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Syriza, Podemos, Nouvelle Donne. L’alternative à l’Europe des Draghi-Macron

. . DEVELOPPEMENT DURABLE . .

un article par Bernard Leon (reproduit avec permission de l’auteur)

Les représentants des deux jeunes partis politiques, Podemos (Espagne) et Syriza (Grèce) se sont retrouvés vendredi 27 mars à la Maison des Mines à Paris, pour échanger sur leurs retours d’expérience avec les militants de Nouvelle Donne, porteurs avec eux de la même volonté d’alternative à ces partis de droite et de gauche qui ont perdu un peu partout en Europe leur identité démocratique.

France

Car, et les résultats du deuxième tour des départementales le montrent, partout, comme l’écrivait en 2008, le Juge antimafia Roberto Scarpinato, dans « Le retour du prince » (Editions de la Contre Allée),  « Partout, les gens perçoivent et éprouvent dans leur propre chair la pression d’une souffrance sociale qui s’accroit de jour en jour ». Et, continue-t-il « C’est bien la raison pour laquelle le pouvoir ne jouit plus, désormais, d’aucun respect social ».

Eric Alt, au nom de Nouvelle Donne, a ouvert la soirée devant une salle jeune et attentive, en rappelant les ingrédients qui ont servi à Pablo Iglesias, le chef de file de Podemos, de mener à bien son action.

– En finir avec le pessimisme, qui est toujours une excuse pour ne rien faire.

– Montrer de la résolution. N’avoir pas peur en conséquence d’appeler un chat un chat. Et Macron un oligarque. En se souvenant de sa déclaration de début d’année. « Il faut des jeunes qui aient envie d’être milliardaire », avait-t-il confié aux Echos. A la grande consternation de quelques socialistes.

– Afficher de la fierté et de l’audace. Deux qualités qui ont été à la base des grands défilés populaires dénommées le mouvement des « Marées » en Espagne, comme des manifestations du 18 mars à Francfort, à l’occasion de l’inauguration du nouveau siège de la BCE, un bâtiment de 1,3 milliards d’euros, pour protester contre le diktat de l’austérité imposé par les institutions européennes : la BCE, le FMI, la Commission.

– Changer le regard sur la politique. Laquelle nous montre des « façades Potemkine », un véritable trompe l’œil qui cache un vide à investir.

– Montrer de l’empathie pour nos semblables. Savoir se mettre à la hauteur des gens. Ecouter « le parlement des invisibles », selon l’expression de Rosanvallon.
 
Un fil rouge relie les trois partis, espagnol, grec, français, mais dans une temporalité différente, celui de la nécessité de sortir de ce que le pouvoir fait de nous, de nous libérer personnellement et collectivement, ce qui implique, et je cite encore Roberto Scarpinato : « un processus de déstructuration des impostures culturelles qui imprègnent nos vies dès le plus jeune âge ». Cela suppose de changer comme indiqué ci dessus « notre regard ». Podemos et Syriza devraient nous y aider.

Préliminaire. D‘où viennent Syriza et Podemos ? Où en sont ils ? Où vont ils,  où allons nous ? Quels possibles peut-on imaginer aujourd’hui ?

Pendant très longtemps, beaucoup de latino-américains regardaient l’Europe avec

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Question for this article:

Movements against governmental fiscal austerity, are they part of the global movement for a culture of peace?

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Irlande : AAA, ce parti anti-austérité sur les traces de Syriza

. . DEVELOPPEMENT DURABLE . .

un article par Barthélémy Gaillard, Europe1 (abrégé)

Les partis anti-austérité fleurissent en Europe. Après la victoire de Syriza en Grèce et le succès populaire de Podemos en Espagne, c’est au tour de l’Alliance anti-austérité irlandaise (AAA) de faire parler d’elle. . . .

Ireland
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Il faut dire que la gauche radicale irlandaise a trouvé un terreau fertile dans la politique économique menée par l’actuelle Premier ministre Enda Kenny ces dernières années. Une politique stricte et efficace qui a permis au pays de sortir rapidement de sortir du cercle de l’austérité. Mais à quel prix. Cette politique a réveillé dans la population irlandaise un sentiment contestataire, cristallisé notamment autour de la facturation de l’eau. Historiquement gratuite, l’eau est devenue payante, une des contreparties exigées par la troïka suite au plan de sauvetage de l’Irlande. Conséquence immédiate, des manifestations exceptionnelles dans tout le pays. Ils étaient 120.000 dans les rues en novembre dernier pour témoigner d’un ras-le-bol généralisé. “Il ne s’agit pas que de l’eau, mais de ce qui s’est passé ces cinq dernières années”, expliquait à l’époque un manifestant au journal Le Monde.

Politiquement, les prémices de cet engouement pour la gauche radicale se sont faits sentir lors d’une élection législative partielle : 57% des électeurs ont voté pour des candidats partisans de la gratuité de l’eau. Un désaveu pour la majorité gouvernementale et sa politique économique, dont la population a du mal à mesurer les retombées. Un contexte idéal pour l’AAA, qui martèle sans relâche le même message, porté par son jeune leader Paul Murphy : “Les 99% des gens “ordinaires” voient qu’on fabrique une reprise pour les 1% des riches aux dépens du reste de la population qu’on continue à saigner”

Comme ses frères méditerranéens, l’AAA est porté par un jeune leader charismatique. Si Podemos et Syriza ont Pablo Iglesias (37 ans) et Alexis Tsipras (41 ans), le parti irlandais a Paul Murphy (32 ans). Ce jeune politicien a remporté une victoire surprise lors de législatives à Dublin, coiffant sur le poteau le candidat de la gauche traditionnelle. Comme Podemos s’est appuyé sur la dynamique des Indignados en espagne, l’AAA est né d’un mouvement de contestation populaire (contre la facturation de l’eau en Irlande), ce dont se félicite le jeune leader : “Pour la première fois, le peuple, irlandais a pris conscience de sa force, les gens se sont organisés d’eux-mêmes dans leurs quartiers, sans être instrumentalisés”, se réjouit-il. Lui-même, très engagé dans le collectif contre la fin de la gratuité de l’eau, a été arrêté par la police lundi 9 février, explique le Irish Times (en anglais). De quoi susciter un sentiment de solidarité auprès des manifestants.

Cependant, l’AAA affirme ne pas vouloir devenir une simple copie de Syriza ou de Podemos et va devoir trouver son modèle. Avec une difficulté supplémentaire par rapport à ses alter ego grecs et espagnols, une particularité propre au paysage politique : le Sinn Fein, la branche politique des indépendantistes irlandais, très installé, porte déjà un discours anti-austérité. Et pèse lourd dans les sondages. Trouver sa place sur le spectre politique irlandais, trouver son identité au sein des gauches radicales européennes, tel est le défi que devra relever l’AAA pour s’imposer. Et le plus tôt sera le mieux : les prochaines élections générales se tiendront dans à peine plus d’un an, en avril 2016.

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Question for this article:

Movements against governmental fiscal austerity, are they part of the global movement for a culture of peace?

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