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Dr David Adams is the coordinator of the Culture of Peace News Network. He retired in 2001 from UNESCO where he was the Director of the Unit for the International Year for the Culture of Peace, proclaimed for the Year 2000 by the United Nations General Assembly.

Entretien avec Aleida Guevara

LIBRE CIRCULATION D’INFORMATION .

Extraits d’un entretien par Andrea Duffour dans investigaction.net

Fille d’Ernesto « Che » Guevara, Aleida Guevara est pédiatre et une figure engagée de la révolution cubaine. Dans cet entretien, elle revient sur la situation particulièrement difficile que traverse Cuba sous l’effet du blocus américain, mais aussi sur les conflits au Moyen-Orient et sur sa conception de la résistance.

Elle défend notamment une lecture radicalement opposée à celle qui prévaut dans une grande partie des pays occidentaux concernant le Hamas et le Hezbollah, tout en appelant à davantage de solidarité avec les peuples palestinien, libanais et iranien.

Aleida Guevara évoque enfin le rôle du « Sud global » et la nécessité, selon elle, pour ses peuples de s’unir afin de construire « un monde plus juste pour tous ».


Photo d’un article en BBC in 1986

Andrea Duffour : . . . Tu soulignes souvent que l’internationalisme n’est pas une « exportation de révolution », mais un devoir éthique sans rien demander en retour. Tu as été toi-même en Angola et dans beaucoup d’autres pays en tant que pédiatre…

Ton message aux peuples de la Palestine, du Liban, de l’Iran … ?

Aleida Guevara : « Il est très facile d’adresser un message aux peuples du Liban, d’Iran et de Palestine de loin. Le message doit être clair : être à leurs côtés.

Voilà le véritable message. Mon père [le Che] disait que la solidarité ne consiste pas simplement à lever ou à baisser le doigt, comme le faisaient les spectateurs des cirques romains. Non. La solidarité, c’est vivre la vie d’un peuple qui a besoin de solidarité.
C’est pourquoi il est facile de prononcer des mots, mais il faut passer à l’action. Il faut briser ce blocus brutal contre la Palestine. Il faut enfin faire prendre conscience aux gens du monde entier de ce qui se passe au Liban et en Iran.  C’est honteux que les gens tournent le dos à cette réalité.

Combien d’enfants, combien de femmes, combien d’êtres humains meurent chaque jour parce qu’il y a un président fou furieux qui s’arroge le droit de mettre fin à la vie d’un peuple ? Qu’est-ce que cela signifie ?  Comment est-ce possible ? Vraiment, il n’y a pas de message plus fort et plus beau que d’être là, aux côtés de ces peuples. C’est ce dont nous avons besoin : être proches de ces peuples pour pouvoir les aider dans la situation qu’ils traversent. »

AD : La situation actuelle à Cuba est pire que jamais et mériterait également davantage de solidarité internationale concrète. Les États-Unis étranglent votre peuple, en tentant par tous les moyens de briser votre résistance qui dure depuis 67 ans.

Pourrais-tu nous décrire la situation actuelle et nous dire ce que les peuples et les gouvernements dotés d’un minimum de dignité peuvent faire pour vous soutenir, vous qui luttez en première ligne, aux côtés de l’Axe de la Résistance et de l’Iran (pays qui subit lui aussi un blocus depuis deux générations…) ?

(Voir suite sur colonne de droite.)

(cliquez ici pour une version anglaise.

Question pour cet article:

Where in the world can we find good leadership today?

(. . suite)

Aleida Guevara : « La situation à Cuba est très difficile. Le blocus que les États-Unis maintiennent depuis des décennies devient chaque jour plus cruel, car il s’agit désormais d’un blocus très actif qui touche surtout tout ce qui a trait à l’énergie dans le pays. Il empêche pratiquement tout d’entrer. . . .

AD: À quoi ressemblerait, selon ta philosophie, un monde idéal ?

Aleida Guevara : « À quoi ressemblerait un monde idéal ? Tout d’abord, je tiens à préciser que je suis pédiatre. Par conséquent, pour moi, un monde idéal est un monde où les enfants grandissent dans le bonheur le plus total, où ils peuvent profiter de chaque seconde de leur vie, où il n’y a pas de maladies susceptibles de tuer un être humain parce que nous n’avons pas su les prévenir.

Un monde où chacun ait la possibilité d’étudier quand il le souhaite, au moment où il le souhaite. Un monde où tout le monde ait un logement, partageant sa vie avec d’autres compagnons, d’autres amis, [où] la solidarité s’épanouisse entre tous nos peuples. Voilà le monde idéal pour moi, un monde sans  guerre, un monde de paix.
Mais une paix dans la dignité. Il est très important d’en tenir compte. Je ne veux pas d’une paix sans dignité. Par conséquent, un monde idéal doit être un monde où les hommes et les femmes s’épanouissent en tant qu’êtres humains et ont toute la capacité de dire : Vive la vie ! » . . .

AD: Pourrais-tu nous faire part de tes réflexions sur les luttes du Sud global ?

Aleida Guevara : « La lutte du Sud global est une expression, une façon de parler pour les peuples qui ne connaissent pas ce faste, appelé développement industriel, dont jouit une partie de l’humanité, notamment l’Europe, les États-Unis et le Canada.

Nous qui ne vivons pas cette réalité, nous qui sommes la matière première consommée pour que ces pays continuent à s’enrichir, c’est ce que nous appelons le Sud global. La lutte du Sud global doit commencer par l’unité de nos peuples.

S’il n’y a pas d’unité entre nous, nous n’aurons pas la force suffisante pour mettre un terme à cette réalité ;

Pour empêcher ces gouvernements de continuer à exploiter nos ressources, à piller nos terres et à dévaster l’humanité.

En ce sens, l’unité est le mot-clé.

Si nous ne parvenons pas à surmonter les difficultés, les absurdités auxquelles sont confrontés de nombreux êtres humains, nous ne pouvons pas trouver la force nécessaire pour changer cette réalité, pour changer ce monde, pour créer un monde plus juste pour tous, où chacun aurait droit à une vie épanouie, à une bonne santé, à une éducation complète, à un toit au-dessus de sa tête, à ressentir la joie du vent qui souffle autour de nous, en sachant que nous pouvons nourrir nos enfants chaque jour, en sachant que nous pouvons prendre soin de nos aînés avec tout l’amour et la tendresse qu’ils méritent.

Pour cela, l’unité est indispensable. Si nous ne brisons pas les barrières qui nous divisent, celles qui nous ont maintenus dans cette situation pendant des siècles, si nous ne parvenons pas à faire tomber ces murs, nous ne pourrons pas construire un monde différent pour nous tous.
La lutte du Sud global est la lutte de l’humanité. » . . .

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France: Le Collectif national des marches pour la paix; Déclaration pour le 21 septembre 2026

. PARTICIPATION DÉMOCRATIQUE …

Une déclaration du Collectif national des marches pour la paix

Journée internationale de la Paix du 21 septembre 2026 : “stop les guerres, stop les violences, stop la misère”.

Le Collectif national des marches pour la paix appelle à multiplier les initiatives, partout du 19 au 26 septembre. L’espoir réside dans notre capacité collective à imposer d’autres choix que l’économie de la guerre et la guerre.

Le Collectif national des marches pour la paix appelle les citoyennes et les citoyens, les organisations syndicales, associatives, politiques, culturelles, humanistes, philosophiques à multiplier les initiatives partout en France pour faire entendre l’immense aspiration de la population et des peuples à vivre en paix.

La situation internationale est d’une extrême gravité. Les guerres s’étendent, le droit international est trop souvent bafoué, les dépenses militaires augmentent massivement, les arsenaux nucléaires sont modernisés, et le risque d’une extension mondiale de la guerre, incluant l’utilisation possible d’armes nucléaires, ne peut être ignoré.

Dans ce contexte, le Collectif réaffirme son refus de la résignation et de la banalisation de la guerre. Depuis 2015, il rassemble près de 200 organisations nationales et locales autour d’un appel clair : ” Pour la paix : stop la guerre, stop la violence, stop la misère. Exprimons notre volonté de vivre en paix dans un monde de solidarité, de justice, de fraternité. »

La guerre est toujours un échec. Elle détruit les vies, jette les populations civiles sur les routes de l’exil, aggrave les inégalités, nourrit les violations des droits humains, les crimes contre l’humanité et détourne des ressources considérables qui devraient être consacrées à l’emploi, aux salaires, à la santé, à l’éducation, au logement, aux services publics et à la transition écologique.

(Voir suite sur colonne de droite. . . )

(Cliquez ici pour un article de ce sujet en anglais..)

Question for this article:

Will you participate in the International Day of Peace?

( . . . suite)

Nous refusons que les droits sociaux, les libertés, la dignité humaine, la sécurité des peuples et l’avenir des générations futures soient sacrifiés aux logiques de guerre, de domination et de militarisation. Le droit international doit primer sur la force. Les solutions politiques négociées doivent prévaloir sur la guerre et la violence. Une paix durable ne peut se construire sans justice sociale, justice écologique, coopération entre les peuples, respect de la souveraineté des États et réalisation concrète de tous les droits humains.

À travers cette mobilisation, le Collectif appelle à agir pour une sécurité humaine sur le plan national et mondial, construite sur les principes de la Charte des Nations Unies, la réalisation des objectifs de développement durable (ODD, la mise en œuvre des huit domaines de la culture de la paix définis par les Nations Unies et la concrétisation des recommandations du GIEC pour lutter contre le réchauffement climatique.

Face à la spirale de la guerre, l’espoir réside dans l’action citoyenne, dans l’unité des forces sociales, syndicales, associatives, écologistes, féministes, humanistes, culturelles et politiques qui refusent la guerre comme horizon.

Le 21 septembre 2026, et durant toute la semaine du 19 au 26 septembre, le Collectif national des marches pour la paix invite donc à organiser partout des marches, rassemblements, débats publics, forums, concerts, expositions, initiatives culturelles, rencontres avec les élus, actions dans les quartiers, les villages, les entreprises, les écoles et les universités. Chaque initiative compte. Chaque prise de parole compte. Chaque présence dans l’espace public compte.

Le Collectif appelle également à prolonger cette dynamique autour de la Semaine des Nations Unies pour le désarmement (fin octobre – début novembre) , en organisant des forums départementaux pour la paix afin de faire connaître les alternatives pour une sécurité humaine mondiale, portées par le collectif et fondées sur la réalisation concrète de tous les droits humains (voir ci-dessus).

Marchons ! débattons ! rassemblons-nous ! agissons ! Ensemble pour la paix, la justice, les droits sociaux et les droits humains.

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UNESCO: Les jeunes leaders appellent à une Nouvelle Culture de la Paix

. TOLÉRANCE & SOLIDARITÉ .

Un article de UNESCO

Des jeunes leaders se sont réunis au Siège de l’UNESCO et à la Sorbonne, à Paris, pour présenter l’Appel des jeunes et un Document de réflexion des jeunes, issus d’une réflexion menée à l’été 2026 par les jeunes sur l’avenir du mandat de l’UNESCO.

Lancée avec le soutien de la France, cette initiative, qui a réuni les voix de 145 jeunes leaders issus de 135 pays, appelle à une nouvelle culture de la paix dans l’esprit des femmes et des hommes du XXIe siècle.


Cadre del video sur Twitter (X)

Présentation de l’Appel et du Document de réflexion à Paris

Les 3 et 4 septembre 2026, onze jeunes leaders ont échangé directement sur leurs idées avec Khaled El-Enany, Directeur général de l’UNESCO, et S.E. M. Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères de la France, lors d’événements organisés au Siège de l’UNESCO et à la Fabrique de la Diplomatie de la France, à la Sorbonne.

Le Directeur général et le Ministre ont reconnu l’importance de l’engagement des jeunes en faveur de la paix ainsi que le rôle essentiel qu’ils doivent jouer pour relever les défis du monde actuel. Leurs échanges avec les jeunes leaders ont mis en exergue la nécessité de placer les jeunes non pas en marge de la discussion, mais au cœur même de celle-ci.

Le Directeur général a souligné : « La paix […] exige de la créativité, de l’imagination, de la patience et des outils. Le rôle de l’UNESCO est justement de fournir ces outils aux nouvelles générations. »

M. Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères de la France, a déclaré : « L’UNESCO incarne peut-être, plus que toute autre entité au sein du système des Nations Unies, l’esprit de paix. Cet esprit de paix est intrinsèquement tourné vers l’avenir, qu’il revient aux jeunes de préserver, de nourrir et de transmettre aux générations futures. »

L’Appel et le Document de réflexion présentent des propositions concrètes sur la manière dont le mandat fondateur de l’UNESCO, qui consiste à construire la paix, peut continuer à se traduire en actions ambitieuses et efficaces, en particulier en période de crise.

Ils appellent à une participation des jeunes plus approfondie et plus significative à la prise de décision, ainsi qu’à un investissement accru dans les domaines clés du mandat de l’UNESCO, allant de l’éducation inclusive à l’action climatique, de la science ouverte au développement éthique de l’intelligence artificielle, et de la protection du patrimoine culturel à l’accès à une information fiable.

Les documents soulignent l’importance de donner aux jeunes les moyens d’agir en tant que partenaires dans la réponse aux défis mondiaux, de renforcer la résilience en période de crise et de promouvoir le dialogue interculturel. Ils mettent également en évidence la nécessité de veiller à ce que le rôle de chef de file normatif de l’UNESCO se traduise par des bénéfices concrets pour les communautés, en particulier celles qui sont insuffisamment desservies, touchées par les conflits ou vulnérables au changement climatique.

Les jeunes comme groupe prioritaire

Conformément à la reconnaissance de la jeunesse comme groupe prioritaire par l’UNESCO, cette consultation constitue un exemple fort de l’engagement de l’Organisation afin de créer des possibilités concrètes pour permettre aux jeunes de contribuer à sa réflexion stratégique et de travailler aux côtés de l’UNESCO à la mise en œuvre de ses programmes.

L’Appel des jeunes est présenté dans le cadre de l’initiative de réforme plus large UNESCO80, afin d’être examiné par les États membres de l’UNESCO lors de la session du Conseil exécutif qui se tiendra en octobre 2026.

Texte de L’Appel des jeunes pour une nouvelle culture de la paix

Appel des jeunes pour une nouvelle culture de la paix dans l’esprit des femmes et des hommes pour le XXIe siècle Paris, 3 septembre 2026

Nous, 145 jeunes leaders de 135 États membres et Membres associés, représentant des régions, des contextes et des vécus divers du monde entier, réunis à l’occasion du 14e Forum des jeunes de l’UNESCO et du quatre-vingtième anniversaire de l’Organisation,

Rappelons que l’UNESCO a été fondée sur la conviction que, étant donné que les guerres prennent naissance dans l’esprit des femmes et des hommes, c’est dans cet esprit que doivent être élevées les défenses de la paix — et affirmons qu’il s’agit là d’une tâche toujours inachevée, et non d’un simple constat historique.

Constatons qu’aujourd’hui, la paix est menacée autant par la violence structurelle, les déplacements de population, la crise planétaire et l’érosion de la confiance au sein et entre les communautés et les générations que par les conflits armés. L’éducation, les sciences, la culture, ainsi que la communication et l’information peuvent soit contribuer à prévenir ces menaces, soit, si elles sont mal encadrées, fragiliser davantage les fondements de la paix. À une époque refaçonnée par l’intelligence artificielle et l’évolution technologique rapide, ces champs d’actions sont également de plus en plus liés à des environnements numériques susceptibles d’amplifier la mésinformation et la désinformation, la polarisation et la division, tout en créant de nouvelles possibilités de dialogue et d’apprentissage.

Déterminés à appliquer les leçons de notre histoire afin de prévenir les conflits en s’attaquant à leurs causes profondes et à résoudre les problèmes par la voie du dialogue.

Reconnaissons que la cohésion sociale et la solidarité intergénérationnelle sont des composantes essentielles d’une paix durable, et que la lutte contre les discriminations, l’exclusion et les inégalités, associée à la création de véritables occasions de dialogue, de coopération et de vie culturelle partagée, peut renforcer la confiance au sein des communautés et des générations, ainsi qu’entre elles, et contribuer à des sociétés plus inclusives, plus pacifiques et plus résilientes.

Soulignons que les jeunes agissent déjà — comme médiateurs, chercheurs, éducateurs et bâtisseurs d’espaces numériques et culturels — mais que, trop souvent, ils le font sans bénéficier de la reconnaissance, des ressources ou de rôle véritable dans la prise de décision nécessaires pour soutenir et renforcer leur contribution.

Appelons l’UNESCO, ses États membres et leurs partenaires à traduire ces principes en actions durables au moyen des mesures suivantes :

1. Ancrer le partenariat avec les jeunes dans la prise de décision de manière systémique et structurelle.

La participation des jeunes aux processus de paix, de prévention des conflits et de réconciliation est encore aujourd’hui beaucoup trop faible. Conformément à la Résolution 2250 du Conseil de sécurité, les jeunes doivent être mieux reconnus comme partenaires dans la prévention des conflits et la consolidation de la paix et inclus dans les mécanismes institutionnels de préventions des conflits et de médiation.

Au sein de l’UNESCO, l’engagement des jeunes doit évoluer de la simple consultation vers un véritable partenariat. Cela suppose que les occasions de faire entendre leur voix s’accompagnent d’une participation réelle à la prise de décision : représentation des jeunes au sein des Commissions nationales et des Délégations à la Conférence générale, ainsi que dans des mécanismes tels que le Réseau de Jeunes 2 et Étudiants pour l’ODD 4, qui veille à ce que les jeunes soient représentés dans des organes de décision en matière d’éducation aux côtés des ministres. Cela exige aussi un suivi systématique : les consultations, y compris celle-ci, devraient être suivies d’une communication publique sur les recommandations adoptées, les mesures prises en réponse et les résultats de leur mise en œuvre. L’UNESCO devrait s’appuyer sur le Programme mondial de subventions pour la jeunesse et sur des réseaux tels que le Réseau de jeunes pour l’action climatique afin de mettre en relation, de fournir des ressources et de donner de la visibilité aux initiatives déjà menées par les jeunes, plutôt que de créer des structures parallèles, avec une attention particulière portée aux jeunes femmes et aux filles, aux jeunes autochtones, aux jeunes des communautés africaines et afrodescendantes, aux jeunes des petits États insulaires en développement, ainsi qu’aux jeunes issus de communautés marginalisées et insuffisamment desservies.

2. Faire de l’éducation la première ligne de défense contre la haine et la division.

La discrimination et les discours de haine, en ligne comme dans les salles de classe, touchent de manière disproportionnée les jeunes, en particulier les filles et les minorités. Cela peut aggraver les divisions existantes au sein des communautés, rendant une éducation inclusive et axée sur la paix essentielle pour construire la compréhension, remettre en question les récits nuisibles et renforcer la cohésion sociale. L’éducation joue un rôle déterminant en dotant les jeunes des connaissances, des compétences et des valeurs nécessaires pour appréhender les différences et participer de manière constructive à la vie en société.

La Recommandation sur l’éducation pour la paix, les droits de l’homme et le développement durable, l’éducation aux médias et à l’information, la citoyenneté numérique, l’apprentissage socio-émotionnel et la gestion non violente des désaccords devraient être intégrés dans les programmes scolaires et dans la formation des enseignants comme composante essentielle de l’éducation. Cela devrait s’accompagner de lignes directrices claires permettant de distinguer les discours de haine des critiques et désaccords légitimes, de renforcer l’éducation à la citoyenneté et les compétences en matière d’esprit critique et de donner aux enseignants les moyens de reconnaître et de combattre les discriminations et les discours de haine. À cette fin, les politiques nationales d’éducation devraient également intégrer des cadres visant à protéger les mineurs et les autres groupes vulnérables contre les contenus en ligne violents, haineux et manipulateurs. Les établissements scolaires devraient en outre promouvoir un « langage de la paix », en donnant aux jeunes les compétences nécessaires pour exprimer leurs désaccords de manière constructive, favoriser le dialogue et gérer les différences sans hostilité ni violence. Les programmes scolaires devraient également représenter les histoires et les contributions des personnes africaines et afrodescendantes, ainsi que des peuples autochtones, selon leurs propres termes, y compris leurs cultures, leurs systèmes de connaissances et leurs contributions diverses. Dans les situations de crise et de conflit, où les écoles jouent un rôle non seulement de lieux d’apprentissage mais aussi d’espaces de protection et de soutien psychosocial, l’UNESCO, les États membres et les partenaires concernés devraient investir dans des plans de continuité, la reconnaissance transfrontalière des acquis scolaires, et la réouverture des écoles chaque fois que les conditions le permettent.

(cliquez ici pour une version anglaise .)

(Voir suite sur colonne de droite. . . )

Question related to this article:

 

Youth initiatives for a culture of peace, How can we ensure they get the attention and funding they deserve?

(. . . suite)

3. Faire de la mémoire et de la culture des ponts vers la compréhension mutuelle, et non des champs de bataille de la division.

Les traumatismes de l’histoire ne peuvent être surmontés par le silence ou l’oubli ; un avenir pacifique ne peut se construire qu’en reconnaissant le passé et en en tirant les enseignements. Lorsque l’histoire et la culture sont instrumentalisées pour diviser, elles peuvent ancrer la méfiance et le ressentiment. L’enseignement de l’histoire des conflits devrait reposer sur des faits avérés, rester ouvert à des perspectives multiples et viser à construire l’empathie plutôt que le ressentiment, en s’appuyant sur le Programme sur l’enseignement de l’Holocauste et des génocides de l’UNESCO et son programme Mémoire du monde, afin de garantir aux éducateurs et aux jeunes l’accès aux archives, aux témoignages et au patrimoine documentaire. Conformément à la Résolution 2250 du Conseil de sécurité, les jeunes devraient être reconnus comme des partenaires de la réconciliation et de la consolidation de la paix, et non comme de simples bénéficiaires. Leur participation réelle peut être favorisée par des initiatives telles que des projets d’histoire orale, la médiation communautaire et des actions numériques de lutte contre la désinformation et les récits nuisibles. Le patrimoine culturel matériel et immatériel, ainsi que les systèmes de connaissances autochtones, doivent bénéficier du même niveau de protection : une meilleure évaluation des risques et une préparation renforcée en amont des conflits, ainsi qu’une véritable redevabilité en cas d’atteintes commises à leur encontre pendant les conflits.

Protéger le patrimoine culturel et la mémoire du monde ne consiste pas seulement à préserver le passé ; cela contribue aussi à assurer la continuité culturelle et permet aux communautés et aux générations d’appréhender l’histoire, les perspectives diverses et l’identité d’une manière qui favorise la compréhension mutuelle. Les échanges culturels et la rencontre avec différentes mémoires historiques peuvent ouvrir un espace de compréhension mutuelle, aidant les communautés à se rencontrer au-delà des récits de division hérités, en particulier dans des contextes marqués par des conflits historiques. Cela souligne également l’importance d’accompagner les enseignants afin qu’ils puissent établir des liens entre la mémoire historique, la réconciliation et la prévention des violences futures.

4. Faire progresser la science ouverte et l’accès au savoir comme piliers de la paix

L’éducation scientifique et l’esprit critique peuvent renforcer la résilience face à la manipulation de l’information et à la polarisation, en particulier dans les espaces numériques. La science ouverte complète ces efforts en rendant le savoir scientifique plus accessible, partageable et inclusif, par-delà les communautés et les frontières. Pourtant, des obstacles financiers, technologiques et linguistiques continuent de limiter l’accès au savoir scientifique, en particulier pour les chercheurs et les institutions disposant de moins de ressources. La science ouverte devrait donc favoriser une participation équitable à la collaboration scientifique, à la publication, à l’innovation et à la création de savoirs grâce à des investissements dans les infrastructures numériques, la connectivité, les capacités scientifiques et la communication scientifique. Les Perspectives sur une science ouverte 2023 de l’UNESCO indiquent qu’environ un tiers seulement des articles universitaires publiés entre 2000 et 2021 étaient en libre accès, cette proportion ayant atteint environ la moitié pour les articles publiés en 2021. En renforçant la coopération scientifique internationale, en permettant le partage des connaissances par-delà les frontières et en mettant en relation chercheurs et communautés autour de défis communs, la science ouverte peut contribuer à une culture de la paix. Cela devrait inclure la création d’un Fonds mondial pour la science ouverte afin d’aider les pays et les communautés à développer les capacités nécessaires pour participer à la science ouverte et en bénéficier. Ensemble, ces efforts feront de la science et des savoirs des moteurs de la paix en renforçant la coopération internationale et une prise de décision éclairée, qui sont essentielles pour relever les défis mondiaux complexes d’aujourd’hui.

5. Défendre l’intégrité de l’information comme condition de la paix.

La désinformation et la mésinformation peuvent se propager plus rapidement que l’information fiable ne peut être vérifiée ou corrigée, alors qu’environ 2,6 milliards de personnes n’ont toujours pas accès à Internet, l’accès étant le plus limité dans les pays en développement à faible revenu. Un environnement informationnel sûr et inclusif suppose à la fois de combler la fracture numérique et de renforcer la qualité et la diversité de l’information mise à la disposition des communautés. Cela suppose une information accessible, une vérification des faits ancrée dans les communautés, un journalisme en langues locales, davantage de transparence sur les mécanismes qui influencent les informations auxquelles les personnes sont exposées, ainsi qu’une meilleure protection des journalistes alors que le nombre d’assassinats de journalistes a augmenté de 38 % entre 2022 et 2023, avec un taux d’impunité de 85 % en 2024. L’UNESCO devrait s’appuyer davantage sur ses Principes pour la gouvernance des plateformes numériques et sur le Plan d’action des Nations Unies sur la sécurité des journalistes, tout en soutenant le journalisme indépendant, les médias communautaires et des espaces permettant aux jeunes, en particulier ceux des communautés rurales et marginalisées, d’accéder à l’information et de participer à la vie civique.

6. Encadrer l’intelligence artificielle au service de la paix plutôt que de la division.

L’intelligence artificielle entraînée sur un éventail restreint de langues et de contextes culturels peut reproduire les inégalités qu’elle prétend combattre, et, en l’absence de mesures de protection appropriées, son usage peut favoriser les biais, la surveillance et la discrimination, touchant tout particulièrement les jeunes. La Recommandation sur l’éthique de l’intelligence artificielle de l’UNESCO nécessite une mise en œuvre plus effective dans la pratique, y compris un examen indépendant et périodique des systèmes d’IA afin d’y détecter les biais et les disparités dans la modération de contenus, des évaluations d’impact éthique impliquant des populations diverses, ainsi qu’une plus grande transparence sur les contenus générés par l’IA et sur les algorithmes qui façonnent les recommandations de contenu.

Étant donné que les espaces numériques occupent une place de plus en plus centrale dans la vie des jeunes, ceux-ci devraient être véritablement associés aux discussions sur la manière dont ces espaces et ces technologies font l’objet d’une gouvernance. Les jeunes doivent être reconnus non seulement comme des utilisateurs des systèmes d’IA, mais aussi comme des partenaires dans l’élaboration des politiques et des systèmes qui influencent leur vie, tout en étant accompagnés dans le développement de leurs compétences en littératie de l’IA nécessaires pour participer véritablement à ces processus. Compte tenu des incidences spécifiques et en constante évolution de l’intelligence artificielle sur les jeunes, l’UNESCO et ses États membres devraient examiner, dans le cadre des processus appropriés et avec la participation effective des jeunes et des partenaires concernés, s’il convient de compléter le cadre normatif existant par des orientations axées sur les jeunes, y compris, le cas échéant, par un instrument normatif dédié à la jeunesse et à l’intelligence artificielle. Ces travaux devraient s’appuyer sur la Recommandation de l’UNESCO sur l’éthique de l’intelligence artificielle et la compléter, en accordant une attention particulière aux droits, à la sécurité, au bien-être, à l’autonomie et à la participation effective des jeunes tout au long du cycle de vie de l’IA.

Au-delà de ces protections, il est essentiel de remédier aux inégalités d’accès à l’IA et de prendre en compte ses répercussions sur l’emploi des jeunes, tout en veillant à ce que ses bénéfices soient répartis équitablement grâce au développement des compétences et des capacités au niveau local.

7. Préserver l’éducation, les sciences, la culture ainsi que la communication et l’information pour une culture de la paix en temps de conflit et de crise.

Si la prévention et l’action précoce visant à s’attaquer aux causes profondes des conflits et des crises doivent demeurer une priorité, lorsque des crises et des conflits surviennent malgré tout, l’éducation, les sciences, la culture, ainsi que la communication et l’information doivent être protégées contre toute interruption. Environ 272 millions d’enfants et de jeunes étaient non scolarisés en 2023, un chiffre que l’UNESCO elle-même considère comme sous-estimé en raison de lacunes dans les données concernant certains pays et régions touchés par des conflits. Le droit à l’éducation et à la participation à la vie culturelle, ainsi que le droit de prendre part au progrès scientifique et de bénéficier de ses avancées, doivent être garantis, même dans les situations de déplacement de populations, de crise et de conflit. En protégeant l’accès à l’apprentissage, aux expressions culturelles, au savoir et à une information fiable en temps de crise, l’UNESCO et ses États membres peuvent contribuer à préserver les liens, la coopération et la compréhension partagée dont dépend la paix. Cela devrait notamment passer par l’élargissement du Passeport de qualifications de l’UNESCO, afin de garantir la reconnaissance transfrontalière des qualifications et des études antérieures des étudiants déplacés, par la mise en place d’un financement préétabli au moyen de mécanismes tels que le Fonds d’urgence pour l’ODD4, et par un soutien aux jeunes chercheurs et détenteurs de savoirs travaillant sous la pression de conflits ou de crises. En temps de crise et de conflit, le maintien de l’accès à une information fiable est tout aussi essentiel au maintien de l’éducation, de la coopération scientifique et de la vie culturelle, en aidant les communautés à rester connectées et en mesure de faire face à des circonstances difficiles. Ensemble, ces mesures contribuent à préserver les domaines d’action de l’UNESCO — l’éducation, les sciences, la culture, ainsi que la communication et l’information — en tant que piliers essentiels d’une culture de paix.

Regard vers l’avenir

Ces recommandations n’auront de sens que si elles sont mises en œuvre avec et par les jeunes. Nous demandons un suivi transparent des conclusions de cette consultation, à la hauteur des exigences de transparence que nous demandons à l’UNESCO dans ses propres travaux. Le mandat confié à l’UNESCO de construire les défenses de la paix dans l’esprit des femmes et des hommes a été écrit pour un autre siècle, mais il a été écrit pour durer. Quatre-vingts ans plus tard, il revient à cette génération, aux côtés de l’UNESCO, de ses États membres et de leurs partenaires, de porter ce mandat dans une ère de profondes transformations sociétales, environnementales et technologiques, marquée par les limites planétaires et un paysage international de plus en plus fragmenté. Nous devons faire en sorte que la paix envisagée par l’UNESCO devienne une paix dans laquelle nous puissions réellement vivre.

Ensemble, nous appelons à une nouvelle culture de la paix pour le XXIe siècle : une culture que nous construisons à travers les générations, que nous rendons réelle de notre vivant, et que nous transmettons à ceux qui viendront après nous.

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Bulletin français 1 septembre 2026


LA PAIX À TRAVERS LE MONDE

Les initiatives de ce mois-ci en faveur d’une culture de la paix se sont déployées sur les cinq continents.

En Afrique, la présidente de la Namibie, Netumbo Nandi-Ndaitwah, poursuit son action en faveur de l’égalité des femmes, de l’emploi des jeunes et d’une réforme foncière visant à accroître l’offre de logements pour les populations démunies. Elle a encouragé l’autonomisation des communautés grâce à des programmes locaux d’activités périscolaires et de développement global, tout en proposant un accès gratuit à l’enseignement supérieur public et technique pour les personnes défavorisées.

Toujours en Afrique, au Mali, un atelier réunissant 80 éducateurs a porté sur la culture de la paix, la cohésion sociale et l’intégration des enfants déplacés dans le pays.

Au Brésil, des enseignants et des administrateurs du système scolaire municipal de Roraima ont suivi une formation en justice restaurative, axée sur la mise en œuvre de pratiques favorisant le dialogue, l’écoute active et une culture de la paix au sein des établissements scolaires.

À Paris, la Jeune Chambre Économique Française parraine un hackathon réunissant 25 jeunes leaders de diverses nationalités pour une expérience internationale intensive de quatre jours, consacrée à la consolidation de la paix, au leadership et à l’action collaborative.

À Washington, là où Martin Luther King a prononcé son célèbre discours « I have a dream », des milliers de manifestants se sont rassemblés une fois de plus pour réclamer le droit de vote. Ils ont notamment écoutés Bernie Sanders et Alexandria Ocasio-Cortez.

En Australie, deux traités de paix ont été soumis à la ratification du Parlement : l’Alliance pour un océan de paix (*Ocean of Peace Alliance*) et l’Union Vuvale. L’Union Vuvale est un traité conclu entre l’Australie et les Fidji, tandis que l’Alliance pour un océan de paix bénéficie du soutien de l’Australie, des îles Cook, des États fédérés de Micronésie, de la République des Fidji, de la Polynésie française, de la République de Kiribati, de la République des îles Marshall, de la Nouvelle-Calédonie, de la République de Nauru, de la Nouvelle-Zélande, de Niue, de la République des Palaos, de l’État indépendant de Papouasie-Nouvelle-Guinée, des Samoa, des îles Salomon, du Royaume des Tonga, de Tuvalu et de la République de Vanuatu.

En Asie, une discussion sur un programme éducatif pour la paix, réunissant chrétiens et musulmans, s’est tenue sur les pentes du mont Muria, dans le centre de Java. Cette initiative, menée en collaboration avec le Comité central mennonite, a rassemblé des universitaires, des responsables religieux, des acteurs de la paix et des partenaires internationaux afin d’élaborer un programme d’études capable d’intégrer les valeurs de paix, de réconciliation, de justice et de transformation des conflits dans la formation théologique en Indonésie.

Aussi en provenance d’Asie, nous avons publié un article consacré à Zuhra Bahman, directrice nationale de l’organisation *Search for Common Ground* pour l’Afghanistan. Comme elle le déclare : « Je ne m’attends pas à ce que l’Afghanistan devienne une société équitable de mon vivant, [mais] je choisis de faire chaque jour de petits pas vers la collaboration et le développement durable. C’est une base sur laquelle la prochaine génération pourra bâtir. »

Enfin, et c’est peut-être le plus important face au génocide perpétré par Israël contre le peuple palestinien, il existe des initiatives de résistance. Le mouvement israélo-palestinien « Combattants pour la paix » lutte pour la paix aux côtés des Palestiniens en Israël :« Nous assurons une présence physique et apportons une aide — nourriture, eau, soutien juridique et tout autre secours possible — aux dernières communautés qui résistent encore face à la violence des colons et de l’armée israélienne : ordres de démolition, menaces de déplacement, restrictions de pâturage, privation d’eau et de moyens de subsistance, etc. »

Par ailleurs, des organisations juives du monde entier ont publiquement soutenu le mouvement BDS et encouragent une pression non violente coordonnée pour mettre fin à l’impunité d’Israël. Comme elles l’affirment : « À Gaza, Israël perpètre un génocide qui a tué des dizaines de milliers de personnes, dévasté les infrastructures civiles, déplacé la majeure partie de la population et soumis les Palestiniens à la famine et à des punitions collectives. Ces crimes exigent une action concrète de nous, au nom de qui ils sont commis. »

DISARMAMENT ET SECURITÉ


Entretien avec membres de Combatants for Peace

DÉVELOPPEMENT DURABLE


California was mostly solar-powered in May — a global first

PARTICIPATION DÉMOCRATIQUE


Brazil: Restorative Justice program trains educators to foster a culture of peace in municipal schools

ÉQUALITÉ HOMMES/FEMMES


Building an Afghanistan I may never see

  

TOLÉRANCE ET SOLIDARITÉ


Indonesia: Building peace from the slopes of Mount Muria

ÉDUCATION POUR LA PAIX


Koulikoro, Mali : 80 acteurs formés pour renforcer la paix à l’école

LIBERTÉ DE L’INFORMATION




Tabling of the Ocean of Peace Alliance and Australia-Fiji Vuvale Union

DROITS DE L’HOMME


Open Letter from Global Jewish Organizations in Support of Boycott, Divestment and Sanctions

Sénégal: A Vélingara, la jeunesse Croix-Rouge se mobilise contre la violence

. PARTICIPATION DÉMOCRATIQUE …

Un article dans Le Quotidien

Le 17 août dernier, près d’une centaine de jeunes volontaires venus du Sénégal, de la Gambie et de la Guinée-Bissau se sont rassemblés pour la 19ème édition du Camp de jumelage international de la Croix-Rouge. Sous le thème «Jeunesse unie, violences bannies», ces secouristes multiplient formations, actions citoyennes et brassage culturel pour promouvoir la paix dans une sous-région confrontée à des incivilités croissantes.

Vélingara, capitale d’un jour de la paix et de la solidarité. Face à la recrudescence des bagarres rangées à armes blanches, aux tensions autour de traditions dévoyées comme le Kankourang et aux incivilités politiques, la Croix-Rouge a choisi de riposter par l’engagement citoyen. C’est le Préfet du département qui a présidé, le 17 août dernier, la cérémonie d’ouverture officielle de ce rassemblement, entouré des parrains, de nombreux invités et d’une centaine de jeunes volontaires âgés de 2 à 35 ans.


Venue de Dakar, Ziguinchor, Sédhiou, Kolda, mais aussi de pays voisins comme la Gambie et la Guinée-Bissau, cette jeunesse a transformé Vélingara en un carrefour d’intégration.

Lors de son allocution, le Préfet a tenu à saluer la portée de l’événement : «Vélingara est le symbole vivant de l’intégration sous-régionale par le bas. A travers ce jumelage, la commune réaffirme sa vocation de terre d’asile, de paix et de solidarité. Nos Etats partagent des frontières administratives, mais nos peuples partagent une même histoire, des cultures communes et des défis identiques comme la gestion des flux migratoires ou les crises climatiques.»

(Voir suite sur colonne de droite. . . )

(Cliquez ici pour un article de ce sujet en anglais..)

Question for this article:

Can a culture of peace be achieved in Africa through local indigenous training and participation?

( . . . suite)

Entre secourisme, écologie et leadership


Sur le terrain, les volontaires n’ont pas chômé. Le programme, particulièrement dense, a mêlé prévention sanitaire, citoyenneté et développement personnel : séances de dépistage du Vih/Sida et journée d’investissement humain («set-setal») au marché du quartier Sinthiang Houlata, visites de courtoisie aux familles riveraines du camp pour les sensibiliser à la culture de la paix et fabrication de bancs écologiques au profit de l’école hôte, exercices de simulation de premiers secours devant la population, accompagnés de veillées de leadership pour aguerrir la jeunesse à la prise de parole publique, journée d’intégration avec l’exécution des hymnes nationaux et de la Croix-Rouge, olympiades sportives, et veillées ethniques mettant en valeur la diversité régionale.

L’engagement citoyen face au désengagement des élus


Si l’événement a marqué les esprits par sa réussite humaine, les organisateurs ont néanmoins dû braver d’importantes difficultés logistiques. Le passage de la frontière gambienne s’est avéré complexe en raison de l’absence d’autorisation pa­rentale pour plusieurs mi­neurs.


Mais le regret le plus vif des responsables locaux de la Croix-Rouge concerne l’absence de soutien des décideurs politiques. Aucun maire de la zone n’a répondu favorablement aux demandes de soutien financier ou matériel. Une ingratitude déplorée à demi-mot par les encadreurs, rappelant que ces mêmes collectivités font continuellement appel au bénévolat des secouristes lors de leurs manifestations, sans bourse délier.


Malgré ces obstacles, le camp s’impose comme un outil stratégique indispensable. En standardisant les méthodes d’intervention et en créant des réseaux de secours transfrontaliers, ces jeunes prouvent que la solidarité reste le meilleur rempart contre les dérives de la violence.

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Koulikoro, Mali : 80 acteurs formés pour renforcer la paix à l’école

EDUCATION POUR LA PAIX

Un article de Studio Tamani

Un atelier consacré à la culture de la paix, au vivre-ensemble et à l’intégration des enfants déplacés internes s’est ouvert ce lundi 24 août à Koulikoro.


Formation des acteurs de l’éducation de Koulikoro sur le renforcement de la paix à l’école le 24 aout 2026. Crédit photo : Studio tamani

Question pour cet article:

Where is peace education taking place?

Pendant cinq jours, 80 acteurs de l’éducation, dont des directeurs d’école et des parents, vont renforcer leurs capacités sur la sécurité scolaire, l’intégration des enfants déplacés et l’amélioration des apprentissages. La rencontre est organisée par l’Académie d’Enseignement de Koulikoro avec l’appui de JCA [l’Agence de coopération internationale japonaise] à travers l’UNICEF.

(cliquez ici pour une version anglaise de cet article)

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Entretien avec membres de Combatants for Peace

DESARMAMENT & SECURITE .

Les membres du mouvement israélo-palestinien « Combatants for Peace » luttent pour la paix aux côtés des Palestiniens en Israël. Voici des extraits d’articles parus sur Pressenza : première partie et seconde partie, publiés sous licence Creative Commons (CC BY 4.0).

Les deux représentantes de « Combatants for Peace », Iris Gur (Israël) et Mai Shahin (Palestine), participent à l’exposition « Re-imagine-Peace » à Florence. Elles sont invitées toutes les deux à la projection du film « There Is Another Way ». Daniela, Bezzi de Pressenza les a interviewées.

D. B : commençons par vos histoires personnelles : comment avez-vous adhéré à « Combatants for Peace » ?

Iris Gur : Tout au long de ma vie professionnelle, j’ai travaillé dans le domaine de la formation en tant qu’institutrice et chef d’établissement. La formation, pour moi, a toujours été une façon de vivre plutôt qu’un métier que je me serais choisi pour moi-même. J’ai grandi dans une famille juive israélienne sioniste. Mes parents sont arrivés en Israël après la Deuxième Guerre mondiale en tant que réfugiés européens et j’ai grandi avec des histoires sur l’holocauste et la survie. Je n’ai connu qu’un récit, celui suivant lequel le peuple juif avait été persécuté depuis toujours, ce qui ne nous aurait pas laissé d’autre choix que de nous défendre nous-même et notre propre petit pays. Tout ce que je savais des arabes, c’était qu’ils voulaient nous anéantir.

Mon père était officier de l’armée. J’ai donc grandi dans des bases militaires, j’étais très fière de l’armée israélienne, je la croyais invincible. Pendant la plus grande partie de ma vie, je n’ai pas eu une seule occasion de découvrir le point de vue palestinien, et pas davantage de me faire des amis arabes. J’emploie en toute connaissance de cause le terme « arabe », parce que dans mon entourage, le mot « palestinien » n’existait même pas. Quant au concept d’occupation, il m’était tout aussi étranger.

Aujourd’hui, je le sais pertinemment, il m’a fallu des années avant que ma vision du monde ne laisse entrevoir quelques fissures ; fissures que je n’ai pourtant jamais laissé prendre trop d’importance. La personne qui a définitivement modifié mon point de vue, c’est ma sœur Noah. Il y a onze ans, elle avait 17 ans alors, elle a décidé de renoncer à faire son service militaire. Devant moi, s’ouvrait un monde tout à fait nouveau, plein de valeurs, d’idées et de nouvelles communautés.

Sa décision lui a valu quatre mois de prison militaire ; pour moi, c’est le début d’un voyage initiatique, un voyage qui allait me confronter à la réalité de l’occupation, de l’apartheid, et surtout au peuple palestinien.

Si j’ai décidé de rejoindre les Combatants for Peace, c’est que j’avais accepté l’idée que, je ne pourrais transformer concrètement la réalité dans laquelle nous vivions qu’en travaillant en étroite collaboration avec les Palestinien.ne.s et en m’appuyant sur l’action non violente.

Mai Shahin : Je ne suis pas venue à Combatants for Peace sur un coup de tête. J’ai adhéré à l’organisation au cours d’un long processus, qui a pris corps au fil des récits de la vie sous l’occupation en Cisjordanie, là où les contrôles étaient de nature politique, certes, mais aussi physique, émotionnelle et psychologique. C’est l’organisation qui détermine nos mouvements, nos relations et notre capacité à nous représenter un avenir qui dépasse la simple survie. Dans ce contexte, la résistance n’a rien d’abstrait — c’est le quotidien.

Et pourtant, avec le temps, j’ai commencé à me poser une question plus prégnante encore : comment pouvons-nous exercer une résistance sans perdre notre propre humanité ? C’est cette question qui m’a amenée à travailler sur le traumatisme, sur la guérison collective et à la communication non violente.

Il m’est alors apparu de plus en plus clairement que l’occupation ne se borne pas à contrôler le pays, elle a aussi pour effet d’envahir les systèmes nerveux, de détruire la confiance, d’isoler les communautés, de susciter des cycles de violence susceptibles de se transmettre de génération en génération, tant qu’ils ne sont pas cassés.

Je suis donc entrée en contact avec Combatants for Peace. C’était la première fois que je rencontrais des Palestinien.ne.s et des Israélien.e.s que personne n’avait incité.e.s à occulter la réalité pour pouvoir discuter. Au lieu de quoi, nous avons été invité.e.s à rester tou.te.s ensemble à cette réalité tout en refusant que la violence puisse être une réponse.

Ce qui rend si particuliers les Combatants for Peace, c’est que l’organisation n’est pas seulement un lieu de dialogue, c’est aussi un mouvement commun de résistance, qui porte la conviction que la fin de l’occupation, le dépassement des systèmes de domination et la protection de la dignité humaine sont inséparables de relations qui restent à construire. Ce sont les deux faces d’un même combat.

Parallèlement à ce travail, et en étroite collaboration avec des Palestinien.ne.s, des Israélien.ne.s et des partenaires internationaux, j’ai créé Satyam Homeland. Cette organisation est née du même constat : la résistance suppose des endroits dans lesquels, même en pleine guerre, des gens peuvent apprendre à préserver leur humanité. Satyam Homeland est un lieu de socialisation dans lequel se retrouvent des Palestinien.ne.s, des Israélien.ne.s et des acteurs internationaux, qui veulent travailler sur le traumatisme et le travail de deuil, sur la guérison physique, la formation à la résistance non violente, le dialogue et le conte — et par là, prendre une part active au monde. L’organisation n’est pas séparée de Combatants for Peace, elle fait partie d’un écosystème plus grand : une partie incarne le courage politique de la résistance commune, l’autre partie, les pratiques collectives qui rendent possible un engagement non violent durable ; les deux sont en permanence en dialogue l’une avec l’autre.

Après le 7octobre 2023, cette relation s’est encore renforcée. Tandis que les Palestinien.ne.s de la bande de Gaza subissaient massacres et destructions massives, celle.ux de Cisjordanie étaient confrontés à une escalade de la violence, avec des attaques de colons et des expulsions, une situation qui ne pouvait que renforcer les envies réciproques de s’éloigner les un.e.s des autres. La peur et la douleur étaient immédiates, permanentes, étouffantes, ce n’était pas des concepts abstraits. Et pourtant, Combatants for Peace, a réussi à entretenir encore et toujours sa petite flamme. Nous ne nous sommes pas murés dans le silence, nous ne nous sommes pas éloignés les uns des autres. Nous avons continué à parler ensemble, il ne s’agissait pas d’embellir la réalité, mais de pouvoir s’y confronter ensemble. Nous avons pleuré ensemble. Nous avons parlé de ce qui s’était passé. Nous avions des divergences de vue, mais nous sommes restés ensemble.

Et finalement, nous avons posé la seule question qui vaille quand tout vole en éclats : et maintenant, que faire ? Une question que nous n’avons pu nous poser que parce que pendant des années, nous avons construit des relations telles qu’il nous a été possible de résister à une telle fracture.

Mon appartenance à Combatants for Peace, loin de n’être qu’une partie de mon travail, en est surtout le noyau central. Et c’est pour cette raison que je poursuis ce travail, même en Cisjordanie, où tout acte de résistance non violente, toute rencontre, suppose une réelle prise de risques en même temps qu’il est porté par sa propre importance, par la confiance et la responsabilité.

(Note de la rédaction : Deux questions/réponses de la première partie ont été omises :
1. DB : Cette année, Combatants for Peace fête ses 20 ans. Qu’est-ce qui, de votre point de vue, rend ce mouvement si attractif pour des jeunes gens ?
2. DB : C’est vraiment remarquable de voir combien d’organisations israéliennes et palestiniennes se sont réunies en une coalition. Quelles sont, à votre avis, les conditions essentielles pour ce type d’activisme, qui, au-delà de toute différence, repose sur une collaboration ?
Vous pouvez les retrouver ici.)

DB – Vous participez tous deux régulièrement à des actions de « présence protectrice ». Pourriez-vous nous raconter quelques moments marquants de votre expérience ?

Iris – Merci pour cette question ; elle me tient tellement à cœur qu’elle m’en donne les larmes aux yeux ! Je fais partie d’un groupe appelé « Jordan Valley Activists » (Activistes de la vallée du Jourdain). Fondé il y a environ 17 ans par des militants de l’organisation « Combatants for Peace », ce groupe est devenu une entité indépendante, grâce à l’initiative d’Israéliens qui accompagnent et assurent une présence protectrice auprès des bergers et agriculteurs palestiniens de la vallée du Jourdain.

Nous offrons une présence physique ainsi qu’une aide concrète — notamment de la nourriture, de l’eau, un soutien juridique et tout autre type de secours possible — aux dernières communautés qui continuent de résister face aux violences perpétrées par les colons et l’armée israélienne : arrêtés de démolition, menaces de déplacement, restrictions de pâturage, privation d’eau et de moyens de subsistance, etc.

(Voir suite sur colonne de droite. . . )

(Cliquez ici pour un article de ce sujet en anglais..)

Question for this article:

How can a culture of peace be established in the Middle East?

( . . . suite)

J’ai commencé à participer à ces activités de « présence protectrice » en novembre 2023, alors que les violences perpétrées par les colons et l’armée s’intensifiaient considérablement. Ces violences ne visaient plus seulement les bergers dans les champs, mais aussi les familles au sein même de leurs foyers. Par conséquent, la présence des militants a été étendue pour assurer une couverture 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.

J’ai noué des liens étroits avec une communauté particulière appelée « Farsiya al-Razala », composée de cinq familles incluant des enfants, des femmes et des personnes âgées. Il s’agit de l’une des dix dernières communautés de bergers subsistant dans la vallée du Jourdain ; malheureusement, pour elles aussi, le moment du déplacement forcé pourrait survenir très prochainement.

La semaine dernière, j’ai accompagné deux jeunes bergers qui faisaient paître leurs troupeaux dans une zone appelée Hammam al-Malih. Jusqu’à il y a quelques mois, une importante communauté y était établie : familles, champs, troupeaux, enfants et même une école primaire régionale. Tout a été détruit par l’État d’Israël. La population a été déplacée de force, alors même que les terres appartiennent à une église. De l’autre côté de la route, juste à côté de la communauté, se trouve une base militaire installée là depuis de nombreuses années.

Ces derniers mois, des soldats ont pris l’initiative de veiller à ce que — même après l’expulsion des familles et le déblaiement du site — les bergers des communautés voisines ne reviennent pas y faire paître leurs troupeaux. Auparavant, il y avait également une source qui fournissait de l’eau potable aux habitants comme aux animaux.

Le jour où je m’y suis rendu, les deux jeunes bergers nous ont demandé de ne pas les laisser seuls, car sinon, les soldats viendraient les arrêter. L’un d’eux nous a raconté une arrestation précédente :

« Des soldates, âgées de 18 ou 19 ans, nous criaient dessus tout en nous serrant les mains avec des colliers de serrage en plastique. Je leur ai demandé : « Pourquoi ? Il y a de la place pour tout le monde ici. Je demande juste à vivre en paix. » Les soldats nous ont crié : « Foutez le camp d’ici. » »

[Le jeune berger] a répondu : « Où devrions-nous aller ? Nous n’avons nulle part où aller. C’est chez nous. Nous vivons ici depuis toujours. » Ce jour-là, les bergers ont réussi à faire paître leurs troupeaux en toute tranquillité.

Hier, au même endroit, deux soldats sont arrivés et ont arrêté l’un de ces jeunes hommes. L’autre a réussi à s’enfuir. L’un des soldats a tiré en l’air avec son fusil M16 et a déclaré qu’il ne craignait personne. Le berger palestinien a été emmené, menottes aux poignets, vers une base militaire située à quelques kilomètres de là. Quelques heures plus tard, il a été relâché, couvert de bleus et de traces de coups. Ce n’est là qu’un récit parmi des centaines d’incidents quotidiens d’abus.

Yousef, un garçon de 13 ans ayant des besoins spécifiques, m’a appelée pour m’annoncer que sa famille avait reçu un ordre de démolition pour leur maison à Farsiya. Je ne savais que lui répondre. Ce jeune homme et sa famille n’ont pas d’autre foyer.

Mai – La « présence protectrice » est ce qui rend les choses bien réelles. Il s’agit de se tenir aux côtés de communautés soumises à une pression immédiate : agriculteurs, bergers, familles et enfants qui tentent de rester sur leurs terres et de mener une vie ordinaire dans des conditions extraordinaires.

En Cisjordanie, et tout particulièrement depuis le 7 octobre, le niveau de violence, d’incertitude et d’instabilité s’est accru. Au quotidien, ces communautés font face aux attaques de colons, aux incursions militaires et à une pression constante les poussant chaque jour au déplacement.

Dans ce contexte, cette présence n’a rien de symbolique. Elle constitue une forme de protection, mais aussi un acte de témoignage.

Elle transmet un message simple et essentiel : vous n’êtes pas seuls.

Parfois, cela prévient la violence ; parfois, non. Mais cela rompt systématiquement l’isolement, or l’isolement est l’un des principaux outils de l’oppression. C’est là que le lien avec les Combattants pour la paix devient tangible, car la mission des Combattants pour la paix ne se résume pas au dialogue : c’est une résistance commune en action.

La « présence protectrice » en est l’une des manifestations les plus manifestes sur le terrain. C’est aussi là que les pratiques incarnées et sensibles aux traumatismes issues de Satyam Homeland deviennent essentielles, car rester présent dans de tels moments exige un ancrage intérieur, et pas seulement une conviction politique.

Ces deux dimensions sont toujours présentes dans notre travail.

DB – Enfin et surtout : que pouvons-nous faire pour contribuer à votre initiative ?

Iris – Il y a beaucoup à faire. Au-delà du soutien financier, les gens peuvent se rendre sur place et participer, en tant que bénévoles internationaux, à des actions de présence protectrice. Cela comporte certes des risques : un risque physique de violence de la part des colons, ainsi que la possibilité d’être expulsé par les autorités israéliennes. Parallèlement, visiter la Cisjordanie et Israël est sans danger et permet d’acquérir une compréhension plus approfondie et plus juste de la réalité. Rien ne vaut le fait de voir les choses de ses propres yeux et de faire l’expérience directe de la réalité.

L’histoire nous a montré que la pression exercée par la communauté internationale peut influencer les dirigeants, modifier les politiques et même transformer le cours de l’histoire. Chacun peut agir en interpellant les médias, les responsables politiques, les artistes et les personnalités publiques, en faisant évoluer le discours public et en exigeant la fin immédiate de la violence, des exactions, de l’occupation, de l’apartheid et des déplacements de populations.

Cela implique d’exiger l’accès à l’eau et aux moyens de subsistance, la liberté de circulation ainsi que la libération des prisonniers et détenus palestiniens. Cela signifie exiger que tous les êtres humains soient libérés d’une existence marquée par la peur et la violence. Il faut revendiquer la sécurité, la liberté et l’égalité des droits pour toute personne vivant entre le fleuve et la mer.

La nature du débat doit changer : il ne s’agit plus de soutenir un camp contre l’autre, mais de comprendre que l’objectif doit être une vie sûre et libre pour tous les êtres humains.

Quatorze millions de personnes vivent entre la mer Méditerranée et le Jourdain : environ 7 millions de Juifs et 7 millions de Palestiniens. Aucun de ces deux peuples ne partira. Notre avenir est commun, que cela nous plaise ou non. La question n’est pas de savoir si nous vivrons ensemble, mais comment. Nos enfants méritent de grandir dans la liberté, la sécurité et la dignité.

Mai – La première responsabilité est la clarté. Rejeter totalement l’antisémitisme. Rejeter totalement l’islamophobie. Rejeter totalement le racisme anti-palestinien. Rejeter tout cadre qui attribue une valeur inégale à la vie humaine.

La deuxième responsabilité est la vérité. Nous ne pouvons bâtir la justice sur le déni. Nous devons être capables de nommer l’occupation, le déplacement de populations, les inégalités structurelles et la violence, sans recourir aux euphémismes.

La troisième responsabilité est de soutenir les mouvements qui conjuguent résistance et guérison. Car c’est ce qui rend possible une transformation à long terme.

Combatants for Peace incarne la colonne vertébrale politique de la résistance non violente et de la lutte commune. Satyam Homeland porte la dimension incarnée, émotionnelle et communautaire qui permet à cette résistance de perdurer sans s’effondrer. Ensemble, ils représentent quelque chose de rare : une manière de rester humain au cœur de la lutte.

Pour moi, en tant que femme palestinienne travaillant depuis la Cisjordanie, il ne s’agit pas de théorie. C’est une réalité quotidienne, façonnée par les risques, les responsabilités et le deuil, mais aussi par un engagement profond et la confiance née des liens que nous avons tissés par-delà les clivages.

C’est ce qui donne vie à ce travail. Car, en fin de compte, ce que nous bâtissons ne se limite pas à un changement politique. Il s’agit de la possibilité de rester pleinement humains tout en refusant les systèmes qui dénient leur humanité aux autres.

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La Peace Makers Academy 2026 ouvre les candidatures pour un Hackathon international de la paix à Paris

. TOLÉRANCE & SOLIDARITÉ .

Contribution spéciale à CPNN de la Peace Makers Academy

À une époque où les sociétés du monde entier sont confrontées à une polarisation croissante, aux conflits et à l’incertitude, la Peace Makers Academy 2026 réunira 25 jeunes leaders de différentes nationalités pour une expérience internationale intensive de quatre jours consacrée à la construction de la paix, au leadership et à l’action.

Organisée à Paris du 15 au 18 octobre 2026, la Peace Makers Academy est bien plus qu’un programme de formation. Conçue comme un Hackathon international de la paix, elle associe apprentissage par l’expérience, dialogue interculturel et collaboration autour de projets afin de permettre aux participants de devenir des acteurs concrets de la paix dans leurs communautés.

Fondée sur la conviction que la paix est une compétence qui peut s’apprendre, se pratiquer et se transmettre, l’Académie propose une approche globale à 360° de la paix grâce à des ateliers, des simulations, des conférences inspirantes d’experts dans le domaine et des mises en situation.

Plutôt que de se limiter à une approche théorique, le programme encourage les participants à concevoir des réponses pratiques et innovantes aux défis sociétaux actuels. Tout au long de l’événement, des équipes pluridisciplinaires travailleront ensemble pour développer des initiatives capables de produire un impact mesurable aux niveaux local et international.

Du dialogue à l’action

L’une des caractéristiques majeures de l’Académie réside dans sa méthodologie résolument tournée vers l’action.

Au lieu de se limiter à débattre des grands enjeux mondiaux, les participants sont invités à co-construire des solutions concrètes répondant à des problématiques telles que la cohésion sociale, l’inclusion, le dialogue, l’engagement des jeunes ou encore la résilience des communautés.

Le hackathon constitue un véritable laboratoire d’innovation où les participants passent rapidement de l’identification des défis à la conception de projets à fort impact pouvant être développés bien au-delà de l’Académie.

Cette priorité donnée à la mise en œuvre reflète une vision plus large de la paix : non pas simplement comme l’absence de conflit, mais comme la construction active de sociétés inclusives, résilientes et coopératives.

Construire un réseau international pour la paix

Au-delà de l’acquisition de compétences techniques, l’Académie vise à créer une communauté internationale durable d’acteurs du changement.

(cliquez ici pour une version anglaise .)

(Voir suite sur colonne de droite. . . )

Question related to this article:

 

Youth initiatives for a culture of peace, How can we ensure they get the attention and funding they deserve?

(. . . suite)

Les participants auront l’opportunité de nouer des relations professionnelles avec des experts, des formateurs et de jeunes leaders représentant de nombreux pays et cultures. Ces liens ont vocation à perdurer bien après la fin de l’Académie, en favorisant de futures collaborations et des initiatives transfrontalières.

Dernier appel à candidatures

La dernière phase de candidature est désormais ouverte pour les personnes souhaitant rejoindre la promotion 2026.
Les jeunes leaders, étudiants, professionnels, entrepreneurs et citoyens engagés âgés de 18 à 40 ans, animés par un fort intérêt pour la consolidation de la paix et la coopération internationale, sont invités à déposer leur candidature. Le programme se déroulera entièrement en anglais.

Peace Makers Academy 2026
Dates : 15–18 octobre 2026
Lieu : Paris, France
Langue : anglais
Participants : 25 candidats sélectionnés de nationalités diverses

Alors que débute la dernière phase de sélection, il s’agit de la dernière opportunité de rejoindre une communauté internationale engagée à construire la paix grâce à la collaboration, à l’innovation et au leadership.

À propos de JCI et de JCI France

La Peace Makers Academy est organisée par JCI France, l’organisation nationale française de la Jeune Chambre Internationale (JCI).

Fondée en 1915, la Jeune Chambre Internationale (JCI) est une organisation mondiale à but non lucratif réunissant des jeunes citoyens actifs âgés de 18 à 40 ans. Présente dans plus de 100 pays et territoires, elle rassemble plus de 100 000 membres à travers le monde. La JCI développe le leadership au travers de projets qui génèrent un impact positif dans les communautés tout en promouvant la citoyenneté active, l’entrepreneuriat, la coopération internationale et la réalisation des Objectifs de développement durable des Nations Unies. La JCI bénéficie d’un statut consultatif auprès de l’ECOSOC des Nations Unies

À travers la Peace Makers Academy, JCI France contribue à cette mission mondiale en offrant aux jeunes leaders des compétences concrètes en consolidation de la paix, en favorisant le dialogue interculturel et en leur donnant les moyens de transformer des idées innovantes en actions tangibles au service de sociétés plus pacifiques et plus inclusives.
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Press contact: Eva JOURJON — peace.academy@jcef.asso.fr — +33 6 29 09 87 21

(Note de la rédaction : Le 15 août, nous avons parlé au téléphone avec Eva Jourjon qui nous a assuré que les candidatures étaient toujours en cours d’examen, malgré les informations circulant sur Internet indiquant que les candidatures étaient closes.)

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Bulletin français 1 août 2026


LA PAIX PAR DIALOGUE ET ÉDUCATION

Ce mois-ci, nous présentons des articles provenant d’Asie, d’Afrique et d’Europe.

En Asie du Sud, un mouvement important est en cours en Inde et au Pakistan.

Des militants indiens et pakistanais ont lancé une conversation virtuel qui transcende la culture de la guerre divisant les deux pays. Comme le décrit l’auteure et participante Nawal Amjad, ce dialogue virtuel a suscité l’enthousiasme de jeunes acteurs du changement issus des deux pays. Ce qui devait initialement durer deux heures s’est prolongé pendant près de quatre heures. Ils l’ont baptisé « Une conversation qui a refusé de prendre fin ». Ayant entendu parler des nouveaux événements en Inde, Nawal se décrit comme un « cafard au Pakistan ».

Le nouveau mouvement des « cafards » en Inde est décrit par l’auteure Arundhati Roy. Selon elle, les manifestations menées par des étudiants ont secoué la capitale indienne, laissant entrevoir un avenir différent pour le pays et se propageant à d’autres villes. Le mouvement a débuté lorsque le juge de la Cour suprême indienne, Surya Kant, a qualifié de « cafards » certains jeunes Indiens sans emploi ; Abhijeet Dipke, un étudiant vivant à Boston, a alors publié ce commentaire sur Instagram : « Et si tous les cafards s’unissaient ? » Des millions de personnes ont répondu à l’appel. C’est ainsi qu’est né le « Cockroach Janta Party » (Parti populaire des cafards). Arundhati Roy déclare : « Pour la première fois depuis des années, c’est merveilleux d’être Indien. Alors que tout espoir semblait perdu, ils sont arrivés. »

Depuis l’Afrique, Winner Ogogo décrit comment de jeunes leaders, des décideurs, des innovateurs et des acteurs du développement venus de tout le continent se sont réunis pour faire avancer les discussions sur le développement durable et les aspirations de l’Agenda 2063 de l’Union africaine. Au-delà des sessions officielles, le sommet a favorisé la collaboration entre les délégués de toute l’Afrique, créant des opportunités de partenariats transfrontaliers, d’échanges culturels et d’apprentissage mutuel. Ces interactions reflétaient l’esprit du panafricanisme envisagé par l’Agenda 2063 : une Afrique portée par ses populations, où la collaboration, l’innovation et l’unité constituent le fondement d’un progrès durable.

CPNN suit de près les tentatives difficiles de trois pays africains — le Niger, le Mali et le Burkina Faso — de s’affranchir de la domination néocoloniale. La tâche n’est pas seulement militaire, économique et linguistique, elle est aussi culturelle. À cet égard, nous avons publié ce mois-ci une information selon laquelle le ministère de la Culture du Burkina Faso a suspendu tous les concours de beauté, dans l’attente d’un examen de leurs modalités d’organisation.

Le Conseil de l’Europe a adopté une recommandation sur l’éducation à la paix « par, avec et pour les jeunes ». Le Dr Phill Gittins explique le processus de consultation ayant permis d’élaborer cette recommandation. Des jeunes et des représentants d’organisations de jeunesse non gouvernementales ont pris part aux discussions, à la rédaction et à la révision du texte, aux côtés de représentants gouvernementaux, d’experts et de collaborateurs du Conseil de l’Europe. Il aborde également les modalités de sa mise en œuvre concrète.

Des éducateurs à la paix venus du monde entier (membres de l’Institut international pour l’éducation à la paix) se sont réunis à Grenade, en Espagne, du 19 au 26 juillet, pour de riches échanges d’expériences, d’idées et de cultures. Ils ont salué le Manifeste pour la paix — dont nous avons parlé dans de précédents bulletins — et ont formulé de nombreuses propositions utiles pour son amelioration.

Dans le cadre de cette rencontre à Grenade, les participants se sont rendus dans les sept villages de La Taha, situés dans les montagnes voisines, pour recevoir le manifeste *Pueblos por la Paz* rédigé et approuvé par le conseil municipal. Ce manifeste constitue non seulement un document remarquable, mais aussi un modèle pour les manifestes locaux en faveur de la paix que nous espérons voir élaborer aux quatre coins du monde.

DISARMAMENT ET SECURITÉ


India and Pakistan: A Conversation that Refused to End

DÉVELOPPEMENT DURABLE


African Youth Advancing the Sustainable Development Goals and AU Agna 2063: From Dialogue to Action

PARTICIPATION DÉMOCRATIQUE


La Alpujarra, Granada, Spain: Manifest Pueblos por la Paz

ÉQUALITÉ HOMMES/FEMMES


Au Burkina Faso, le ministère de la Culture suspend tous les concours de beuté

  

TOLÉRANCE ET SOLIDARITÉ


UNESCO Korean workshop: Translating Peace into Action

ÉDUCATION POUR LA PAIX


From Adoption to Action: A New Council of Europe Recommendation on Peace Education by, with and for Young People

LIBERTÉ DE L’INFORMATION


Bike for Peace turns 50. In 2026-27 we visit all nine nuclear powers with one appeal, a nuclear-free world by 2045

DROITS DE L’HOMME


India: Cockroach Democracy: Unarmed and Dangerous

Au Burkina Faso, le ministère de la Culture suspend tous les concours de beauté

. EGALITE HOMMES/FEMMES .

Un article de Radio France International

Coup d’arrêt pour les concours de beauté au Burkina Faso. Le ministère de la Culture a annoncé lundi 8 juin la suspension de toutes les compétitions du genre le temps de revoir leur encadrement. Les autorités évoquent la défense des valeurs culturelles nationales et la nécessité d’adapter ces événements aux idéaux de la révolution progressiste populaire.


Noélie Congo Salouka, directrice générale de la Culture et des Arts du Burkina Faso. © Facebook/Ministère de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme du Burkina Faso

Les reines de beauté et autres Miss ne défileront plus au Burkina Faso, jusqu’à nouvel ordre. L’objectif des autorités est de préserver « l’identité culturelle burkinabè » et « garantir le respect des valeurs morales ».

(Voir suite sur colonne de droite. . . )

(Cliquez ici pour une version anglaise.)

Pregunta(s) relacionada(s) al artículo

Protecting women and girls against violence, Is progress being made?

The new military governments in Africa: Are they promoting a culture of peace?

(. . . suite)

Dans son communiqué, la directrice générale de la Culture et des Arts, Noélie Congo Salouka, explique que cette pause doit permettre de revoir le cadre réglementaire de ces événements afin d’encadrer plus strictement leur organisation. En attendant, plus aucune autorisation ne sera accordée.

Critiques

Dans le secteur de l’événementiel, la décision n’a pourtant rien d’un coup de tonnerre. Ces derniers mois, les concours de beauté attiraient de plus en plus de critiques. Une partie de l’opinion publique leur reprochant de mettre en scène uniquement l’apparence physique de jeunes femmes. Les sponsors se faisaient également plus rares, au point de mettre en difficulté leurs organisateurs.

Reste que cette suspension risque de fragiliser tout un écosystème économique : agences de communication, stylistes, couturiers, artistes ou encore salles de spectacle seront affectés, le temps que les autorités définissent un nouveau cadre pour ces compétitions.

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