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Bulletin français 1 novembre 2026


. LE POUVOIR AU PEUPLE .

Les événements de ce mois-ci m’ont inspiré à rédiger un blog intitulé « Le pouvoir de l’individu », dans lequel j’examine comment les avancées en matière de communication et de transport, au fil de l’Histoire humaine, ont amplifié la capacité d’une personne à influencer le cours de cette histoire.

Comme le décrivent Myrian et Herbert (en préparation), des jeunes Brésilienns ont eu recours aux réseaux sociaux pour mobiliser d’autres jeunes — qui n’avaient pas voté au premier tour — afin qu’ils se déplacent et soutiennent Lula lors du second tour décisif de l’élection présidentielle.

Aux États-Unis et en Europe occidentale, des mobilisations ont été organisées grâce aux nouvelles technologies qui n’étaient pas à la disposition des générations précédentes.

Aux États-Unis, le 17 octobre — malgré l’interruption des plateformes de META (l’entreprise de Zuckerberg) lors de la mobilisation « NO Kings » — des événements d’envergure ont eu lieu dans les 50 États, incitant les citoyens à participer aux prochaines élections, lesquelles pourraient permettre de mettre un coup d’arrêt à la « culture de la guerre » de Trump. Au moment où ces lignes sont écrites, nous ne connaissons pas encore le résultat.

À Paris, le 24 octobre, malgré les violences policières — et probablement celles d’agents provocateurs — et malgré la décision du gouvernement de restreindre la liberté de réunion sur les lieux habituels, des centaines de milliers ont pris part à une manifestation organisée dans l’urgence pour réclamer des réformes gouvernementales, notamment dans le secteur de l’éducation.

Ailleurs dans le monde, le mouvement des jeunes « Cafards » (« Cockroach »), qui réclame une réforme de l’éducation en Inde, continue de prendre de l’ampleur. Le mouvement a débuté lorsqu’un étudiant indien vivant à Boston a publié un commentaire sur Instagram : « Et si tous les cafards se rassemblaient ? » ; des millions de personnes ont répondu à cet appel !

La mobilisation du 24 octobre s’inscrit dans la continuité des rassemblements massifs qui ont eu lieu une semaine plus tôt en France, en Espagne, en Italie, en Belgique et en Allemagne, à l’initiative d’étudiants réclamant une réforme de l’enseignement. À Paris, des mobilisations étudiantes d’envergure sont organisées depuis le 9 octobre.

En Serbie également, ce sont les étudiants qui se sont mobilisés et ont remporté une élection historique face à un gouvernement corrompu. Ils ont développé leur mouvement grâce à une utilisation intensive et innovante des réseaux sociaux.

Comme toujours, ce sont les jeunes qui sont les plus réceptifs à l’utilisation des nouvelles technologies.

En Europe, ces mouvements ont fait face à la violence et à la brutalité policière de la part des gouvernements. Comme je l’ai évoqué dans un autre blog ce mois-ci, cette stratégie gouvernementale m’a rappelé l’usage, par les autorités américaines, d’agents provocateurs visant à briser nos mobilisations étudiantes contre la guerre du Vietnam.

Autre similitude avec les États-Unis des années 1960 : les grands médias ont soutenu la stratégie gouvernementale en consacrant l’essentiel de leur couverture aux violences, plutôt qu’aux revendications des étudiants et des autres manifestants. À l’époque, aux États-Unis, les médias dominants étaient infiltrés par des agents gouvernementaux qui orientaient le traitement de l’information.

Le recours à des agents provocateurs et l’infiltration des médias s’opèrent dans le secret, pour des raisons évidentes. Espérons que la vérité finisse par éclater.

Je conclus mon blog par cette réflexion :

Malgré l’opposition des gouvernements, ce nouveau pouvoir du peuple, mené par la jeunesse
nous permettra-t-il d’opérer une transition, passant d’une culture de la guerre à une culture de la paix ?

Que pouvons-nous faire de plus pour favoriser cette cette révolution pacifique ?

ÉDUCATION POUR LA PAIX


Education protests in Europe

DÉVELOPPEMENT DURABLE


4th Biennale of Luanda: Strengthening water governance for a culture of peace in Africa

PARTICIPATION DÉMOCRATIQUE


How Social Media “Pumped Up” the Protests in Serbia

ÉQUALITÉ HOMMES/FEMMES


Professeure Ada Aharoni : une vision singulière de la Paix

  

TOLÉRANCE ET SOLIDARITÉ


France’s religious leaders appeal for peace and sustained dialogue

DISARMAMENT ET SECURITÉ

La Marche Mondiale pour la Paix et la Nonviolence : une tentative de semer et d’arroser les graines d’une révolution non violente

LIBERTÉ DE L’INFORMATION


China: Heart Youth Peace Charity Organization; Peace Is What We Do Today

DROITS DE L’HOMME


France: Lutte pour la Liberté de Manifester

Bulletin français 1 octobre 2026


JOURNÉE INTERNATIONALE DE LA PAIX 2026

Cette année, j’ai pu recenser sur Internet 821 événements organisés pour la Journée internationale de la paix. La plupart n’étaient pas en anglais, mais en arabe, chinois, français, allemand, hindi, italien, japonais, russe, espagnol et ukrainien.

Comme à l’accoutumée pour cette journée, Europe occidentale a été la plus forte, notamment en Belgique (209), en France (70), en Italie (27) et en Espagne (14). Dans une large mesure, les événements se sont déroulés officiellement dans les hôtels de ville des localités participantes. En Italie, le « Giro d’Italia per la Pace » (Tour d’Italie pour la paix), qui a mobilisé plusieurs villes le jour même de la célébration, prévoyait de traverser 129 communes au cours de sa tournée s’étalant sur plusieurs mois. En France, une autre initiative similaire — la Marche pour le climat, le monde vivant, la paix et la justice — a eu lieu dans plus de 100 villes et villages le 26 septembre.

Des célébrations ont été organisées dans 46 des 50 États américains et dans 9 des 10 provinces canadiennes. Cette année, certains actions ont été menées pour protester contre la culture de la guerre. Nombreux sont ceux qui ont manifesté contre le génocide perpétré par Israël en Palestine. Des protestations ont visé la base militaire de Tucson, en Arizona, ainsi que le salon de l’armement de l’US Air Force à National Harbor, dans le Maryland. Dans les villes jumelles de Minneapolis et Saint Paul, l’événement comprenait une séance d’information virtuelle intitulée « Se relever du désastre causé par la politique fédérale d’immigration » ; à Chicago, l’organisation Codepink a tenu une réunion d’information et de débat sur les conséquences de l’invasion et de l’occupation de l’Afghanistan par les États-Unis.

Malgré la dislocation de l’Union soviétique et la terrible guerre opposant la Russie à l’Ukraine, la célébration de la Journée internationale de la paix — officiellement encouragée à l’époque soviétique — a perduré jusqu’à aujourd’hui. Les 121 événements recensés comprenaient 22 manifestations en Biélorussie, 37 en Russie et 57 en Ukraine, organisées pour la plupart par des élèves dans des écoles et des bibliothèques ; ils y ont perpétué des traditions telles que la confection de colombes ou de grues en papier, symboles de paix. En Ukraine, certaines activités ont dû se dérouler dans des abris anti-aériens où les enfants étaient confinés pendant les alertes aériennes.

Les 93 rapports provenant de 17 pays d’ Asie-Pacifique se sont révélés particulièrement riches. Au Japon, la journée a été marquée par des séances de calligraphie, des cérémonies du thé, des sonneries de cloches et des concerts, incluant des performances de tambours japonais et une interprétation de la Neuvième Symphonie de Beethoven. En Inde, l’événement a été célébré par une grande diversité de groupes et d’associations, notamment les Brahma Kumaris, les adeptes de Prem Rawat, les guides et scouts, les clubs Rotary et le Syndicat national des étudiants. En Chine, des manifestations officielles ont eu lieu à Pékin, Hanchuan, Hong Kong et Wuhan, avec la participation de personnes venues du monde entier.

Avec 29 événements, le Mexique a ouvert la voie en Amérique latine et dans les Caraïbes, région ayant comptabilisé 59 manifestations réparties sur 14 pays. Parmi les événements mexicains figuraient un sommet binational pour la paix et la justice à Ciudad Juárez, un congrès international pour la Journée internationale de la paix à Guanajuato et le 7e Forum international sur la culture et l’éducation pour la paix à Querétaro. À Culiacán, le Secrétariat à la sécurité publique de l’État de Sinaloa a organisé une marche pour la paix au sein de la prison ; celle-ci était menée par une escorte et une fanfare, dans le cadre d’initiatives visant à renforcer la culture, le sport et les processus de réinsertion sociale au sein de l’établissement pénitentiaire.

En Afrique, des célébrations ont eu lieu dans 19 pays, sans compter les 5 autres classés parmi les États arabes. Quatre événements se sont tenus au Cameroun, notamment un forum national en ligne, un webinaire organisé par Wem’Afrika, un office religieux de l’Église presbytérienne et une marche pour la paix coordonnée par le ministère de la Jeunesse. Trois événements ont été organisés respectivement au Tchad, en République démocratique du Congo et au Kenya, impliquant notamment l’institution du Médiateur du Tchad, la Synergie des femmes pour la paix et la sécurité en RDC et l’Université Kenyatta.

Nous avons recensé 22 initiatives dans 12 pays arabes et du Moyen-Orient. À Bahreïn, l’événement était consacré à la coexistence entre différentes religions et confessions ; il a réuni des représentants des communautés catholique, évangélique, juive, hindoue, bouddhiste, sikh et baha’ie. En Égypte, le Conseil des sages musulmans a publié une déclaration affirmant que la paix est l’essence même du message de l’islam, tandis que l’Organisation copte évangélique pour les services sociaux a appelé à des initiatives et des pratiques en faveur de la paix.

Parmi les initiatives mondiales pour la Journée internationale de la paix, on peut citer :
11 Days of Global Unity
Creative Nonviolence at Work in the World Today
Global Week Of Action For Peace And Climate Justice
Live Peace
Masterpeace
Peace One Day
Peace Voices Map
United Religions Initiative

La recherche, la traduction, la mise en forme et la mise en ligne des 821 événements ont nécessité plus de 100 heures de travail personnel. D’autres ressources utiles dans le passé — telles que la carte des événements de l’ONU pour la Journée internationale de la paix, la carte des écoles Montessori ou celle de « One Day One Choir » — n’étaient plus disponibles, et la portée du site web « Campaign Nonviolence » a été réduite. À mon âge (87 ans), cette tâche est devenue trop ardue ; je ne la reconduirai donc pas l’année prochaine. J’espère que d’autres prendront le relais.

GLOBAL


Que s’est-il passé cette année: Journée internationale de la paix

ÉTATS-UNIS ET CANADA


États-Unis et Canada: Journée internationale de la paix

EUROPE


Europe: Journée internationale de la paix

ASIE ET PACIFIQUE


Asie et Pacifique: Journée internationale de la paix

  

PAYS EX-SOVIÉTIQUES


Pays Ex-Soviétiques: Journée internationale de la paix

ETATS ARABES ET MOYEN-ORIENT


Etats Arabes et Moyen-Orient: Journée internationale de la paix

AMÉRIQUE LATINE ET CARAÏBES


Latine et Caraïbes: Journée internationale de la paix

AFRIQUE

Africa: International Day of Peace

Bulletin français 1 septembre 2026


LA PAIX À TRAVERS LE MONDE

Les initiatives de ce mois-ci en faveur d’une culture de la paix se sont déployées sur les cinq continents.

En Afrique, la présidente de la Namibie, Netumbo Nandi-Ndaitwah, poursuit son action en faveur de l’égalité des femmes, de l’emploi des jeunes et d’une réforme foncière visant à accroître l’offre de logements pour les populations démunies. Elle a encouragé l’autonomisation des communautés grâce à des programmes locaux d’activités périscolaires et de développement global, tout en proposant un accès gratuit à l’enseignement supérieur public et technique pour les personnes défavorisées.

Toujours en Afrique, au Mali, un atelier réunissant 80 éducateurs a porté sur la culture de la paix, la cohésion sociale et l’intégration des enfants déplacés dans le pays.

Au Brésil, des enseignants et des administrateurs du système scolaire municipal de Roraima ont suivi une formation en justice restaurative, axée sur la mise en œuvre de pratiques favorisant le dialogue, l’écoute active et une culture de la paix au sein des établissements scolaires.

À Paris, la Jeune Chambre Économique Française parraine un hackathon réunissant 25 jeunes leaders de diverses nationalités pour une expérience internationale intensive de quatre jours, consacrée à la consolidation de la paix, au leadership et à l’action collaborative.

À Washington, là où Martin Luther King a prononcé son célèbre discours « I have a dream », des milliers de manifestants se sont rassemblés une fois de plus pour réclamer le droit de vote. Ils ont notamment écoutés Bernie Sanders et Alexandria Ocasio-Cortez.

En Australie, deux traités de paix ont été soumis à la ratification du Parlement : l’Alliance pour un océan de paix (*Ocean of Peace Alliance*) et l’Union Vuvale. L’Union Vuvale est un traité conclu entre l’Australie et les Fidji, tandis que l’Alliance pour un océan de paix bénéficie du soutien de l’Australie, des îles Cook, des États fédérés de Micronésie, de la République des Fidji, de la Polynésie française, de la République de Kiribati, de la République des îles Marshall, de la Nouvelle-Calédonie, de la République de Nauru, de la Nouvelle-Zélande, de Niue, de la République des Palaos, de l’État indépendant de Papouasie-Nouvelle-Guinée, des Samoa, des îles Salomon, du Royaume des Tonga, de Tuvalu et de la République de Vanuatu.

En Asie, une discussion sur un programme éducatif pour la paix, réunissant chrétiens et musulmans, s’est tenue sur les pentes du mont Muria, dans le centre de Java. Cette initiative, menée en collaboration avec le Comité central mennonite, a rassemblé des universitaires, des responsables religieux, des acteurs de la paix et des partenaires internationaux afin d’élaborer un programme d’études capable d’intégrer les valeurs de paix, de réconciliation, de justice et de transformation des conflits dans la formation théologique en Indonésie.

Aussi en provenance d’Asie, nous avons publié un article consacré à Zuhra Bahman, directrice nationale de l’organisation *Search for Common Ground* pour l’Afghanistan. Comme elle le déclare : « Je ne m’attends pas à ce que l’Afghanistan devienne une société équitable de mon vivant, [mais] je choisis de faire chaque jour de petits pas vers la collaboration et le développement durable. C’est une base sur laquelle la prochaine génération pourra bâtir. »

Enfin, et c’est peut-être le plus important face au génocide perpétré par Israël contre le peuple palestinien, il existe des initiatives de résistance. Le mouvement israélo-palestinien « Combattants pour la paix » lutte pour la paix aux côtés des Palestiniens en Israël :« Nous assurons une présence physique et apportons une aide — nourriture, eau, soutien juridique et tout autre secours possible — aux dernières communautés qui résistent encore face à la violence des colons et de l’armée israélienne : ordres de démolition, menaces de déplacement, restrictions de pâturage, privation d’eau et de moyens de subsistance, etc. »

Par ailleurs, des organisations juives du monde entier ont publiquement soutenu le mouvement BDS et encouragent une pression non violente coordonnée pour mettre fin à l’impunité d’Israël. Comme elles l’affirment : « À Gaza, Israël perpètre un génocide qui a tué des dizaines de milliers de personnes, dévasté les infrastructures civiles, déplacé la majeure partie de la population et soumis les Palestiniens à la famine et à des punitions collectives. Ces crimes exigent une action concrète de nous, au nom de qui ils sont commis. »

DISARMAMENT ET SECURITÉ


Entretien avec membres de Combatants for Peace

DÉVELOPPEMENT DURABLE


California was mostly solar-powered in May — a global first

PARTICIPATION DÉMOCRATIQUE


Brazil: Restorative Justice program trains educators to foster a culture of peace in municipal schools

ÉQUALITÉ HOMMES/FEMMES


Building an Afghanistan I may never see

  

TOLÉRANCE ET SOLIDARITÉ


Indonesia: Building peace from the slopes of Mount Muria

ÉDUCATION POUR LA PAIX


Koulikoro, Mali : 80 acteurs formés pour renforcer la paix à l’école

LIBERTÉ DE L’INFORMATION




Tabling of the Ocean of Peace Alliance and Australia-Fiji Vuvale Union

DROITS DE L’HOMME


Open Letter from Global Jewish Organizations in Support of Boycott, Divestment and Sanctions

Bulletin français 1 août 2026


LA PAIX PAR DIALOGUE ET ÉDUCATION

Ce mois-ci, nous présentons des articles provenant d’Asie, d’Afrique et d’Europe.

En Asie du Sud, un mouvement important est en cours en Inde et au Pakistan.

Des militants indiens et pakistanais ont lancé une conversation virtuel qui transcende la culture de la guerre divisant les deux pays. Comme le décrit l’auteure et participante Nawal Amjad, ce dialogue virtuel a suscité l’enthousiasme de jeunes acteurs du changement issus des deux pays. Ce qui devait initialement durer deux heures s’est prolongé pendant près de quatre heures. Ils l’ont baptisé « Une conversation qui a refusé de prendre fin ». Ayant entendu parler des nouveaux événements en Inde, Nawal se décrit comme un « cafard au Pakistan ».

Le nouveau mouvement des « cafards » en Inde est décrit par l’auteure Arundhati Roy. Selon elle, les manifestations menées par des étudiants ont secoué la capitale indienne, laissant entrevoir un avenir différent pour le pays et se propageant à d’autres villes. Le mouvement a débuté lorsque le juge de la Cour suprême indienne, Surya Kant, a qualifié de « cafards » certains jeunes Indiens sans emploi ; Abhijeet Dipke, un étudiant vivant à Boston, a alors publié ce commentaire sur Instagram : « Et si tous les cafards s’unissaient ? » Des millions de personnes ont répondu à l’appel. C’est ainsi qu’est né le « Cockroach Janta Party » (Parti populaire des cafards). Arundhati Roy déclare : « Pour la première fois depuis des années, c’est merveilleux d’être Indien. Alors que tout espoir semblait perdu, ils sont arrivés. »

Depuis l’Afrique, Winner Ogogo décrit comment de jeunes leaders, des décideurs, des innovateurs et des acteurs du développement venus de tout le continent se sont réunis pour faire avancer les discussions sur le développement durable et les aspirations de l’Agenda 2063 de l’Union africaine. Au-delà des sessions officielles, le sommet a favorisé la collaboration entre les délégués de toute l’Afrique, créant des opportunités de partenariats transfrontaliers, d’échanges culturels et d’apprentissage mutuel. Ces interactions reflétaient l’esprit du panafricanisme envisagé par l’Agenda 2063 : une Afrique portée par ses populations, où la collaboration, l’innovation et l’unité constituent le fondement d’un progrès durable.

CPNN suit de près les tentatives difficiles de trois pays africains — le Niger, le Mali et le Burkina Faso — de s’affranchir de la domination néocoloniale. La tâche n’est pas seulement militaire, économique et linguistique, elle est aussi culturelle. À cet égard, nous avons publié ce mois-ci une information selon laquelle le ministère de la Culture du Burkina Faso a suspendu tous les concours de beauté, dans l’attente d’un examen de leurs modalités d’organisation.

Le Conseil de l’Europe a adopté une recommandation sur l’éducation à la paix « par, avec et pour les jeunes ». Le Dr Phill Gittins explique le processus de consultation ayant permis d’élaborer cette recommandation. Des jeunes et des représentants d’organisations de jeunesse non gouvernementales ont pris part aux discussions, à la rédaction et à la révision du texte, aux côtés de représentants gouvernementaux, d’experts et de collaborateurs du Conseil de l’Europe. Il aborde également les modalités de sa mise en œuvre concrète.

Des éducateurs à la paix venus du monde entier (membres de l’Institut international pour l’éducation à la paix) se sont réunis à Grenade, en Espagne, du 19 au 26 juillet, pour de riches échanges d’expériences, d’idées et de cultures. Ils ont salué le Manifeste pour la paix — dont nous avons parlé dans de précédents bulletins — et ont formulé de nombreuses propositions utiles pour son amelioration.

Dans le cadre de cette rencontre à Grenade, les participants se sont rendus dans les sept villages de La Taha, situés dans les montagnes voisines, pour recevoir le manifeste *Pueblos por la Paz* rédigé et approuvé par le conseil municipal. Ce manifeste constitue non seulement un document remarquable, mais aussi un modèle pour les manifestes locaux en faveur de la paix que nous espérons voir élaborer aux quatre coins du monde.

DISARMAMENT ET SECURITÉ


India and Pakistan: A Conversation that Refused to End

DÉVELOPPEMENT DURABLE


African Youth Advancing the Sustainable Development Goals and AU Agna 2063: From Dialogue to Action

PARTICIPATION DÉMOCRATIQUE


La Alpujarra, Granada, Spain: Manifest Pueblos por la Paz

ÉQUALITÉ HOMMES/FEMMES


Au Burkina Faso, le ministère de la Culture suspend tous les concours de beuté

  

TOLÉRANCE ET SOLIDARITÉ


UNESCO Korean workshop: Translating Peace into Action

ÉDUCATION POUR LA PAIX


From Adoption to Action: A New Council of Europe Recommendation on Peace Education by, with and for Young People

LIBERTÉ DE L’INFORMATION


Bike for Peace turns 50. In 2026-27 we visit all nine nuclear powers with one appeal, a nuclear-free world by 2045

DROITS DE L’HOMME


India: Cockroach Democracy: Unarmed and Dangerous

Bulletin français 1 juillet 2026


«SLOW NEWS » CONTRE «FAST NEWS»

Les médias commerciaux privilégient l’actualité immédiate, ou ce qu’ils qualifient souvent de « dernière heure » (*breaking news* ou “fast news”). Cette approche tend à occulter ou à masquer les processus fondamentaux qui, en s’accumulant lentement au fil du temps, engendrent des changements historiques profonds. Leurs reportages sur le s”fast news” sont saturés d’informations concernant les guerres et les menaces de conflit à travers le monde ; ils ne rendent pas compte de ce que l’on pourrait appeler « les “slow news” de la paix ». Consultez mon blog pour une analyse à ce sujet.

NB: On peut traduire “fast news” et “slow news” par “informations rapides” et “informations lentes.”

Ce mois-ci, le CPNN propose de nombreuses « slow news » consacrées à la paix.

Dans un article publié sur le site *Foreign Policy in Focus*, l’historien américain Lawrence Wittner présente de nombreuses preuves, issues de diverses enquêtes, montrant que le soutien du public à la solidarité et à la coopération internationales est très important — et en augmentation — dans de nombreux pays, y compris aux États-Unis. Cela inclut la confiance du public envers les Nations Unies et l’Organisation mondiale de la santé.

La World Peace Foundation , affiliée à la Fletcher School of Global Affairs de l’université Tufts (Boston), a publié une cartographie mondiale des initiatives contemporaines axées sur la paix, mentionnant notamment les organisations suivantes selon les régions :

Amérique du Nord et Europe : Oxford Network of Peace Studies ; Stockholm International Peace Research Institute ; Peace Research Institute Oslo

Amérique latine : programme « Acción No Violenta » de la FLACSO (Équateur) ; programme de recherche « Visions of Peace » du CALAS ; Université pour la paix au Costa Rica

Afrique : West Africa Network for Peacebuilding ; African Centre for the Constructive Resolution of Disputes

Océanie : National Centre for Peace and Conflict Studies de l’université d’Otago ; Transcend Oceania

Moyen-Orient : Arab Forum for Alternatives (Liban)

Asie : Toda Peace Institute (Japon) ; Mindanao Peacebuilding Institute (Philippines)

Les initiatives répertoriées ce mois-ci par le CPNN vont au-delà de la liste établie par la World Peace Foundation.

Amérique du Nord et Europe :

° À Londres, plus de 3 000 délégués venus de toute l’Europe se sont réunis pour la deuxième Conférence internationale contre la guerre .

° L’École pour une culture de la paix (School for a Culture of Peace) de l’Université autonome de Barcelone a publié son rapport annuel sur les conflits armés dans le monde .

° Le Catholic Institute for Nonviolence , basé à Rome, a nommé un nouveau codirecteur issu de l’organisation américaine pour la paix « Pace e Bene ».

Amérique latine :

° À l’Université nationale autonome du Mexique, une commission a été mise en place pour élaborer des contenus axés sur une culture de la paix.

° En République dominicaine , un programme de réduction de la violence et de promotion de la culture de la paix a été instauré dans les écoles.

° Au Honduras, la sixième édition du Congrès mondial pour la paix se tiendra en août.

Afrique :

° Au Bénin, la dix-septième édition du Forum social mondial se tiendra en août.

Océanie :

° Les dirigeants des îles du Pacifique envisagent de transformer la « Déclaration du Pacifique bleu, océan de paix » en un traité régional.

Asie :

° Jeunes leaders issus de 33 pays ont participé au 12e atelier de leadership des jeunes sur l’éducation à la citoyenneté mondiale à Séoul, sous le thème « Transformer la paix en action ».

À long terme, qu’est-ce qui importe le plus pour l’histoire de l’humanité : les “fast news” ou les “slow news”?

Si les “fast news” nous mènent à une troisième guerre mondiale nucléaire, cela pourrait marquer la fin de l’histoire humaine. Dans le cas contraire, nous pouvons espérer que les “slow news” de la paix nous permettront de survivre à cette période périlleuse de l’histoire et nous aidera à cultiver une culture de la paix.

DISARMAMENT ET SECURITÉ


London: International Conference Against War

DÉVELOPPEMENT DURABLE


The China–Gulf axis is reshaping renewable energy in the Global South

PARTICIPATION DÉMOCRATIQUE


Burkina/Culture : La 6ᵉ édition du FESCUSAN ouvre ses portes au palais de la culture Jean-Pierre Guingané

ÉQUALITÉ HOMMES/FEMMES


Report on Strategic Plan by UN Women Executive Director Sima Bahous

  

TOLÉRANCE ET SOLIDARITÉ


Haïti – Conférence Nationale : Engagements des leaders religieux, déclaration commune

ÉDUCATION POUR LA PAIX


Dominican Republic: Violence Reduction and Peace Culture Promotion Program in Schools

LIBERTÉ DE L’INFORMATION


UAB School for a Culture of Peace annual report: highest number of armed conflicts in the world in the past decade

DROITS DE L’HOMME


US: UN High Commissioner for Human Rights alarmed at deaths in ICE custody, calls for urgent preventive action

Bulletin français 1 juin 2026


. OÙ TROUVER DES LEADERS ? .

Où trouver des leaders pour une culture de paix ?

À de rares exceptions près, pas au sein des l’États-nations et parmi leurs dirigeants.

Ceci confirme l’une des deux conclusions majeures de mon Histoire de la culture de guerre : l’État-nation a créé le monopole de la culture de guerre.

Il existe cependant quelques exceptions, comme le montre un article récent de CPNN. Le président brésilien Lula a participé à un sommet en Espagne présidé par le Premier ministre Pedro Sánchez, qui a déclaré : « Nous voulons redoubler d’efforts pour œuvrer en faveur de la paix et d’un ordre multilatéral renforcé. Tandis que d’autres ouvrent des plaies, nous voulons les panser et les guérir. »

Ce n’est pas leur personne, mais leur rôle de dirigeant d’État qui fait de Trump, Netanyahou et Poutine les figures de proue de la culture de guerre. Ceci est montré par le fait que de nombreux anciens chefs d’État participent au groupe des Elders, fondé par Nelson Mandela, et que ce groupe œuvre sans relâche pour une culture de paix.

De la même manière, ce n’est pas tant la religion en elle-même, mais son rôle lorsqu’elle devient religion d’État, qui fait d’elle une culture de guerre en Israël et en Iran. C’est montré par trois articles dan CPNN: le pape Léon XIII a appelé à une « nouvelle culture de paix »; il a promu la paix lors de son récent voyage en Afrique; et il a dénoncé les tentatives d’associer religion et culture de guerre.

Etant donné que les Nations Unies et l’UNESCO sont gouvernées par des États-nations, elles n’exercent que peu d’influence sur la promotion d’une culture de paix. Le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté une résolution justifiant l’attaque menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran. L’UNESCO a, quant à elle, apparemment abandonné sa seule initiative majeure en faveur d’une culture de paix : la Biennale de Luanda. Mais il existe aussi quelques exceptions, comme le montre un autre article récent de CPNN. Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, a rendu hommage à Francesca Albanese, rapporteuse spéciale des Nations Unies sur la Palestine, pour son plaidoyer sans détour contre le génocide israélien à Gaza.

C’est dans la société civile que nous trouons les leaders dans les différents articles de CPNN.

Il existe des mouvements pacifistes efficaces tels que Stop the War au Royaume-Uni, la United National Antiwar Coaltion (UNAC) aux États-Unis et le Mouvement de la Paix en France.

Pour s’opposer à la culture de guerre aux États-Unis, nous trouvons un leadership fort par Indivisible, par MoveOn et par certains syndicats, notamment ceux d’enseignants. Le sénateur socialiste Bernie Sanders et des ONG comme Pace e Bene exercent également une influence considérable.

Contre le génocide israélien, de nombreuses manifestations de masse et la courageuse flottille Sumud s’organisent.

Une autre flottille s’oppose aux menaces proférées par les États-Unis contre Cuba.

De nombreuses villes promeuvent une culture de la paix, notamment les 8 600 villes représentées par l’initiative « Maires pour la paix » et des villes comme Barcelone en Espagne et Bahia au Brésil.

Il existe des programmes universitaires axés sur la culture de la paix, à l’instar de celui actuellement en cours de création à l’Université autonome du Mexique.

De manière générale, on constate un fort leadership par les femmes et par les jeunes. Les femmes ont toujours joué un rôle de premier plan dans la lutte pour la paix. La jeunesse, notamment celle des pays du Sud, représente l’espoir de l’avenir. Il s’agit de la première génération de l’histoire à être en contact avec le monde entier grâce aux réseaux sociaux. Ainsi, ce sont des jeunes du Brésil, du Nigéria et du Pakistan qui sont à la tête du Manifeste pour la paix sur les réseaux sociaux.

La deuxième conclusion majeure de mon Histoire de la culture de la guerre est que le contrôle de l’information est devenu l’arme la plus importante de cette culture. En effet, les médias commerciaux de masse regorgent d’histoires de guerre tout en ignorant les informations concernant ceux qui œuvrent pour la paix.

Le travail de CPNN revêt donc une importance particulière, car nous diffusons les informations de la culture de la paix. C’est ici que vous trouverez les leaders.

DROITS DE L’HOMME


‘A Voice That Upholds the Conscience of the World’: Spain Honors Francesca Albanese for Efforts to Stop Gaza Genocide

DÉVELOPPEMENT DURABLE


Indigenous Leaders Call for Global Recognition of Peacebuilding Role as UN Forum Echoes Summit Outcomes

PARTICIPATION DÉMOCRATIQUE


May Day Demonstrations Worldwide Condemn US-Israeli War on Iran, Champion Workers

ÉQUALITÉ HOMMES/FEMMES


Women, Peace and Security Index 2025-2026

  

TOLÉRANCE ET SOLIDARITÉ


Mouvement de la Paix: Pour la Paix dans les Caraïbes; Stop au Blocus contre Cuba !

ÉDUCATION POUR LA PAIX


The pilot project “Yes, it is peace!” is launched in schools near the university of Barcelona

LIBERTÉ DE L’INFORMATION


Edgar Morin déplore « le silence du monde face au carnage à Gaza »

DISARMAMENT ET SECURITÉ


36,000 protesters rally in Tokyo against Japanese PM Takaichi’s push to revise constitution

Bulletin français 1 mai 2026


. LA PAIX EN MÉDITERRANÉE OCCIDENTALE .

Alors que la Méditerranée orientale (Liban, Palestine, Israël) est déchirée par la guerre déclenchée par Netanyahou et Trump, la Méditerranée occidentale (Espagne, Maroc, Algérie, Italie, etc.) s’est engagée dans des initiatives de paix afin d’éviter d’être entraînée dans une nouvelle guerre mondiale.

Italie et l’Espagne ont annoncé que leur espace aérien ne saurait être utilisé par les Américains pour leurs attaques au Moyen-Orient.

Le président espagnol Pedro Sánchez a accueilli deux réunions internationales consacrées à la paix et à la justice économique. Parmi les participants figuraient le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva, le président sud-africain Cyril Ramaphosa, le président colombien Gustavo Petro, ainsi que d’éminents élus progressistes américains. « Nous voulons redoubler d’efforts pour œuvrer en faveur de la paix et d’un ordre multilatéral renforcé. Tandis que d’autres ouvrent de nouvelles plaies, nous voulons les panser et les guérir », a déclaré M. Sánchez. Le président colombien Gustavo Petro a déclaré qu’« en s’opposant fermement à la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran, il me semble que la position de l’Espagne est à l’avant-garde en Europe ».

L’Italie et l’Algérie sont unies dans la paix par la mission du pape Léon XIII à Alger. Le président du Haut Conseil islamique a souligné « l’importante dimension diplomatique, qui vise à instaurer l’harmonie entre deux États d’un grand poids religieux et historique, faisant de l’Algérie un phare pour la paix mondiale ». Le pape s’est ensuite rendu en Angola, au Cameroun et en Guinée équatoriale, où il a continué à plaider pour la paix et le dialogue. Il a explicitement appelé à « une nouvelle culture de la paix ». Quant à l’Italie, il semble que les critiques par le pape aient également suscité l’opposition du pays au militarisme de Trump.

L’Algérie a accueilli un Forum arabe pour la jeunesse, la paix et la sécurité. La représentante résidente du PNUD en Algérie, Natasha Van Rijn, a souligné le rôle essentiel des jeunes dans la consolidation de la paix. Le ministre yéménite de la Jeunesse et des Sports a quant à lui insisté sur le rôle crucial des jeunes dans la diffusion d’une culture de paix et la construction d’un avenir plus stable.

Au Maroc, le prix « Nawal Ouzitane – Voix des jeunes pour la paix » a été lancé pendant une rencontre internationale consacrée à la paix et à la tolérance. Ce prix national vise à promouvoir l’expression créative des jeunes dans divers domaines, reflétant leur conscience des valeurs de la paix et leur responsabilité de les renforcer, en mettant l’accent sur la sensibilisation des jeunes générations à l’importance du dialogue, de l’ouverture et de la diversité culturelle.

Barcelone est un centre des initiatives de paix. Outre les rencontres organisées par le président espagnol mentionnées précédemment, Barcelone est le théâtre de la mobilisation de la flottille Sumud, en route pour Gaza afin de tenter de briser le blocus israélien. La flottille rassemble 70 bateaux, dont beaucoup proviennent d’autres ports méditerranéens. Elle transporte du matériel médical, des vivres et des équipements de reconstruction, et embarque des médecins, des ingénieurs, des juristes et des militants prêts à établir une présence protectrice non armée si l’autorisation leur est accordée. Parmi les participants figurent des parlementaires, des journalistes et des représentants de la société civile de tous les continents.

La ville de Barcelone, en collaboration avec la Fondation Pablo Casals, a annoncé la création d’un nouveau prix pour la paix. Le Prix international « Barcelone pour la Paix ». Le prix récompense le parcours, l’action ou le projet d’une personne, d’une organisation ou d’une institution à l’échelle internationale qui a contribué, de manière pertinente, transformatrice et vérifiable, à promouvoir la paix, la coexistence, les droits humains et le règlement pacifique des conflits. Ce prix biennal est doté de 300 000 euros et vise à renforcer l’impact médiatique et le caractère transformateur du projet ou de l’organisation lauréate.

Le reste de l’Europe est à la traîne par rapport à l’Espagne et à l’Italie en ce qui concerne les guerres de Trump et Netanyahou, mais espérons qu’eux aussi finiront par rejoindre l’opposition.

DROITS DE L’HOMME


70+ Boats Launch Historic Global Sumud Flotilla to Gaza in Bold Solidarity Stand

DÉVELOPPEMENT DURABLE


Colombia: Conference on the Transition Beyond Fossil Fuels concludes with five key outcomes

PARTICIPATION DÉMOCRATIQUE


New Barcelona for Peace International Award

ÉQUALITÉ HOMMES/FEMMES


Lifetime premieres Peace Peace Now Now, a documentary series about women’s resistance in Latin America

  

TOLÉRANCE ET SOLIDARITÉ


Essaouira, Maroc : Lancement du Prix “Voix des jeunes pour la paix”

ÉDUCATION POUR LA PAIX


National Autonomous University of Mexico: Encounters and Networks for Peace. Why Talk About a Culture of Peace?

LIBERTÉ DE L’INFORMATION


Sánchez, Lula Lead ‘Work for Peace’ and Equality at Gathering of Global Progressive Leaders in Spain

DISARMAMENT ET SECURITÉ


Over 100 International Law Experts Warn: U.S. Strikes on Iran Violate UN Charter and May Be War Crimes

Bulletin français 1 avril 2026

. LE MOUVEMENT CONTINUE DE GRANDIR .

En cette période sombre de l’histoire, comme nous l’écrivions dans notre bulletin de juillet dernier, « Las des guerres et du militarisme dans leur pays, les peuples d’Europe, d’Amérique du Nord et du Moyen-Orient sont descendus dans la rue pour protester.». Comme nous le titrions en novembre, le mouvement ne cesse de prendre de l’ampleur. Et nous constatons ce mois-ci qu’il continue de s’amplifier.

Aux États-Unis, plus que 8 millions de personnes ont défilé le 28 mars lors du dernier rassemblement « No Kings » contre Trump, la plus grande manifestation d’une seule journée de l’histoire américaine. Comme l’ont rapporté les articles de CPNN en mars, ainsi qu’en octobre et juin, 2025, les rassemblements « No Kings » ont lieu dans les 50 États et continuent de gagner en ampleur. Ils sont passés de 1 800 communautés en juin, 2025; à 2 700 en octobre, 2025 et à 3 300 ce mois-ci. Le rassemblement phare de ce mois-ci s’est tenu à Minneapolis et a accueilli les interventions de Bernie Sanders et de Bruce Springsteen.

Au Royaume-Uni, le 28 mars, la plus grande manifestation multiculturelle de l’histoire a eu lieu à Londres, les organisateurs revendiquant une participation d’un demi-million de personnes.

En France, environ 150 000 personnes ont défilé dans de nombreuses villes le 14 mars pour protester contre le racisme, le fascisme et la guerre.

Dans tout le Sud global, des manifestants sont descendus sur les places et dans les rues pour condamner la guerre d’agression impérialiste menée contre l’Iran par le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

Et comme chaque année le 8 mars, les femmes ont manifesté pour la Journée internationale des femmes. Les thèmes de cette célébration varient d’un pays à l’autre, comme nous l’avons documenté ce mois-ci sur CPNN, mais la plupart d’entre elles se joignent à la protestation contre la violence et le militarisme.

En Amérique latine, le thème dominant était la condamnation des féminicides et autres violences faites aux femmes, ainsi que la revendication de leur protection et de l’égalité. À Mexico, des manifestantes ont exigé la fin des féminicides qui fauchent la vie de huit femmes chaque jour dans le pays. Le slogan « Pas une de moins » a été affiché à Buenos Aires, en Argentine. Des photos de femmes victimes ou de leurs agresseurs ont été brandies à La Paz, en Bolivie. À Bogota, en Colombie, la banderole « Notre cri vient d’un cœur las de vivre dans la douleur et la peur » a été déployée. À Caracas, au Venezuela, des femmes ont réclamé des centres d’accueil pour les victimes de violences sexistes. La lutte contre les violences faites aux femmes était également au cœur des manifestations à Montevideo, en Uruguay, à Lima, au Pérou, et à Quito, en Équateur.

En Argentine, au Bélarus, au Chili et en Indonésie, des femmes ont protesté contre leurs gouvernements de droite qui bafouent les droits des femmes. Aux États-Unis, les manifestations de Chicago, New York et San Francisco ont dénoncé spécifiquement la politique de Trump.

Outre la protestation contre les violences physiques, les manifestants ont dénoncé les violences liées à la discrimination au travail et aux inégalités salariales entre les femmes et les hommes, et ont réclamé l’égalité économique. Ce thème a été central lors des manifestations d’Helsinki (Finlande), d’Athènes (Grèce) et de Vancouver (Canada).

En Europe, des manifestations ont eu lieu contre l’attaque américano-israélienne contre l’Iran et, aussi, contre les guerres en général. Ce fut le cas à Bruxelles (Belgique), Barcelone, Madrid, Mérida, Tolède et Valence (Espagne), ainsi qu’à Milan et Rome (Italie). À Ljubljana (Slovénie), une banderole proclamait : « Nous ne participerons pas à vos guerres. » Dans nombre de ces villes, ainsi qu’à Helsinki, Bordeaux, La Valette (Malt), Londres et Amsterdam, le thème était la revendication d’égalité et la lutte contre la violence.

Des banderoles dénonçant le fascisme et le patriarcat ont été déployées lors des manifestations à Budapest, Istanbul, Berlin et Erfurt, en Allemagne.

Dans certains pays, les dirigeants ont profité de l’occasion pour rallier les femmes à leur cause. Ce fut le cas en Russie, en Serbie, en Ukraine et dans plusieurs pays d’Afrique, dont le Bénin et le Sénégal, ainsi que dans les trois pays où des gouvernements militaires tentent de se libérer du joug néocolonial : le Burkina Faso, le Mali et le Niger.

Dans d’autres pays, notamment pour ceux ayant un passé socialiste, cette journée a été l’occasion de célébrer les progrès accomplis vers l’égalité des femmes. Ce fut le cas en Chine, en Corée du Nord, au Cambodge et au Vietnam. En Russie, au moins un événement traditionnel de ce type a eu lieu au Daghestan. Au Bangladesh également, cette journée a été l’occasion de célébrer l’émancipation des femmes, leurs droits et leur contribution à la société. Le Rwanda, pays qui compte la plus forte proportion de femmes au Parlement au monde, a célébré l’événement par une marche et une course. Au Mozambique, Graça Machel, qui était organisatrice des organisations féminines du pays avant de partir en Afrique du Sud pour épouser Nelson Mandela, a pris la parole lors de l’événement.

Des musiciens et des célébrités populaires ont utilisé la radio et la télévision pour promouvoir les droits des femmes en Ukraine et au Kenya. À Los Angeles et à Hollywood, l’Alliance des réalisatrices a organisé un salon pour soutenir les réalisatrices dans l’industrie du divertissement.

L’Union africaine a célébré le rôle essentiel des femmes dans le fonctionnement de l’Union, et le Secrétaire général des Nations Unies a publié un message proclamant : « Il est temps de faire de la justice une réalité pour les femmes et les filles, partout dans le monde. »

La célébration peut-être la plus originale été celle d’Ethiopian Airlines, qui a annoncé le 8 mars que tous ses vols seraient assurés par des équipages entièrement féminins.

Comme évoqué dans le blog de ce mois-ci, les revendications des femmes rejoignent les aspirations à une culture de paix.

DROITS DE L’HOMME


‘No Kings!’ 8 Million Rally Against Trump in Largest Single-Day Protest in US History

DÉVELOPPEMENT DURABLE


Le 43e prix Niwano pour la paix décerné à Benki Piyako, chef spirituel autochtone du peuple Ashaninka de la forêt amazonienne brésilienne

PARTICIPATION DÉMOCRATIQUE


Mayors for Peace Joint Appeal March 16, 2026

ÉQUALITÉ HOMMES/FEMMES


International Women’s Day: Latin America

  

TOLÉRANCE ET SOLIDARITÉ


Nonviolence International: What Cuba Taught Us

ÉDUCATION POUR LA PAIX


Bruce Springsteen at Minneapolis NoKings Rally

LIBERTÉ DE L’INFORMATION


France: Retour en images sur la Marche des Solidarités

DISARMAMENT ET SECURITÉ


People Across Global South Condemn ‘Imperialist’ US-Israeli War on Iran

Bulletin français 1 mars 2026

. . LEADERSHIP LATINO-AMÉRICAIN . .

Ce mois-ci encore, CPNN constate que l’Amérique latine est à l’avant-garde de la promotion d’une culture de paix.

Les articles publiés ce mois-ci proviennent du Mexique (6), du Brésil (4), de Colombie (2) et du Pérou (1), ainsi que 2 articles avec mention de Cuba.

Rigoberto Menchú, lauréate du prix Nobel de la paix, promeut la culture de paix au Mexique. Elle était l’invitée d’honneur d’une conférence internationale sur la paix qui s’est tenue à Mérida du 4 au 7 février. Elle a également signé un accord visant à renforcer la construction d’une nouvelle culture de paix dans l’État de Jalisco . « Je crois en la paix comme culture, comme éducation et comme dialogue. Je crois en la paix comme transmission d’expériences et de connaissances à notre jeunesse, à nos communautés, qui doivent devenir la prochaine génération de notre société », a-t-elle déclaré lors de la signature de l’accord de Jalisco.

Des universités mexicaines de Morelos , Colima et Mochicahui participent à des programmes de promotion de la culture de paix. Selon le représentant de l’Université autonome de l’État de Morelos, l’éducation à la paix dans l’enseignement supérieur est une nécessité partagée par toutes les universités du pays, car ce sont des lieux où se forment des professionnels et des citoyens responsables. Aussi, à Querétero, l’Unité des services d’éducation de base a formé 5 000 enseignants à promouvoir une culture de la paix.

La musique pour la paix est un thème récurrent au Brésil. L’auteur-compositeur-interprète Nando Borges a sorti la chanson « Culture de la paix », un appel à la prise de conscience sociale qui valorise le dialogue, l’empathie et la non-violence comme voies d’accès à une société plus juste. Le festival « Été à Bahia  » a réuni de nombreux groupes de musique populaire, œuvrant à rassembler les gens et à promouvoir la paix et la sérénité. Enfin, la lutte fructueuse contre le racisme dans les pratiques religieuses menée par le parquet de Paraiba a culminé avec l’interprétation de l’hymne Umbanda par la chanteuse Mãe Renilda.

Au Brésil également, le Centre de prévention et de résolution des conflits, mandaté par l’Assemblée législative de l’État du Ceará, promeut une culture de paix, la prévention de la violence et le dialogue comme voie légitime et nécessaire à la résolution des conflits.

Le processus de paix en Colombie est renforcé par la participation des femmes et des peuples autochtones, comme l’illustrent l’exposition photographique présentée ce mois-ci à Bogotá, « Femmes égales : Transformer les territoires », et un entretien avec la dirigeante autochtone Leonor Zalabata Torres. Cette dernière explique que la paix exige la reconnaissance que l’eau, l’air et la terre sont les « fondements communs de la vie collective » et ne doivent pas être subordonnés à une conception du développement qui mesure tout en termes de production ou de rentabilité.

La Journée scolaire de la non-violence et de la paix, célébrée principalement en Espagne, a également été commémorée cette année à Zócalo Monclova et Yucatán, au Mexique, ainsi qu’à Holguín, à Cuba. Cette journée est célébrée en Espagne le 30 janvier depuis 1964 en hommage au grand prophète de la non-violence et de la paix, Mahatma Gandhi, assassiné ce jour-là en 1964. 1948.

S’opposant au blocus nord-américain de Cuba, les dirigeants des États des Caraïbes ont appelé à une aide humanitaire et une flottille, parrainée par Progressive International, CodePink et d’autres groupes d’action directe aux États-Unis, prévoit d’apporter de l’aide.

Au Pérou, le ministère des Femmes et des Populations vulnérables forme des animateurs de paix afin de diffuser une culture de la paix dans leurs quartiers, leurs communautés et leurs lieux de travail.

Le leadership latino-américain en faveur d’une culture de paix n’est pas nouveau. Comme le documente mon Histoire de la culture de la paix, récemment mise à jour, ils ont joué un rôle de premier plan dès le début de cette histoire.

DÉVELOPPEMENT DURABLE


Colombia: Peace as a living system: Indigenous perspectives from the voice of Leonor Zalabata Torres

DROITS DE L’HOMME


Jesse Jackson, Civil Rights Leader Who Fought for Economic Justice, Dies at 84

PARTICIPATION DÉMOCRATIQUE


Brazil: Pelourinho celebrates culture of peace and diversity, in a Sunday of free programming during Bahia Summer

ÉQUALITÉ HOMMES/FEMMES


‘Equal Women: Transforming Territories,’ a photographic exhibition that pays tribute to the organizations working for women’s rights in Colombia

  

TOLÉRANCE ET SOLIDARITÉ


Brazil: Interfaith event held at the Federal Public Prosecutor’s Office celebrates a culture of peace in Paraíba.

ÉDUCATION POUR LA PAIX


Brazil: “Culture of Peace” Reinforces Message of Unity and Social Awareness in Music

LIBERTÉ DE L’INFORMATION


Mexico: Pablo Lemus and Rigoberta Menchú Agree on Actions to Build a New Culture of Peace in Jalisco

DISARMAMENT ET SECURITÉ


Mexico: Al Sharpton and Rigoberta Menchú to Join Mérida Peace Conference

Bulletin français 1 fevrier 2026


. LE PEUPLE CONTINUE À RÉSISTER .

Ce mois-ci encore, face à la montée en puissance de la culture de guerre, la résistance populaire s’intensifie, les peuples descendant massivement dans les rues.

L’axe de la culture de guerre est mené par Trump aux États-Unis et Netanyahou en Israël.

La culture de paix est incarnée ce mois-ci par des manifestations de masse aux États-Unis, en Colombie, à Cuba, au Venezuela et en Turquie.

À Minneapolis, ville de 500 000 habitants, plus de 50 000 personnes ont bravé le froid glacial pour protester contre la guerre lancée par Trump contre leur ville.

D’autres manifestations contre cette guerre menée par Trump contre les villes ont eu lieu dans tous les 50 États américains.

En Colombie, au Venezuela et à Cuba, le peuple est descendue dans la rue pour protester contre l’enlèvement du président vénézuélien par Trump, un attentat qui a fait une centaine de morts, dont de nombreux Cubains.

De nombreuses autres manifestations contre l’intervention américaine ont eu lieu à travers le monde, comme celle-ci en France.

En Turquie, des manifs immenses sont descendues dans la rue pour protester contre le génocide perpétré par Netanyahou contre la Palestine.

Il convient également de mentionner les manifestations de masse en Iran. Bien que dirigées contre la politique de l’État iranien, elles ont aussi été infiltrées et manipulées par les États-Unis et Israël dans le cadre de leur menace de guerre contre l’Iran.

Alors que la menace d’une Troisième Guerre mondiale, susceptible de détruire notre monde, est plus forte que jamais, nous devons espérer que la résistance populaire non seulement se poursuivra, mais finira par triompher.

Un peuple uni ne peut jamais être vaincu.

La culture de la guerre n’est pas invincible. Les empires s’effondrent.

L’espèce qui a inventé la guerre est aussi capable d’inventer la paix.

DROITS DE L’HOMME


USA: Undeterred by Freezing Temps, Statewide Minnesota Strikes Demand ‘ICE Out Now’

DÉVELOPPEMENT DURABLE

Nos aspirations pour l’Afrique que nous voulons

PARTICIPATION DÉMOCRATIQUE


Déclaration de l’UIP à l’Occasion de la Journée Internationale de la Coexistence Pacifique

ÉQUALITÉ HOMMES/FEMMES


Journée internationale des femmes 2026 : Droits. Justice. Action. Pour TOUTES les femmes et les filles.

  

TOLÉRANCE ET SOLIDARITÉ


Mass rally in Istanbul on New Year’s Day shows solidarity with Gaza

ÉDUCATION POUR LA PAIX


Mexico: USEBEQ Trains 5,000 Teachers to Foster a Culture of Peace

LIBERTÉ DE L’INFORMATION


Iran protests 2026: our surveys show Iranians agree more on regime change than what might come next

DISARMAMENT ET SECURITÉ


Protests in France agains US attack on Venezuela