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Dr David Adams is the coordinator of the Culture of Peace News Network. He retired in 2001 from UNESCO where he was the Director of the Unit for the International Year for the Culture of Peace, proclaimed for the Year 2000 by the United Nations General Assembly.

Prix Nobel de la paix 2026

DESARMAMENT & SECURITE .

Reçu par email du Mouvement de la Paix

Le Mouvement de la Paix salue l’attribution du prix Nobel de la paix 2026 à Navanethem « Navi » Pillay. À 85 ans, cette juriste sud-africaine incarne une vie d’engagement pour la justice, les droits humains et le droit international. Ce choix résonne tout particulièrement avec le forum du Mouvement de la Paix « Et si l’ONU n’existait pas ? », organisé la veille de son congrès : le Mouvement de la Paix y réaffirmait combien les Nations unies et le droit international demeurent indispensables, précisément lorsqu’ils sont contestés et fragilisés. À l’heure où les guerres se multiplient, ce Nobel rappelle une conviction essentielle : il ne peut y avoir de paix durable sans justice, ni de justice sans droits effectivement garantis.


Ill. Niklas Elmehed © Nobel Prize Outreach

Le parcours de Navi Pillay porte une signification politique majeure. Née dans l’Afrique du Sud de l’apartheid, elle s’est engagée contre la ségrégation raciale, défendant notamment des militants de l’African National Congress (ANC), avant de contribuer, au sein des juridictions internationales et des Nations unies, à la lutte contre l’impunité. Cette trajectoire rappelle que combattre le racisme, le colonialisme et toutes les formes de domination reste indissociable de la construction de la paix.
(Voir suite sur colonne de droite. . . )

(Cliquez ici pour le sujet en anglais. )

Question for this article:

The Nobel Peace Prize: Does it go to the right people?

( . . . suite)

Son engagement pour le respect du droit international en Palestine, notamment à la présidence de la Commission d’enquête internationale indépendante des Nations unies sur le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et Israël, a aussi montré qu’aucun État ne doit être soustrait à l’examen de ses actes. Le Mouvement de la Paix salue particulièrement le courage avec lequel cette commission a établi, dans son rapport de septembre 2025, qu’Israël avait commis un génocide à Gaza, au regard de la Convention de 1948 pour la prévention et la répression du crime de génocide. Le droit international ne saurait être une obligation pour les faibles et une option pour les puissants.

Le Mouvement de la Paix salue également la reconnaissance d’une femme, non par principe ou par symbole, mais parce que son action a contribué à faire progresser concrètement la justice. Au Tribunal pénal international pour le Rwanda, Navi Pillay a joué un rôle important dans la reconnaissance du viol et des violences sexuelles comme crimes internationaux, pouvant constituer des actes de génocide. Son parcours montre combien l’engagement des femmes dans les institutions et les luttes pour les droits transforme les règles comme les pratiques.

Ce combat fait écho à l’engagement du Mouvement de la Paix au sein de la Coalition pour une loi-cadre intégrale contre les violences sexistes et sexuelles. Ces violences, en temps de guerre comme en temps de paix, participent de rapports de pouvoir et de domination. Les combattre, c’est défendre la dignité, l’intégrité et la liberté de toutes et tous ; c’est aussi construire, ici et maintenant, une véritable culture de la paix.

La paix n’est ni un trophée, ni une opération de communication : elle se construit par l’égalité, la justice, le droit des peuples et le refus de toutes les dominations. Le choix de Navi Pillay redonne à cette distinction sa portée et son sens.

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La Marche Mondiale pour la Paix et la Nonviolence : une tentative de semer et d’arroser les graines d’une révolution non violente

DESARMAMENT & SECURITE .

Un article de Pressenza

Quand on parle de révolution, on imagine souvent uniquement des foules envahissant les rues de manière spectaculaire, parfois avec violence, prenant d’assaut des bâtiments symboliques, etc., mais il existe une forme de révolution plus silencieuse qui est en train de germer un peu partout sur la planète, depuis la base sociale jusqu’aux initiatives de certains dirigeants inspirés et qui n’est bien évidemment pas montrée sur les médias officiels…

Afin de mettre en lumière toutes ces contributions positives qui émergent à travers la planète, en 2009, un idéaliste donquichottesque, Rafael de la Rubia, s’inspira et proposa cette folie : faire le tour de la planète avec une Marche Mondiale pour la Paix et la Nonviolence ;  avec le soutien de Silo et la collaboration d’amis humanistes du monde entier, la 1MM fut donc  lancée avec une équipe multiculturelle d’une douzaine de personnes qui parcourut différents continents, depuis un lieu symbolique en Nouvelle-Zélande jusqu’à Punta de Vacas (Argentine), en passant par l’Inde sous les auspices de Gandhi.

Ce périple de 93 jours a traversé 97 pays sur les cinq continents ; il ne s’agissait pas tant de marcher physiquement que de mettre en lumière, tout au long du parcours, des initiatives en faveur de la paix et de la nonviolence, ou encore d’inspirer d’autres personnes à mener des actions dans ce sens, que ce soit dans les domaines de la culture, de l’éducation, de l’écologie ou de la politique, avec bien sûr des marches, mais aussi des concerts, des journées thématiques et d’autres types d’événements tant sociaux que culturels.

Mais comment cela s’est-il fait ? Avec quels moyens ?  Cela s’est fait de manière totalement autonome, sans soutien financier d’aucune institution, sans aucune publicité commerciale de multinationales, mais avec des collaborations ponctuelles lors de nos manifestations et campagnes selon les lieux, de manière à ne jamais mettre en péril notre liberté d’expression ni compromettre nos positions.

Ensuite les 2e et 3e marches : cette première marche s’étant déroulée sans incident majeur, avec la volonté claire de continuer de diffuser ces idéaux de nonviolence, on envisagea la possibilité d’en organiser une deuxième dix ans plus tard, en 2019 ; c’est ainsi qu’eut lieu la 2e Marche, qui, cette fois-ci, fit le tour complet de la planète : partie de Madrid, elle y est revenue 159 jours plus tard, après avoir traversé 51 pays et 122 villes.  Entre-temps, elle avait inspiré un groupe de femmes, qui prirent l’initiative de marches régionales en Amérique centrale et en Amérique latine ; on n’a pas attendu dix ans pour la suivante, mais seulement cinq. La 3e Marche a donc eu lieu en 2024-2025, au départ du Costa Rica (le pays qui a supprimé son armée en proclamant la paix au monde) pour y revenir également. Toutes ces marches ont suivi les mêmes critères, tout en adaptant une partie de la thématique initiale aux lieux et à l’époque.

Et aujourd’hui ? Nous y voilà !

Compte tenu de la situation mondiale marquée par une multiplication des conflits, qui complique d’autant plus les déplacements, et où les contraintes économiques liées à l’organisation d’un parcours international pesaient lourdement, il a été décidé de changer de format : une marche serait organisée dans chaque ville, c’est-à-dire entre les dates symboliques que sont le 21 septembre, Journée internationale de la paix, et le 2 octobre, Journée internationale de la nonviolence, à un jour près.

À notre connaissance, à ce jour, la 4ème Marche « Dans ma ville » a eu lieu dans plus de 200 villes réparties sur les différents continents qui ont organisé des activités telles que des marches, des symboles humains et des manifestations culturelles. On peut citer entre autres pays : le Népal, le Bangladesh, l’Inde et les Philippines en Asie ; la Colombie, l’Argentine, le Brésil et l’Équateur en Amérique ; l’Italie, l’Espagne, la France, le Danemark et la Grèce en Europe ; le Sénégal et le Bénin en Afrique…

L’objectif est d’atteindre 1 000 villes, en poursuivant ainsi chaque année jusqu’en 2029 pour célébrer les 20 ans de la première Marche mondiale ; c’est-à-dire que chaque année, pendant ces journées, des activités se dérouleront dans le plus grand nombre possible de villes à travers le monde.  Nous sommes passés d’un parcours géographique à l’organisation d’un maximum d’événements simultanés pour envoyer un signal au monde entier ; nous comprenons bien sûr que, pour que cela ait un impact, la question de la communication est primordiale…

(Voir suite sur colonne de droite. . . )

(Cliquez ici pour une version en anglais. ou cliquez ici pour une version en espagnol. .)

Question for this article:

The World March for Peace and Nonviolence: What is its history and its effects?

( . . . suite)

Qu’est-ce qu’a permis et continue de faciliter la Marche Mondiale ?

D’une part, ouvrir des portes à différents niveaux afin de pouvoir transmettre notre approche :

À des personnes exerçant une certaine influence dans leur milieu, qu’il s’agisse de personnalités du monde de la culture, d’intellectuels ou d’hommes politiques qui ont reçu la délégation de la marche ou participé à des journées et à des forums.

Également au niveau des institutions et des organismes internationaux, avec lesquels nous continuons à collaborer, tels que Mayors for Peace, le WILPF, le Sommet des lauréats du prix Nobel de la paix, Peace Boat, la campagne de l’ICAN pour l’interdiction des armes nucléaires, l’Initiative « Religions unies », la Fédération de la Terre, entre autres, multipliant ainsi les liens et les possibilités…

Éducation : dans les écoles, on a encouragé la mise en place d’ateliers, l’organisation de journées thématiques et la réalisation de symboles humains de la paix et de la nonviolence ; ces symboles, également réalisés à de nombreuses autres occasions, ont permis, de manière ludique, de sensibiliser les personnes à ce que signifient, d’une part, la paix et, d’autre part, la nonviolence.  Il a également été proposé d’assumer l’engagement éthique de ne jamais utiliser ses connaissances acquises pour nuire à un autre être humain.

Universités : l’expérience de la Marche a considérablement favorisé les rencontres avec et entre des universités de différents pays et continents, créant progressivement des relations et des possibilités de collaboration, d’où l’idée de construire un réseau international d’universités pour la paix et la nonviolence active. Il convient de souligner, dans le cas de l’Italie, la collaboration avec l’Université de Pérouse, où s’est tenue une rencontre réunissant plus de 40 recteurs et où un protocole d’accord est en cours d’élaboration, ainsi que l’Université de la paix des Nations unies, dont le siège se trouvait initialement au Costa Rica et qui est désormais implantée à Rome.  Les universités peuvent jouer un rôle fondamental en tant que lieux de formation, de recherche et de production de connaissances.

Culture : L’ouverture vers d’autres cultures et entre elles au travers de concerts et expositions d’artistes partageant certaines de leurs œuvres. Aussi « le simple fait de savoir qu’il y a, ailleurs un peu partout sur la planète, des gens qui œuvrent eux aussi pour la paix et la nonviolence encourage à continuer d’agir avec espoir ». En effet, mettre en lumière des actions qui ne bénéficient en principe d’aucun soutien et ne sont pas relayées par les médias, ouvre l’esprit des gens qui, bien souvent, pensent que leur problème de violence leur est propre, tout comme les possibles solutions.

Approfondir ce que signifie réellement la nonviolence et appliquer sa méthodologie d’action dans la vie quotidienne.

Sans oublier que la 1re Marche Mondiale a donné lieu à la création de Pressenza, l’agence de presse internationale humaniste active aujourd’hui dans de nombreux pays

Pour conclure, il convient de souligner un thème clé, un concept de cette marche. Il s’agit d’encourager l’extension numérique et géographique de toute initiative en faveur de la paix et de la nonviolence : inviter toute personne ou tout collectif à reproduire et amplifier n’importe quelle action, grâce aux contacts de la marche. Par exemple : une chorale d’une ville X entre en contact avec une autre avec l’objectif de générer un réseau de 1 000 chorales pour la paix ; afin de faciliter la multiplication de symboles humains, un mode d’emploi a été rédigé en plusieurs langues pour qu’il puisse être reproduit n’importe où et à n’importe quelle échelle.

L’idée est de sortir de notre zone de confort pour élargir et multiplier l’écho de ce que l’on fait, tant en taille qu’en nombre et en lieux, en créant ces réseaux de nonviolence. Aller au-delà des demandes de paix et du pacifisme, qui réclament la fin de guerres pour avancer vers l’installation d’une véritable culture de la nonviolence.

Alors oui, nous continuons d’agir parce que nous pensons et nous sentons que c’est la tentative qui en vaut la peine.

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Niger: Cure Salée Ingall 2026 : Des prestations culturelles et musicales autour de la culture de la paix et de la cohésion sociale

. PARTICIPATION DÉMOCRATIQUE .

Un article de Agence Nigérienne de Presse

A la suite de la course des chevaux et des chameaux dans la matinée, les festivités de la 59ème édition de la Cure Salée se sont poursuivies dans la soirée du samedi 3 octobre 2026 avec des prestations culturelles et musicales.

La soirée culturelle a vu la participation de la Ministre du Tourisme et de l’Artisanat, du  Gouverneur de la Région d’Agadez, le Général de Division  Ibra Boulama Issa, du Gouverneur de la Région de Tahoua, le Colonel-major Souleymane Amadou Moussa, et plusieurs invités des pays membres de l’AES.

(Cliquez ici pour l’article en anglais. )

Latest Discussion

Can festivals help create peace at the community level?

The new military governments in Africa: Are they promoting a culture of peace?

La Cure Salée, note-t-on, est une festivité traditionnelle majeure au Niger, qui rassemble les communautés nomades, notamment les Touaregs et les Peuls, autour de rites ancestraux liés à la transhumance, au bétail et à la vie pastorale. Les prestations culturelles et musicales jouent un rôle central dans cette célébration, car elles sont le vecteur principal de transmission des valeurs, des histoires et des identités culturelles.

Les prestations culturelles et musicales lors de la Cure Salée 2026 ne sont donc pas des simples divertissements, mais des éléments essentiels qui nourrissent la cohésion sociale, la transmission culturelle et le développement local.

La cérémonie a été marquée par des prestations de plusieurs artistes venus de différentes régions, ainsi que des artistes locaux. Chants, danses, guitares, musiques et autres formes artistiques traditionnelles permettent aux communautés d’affirmer leur identité culturelle.

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Professeure Ada Aharoni : une vision singulière de la Paix

LIBRE CIRCULATION D’INFORMATION .

Un article de Pressenza

ENTRETIEN AVEC LA PROFESSEURE ADA AHARONI, Fondatrice et présidente d’IFLAC World Peace – Haïfa, Israël

Propos recueillis par Ariel Français, Pierrick Hamon, Jean-Claude Mairal et Stefania Scarponi.I-Dialogos : Professeure Ada Aharoni, vous êtes née au Caire, dans une famille juive qui a quitté l’Égypte pour la France avant votre arrivée en Israël. Comment cette histoire personnelle, entre plusieurs pays, langues et cultures, a-t-elle nourri votre engagement en faveur de la paix ?

Ada Aharoni : Je suis née au Caire et j’ai grandi dans un monde multiculturel. Lorsque les Juifs d’Égypte ont été bannis par l’Égypte après la création de l’État d’Israël en 1948, nous sommes arrivés en France, mais je voulais aider Israël qui avait alors deux ans. Dès mes premières années, j’ai vécu parmi différentes langues, religions et cultures. Plus tard, le fait de quitter l’Égypte, de vivre en France et finalement de venir en Israël m’a appris quelque chose de très important : l’identité ne doit pas nécessairement ériger des murs entre les êtres humains. Au contraire, nos différentes identités peuvent nous enrichir.


Photo de Wikipedia

J’ai également appris personnellement ce que signifie perdre une patrie et recommencer sa vie. Cette expérience m’a rendue profondément sensible au déplacement, à la peur, au rejet et au désir de sécurité et d’appartenance chez les Juifs, comme chez les Palestiniens et tous les peuples.

Elle m’a convaincue que la paix ne peut pas être construite en niant l’histoire ou la souffrance de l’autre. Nous devons apprendre à connaître les récits des uns et des autres, même lorsqu’ils sont douloureux et contradictoires. Cette compréhension a guidé tout au long de ma vie mon travail d’écrivaine, de chercheuse et de militante pour la paix.

I-Dialogos :  Vous avez fondé IFLAC et, en tant qu’universitaire, vous avez accordé à la littérature, à la culture et à la musique une place essentielle dans le travail pour la paix. Que peuvent-elles rendre possible lorsque le dialogue politique est délibérément rompu ?

Ada Aharoni : J’ai fondé IFLAC – Forum international pour la littérature et la culture de la paix –  en 2000, parce que je crois que les seuls accords politiques ne peuvent pas créer une paix durable. Nous devons également créer une culture de la paix. La littérature, la poésie, la musique et les arts peuvent atteindre des lieux que les discours politiques ne parviennent souvent pas à atteindre. Un poème peut nous faire ressentir la souffrance de quelqu’un que l’on nous a appris à considérer comme un ennemi. La musique peut rapprocher les gens sans demander d’abord quelle est leur nationalité, leur religion ou leur opinion politique.

Le 11e Congrès mondial d’IFLAC pour la paix, qui s’est tenu le 22 septembre 2026, était consacré à la paix par la musique et à la mémoire de Yehudi Menuhin, qui avait compris le pouvoir universel extraordinaire de la musique. Lorsque le dialogue officiel est rompu, le dialogue humain doit continuer. Les écrivains, les musiciens, les éducateurs, les femmes, les jeunes et les organisations pacifistes peuvent maintenir les ponts jusqu’à ce que les dirigeants politiques soient prêts à les franchir.

I-Dialogos :  Face à la souffrance des deux peuples, et aujourd’hui particulièrement à celle des Palestiniens, comment faire entendre la douleur de chacun sans effacer celle de l’autre ? Où voyez-vous aujourd’hui des possibilités concrètes de dialogue ?

Ada Aharoni : La première règle de la paix est très simple : la souffrance d’un peuple ne doit jamais effacer celle d’un autre. La souffrance palestinienne doit être entendue pleinement et humainement. La souffrance israélienne doit également être entendue pleinement et humainement. Nous ne pouvons pas construire la paix en demandant à l’un ou l’autre peuple d’oublier ses morts, ses peurs, ses traumatismes ou son histoire.

La situation demeure extrêmement difficile. Les Nations unies ont indiqué en septembre 2026 que, malgré le cessez-le-feu à Gaza commencé en octobre 2025, la violence ainsi que de graves problèmes humanitaires et politiques persistent, tandis que les conditions en Cisjordanie se sont également détériorées. Dans le même temps, l’ONU continue de défendre la création de deux États souverains, Israël et la Palestine, vivant côte à côte dans la paix et la sécurité.

Pour moi, un État palestinien pacifique aux côtés d’Israël doit faire partie de l’horizon, avec une véritable sécurité pour les Israéliens et les Palestiniens, ainsi qu’un cadre politique dans lequel aucune des deux parties ne cherche la destruction de l’autre. Le dialogue devrait commencer partout où il est encore possible : entre éducateurs, femmes, jeunes, écrivains, artistes, chercheurs, municipalités, organisations de la société civile et mouvements pacifistes. Nous ne pouvons pas attendre que les gouvernements se mettent d’accord avant que les êtres humains recommencent à se parler.

I-Dialogos : Votre engagement dépasse le Moyen-Orient. Comment réagissez-vous aux guerres et aux tensions en Ukraine et en Russie, au Soudan et en République démocratique du Congo ? Pourquoi le dialogue semble-t-il désormais impossible ? Comment les Nations unies peuvent-elles retrouver leur rôle véritable ?

Ada Aharoni : Chaque guerre possède sa propre histoire et ses propres circonstances, et nous devons veiller à ne pas prétendre qu’une seule formule pourrait toutes les résoudre. Mais il existe un danger commun : dès lors que les sociétés sont convaincues que la force est le seul langage que l’autre partie comprend, le dialogue devient presque impossible. La peur, le deuil, la propagande et la haine approfondissent la séparation.

Le dialogue ne signifie pas la capitulation. Il ne signifie pas non plus l’abandon du droit international ou de la justice. Il signifie maintenir ouverte une voie par laquelle la violence pourra finalement prendre fin.

Les Nations unies restent donc indispensables, mais elles ont besoin d’être renforcées et réformées. Les discussions sur la réforme du Conseil de sécurité se poursuivent, notamment autour de demandes visant à instaurer un système plus représentatif, plus transparent, plus responsable et plus attentif à l’ensemble des membres de l’ONU. J’aimerais voir les Nations unies devenir beaucoup plus efficaces en matière de prévention en agissant avant que les guerres n’éclatent, et non principalement après la mort de milliers de personnes.


Nous consacrons d’immenses ressources à la préparation de la guerre. L’humanité doit apprendre à investir sérieusement dans la préparation de la paix.

I-Dialogos :  Le 11e Congrès mondial d’IFLAC propose une loi mondiale contre la guerre. Cela peut sembler utopique, voire naïf. Comment cette idée pourrait-elle devenir davantage qu’une déclaration de principe ? Quelle serait la première étape réaliste ?

Ada Aharoni : On a qualifié d’utopiques presque tous les grands progrès de l’humanité avant qu’ils ne deviennent réalité. L’esclavage était autrefois considéré comme inévitable. Le colonialisme était considéré comme inévitable. Dans de nombreuses sociétés, le droit de vote des femmes était considéré comme irréaliste .Pourquoi la guerre serait-elle la seule institution que l’humanité n’aurait même pas le droit d’imaginer dépasser ?

(Voir suite sur colonne de droite.)

(cliquez ici pour une version anglaise.

Question pour cet article:

Where in the world can we find good leadership today?

(. . suite)

Et nous ne partons pas de zéro. L’article 2 de la Charte des Nations unies exige déjà que les États règlent leurs différends internationaux par des moyens pacifiques et interdit la menace ou l’emploi de la force incompatibles avec la Charte. La Constitution japonaise, dans son article 9, renonce de manière célèbre à la guerre comme moyen de règlement des différends internationaux.

IFLAC propose d’aller beaucoup plus loin dans l’application internationale de ce principe. La première étape pratique pourrait être la création d’un groupe international de juristes, de diplomates, de chercheurs sur la paix et de représentants de la société civile chargé de rédiger une véritable Convention mondiale contre la guerre, puis de chercher le soutien de gouvernements et de la soumettre aux Nations unies. Une loi sans institutions est insuffisante.

C’est pourquoi notre Plan mondial de paix d’IFLAC propose également la création de ministères de la Paix puissants dans chaque pays, dotés de moyens et financés pour prévenir les conflits, promouvoir la médiation et éduquer à la paix. La paix doit disposer d’institutions, de budgets et d’une expertise professionnelle, tout comme la défense.

I-Dialogos :  À Metz, le pape Léon XIV a appelé à rejeter la course actuelle au réarmement et à faire du dialogue un chemin vers la paix. Comment les citoyens de toutes convictions peuvent-ils s’unir autour de cet objectif, et comment convaincre des gouvernements profondément opposés de se parler ?

Ada Aharoni : J’ai été profondément intéressée par le message du pape Léon XIV à Metz, le 28 septembre 2026. Il a appelé à un dialogue patient, au courage dans la négociation et à la volonté de renoncer à certaines positions pour le bien supérieur de la paix, tout en mettant en garde contre l’illusion selon laquelle le réarmement constituerait en lui-même une solution. Cela rejoint étroitement ce que nous affirmons à IFLAC.

La paix ne devrait appartenir ni à une seule religion, ni à un seul parti politique, ni à une seule idéologie. Un chrétien, un musulman, un juif, un bouddhiste, un athée ou un agnostique peuvent tous s’accorder sur une chose très simple : nos enfants méritent de vivre. C’est notre point de départ commun.

Les gouvernements ne se mettront pas soudainement d’accord sur tout. Le dialogue devrait donc commencer par des questions précises sur lesquelles un accord est possible : la protection des civils, l’accès humanitaire, les échanges, la coopération environnementale, l’éducation, le commerce, l’eau, la santé et d’autres intérêts communs. De petits accords peuvent créer de la confiance. La confiance peut rendre possibles des accords plus importants.
L’alternative –  refuser de parler tant que tout n’est pas réglé – garantit que rien ne le sera jamais.

I-Dialogos :  I-Dialogos construit un réseau de correspondants dans plus de 60 pays. Pourquoi ne pas y associer des voix israéliennes, palestiniennes et régionales ? Que pensez-vous de cette initiative ? Pourrait-il y avoir un partenariat avec IFLAC ?

Ada Aharoni : Oui, je crois qu’il existe un terrain naturel de coopération entre I-Dialogos et IFLAC. Un véritable réseau international de dialogue a besoin de voix israéliennes et palestiniennes, mais ces voix ne doivent pas simplement reproduire des slogans politiques. Les gens doivent s’écouter les uns les autres. Pour qu’un tel réseau réussisse, je suggérerais quelques principes simples : aucune incitation à la haine, aucune déshumanisation, le respect des faits, le respect du désaccord, l’égale dignité humaine et une véritable volonté d’entendre quelque chose que l’on n’a peut-être pas envie d’entendre. Les femmes et les jeunes devraient également occuper une place majeure dans ces dialogues.

Depuis 26 ans, IFLAC s’emploie à créer des liens entre des écrivains, des chercheurs, des éducateurs, des artistes et des Ambassadeurs de la paix qui aiment la paix dans de nombreux pays. Je serais très heureuse d’étudier la manière dont ce réseau et I-Dialogos pourraient travailler ensemble. Peut-être I-Dialogos et IFLAC peuvent-ils contribuer à démontrer quelque chose que notre monde divisé doit de toute urgence redécouvrir : Le dialogue n’est pas une faiblesse. Le dialogue est une forme de courage.

I-Dialogos :  Pourriez-vous nous aider à identifier des correspondants d’I-Dialogos en Israël et peut-être des interlocuteurs palestiniens ou des membres du réseau d’IFLAC ? Quelle première action commune proposeriez-vous ? Que pensez-vous de mouvements tels que « Une terre pour tous » ?

Ada Aharoni : Oui. Je serais heureuse d’aider I-Dialogos à entrer en contact avec des personnes appropriées en Israël et avec des membres du réseau international d’IFLAC, et j’encouragerais vivement la participation de bâtisseurs palestiniens de la paix en tant que partenaires égaux du dialogue. Je préférerais ne pas choisir de noms à la hâte. L’important est d’identifier des personnes qui acceptent véritablement le dialogue, la non-violence et la dignité des deux peuples.

Comme première action commune, je propose un Dialogue israélo-palestinien pour la paix IFLAC–I-Dialogos, peut-être en ligne, réunissant un petit nombre d’Israéliens, de Palestiniens et de voix internationales engagées pour la paix. Au lieu de commencer par demander : « Qui est coupable ? », nous pourrions commencer par une autre question : « Que devons-nous faire maintenant pour que nos enfants n’héritent pas de cette guerre ? »

Il existe déjà des initiatives israélo-palestiniennes qui méritent d’être examinées dans le cadre d’un tel dialogue. Par exemple, « Une terre pour tous » se présente comme un mouvement israélo-palestinien commun et propose deux États souverains au sein d’une même patrie partagée, avec une coopération, une liberté de circulation et des institutions communes. Les différents mouvements pacifistes proposent des structures politiques différentes. Plutôt que de déclarer à l’avance qu’une formule est la solution, je crois que le dialogue devrait examiner quels éléments concrets peuvent créer une reconnaissance mutuelle, la sécurité, la liberté, l’égalité et la coexistence pacifique.

I-Dialogos : Y a-t-il d’autres points qui vous semblent importants et que vous souhaiteriez aborder en conclusion ?

Ada Aharoni : Oui. Je voudrais conclure par le message central de notre 11e Congrès mondial d’IFLAC pour la paix : la guerre doit être interdite. La paix mondiale est possible. Mais la paix n’arrivera pas d’elle-même. C’est pourquoi, à IFLAC, nous avons élaboré un Plan mondial de paix concret, fondé sur quatre idées centrales :

1. Une loi mondiale contre la guerre, développer le droit international afin que la guerre soit de plus en plus délégitimée et remplacée par des mécanismes pacifiques obligatoires de règlement des différends.

2. Des ministères de la Paix dans chaque pays, des institutions gouvernementales fortes, professionnelles et correctement financées, consacrées à la prévention de la guerre et à la construction de la paix.

3. Une Alliance mondiale pour la paix : unir les organisations pacifistes et la Communauté internationale des peuples épris de paix, l’IPLC, afin que les nombreuses voix séparées qui s’expriment en faveur de la paix deviennent une force mondiale puissante.

4. Des femmes et des hommes qui dirigent ensemble, les femmes devraient bénéficier d’une représentation égale, notamment d’une participation de 50 % dans les lieux où sont prises les décisions politiques et pacifiques les plus importantes.Pendant trop longtemps, l’humanité a organisé la guerre de manière magnifiée et la paix de manière très insuffisante. Nous savons construire des armées, des alliances militaires et des systèmes d’armement. Nous devons maintenant devenir tout aussi sérieux dans la construction de la paix. C’est pourquoi je salue I-Dialogos et toute initiative sincère qui crée des ponts entre les peuples. La grande tâche qui nous attend ne consiste pas seulement à mettre fin à une guerre. Elle consiste à créer un monde dans lequel l’humanité apprendra enfin à résoudre ses conflits sans guerre.
C’est le défi auquel j’ai consacré ma vie, et je crois toujours que nous pouvons le relever.

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Bulletin français 1 octobre 2026


JOURNÉE INTERNATIONALE DE LA PAIX 2026

Cette année, j’ai pu recenser sur Internet 821 événements organisés pour la Journée internationale de la paix. La plupart n’étaient pas en anglais, mais en arabe, chinois, français, allemand, hindi, italien, japonais, russe, espagnol et ukrainien.

Comme à l’accoutumée pour cette journée, Europe occidentale a été la plus forte, notamment en Belgique (209), en France (70), en Italie (27) et en Espagne (14). Dans une large mesure, les événements se sont déroulés officiellement dans les hôtels de ville des localités participantes. En Italie, le « Giro d’Italia per la Pace » (Tour d’Italie pour la paix), qui a mobilisé plusieurs villes le jour même de la célébration, prévoyait de traverser 129 communes au cours de sa tournée s’étalant sur plusieurs mois. En France, une autre initiative similaire — la Marche pour le climat, le monde vivant, la paix et la justice — a eu lieu dans plus de 100 villes et villages le 26 septembre.

Des célébrations ont été organisées dans 46 des 50 États américains et dans 9 des 10 provinces canadiennes. Cette année, certains actions ont été menées pour protester contre la culture de la guerre. Nombreux sont ceux qui ont manifesté contre le génocide perpétré par Israël en Palestine. Des protestations ont visé la base militaire de Tucson, en Arizona, ainsi que le salon de l’armement de l’US Air Force à National Harbor, dans le Maryland. Dans les villes jumelles de Minneapolis et Saint Paul, l’événement comprenait une séance d’information virtuelle intitulée « Se relever du désastre causé par la politique fédérale d’immigration » ; à Chicago, l’organisation Codepink a tenu une réunion d’information et de débat sur les conséquences de l’invasion et de l’occupation de l’Afghanistan par les États-Unis.

Malgré la dislocation de l’Union soviétique et la terrible guerre opposant la Russie à l’Ukraine, la célébration de la Journée internationale de la paix — officiellement encouragée à l’époque soviétique — a perduré jusqu’à aujourd’hui. Les 121 événements recensés comprenaient 22 manifestations en Biélorussie, 37 en Russie et 57 en Ukraine, organisées pour la plupart par des élèves dans des écoles et des bibliothèques ; ils y ont perpétué des traditions telles que la confection de colombes ou de grues en papier, symboles de paix. En Ukraine, certaines activités ont dû se dérouler dans des abris anti-aériens où les enfants étaient confinés pendant les alertes aériennes.

Les 93 rapports provenant de 17 pays d’ Asie-Pacifique se sont révélés particulièrement riches. Au Japon, la journée a été marquée par des séances de calligraphie, des cérémonies du thé, des sonneries de cloches et des concerts, incluant des performances de tambours japonais et une interprétation de la Neuvième Symphonie de Beethoven. En Inde, l’événement a été célébré par une grande diversité de groupes et d’associations, notamment les Brahma Kumaris, les adeptes de Prem Rawat, les guides et scouts, les clubs Rotary et le Syndicat national des étudiants. En Chine, des manifestations officielles ont eu lieu à Pékin, Hanchuan, Hong Kong et Wuhan, avec la participation de personnes venues du monde entier.

Avec 29 événements, le Mexique a ouvert la voie en Amérique latine et dans les Caraïbes, région ayant comptabilisé 59 manifestations réparties sur 14 pays. Parmi les événements mexicains figuraient un sommet binational pour la paix et la justice à Ciudad Juárez, un congrès international pour la Journée internationale de la paix à Guanajuato et le 7e Forum international sur la culture et l’éducation pour la paix à Querétaro. À Culiacán, le Secrétariat à la sécurité publique de l’État de Sinaloa a organisé une marche pour la paix au sein de la prison ; celle-ci était menée par une escorte et une fanfare, dans le cadre d’initiatives visant à renforcer la culture, le sport et les processus de réinsertion sociale au sein de l’établissement pénitentiaire.

En Afrique, des célébrations ont eu lieu dans 19 pays, sans compter les 5 autres classés parmi les États arabes. Quatre événements se sont tenus au Cameroun, notamment un forum national en ligne, un webinaire organisé par Wem’Afrika, un office religieux de l’Église presbytérienne et une marche pour la paix coordonnée par le ministère de la Jeunesse. Trois événements ont été organisés respectivement au Tchad, en République démocratique du Congo et au Kenya, impliquant notamment l’institution du Médiateur du Tchad, la Synergie des femmes pour la paix et la sécurité en RDC et l’Université Kenyatta.

Nous avons recensé 22 initiatives dans 12 pays arabes et du Moyen-Orient. À Bahreïn, l’événement était consacré à la coexistence entre différentes religions et confessions ; il a réuni des représentants des communautés catholique, évangélique, juive, hindoue, bouddhiste, sikh et baha’ie. En Égypte, le Conseil des sages musulmans a publié une déclaration affirmant que la paix est l’essence même du message de l’islam, tandis que l’Organisation copte évangélique pour les services sociaux a appelé à des initiatives et des pratiques en faveur de la paix.

Parmi les initiatives mondiales pour la Journée internationale de la paix, on peut citer :
11 Days of Global Unity
Creative Nonviolence at Work in the World Today
Global Week Of Action For Peace And Climate Justice
Live Peace
Masterpeace
Peace One Day
Peace Voices Map
United Religions Initiative

La recherche, la traduction, la mise en forme et la mise en ligne des 821 événements ont nécessité plus de 100 heures de travail personnel. D’autres ressources utiles dans le passé — telles que la carte des événements de l’ONU pour la Journée internationale de la paix, la carte des écoles Montessori ou celle de « One Day One Choir » — n’étaient plus disponibles, et la portée du site web « Campaign Nonviolence » a été réduite. À mon âge (87 ans), cette tâche est devenue trop ardue ; je ne la reconduirai donc pas l’année prochaine. J’espère que d’autres prendront le relais.

GLOBAL


Que s’est-il passé cette année: Journée internationale de la paix

ÉTATS-UNIS ET CANADA


États-Unis et Canada: Journée internationale de la paix

EUROPE


Europe: Journée internationale de la paix

ASIE ET PACIFIQUE


Asie et Pacifique: Journée internationale de la paix

  

PAYS EX-SOVIÉTIQUES


Pays Ex-Soviétiques: Journée internationale de la paix

ETATS ARABES ET MOYEN-ORIENT


Etats Arabes et Moyen-Orient: Journée internationale de la paix

AMÉRIQUE LATINE ET CARAÏBES


Latine et Caraïbes: Journée internationale de la paix

AFRIQUE

Africa: International Day of Peace

Entretien avec Aleida Guevara

LIBRE CIRCULATION D’INFORMATION .

Extraits d’un entretien par Andrea Duffour dans investigaction.net

Fille d’Ernesto « Che » Guevara, Aleida Guevara est pédiatre et une figure engagée de la révolution cubaine. Dans cet entretien, elle revient sur la situation particulièrement difficile que traverse Cuba sous l’effet du blocus américain, mais aussi sur les conflits au Moyen-Orient et sur sa conception de la résistance.

Elle défend notamment une lecture radicalement opposée à celle qui prévaut dans une grande partie des pays occidentaux concernant le Hamas et le Hezbollah, tout en appelant à davantage de solidarité avec les peuples palestinien, libanais et iranien.

Aleida Guevara évoque enfin le rôle du « Sud global » et la nécessité, selon elle, pour ses peuples de s’unir afin de construire « un monde plus juste pour tous ».


Photo d’un article en BBC in 1986

Andrea Duffour : . . . Tu soulignes souvent que l’internationalisme n’est pas une « exportation de révolution », mais un devoir éthique sans rien demander en retour. Tu as été toi-même en Angola et dans beaucoup d’autres pays en tant que pédiatre…

Ton message aux peuples de la Palestine, du Liban, de l’Iran … ?

Aleida Guevara : « Il est très facile d’adresser un message aux peuples du Liban, d’Iran et de Palestine de loin. Le message doit être clair : être à leurs côtés.

Voilà le véritable message. Mon père [le Che] disait que la solidarité ne consiste pas simplement à lever ou à baisser le doigt, comme le faisaient les spectateurs des cirques romains. Non. La solidarité, c’est vivre la vie d’un peuple qui a besoin de solidarité.
C’est pourquoi il est facile de prononcer des mots, mais il faut passer à l’action. Il faut briser ce blocus brutal contre la Palestine. Il faut enfin faire prendre conscience aux gens du monde entier de ce qui se passe au Liban et en Iran.  C’est honteux que les gens tournent le dos à cette réalité.

Combien d’enfants, combien de femmes, combien d’êtres humains meurent chaque jour parce qu’il y a un président fou furieux qui s’arroge le droit de mettre fin à la vie d’un peuple ? Qu’est-ce que cela signifie ?  Comment est-ce possible ? Vraiment, il n’y a pas de message plus fort et plus beau que d’être là, aux côtés de ces peuples. C’est ce dont nous avons besoin : être proches de ces peuples pour pouvoir les aider dans la situation qu’ils traversent. »

AD : La situation actuelle à Cuba est pire que jamais et mériterait également davantage de solidarité internationale concrète. Les États-Unis étranglent votre peuple, en tentant par tous les moyens de briser votre résistance qui dure depuis 67 ans.

Pourrais-tu nous décrire la situation actuelle et nous dire ce que les peuples et les gouvernements dotés d’un minimum de dignité peuvent faire pour vous soutenir, vous qui luttez en première ligne, aux côtés de l’Axe de la Résistance et de l’Iran (pays qui subit lui aussi un blocus depuis deux générations…) ?

(Voir suite sur colonne de droite.)

(cliquez ici pour une version anglaise.

Question pour cet article:

Where in the world can we find good leadership today?

(. . suite)

Aleida Guevara : « La situation à Cuba est très difficile. Le blocus que les États-Unis maintiennent depuis des décennies devient chaque jour plus cruel, car il s’agit désormais d’un blocus très actif qui touche surtout tout ce qui a trait à l’énergie dans le pays. Il empêche pratiquement tout d’entrer. . . .

AD: À quoi ressemblerait, selon ta philosophie, un monde idéal ?

Aleida Guevara : « À quoi ressemblerait un monde idéal ? Tout d’abord, je tiens à préciser que je suis pédiatre. Par conséquent, pour moi, un monde idéal est un monde où les enfants grandissent dans le bonheur le plus total, où ils peuvent profiter de chaque seconde de leur vie, où il n’y a pas de maladies susceptibles de tuer un être humain parce que nous n’avons pas su les prévenir.

Un monde où chacun ait la possibilité d’étudier quand il le souhaite, au moment où il le souhaite. Un monde où tout le monde ait un logement, partageant sa vie avec d’autres compagnons, d’autres amis, [où] la solidarité s’épanouisse entre tous nos peuples. Voilà le monde idéal pour moi, un monde sans  guerre, un monde de paix.
Mais une paix dans la dignité. Il est très important d’en tenir compte. Je ne veux pas d’une paix sans dignité. Par conséquent, un monde idéal doit être un monde où les hommes et les femmes s’épanouissent en tant qu’êtres humains et ont toute la capacité de dire : Vive la vie ! » . . .

AD: Pourrais-tu nous faire part de tes réflexions sur les luttes du Sud global ?

Aleida Guevara : « La lutte du Sud global est une expression, une façon de parler pour les peuples qui ne connaissent pas ce faste, appelé développement industriel, dont jouit une partie de l’humanité, notamment l’Europe, les États-Unis et le Canada.

Nous qui ne vivons pas cette réalité, nous qui sommes la matière première consommée pour que ces pays continuent à s’enrichir, c’est ce que nous appelons le Sud global. La lutte du Sud global doit commencer par l’unité de nos peuples.

S’il n’y a pas d’unité entre nous, nous n’aurons pas la force suffisante pour mettre un terme à cette réalité ;

Pour empêcher ces gouvernements de continuer à exploiter nos ressources, à piller nos terres et à dévaster l’humanité.

En ce sens, l’unité est le mot-clé.

Si nous ne parvenons pas à surmonter les difficultés, les absurdités auxquelles sont confrontés de nombreux êtres humains, nous ne pouvons pas trouver la force nécessaire pour changer cette réalité, pour changer ce monde, pour créer un monde plus juste pour tous, où chacun aurait droit à une vie épanouie, à une bonne santé, à une éducation complète, à un toit au-dessus de sa tête, à ressentir la joie du vent qui souffle autour de nous, en sachant que nous pouvons nourrir nos enfants chaque jour, en sachant que nous pouvons prendre soin de nos aînés avec tout l’amour et la tendresse qu’ils méritent.

Pour cela, l’unité est indispensable. Si nous ne brisons pas les barrières qui nous divisent, celles qui nous ont maintenus dans cette situation pendant des siècles, si nous ne parvenons pas à faire tomber ces murs, nous ne pourrons pas construire un monde différent pour nous tous.
La lutte du Sud global est la lutte de l’humanité. » . . .

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France: Le Collectif national des marches pour la paix; Déclaration pour le 21 septembre 2026

. PARTICIPATION DÉMOCRATIQUE …

Une déclaration du Collectif national des marches pour la paix

Journée internationale de la Paix du 21 septembre 2026 : “stop les guerres, stop les violences, stop la misère”.

Le Collectif national des marches pour la paix appelle à multiplier les initiatives, partout du 19 au 26 septembre. L’espoir réside dans notre capacité collective à imposer d’autres choix que l’économie de la guerre et la guerre.

Le Collectif national des marches pour la paix appelle les citoyennes et les citoyens, les organisations syndicales, associatives, politiques, culturelles, humanistes, philosophiques à multiplier les initiatives partout en France pour faire entendre l’immense aspiration de la population et des peuples à vivre en paix.

La situation internationale est d’une extrême gravité. Les guerres s’étendent, le droit international est trop souvent bafoué, les dépenses militaires augmentent massivement, les arsenaux nucléaires sont modernisés, et le risque d’une extension mondiale de la guerre, incluant l’utilisation possible d’armes nucléaires, ne peut être ignoré.

Dans ce contexte, le Collectif réaffirme son refus de la résignation et de la banalisation de la guerre. Depuis 2015, il rassemble près de 200 organisations nationales et locales autour d’un appel clair : ” Pour la paix : stop la guerre, stop la violence, stop la misère. Exprimons notre volonté de vivre en paix dans un monde de solidarité, de justice, de fraternité. »

La guerre est toujours un échec. Elle détruit les vies, jette les populations civiles sur les routes de l’exil, aggrave les inégalités, nourrit les violations des droits humains, les crimes contre l’humanité et détourne des ressources considérables qui devraient être consacrées à l’emploi, aux salaires, à la santé, à l’éducation, au logement, aux services publics et à la transition écologique.

(Voir suite sur colonne de droite. . . )

(Cliquez ici pour un article de ce sujet en anglais..)

Question for this article:

Will you participate in the International Day of Peace?

( . . . suite)

Nous refusons que les droits sociaux, les libertés, la dignité humaine, la sécurité des peuples et l’avenir des générations futures soient sacrifiés aux logiques de guerre, de domination et de militarisation. Le droit international doit primer sur la force. Les solutions politiques négociées doivent prévaloir sur la guerre et la violence. Une paix durable ne peut se construire sans justice sociale, justice écologique, coopération entre les peuples, respect de la souveraineté des États et réalisation concrète de tous les droits humains.

À travers cette mobilisation, le Collectif appelle à agir pour une sécurité humaine sur le plan national et mondial, construite sur les principes de la Charte des Nations Unies, la réalisation des objectifs de développement durable (ODD, la mise en œuvre des huit domaines de la culture de la paix définis par les Nations Unies et la concrétisation des recommandations du GIEC pour lutter contre le réchauffement climatique.

Face à la spirale de la guerre, l’espoir réside dans l’action citoyenne, dans l’unité des forces sociales, syndicales, associatives, écologistes, féministes, humanistes, culturelles et politiques qui refusent la guerre comme horizon.

Le 21 septembre 2026, et durant toute la semaine du 19 au 26 septembre, le Collectif national des marches pour la paix invite donc à organiser partout des marches, rassemblements, débats publics, forums, concerts, expositions, initiatives culturelles, rencontres avec les élus, actions dans les quartiers, les villages, les entreprises, les écoles et les universités. Chaque initiative compte. Chaque prise de parole compte. Chaque présence dans l’espace public compte.

Le Collectif appelle également à prolonger cette dynamique autour de la Semaine des Nations Unies pour le désarmement (fin octobre – début novembre) , en organisant des forums départementaux pour la paix afin de faire connaître les alternatives pour une sécurité humaine mondiale, portées par le collectif et fondées sur la réalisation concrète de tous les droits humains (voir ci-dessus).

Marchons ! débattons ! rassemblons-nous ! agissons ! Ensemble pour la paix, la justice, les droits sociaux et les droits humains.

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UNESCO: Les jeunes leaders appellent à une Nouvelle Culture de la Paix

. TOLÉRANCE & SOLIDARITÉ .

Un article de UNESCO

Des jeunes leaders se sont réunis au Siège de l’UNESCO et à la Sorbonne, à Paris, pour présenter l’Appel des jeunes et un Document de réflexion des jeunes, issus d’une réflexion menée à l’été 2026 par les jeunes sur l’avenir du mandat de l’UNESCO.

Lancée avec le soutien de la France, cette initiative, qui a réuni les voix de 145 jeunes leaders issus de 135 pays, appelle à une nouvelle culture de la paix dans l’esprit des femmes et des hommes du XXIe siècle.


Cadre del video sur Twitter (X)

Présentation de l’Appel et du Document de réflexion à Paris

Les 3 et 4 septembre 2026, onze jeunes leaders ont échangé directement sur leurs idées avec Khaled El-Enany, Directeur général de l’UNESCO, et S.E. M. Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères de la France, lors d’événements organisés au Siège de l’UNESCO et à la Fabrique de la Diplomatie de la France, à la Sorbonne.

Le Directeur général et le Ministre ont reconnu l’importance de l’engagement des jeunes en faveur de la paix ainsi que le rôle essentiel qu’ils doivent jouer pour relever les défis du monde actuel. Leurs échanges avec les jeunes leaders ont mis en exergue la nécessité de placer les jeunes non pas en marge de la discussion, mais au cœur même de celle-ci.

Le Directeur général a souligné : « La paix […] exige de la créativité, de l’imagination, de la patience et des outils. Le rôle de l’UNESCO est justement de fournir ces outils aux nouvelles générations. »

M. Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères de la France, a déclaré : « L’UNESCO incarne peut-être, plus que toute autre entité au sein du système des Nations Unies, l’esprit de paix. Cet esprit de paix est intrinsèquement tourné vers l’avenir, qu’il revient aux jeunes de préserver, de nourrir et de transmettre aux générations futures. »

L’Appel et le Document de réflexion présentent des propositions concrètes sur la manière dont le mandat fondateur de l’UNESCO, qui consiste à construire la paix, peut continuer à se traduire en actions ambitieuses et efficaces, en particulier en période de crise.

Ils appellent à une participation des jeunes plus approfondie et plus significative à la prise de décision, ainsi qu’à un investissement accru dans les domaines clés du mandat de l’UNESCO, allant de l’éducation inclusive à l’action climatique, de la science ouverte au développement éthique de l’intelligence artificielle, et de la protection du patrimoine culturel à l’accès à une information fiable.

Les documents soulignent l’importance de donner aux jeunes les moyens d’agir en tant que partenaires dans la réponse aux défis mondiaux, de renforcer la résilience en période de crise et de promouvoir le dialogue interculturel. Ils mettent également en évidence la nécessité de veiller à ce que le rôle de chef de file normatif de l’UNESCO se traduise par des bénéfices concrets pour les communautés, en particulier celles qui sont insuffisamment desservies, touchées par les conflits ou vulnérables au changement climatique.

Les jeunes comme groupe prioritaire

Conformément à la reconnaissance de la jeunesse comme groupe prioritaire par l’UNESCO, cette consultation constitue un exemple fort de l’engagement de l’Organisation afin de créer des possibilités concrètes pour permettre aux jeunes de contribuer à sa réflexion stratégique et de travailler aux côtés de l’UNESCO à la mise en œuvre de ses programmes.

L’Appel des jeunes est présenté dans le cadre de l’initiative de réforme plus large UNESCO80, afin d’être examiné par les États membres de l’UNESCO lors de la session du Conseil exécutif qui se tiendra en octobre 2026.

Texte de L’Appel des jeunes pour une nouvelle culture de la paix

Appel des jeunes pour une nouvelle culture de la paix dans l’esprit des femmes et des hommes pour le XXIe siècle Paris, 3 septembre 2026

Nous, 145 jeunes leaders de 135 États membres et Membres associés, représentant des régions, des contextes et des vécus divers du monde entier, réunis à l’occasion du 14e Forum des jeunes de l’UNESCO et du quatre-vingtième anniversaire de l’Organisation,

Rappelons que l’UNESCO a été fondée sur la conviction que, étant donné que les guerres prennent naissance dans l’esprit des femmes et des hommes, c’est dans cet esprit que doivent être élevées les défenses de la paix — et affirmons qu’il s’agit là d’une tâche toujours inachevée, et non d’un simple constat historique.

Constatons qu’aujourd’hui, la paix est menacée autant par la violence structurelle, les déplacements de population, la crise planétaire et l’érosion de la confiance au sein et entre les communautés et les générations que par les conflits armés. L’éducation, les sciences, la culture, ainsi que la communication et l’information peuvent soit contribuer à prévenir ces menaces, soit, si elles sont mal encadrées, fragiliser davantage les fondements de la paix. À une époque refaçonnée par l’intelligence artificielle et l’évolution technologique rapide, ces champs d’actions sont également de plus en plus liés à des environnements numériques susceptibles d’amplifier la mésinformation et la désinformation, la polarisation et la division, tout en créant de nouvelles possibilités de dialogue et d’apprentissage.

Déterminés à appliquer les leçons de notre histoire afin de prévenir les conflits en s’attaquant à leurs causes profondes et à résoudre les problèmes par la voie du dialogue.

Reconnaissons que la cohésion sociale et la solidarité intergénérationnelle sont des composantes essentielles d’une paix durable, et que la lutte contre les discriminations, l’exclusion et les inégalités, associée à la création de véritables occasions de dialogue, de coopération et de vie culturelle partagée, peut renforcer la confiance au sein des communautés et des générations, ainsi qu’entre elles, et contribuer à des sociétés plus inclusives, plus pacifiques et plus résilientes.

Soulignons que les jeunes agissent déjà — comme médiateurs, chercheurs, éducateurs et bâtisseurs d’espaces numériques et culturels — mais que, trop souvent, ils le font sans bénéficier de la reconnaissance, des ressources ou de rôle véritable dans la prise de décision nécessaires pour soutenir et renforcer leur contribution.

Appelons l’UNESCO, ses États membres et leurs partenaires à traduire ces principes en actions durables au moyen des mesures suivantes :

1. Ancrer le partenariat avec les jeunes dans la prise de décision de manière systémique et structurelle.

La participation des jeunes aux processus de paix, de prévention des conflits et de réconciliation est encore aujourd’hui beaucoup trop faible. Conformément à la Résolution 2250 du Conseil de sécurité, les jeunes doivent être mieux reconnus comme partenaires dans la prévention des conflits et la consolidation de la paix et inclus dans les mécanismes institutionnels de préventions des conflits et de médiation.

Au sein de l’UNESCO, l’engagement des jeunes doit évoluer de la simple consultation vers un véritable partenariat. Cela suppose que les occasions de faire entendre leur voix s’accompagnent d’une participation réelle à la prise de décision : représentation des jeunes au sein des Commissions nationales et des Délégations à la Conférence générale, ainsi que dans des mécanismes tels que le Réseau de Jeunes 2 et Étudiants pour l’ODD 4, qui veille à ce que les jeunes soient représentés dans des organes de décision en matière d’éducation aux côtés des ministres. Cela exige aussi un suivi systématique : les consultations, y compris celle-ci, devraient être suivies d’une communication publique sur les recommandations adoptées, les mesures prises en réponse et les résultats de leur mise en œuvre. L’UNESCO devrait s’appuyer sur le Programme mondial de subventions pour la jeunesse et sur des réseaux tels que le Réseau de jeunes pour l’action climatique afin de mettre en relation, de fournir des ressources et de donner de la visibilité aux initiatives déjà menées par les jeunes, plutôt que de créer des structures parallèles, avec une attention particulière portée aux jeunes femmes et aux filles, aux jeunes autochtones, aux jeunes des communautés africaines et afrodescendantes, aux jeunes des petits États insulaires en développement, ainsi qu’aux jeunes issus de communautés marginalisées et insuffisamment desservies.

2. Faire de l’éducation la première ligne de défense contre la haine et la division.

La discrimination et les discours de haine, en ligne comme dans les salles de classe, touchent de manière disproportionnée les jeunes, en particulier les filles et les minorités. Cela peut aggraver les divisions existantes au sein des communautés, rendant une éducation inclusive et axée sur la paix essentielle pour construire la compréhension, remettre en question les récits nuisibles et renforcer la cohésion sociale. L’éducation joue un rôle déterminant en dotant les jeunes des connaissances, des compétences et des valeurs nécessaires pour appréhender les différences et participer de manière constructive à la vie en société.

La Recommandation sur l’éducation pour la paix, les droits de l’homme et le développement durable, l’éducation aux médias et à l’information, la citoyenneté numérique, l’apprentissage socio-émotionnel et la gestion non violente des désaccords devraient être intégrés dans les programmes scolaires et dans la formation des enseignants comme composante essentielle de l’éducation. Cela devrait s’accompagner de lignes directrices claires permettant de distinguer les discours de haine des critiques et désaccords légitimes, de renforcer l’éducation à la citoyenneté et les compétences en matière d’esprit critique et de donner aux enseignants les moyens de reconnaître et de combattre les discriminations et les discours de haine. À cette fin, les politiques nationales d’éducation devraient également intégrer des cadres visant à protéger les mineurs et les autres groupes vulnérables contre les contenus en ligne violents, haineux et manipulateurs. Les établissements scolaires devraient en outre promouvoir un « langage de la paix », en donnant aux jeunes les compétences nécessaires pour exprimer leurs désaccords de manière constructive, favoriser le dialogue et gérer les différences sans hostilité ni violence. Les programmes scolaires devraient également représenter les histoires et les contributions des personnes africaines et afrodescendantes, ainsi que des peuples autochtones, selon leurs propres termes, y compris leurs cultures, leurs systèmes de connaissances et leurs contributions diverses. Dans les situations de crise et de conflit, où les écoles jouent un rôle non seulement de lieux d’apprentissage mais aussi d’espaces de protection et de soutien psychosocial, l’UNESCO, les États membres et les partenaires concernés devraient investir dans des plans de continuité, la reconnaissance transfrontalière des acquis scolaires, et la réouverture des écoles chaque fois que les conditions le permettent.

(cliquez ici pour une version anglaise .)

(Voir suite sur colonne de droite. . . )

Question related to this article:

 

Youth initiatives for a culture of peace, How can we ensure they get the attention and funding they deserve?

(. . . suite)

3. Faire de la mémoire et de la culture des ponts vers la compréhension mutuelle, et non des champs de bataille de la division.

Les traumatismes de l’histoire ne peuvent être surmontés par le silence ou l’oubli ; un avenir pacifique ne peut se construire qu’en reconnaissant le passé et en en tirant les enseignements. Lorsque l’histoire et la culture sont instrumentalisées pour diviser, elles peuvent ancrer la méfiance et le ressentiment. L’enseignement de l’histoire des conflits devrait reposer sur des faits avérés, rester ouvert à des perspectives multiples et viser à construire l’empathie plutôt que le ressentiment, en s’appuyant sur le Programme sur l’enseignement de l’Holocauste et des génocides de l’UNESCO et son programme Mémoire du monde, afin de garantir aux éducateurs et aux jeunes l’accès aux archives, aux témoignages et au patrimoine documentaire. Conformément à la Résolution 2250 du Conseil de sécurité, les jeunes devraient être reconnus comme des partenaires de la réconciliation et de la consolidation de la paix, et non comme de simples bénéficiaires. Leur participation réelle peut être favorisée par des initiatives telles que des projets d’histoire orale, la médiation communautaire et des actions numériques de lutte contre la désinformation et les récits nuisibles. Le patrimoine culturel matériel et immatériel, ainsi que les systèmes de connaissances autochtones, doivent bénéficier du même niveau de protection : une meilleure évaluation des risques et une préparation renforcée en amont des conflits, ainsi qu’une véritable redevabilité en cas d’atteintes commises à leur encontre pendant les conflits.

Protéger le patrimoine culturel et la mémoire du monde ne consiste pas seulement à préserver le passé ; cela contribue aussi à assurer la continuité culturelle et permet aux communautés et aux générations d’appréhender l’histoire, les perspectives diverses et l’identité d’une manière qui favorise la compréhension mutuelle. Les échanges culturels et la rencontre avec différentes mémoires historiques peuvent ouvrir un espace de compréhension mutuelle, aidant les communautés à se rencontrer au-delà des récits de division hérités, en particulier dans des contextes marqués par des conflits historiques. Cela souligne également l’importance d’accompagner les enseignants afin qu’ils puissent établir des liens entre la mémoire historique, la réconciliation et la prévention des violences futures.

4. Faire progresser la science ouverte et l’accès au savoir comme piliers de la paix

L’éducation scientifique et l’esprit critique peuvent renforcer la résilience face à la manipulation de l’information et à la polarisation, en particulier dans les espaces numériques. La science ouverte complète ces efforts en rendant le savoir scientifique plus accessible, partageable et inclusif, par-delà les communautés et les frontières. Pourtant, des obstacles financiers, technologiques et linguistiques continuent de limiter l’accès au savoir scientifique, en particulier pour les chercheurs et les institutions disposant de moins de ressources. La science ouverte devrait donc favoriser une participation équitable à la collaboration scientifique, à la publication, à l’innovation et à la création de savoirs grâce à des investissements dans les infrastructures numériques, la connectivité, les capacités scientifiques et la communication scientifique. Les Perspectives sur une science ouverte 2023 de l’UNESCO indiquent qu’environ un tiers seulement des articles universitaires publiés entre 2000 et 2021 étaient en libre accès, cette proportion ayant atteint environ la moitié pour les articles publiés en 2021. En renforçant la coopération scientifique internationale, en permettant le partage des connaissances par-delà les frontières et en mettant en relation chercheurs et communautés autour de défis communs, la science ouverte peut contribuer à une culture de la paix. Cela devrait inclure la création d’un Fonds mondial pour la science ouverte afin d’aider les pays et les communautés à développer les capacités nécessaires pour participer à la science ouverte et en bénéficier. Ensemble, ces efforts feront de la science et des savoirs des moteurs de la paix en renforçant la coopération internationale et une prise de décision éclairée, qui sont essentielles pour relever les défis mondiaux complexes d’aujourd’hui.

5. Défendre l’intégrité de l’information comme condition de la paix.

La désinformation et la mésinformation peuvent se propager plus rapidement que l’information fiable ne peut être vérifiée ou corrigée, alors qu’environ 2,6 milliards de personnes n’ont toujours pas accès à Internet, l’accès étant le plus limité dans les pays en développement à faible revenu. Un environnement informationnel sûr et inclusif suppose à la fois de combler la fracture numérique et de renforcer la qualité et la diversité de l’information mise à la disposition des communautés. Cela suppose une information accessible, une vérification des faits ancrée dans les communautés, un journalisme en langues locales, davantage de transparence sur les mécanismes qui influencent les informations auxquelles les personnes sont exposées, ainsi qu’une meilleure protection des journalistes alors que le nombre d’assassinats de journalistes a augmenté de 38 % entre 2022 et 2023, avec un taux d’impunité de 85 % en 2024. L’UNESCO devrait s’appuyer davantage sur ses Principes pour la gouvernance des plateformes numériques et sur le Plan d’action des Nations Unies sur la sécurité des journalistes, tout en soutenant le journalisme indépendant, les médias communautaires et des espaces permettant aux jeunes, en particulier ceux des communautés rurales et marginalisées, d’accéder à l’information et de participer à la vie civique.

6. Encadrer l’intelligence artificielle au service de la paix plutôt que de la division.

L’intelligence artificielle entraînée sur un éventail restreint de langues et de contextes culturels peut reproduire les inégalités qu’elle prétend combattre, et, en l’absence de mesures de protection appropriées, son usage peut favoriser les biais, la surveillance et la discrimination, touchant tout particulièrement les jeunes. La Recommandation sur l’éthique de l’intelligence artificielle de l’UNESCO nécessite une mise en œuvre plus effective dans la pratique, y compris un examen indépendant et périodique des systèmes d’IA afin d’y détecter les biais et les disparités dans la modération de contenus, des évaluations d’impact éthique impliquant des populations diverses, ainsi qu’une plus grande transparence sur les contenus générés par l’IA et sur les algorithmes qui façonnent les recommandations de contenu.

Étant donné que les espaces numériques occupent une place de plus en plus centrale dans la vie des jeunes, ceux-ci devraient être véritablement associés aux discussions sur la manière dont ces espaces et ces technologies font l’objet d’une gouvernance. Les jeunes doivent être reconnus non seulement comme des utilisateurs des systèmes d’IA, mais aussi comme des partenaires dans l’élaboration des politiques et des systèmes qui influencent leur vie, tout en étant accompagnés dans le développement de leurs compétences en littératie de l’IA nécessaires pour participer véritablement à ces processus. Compte tenu des incidences spécifiques et en constante évolution de l’intelligence artificielle sur les jeunes, l’UNESCO et ses États membres devraient examiner, dans le cadre des processus appropriés et avec la participation effective des jeunes et des partenaires concernés, s’il convient de compléter le cadre normatif existant par des orientations axées sur les jeunes, y compris, le cas échéant, par un instrument normatif dédié à la jeunesse et à l’intelligence artificielle. Ces travaux devraient s’appuyer sur la Recommandation de l’UNESCO sur l’éthique de l’intelligence artificielle et la compléter, en accordant une attention particulière aux droits, à la sécurité, au bien-être, à l’autonomie et à la participation effective des jeunes tout au long du cycle de vie de l’IA.

Au-delà de ces protections, il est essentiel de remédier aux inégalités d’accès à l’IA et de prendre en compte ses répercussions sur l’emploi des jeunes, tout en veillant à ce que ses bénéfices soient répartis équitablement grâce au développement des compétences et des capacités au niveau local.

7. Préserver l’éducation, les sciences, la culture ainsi que la communication et l’information pour une culture de la paix en temps de conflit et de crise.

Si la prévention et l’action précoce visant à s’attaquer aux causes profondes des conflits et des crises doivent demeurer une priorité, lorsque des crises et des conflits surviennent malgré tout, l’éducation, les sciences, la culture, ainsi que la communication et l’information doivent être protégées contre toute interruption. Environ 272 millions d’enfants et de jeunes étaient non scolarisés en 2023, un chiffre que l’UNESCO elle-même considère comme sous-estimé en raison de lacunes dans les données concernant certains pays et régions touchés par des conflits. Le droit à l’éducation et à la participation à la vie culturelle, ainsi que le droit de prendre part au progrès scientifique et de bénéficier de ses avancées, doivent être garantis, même dans les situations de déplacement de populations, de crise et de conflit. En protégeant l’accès à l’apprentissage, aux expressions culturelles, au savoir et à une information fiable en temps de crise, l’UNESCO et ses États membres peuvent contribuer à préserver les liens, la coopération et la compréhension partagée dont dépend la paix. Cela devrait notamment passer par l’élargissement du Passeport de qualifications de l’UNESCO, afin de garantir la reconnaissance transfrontalière des qualifications et des études antérieures des étudiants déplacés, par la mise en place d’un financement préétabli au moyen de mécanismes tels que le Fonds d’urgence pour l’ODD4, et par un soutien aux jeunes chercheurs et détenteurs de savoirs travaillant sous la pression de conflits ou de crises. En temps de crise et de conflit, le maintien de l’accès à une information fiable est tout aussi essentiel au maintien de l’éducation, de la coopération scientifique et de la vie culturelle, en aidant les communautés à rester connectées et en mesure de faire face à des circonstances difficiles. Ensemble, ces mesures contribuent à préserver les domaines d’action de l’UNESCO — l’éducation, les sciences, la culture, ainsi que la communication et l’information — en tant que piliers essentiels d’une culture de paix.

Regard vers l’avenir

Ces recommandations n’auront de sens que si elles sont mises en œuvre avec et par les jeunes. Nous demandons un suivi transparent des conclusions de cette consultation, à la hauteur des exigences de transparence que nous demandons à l’UNESCO dans ses propres travaux. Le mandat confié à l’UNESCO de construire les défenses de la paix dans l’esprit des femmes et des hommes a été écrit pour un autre siècle, mais il a été écrit pour durer. Quatre-vingts ans plus tard, il revient à cette génération, aux côtés de l’UNESCO, de ses États membres et de leurs partenaires, de porter ce mandat dans une ère de profondes transformations sociétales, environnementales et technologiques, marquée par les limites planétaires et un paysage international de plus en plus fragmenté. Nous devons faire en sorte que la paix envisagée par l’UNESCO devienne une paix dans laquelle nous puissions réellement vivre.

Ensemble, nous appelons à une nouvelle culture de la paix pour le XXIe siècle : une culture que nous construisons à travers les générations, que nous rendons réelle de notre vivant, et que nous transmettons à ceux qui viendront après nous.

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Bulletin français 1 septembre 2026


LA PAIX À TRAVERS LE MONDE

Les initiatives de ce mois-ci en faveur d’une culture de la paix se sont déployées sur les cinq continents.

En Afrique, la présidente de la Namibie, Netumbo Nandi-Ndaitwah, poursuit son action en faveur de l’égalité des femmes, de l’emploi des jeunes et d’une réforme foncière visant à accroître l’offre de logements pour les populations démunies. Elle a encouragé l’autonomisation des communautés grâce à des programmes locaux d’activités périscolaires et de développement global, tout en proposant un accès gratuit à l’enseignement supérieur public et technique pour les personnes défavorisées.

Toujours en Afrique, au Mali, un atelier réunissant 80 éducateurs a porté sur la culture de la paix, la cohésion sociale et l’intégration des enfants déplacés dans le pays.

Au Brésil, des enseignants et des administrateurs du système scolaire municipal de Roraima ont suivi une formation en justice restaurative, axée sur la mise en œuvre de pratiques favorisant le dialogue, l’écoute active et une culture de la paix au sein des établissements scolaires.

À Paris, la Jeune Chambre Économique Française parraine un hackathon réunissant 25 jeunes leaders de diverses nationalités pour une expérience internationale intensive de quatre jours, consacrée à la consolidation de la paix, au leadership et à l’action collaborative.

À Washington, là où Martin Luther King a prononcé son célèbre discours « I have a dream », des milliers de manifestants se sont rassemblés une fois de plus pour réclamer le droit de vote. Ils ont notamment écoutés Bernie Sanders et Alexandria Ocasio-Cortez.

En Australie, deux traités de paix ont été soumis à la ratification du Parlement : l’Alliance pour un océan de paix (*Ocean of Peace Alliance*) et l’Union Vuvale. L’Union Vuvale est un traité conclu entre l’Australie et les Fidji, tandis que l’Alliance pour un océan de paix bénéficie du soutien de l’Australie, des îles Cook, des États fédérés de Micronésie, de la République des Fidji, de la Polynésie française, de la République de Kiribati, de la République des îles Marshall, de la Nouvelle-Calédonie, de la République de Nauru, de la Nouvelle-Zélande, de Niue, de la République des Palaos, de l’État indépendant de Papouasie-Nouvelle-Guinée, des Samoa, des îles Salomon, du Royaume des Tonga, de Tuvalu et de la République de Vanuatu.

En Asie, une discussion sur un programme éducatif pour la paix, réunissant chrétiens et musulmans, s’est tenue sur les pentes du mont Muria, dans le centre de Java. Cette initiative, menée en collaboration avec le Comité central mennonite, a rassemblé des universitaires, des responsables religieux, des acteurs de la paix et des partenaires internationaux afin d’élaborer un programme d’études capable d’intégrer les valeurs de paix, de réconciliation, de justice et de transformation des conflits dans la formation théologique en Indonésie.

Aussi en provenance d’Asie, nous avons publié un article consacré à Zuhra Bahman, directrice nationale de l’organisation *Search for Common Ground* pour l’Afghanistan. Comme elle le déclare : « Je ne m’attends pas à ce que l’Afghanistan devienne une société équitable de mon vivant, [mais] je choisis de faire chaque jour de petits pas vers la collaboration et le développement durable. C’est une base sur laquelle la prochaine génération pourra bâtir. »

Enfin, et c’est peut-être le plus important face au génocide perpétré par Israël contre le peuple palestinien, il existe des initiatives de résistance. Le mouvement israélo-palestinien « Combattants pour la paix » lutte pour la paix aux côtés des Palestiniens en Israël :« Nous assurons une présence physique et apportons une aide — nourriture, eau, soutien juridique et tout autre secours possible — aux dernières communautés qui résistent encore face à la violence des colons et de l’armée israélienne : ordres de démolition, menaces de déplacement, restrictions de pâturage, privation d’eau et de moyens de subsistance, etc. »

Par ailleurs, des organisations juives du monde entier ont publiquement soutenu le mouvement BDS et encouragent une pression non violente coordonnée pour mettre fin à l’impunité d’Israël. Comme elles l’affirment : « À Gaza, Israël perpètre un génocide qui a tué des dizaines de milliers de personnes, dévasté les infrastructures civiles, déplacé la majeure partie de la population et soumis les Palestiniens à la famine et à des punitions collectives. Ces crimes exigent une action concrète de nous, au nom de qui ils sont commis. »

DISARMAMENT ET SECURITÉ


Entretien avec membres de Combatants for Peace

DÉVELOPPEMENT DURABLE


California was mostly solar-powered in May — a global first

PARTICIPATION DÉMOCRATIQUE


Brazil: Restorative Justice program trains educators to foster a culture of peace in municipal schools

ÉQUALITÉ HOMMES/FEMMES


Building an Afghanistan I may never see

  

TOLÉRANCE ET SOLIDARITÉ


Indonesia: Building peace from the slopes of Mount Muria

ÉDUCATION POUR LA PAIX


Koulikoro, Mali : 80 acteurs formés pour renforcer la paix à l’école

LIBERTÉ DE L’INFORMATION




Tabling of the Ocean of Peace Alliance and Australia-Fiji Vuvale Union

DROITS DE L’HOMME


Open Letter from Global Jewish Organizations in Support of Boycott, Divestment and Sanctions

Sénégal: A Vélingara, la jeunesse Croix-Rouge se mobilise contre la violence

. PARTICIPATION DÉMOCRATIQUE …

Un article dans Le Quotidien

Le 17 août dernier, près d’une centaine de jeunes volontaires venus du Sénégal, de la Gambie et de la Guinée-Bissau se sont rassemblés pour la 19ème édition du Camp de jumelage international de la Croix-Rouge. Sous le thème «Jeunesse unie, violences bannies», ces secouristes multiplient formations, actions citoyennes et brassage culturel pour promouvoir la paix dans une sous-région confrontée à des incivilités croissantes.

Vélingara, capitale d’un jour de la paix et de la solidarité. Face à la recrudescence des bagarres rangées à armes blanches, aux tensions autour de traditions dévoyées comme le Kankourang et aux incivilités politiques, la Croix-Rouge a choisi de riposter par l’engagement citoyen. C’est le Préfet du département qui a présidé, le 17 août dernier, la cérémonie d’ouverture officielle de ce rassemblement, entouré des parrains, de nombreux invités et d’une centaine de jeunes volontaires âgés de 2 à 35 ans.


Venue de Dakar, Ziguinchor, Sédhiou, Kolda, mais aussi de pays voisins comme la Gambie et la Guinée-Bissau, cette jeunesse a transformé Vélingara en un carrefour d’intégration.

Lors de son allocution, le Préfet a tenu à saluer la portée de l’événement : «Vélingara est le symbole vivant de l’intégration sous-régionale par le bas. A travers ce jumelage, la commune réaffirme sa vocation de terre d’asile, de paix et de solidarité. Nos Etats partagent des frontières administratives, mais nos peuples partagent une même histoire, des cultures communes et des défis identiques comme la gestion des flux migratoires ou les crises climatiques.»

(Voir suite sur colonne de droite. . . )

(Cliquez ici pour un article de ce sujet en anglais..)

Question for this article:

Can a culture of peace be achieved in Africa through local indigenous training and participation?

( . . . suite)

Entre secourisme, écologie et leadership


Sur le terrain, les volontaires n’ont pas chômé. Le programme, particulièrement dense, a mêlé prévention sanitaire, citoyenneté et développement personnel : séances de dépistage du Vih/Sida et journée d’investissement humain («set-setal») au marché du quartier Sinthiang Houlata, visites de courtoisie aux familles riveraines du camp pour les sensibiliser à la culture de la paix et fabrication de bancs écologiques au profit de l’école hôte, exercices de simulation de premiers secours devant la population, accompagnés de veillées de leadership pour aguerrir la jeunesse à la prise de parole publique, journée d’intégration avec l’exécution des hymnes nationaux et de la Croix-Rouge, olympiades sportives, et veillées ethniques mettant en valeur la diversité régionale.

L’engagement citoyen face au désengagement des élus


Si l’événement a marqué les esprits par sa réussite humaine, les organisateurs ont néanmoins dû braver d’importantes difficultés logistiques. Le passage de la frontière gambienne s’est avéré complexe en raison de l’absence d’autorisation pa­rentale pour plusieurs mi­neurs.


Mais le regret le plus vif des responsables locaux de la Croix-Rouge concerne l’absence de soutien des décideurs politiques. Aucun maire de la zone n’a répondu favorablement aux demandes de soutien financier ou matériel. Une ingratitude déplorée à demi-mot par les encadreurs, rappelant que ces mêmes collectivités font continuellement appel au bénévolat des secouristes lors de leurs manifestations, sans bourse délier.


Malgré ces obstacles, le camp s’impose comme un outil stratégique indispensable. En standardisant les méthodes d’intervention et en créant des réseaux de secours transfrontaliers, ces jeunes prouvent que la solidarité reste le meilleur rempart contre les dérives de la violence.

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