le dialogue a d\u00e9sert\u00e9 le forum de ces instances?<\/strong><\/p>\n<p>Lazare Ki-Zerbo: C\u2019est simplement que la conjoncture aujourd\u2019hui nous invite \u00e0 remobiliser les m\u00e9canismes de dialogue qui existent et qui ont toujours exist\u00e9. Le peuple burkinab\u00e8 aime \u00e0 se dresser pour lutter contre des injustices, des violations. Mais il y a des moments o\u00f9 il faut aussi savoir lutter pour la paix et pour la coh\u00e9sion nationale. Au regard de l\u2019actualit\u00e9, vous serez d\u2019accord qu\u2019il faut vraiment qu\u2019on se mobilise pour pr\u00e9server et anticiper. On ne regardera pas les pays voisins se d\u00e9grader, se d\u00e9liter \u00e0 cause de ces facteurs-l\u00e0 et rester les bras crois\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>L\u2019initiative vise donc \u00e0 renforcer la culture de la paix au Burkina Faso et en Afrique. Quels sont, selon vous, les ingr\u00e9dients de cette culture de paix?<\/strong><\/p>\n<p>Filippe Savadogo: C\u2019est d\u2019abord la coexistence pacifique, que nous exprimons par le vivre-ensemble. Et cela se traduit par plusieurs m\u00e9canismes et ressorts. En questionnant nos valeurs traditionnelles endog\u00e8nes, nous observons par exemple que les alliances \u00e0 plaisanterie \u2014 que nous appelons \u00absinagouya\u00bb ou \u00abrakir\u00e9\u00bb \u2014 ont permis de temp\u00e9rer beaucoup de pr\u00e9occupations lors de certaines crises. De plus, l\u2019Afrique a toujours \u00e9t\u00e9 un continent o\u00f9 la culture du dialogue fait en permanence partie de l\u2019\u00e9ducation des jeunes d\u00e8s la tendre enfance: le respect d\u2019autrui, l\u2019initiation aux valeurs, etc., et nous devons revisiter toutes ces questions-l\u00e0 dans un monde o\u00f9 les d\u00e9fis ne font que se d\u00e9multiplier.<\/p>\n<p>Enfin, nous avons aussi des apports ext\u00e9rieurs, comme la d\u00e9mocratie, la bonne gouvernance, les relations humaines\u2026, que nous pouvons cultiver en ajoutant de nouvelles dimensions pour construire l\u2019homme africain de notre si\u00e8cle. Un si\u00e8cle o\u00f9 la culture devient une adh\u00e9sion et un apport de plusieurs horizons pour voir vers l\u2019avenir.<\/p>\n<p><strong>Au regard de l\u2019incivisme grandissant, quelle place accordez-vous \u00e0 l\u2019\u00e9ducation civique dans ce processus?<\/strong><\/p>\n<p>Lazare Ki-Zerbo: L\u2019incivisme traduit le fait qu\u2019il y a une rupture du lien interg\u00e9n\u00e9rationnel. Notre initiative promeut l\u2019\u00e9ducation \u00e0 la paix. Et qui dit \u00e9ducation \u00e0 la paix dit commencer d\u00e8s les classes, d\u00e8s le plus jeune \u00e2ge. C\u2019est l\u00e0 que s\u2019apprennent les m\u00e9canismes de vivre-ensemble. Il faut donc attaquer les racines de l\u2019incivisme, de l\u2019intol\u00e9rance, de la violence par une diffusion intensive des principes de cohabitation pacifique et d\u2019acceptation de l\u2019autre. C\u2019est cela les vrais m\u00e9canismes. On ne pourra pas r\u00e9soudre ce probl\u00e8me par la contrainte et la brutalit\u00e9.<br \/>\n<strong><br \/>\nComment qualifierez-vous le niveau de coexistence entre les diff\u00e9rentes religions au Burkina Faso \u00e0 l\u2019heure actuelle?<\/strong><\/p>\n<p>Filippe Savadogo: Au Burkina, la reconnaissance du pluralisme religieux est une r\u00e9alit\u00e9. Il y a aussi des concertations entre leaders confessionnels. Exemple de l\u2019association faiti\u00e8re que le pr\u00e9side sa majest\u00e9 le Mogho Naaba et qui initie des recherches de solutions endog\u00e8nes lorsqu\u2019il y a crise ou malentendu.<\/p>\n<p>Cependant, nous pouvons aussi dire que rien n\u2019est acquis \u00e0 l\u2019Homme ni \u00e0 sa descendance. Nous devons donc continuer \u00e0 cultiver le respect, \u00e0 comprendre que l\u2019acceptation de la diff\u00e9rence est une plus-value. Autant de questions qui montrent que le Burkina, pays situ\u00e9 au c\u0153ur de l\u2019Afrique de l\u2019Ouest, a toujours \u00e9t\u00e9 un carrefour de recherche de dialogue, de coh\u00e9sion pacifique, d\u2019accueil, mais aussi d\u2019apprentissage des valeurs positives des autres peuples.<\/p>\n<p><strong>Face au p\u00e9ril extr\u00e9miste et terroriste, quelles r\u00e9ponses entend apporter le symposium de Ouagadougou?<\/strong><\/p>\n<p>Lazare Ki-Zerbo: Le Burkina Faso a en effet la t\u00eate dans le grand Sahel ancien \u2014 de la boucle du Niger, des grands empires \u2014, mais au sud nous sommes en relation avec les pays c\u00f4tiers, \u00e0 l\u2019ouest nous avons cette longue fronti\u00e8re avec le monde mandingue\u2026 Je pense que c\u2019est cela qui fait notre richesse. Sans doute un peu comme le Cameroun, le Burkina est aussi une Afrique en miniature et cela fait notre force. Le fait d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 au centre de tous ces grands ensembles nous a permis de tirer parti de ces apports-l\u00e0 pour nous renforcer de l\u2019int\u00e9rieur.<\/p>\n<p>Le message du symposium, c\u2019est donc: consolidons ce capital, qui est \u00e0 la fois social, culturel, historique. Un capital qui fait notre richesse et qui peut \u00eatre un rempart contre les forces de division et de s\u00e9paration.<\/p>\n<p>(cliquez <a href=http:\/\/english.cpnn-world.org\/?p=9096\">ici pour une version anglaise<\/a> de cet article.)<\/p>\n<p>(Voir suite sur colonne de droite. . . )<\/p>\n<\/div>\n<div style=\"float: right; width: 46%;\">\n<strong><em>Question related to this article:<\/em><\/strong><\/div>\n<div style=\"float: right; width: 46%;\">\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><a href=\"http:\/\/english.cpnn-world.org\/?p=7658\">How can different faiths work together for understanding and harmony?<\/a><\/strong><\/p>\n<p>(. . . suite)<\/p>\n<p><strong>Plusieurs personnalit\u00e9s de renom prennent part \u00e0 cette rencontre. Qu\u2019attendez-vous de leur participation?<\/strong><\/p>\n<p>Filippe Savadogo: Je crois que la pr\u00e9sence d\u2019hommes avertis de la g\u00e9n\u00e9ration des ann\u00e9es de l\u2019ind\u00e9pendance, mais aussi de chercheurs et d\u2019universitaires de plusieurs disciplines traduit le fait que nous voulons mettre au centre de ce symposium un cadre de r\u00e9flexions qui jette les bases d\u2019un plan d\u2019actions pour les ann\u00e9es \u00e0 venir. C\u2019est pour cela que nous pensons d\u2019abord aux grands ensembles de notre r\u00e9gion, notamment des personnalit\u00e9s issues des pays membres de la Cedeao (Communaut\u00e9 \u00e9conomique des Etats de l\u2019Afrique de l\u2019Ouest, Ndlr), du Sahel et de l\u2019Union \u00e9conomique et mon\u00e9taire ouest-africaine. Nous aurons donc tout un ensemble de hautes personnalit\u00e9s de ces pays qui nous \u00e9claireront de leurs exp\u00e9riences.<\/p>\n<p>Le symposium accueille ainsi, entre autres, un professeur qui vient de Centrafrique, pays qui sort d\u2019une crise, \u00e0 pr\u00e9sent amoindrie, et qui devrait partager son exp\u00e9rience avec les participants. On peut \u00e9galement signaler la pr\u00e9sence de l\u2019ancien pr\u00e9sident de la Transition au Burkina, Michel Kafando, grand t\u00e9moin de son temps, qui exposera, d\u00e8s le premier jour du symposium, sur les sources et ressources qui ont permis que la Transition traverse tous les \u00e9cueils.<\/p>\n<p>Enfin, la pr\u00e9sence de la secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9rale de l\u2019Organisation internationale de la francophonie, Micha\u00eblle Jean \u2014 qui s\u00e9journe au Burkina dans le cadre d\u2019une visite \u2014, nous r\u00e9conforte dans la dimension du processus de F\u00e8s. En effet, la question du dialogue interreligieux et interculturel est une pr\u00e9occupation \u00e0 la francophonie. Et lors du dernier sommet, les chefs d\u2019Etat et de gouvernements ont encore encourag\u00e9 ce type de symposium\u2026<\/p>\n<p><strong>Donc des passerelles \u00e0 \u00e9tablir entre le \u00abLibres ensemble\u00bb de la Francophonie et ce symposium?<\/strong><\/p>\n<p>Absolument! Dans la mesure o\u00f9 tout conduit \u00e0 la bonne gouvernance, \u00e0 la d\u00e9mocratie, mais aussi au vivre-ensemble qui est un segment du \u00abLibres ensemble\u00bb avec comme passerelle la jeunesse, les femmes. L\u2019Unesco (Organisation des Nations unies pour l\u2019\u00e9ducation, la science et la culture, Ndlr) joue \u00e9galement un r\u00f4le non n\u00e9gligeable. L\u2019Unesco a en effet une tradition de recherche de la culture de la paix. Nous avons aussi l\u2019Isesco (Organisation islamique pour l&#8217;\u00e9ducation, les sciences et la culture, Ndlr), avec le docteur Cheikh Boubacar Doukour\u00e9 qui participe au processus de Bakou, l\u2019Alliance des civilisations et tout un faisceau de personnes qui partageront leurs exp\u00e9riences avec des intervenants venus de toute notre sous-r\u00e9gion. La presse n\u2019est pas non plus en reste puisque nous avons un grand volet \u00abM\u00e9dias et soci\u00e9t\u00e9\u00bb.<\/p>\n<p><strong>Comment appr\u00e9ciez-vous la r\u00e9cente mesure des autorit\u00e9s b\u00e9ninoises visant \u00e0 interdire tout regroupement \u00e0 caract\u00e8re religieux dans les espaces publics? Est-elle, selon vous, souhaitable? Exportable?<\/strong><\/p>\n<p>Je pense qu\u2019un dialogue s\u2019est instaur\u00e9 sur cette question avec une pause pour mieux r\u00e9fl\u00e9chir. Mais dans une autre dimension, on peut parler de la la\u00efcit\u00e9 de nos Etats et de l\u2019organisation de toutes ces questions. On peut donc y trouver une solution dans le temps, sachant que l\u2019histoire est aussi une projection de l\u2019avenir.<br \/>\n<strong><br \/>\nApr\u00e8s celui de Cotonou dont il est le prolongement, \u00e0 quelles conditions jugerez-vous que le symposium de Ouagadougou n\u2019est pas ne rencontre de plus?<\/strong><\/p>\n<p>Lazare Ki-Zerbo: Nous avons re\u00e7u un mandat du symposium de Cotonou pour tenir la r\u00e9union nationale au Burkina parce que nous savons bien que nous avons nos propres sp\u00e9cificit\u00e9s. Nous le ferons avec des acteurs locaux, sachant que tr\u00e8s souvent, nos richesses humaines ne sont pas assez valoris\u00e9es.<\/p>\n<p>Ainsi, et \u00e0 titre d\u2019exemple, Cheikh Boubacar Doukour\u00e9, qui est le pr\u00e9sident du comit\u00e9 ex\u00e9cutif de l\u2019Isesco (Unesco dans le monde musulman), est aussi le pr\u00e9sident de l\u2019assembl\u00e9e des ulemas africains, cr\u00e9\u00e9e r\u00e9cemment au Maroc. Il s\u2019agit d\u2019une r\u00e9f\u00e9rence en la mati\u00e8re qui prend part \u00e0 ce symposium, qui s\u2019honore \u00e9galement de la pr\u00e9sence de Me Halidou Ou\u00e9draogo, pr\u00e9sident de la Fondation des droits humains. Il y a donc un certain nombre de savoirs et de savoir-faire li\u00e9s au Burkina qui seront mis en valeur au sein du symposium.<\/p>\n<p><strong>Et tout cela contribuera \u00e0 la r\u00e9daction du plan d\u2019actions\u2026<\/strong><\/p>\n<p>Tout \u00e0 fait! Les principaux axes de ce plan pour un processus d\u2019\u00e9ducation \u00e0 la paix sortiront des d\u00e9bats. Nous avons d\u00e9j\u00e0 quelques id\u00e9es avec les m\u00e9dias et les chercheurs, afin de disposer d\u2019un plan d\u2019action dont la mise en \u0153uvre sera supervis\u00e9e par un comit\u00e9 de suivi.<\/p>\n<p>________________________________________<\/p>\n<p>* Filippe Savadogo<\/p>\n<p>Ancien ministre de la Culture, du Tourisme et de la Communication, Filippe Savadogo, 63 ans, est coordinateur d\u2019une plateforme d\u2019expertise francophone d\u00e9nomm\u00e9e Continental Horizon. Celui qui a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 ambassadeur de son pays, le Burkina Faso, en France, puis repr\u00e9sentant permanent de la Francophonie aupr\u00e8s des Nations unies \u00e0 New York,  s\u2019est vu remettre, en 2013, le \u00abVisionary Award\u00bb au Festival panafricain du film de Los Angeles. Le diplomate burkinab\u00e8 est aussi coordinateur pour le Burkina Faso de l\u2019Initiative africaine d\u2019\u00e9ducation \u00e0 la paix et au d\u00e9veloppement par le dialogue interreligieux et interculturel.<\/p>\n<p>* Lazare Ki-Zerbo<\/p>\n<p>Auteur et acteur du mouvement panafricaniste et membre de plusieurs organisations de la soci\u00e9t\u00e9 civile \u2014 Manifeste pour le libert\u00e9-Mouvement des intellectuels, Comit\u00e9 international Joseph Ki-Zerbo pour l\u2019Afrique et sa diaspora (Cijkad), R\u00e9seau esprit de Bandung \u2014, Lazare Ki-Zerbo a \u00e9t\u00e9 conseiller sp\u00e9cial du promoteur de l\u2019Initiative africaine d\u2019\u00e9ducation \u00e0 la paix et au d\u00e9veloppement par le dialogue interreligieux et interculturel, Albert T\u00e9vo\u00e8djr\u00e8. Dipl\u00f4m\u00e9 de l\u2019Institut du f\u00e9d\u00e9ralisme de fribourg et du Centre autrichien sur la paix et la r\u00e9solution des conflits de Burg Schaining, il a \u00e9galement \u00e9t\u00e9, entre autres, sp\u00e9cialiste de programme \u00e0 l\u2019Organisation internationale de la francophonie de 2004 \u00e0 2014.    <\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>. TOL\u00c9RANCE &#038; SOLIDARIT\u00c9 . 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