En cette période sombre de l’histoire, comme nous l’écrivions dans notre bulletin de juillet dernier, « Las des guerres et du militarisme dans leur pays, les peuples d’Europe, d’Amérique du Nord et du Moyen-Orient sont descendus dans la rue pour protester.». Comme nous le titrions en novembre, le mouvement ne cesse de prendre de l’ampleur. Et nous constatons ce mois-ci qu’il continue de s’amplifier.
Aux États-Unis, plus que 8 millions de personnes ont défilé le 28 mars lors du dernier rassemblement « No Kings » contre Trump, la plus grande manifestation d’une seule journée de l’histoire américaine. Comme l’ont rapporté les articles de CPNN en mars, ainsi qu’en octobre et juin, 2025, les rassemblements « No Kings » ont lieu dans les 50 États et continuent de gagner en ampleur. Ils sont passés de 1 800 communautés en juin, 2025; à 2 700 en octobre, 2025 et à 3 300 ce mois-ci. Le rassemblement phare de ce mois-ci s’est tenu à Minneapolis et a accueilli les interventions de Bernie Sanders et de Bruce Springsteen.
Au Royaume-Uni, le 28 mars, la plus grande manifestation multiculturelle de l’histoire a eu lieu à Londres, les organisateurs revendiquant une participation d’un demi-million de personnes.
En France, environ 150 000 personnes ont défilé dans de nombreuses villes le 14 mars pour protester contre le racisme, le fascisme et la guerre.
Dans tout le Sud global, des manifestants sont descendus sur les places et dans les rues pour condamner la guerre d’agression impérialiste menée contre l’Iran par le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.
Et comme chaque année le 8 mars, les femmes ont manifesté pour la Journée internationale des femmes. Les thèmes de cette célébration varient d’un pays à l’autre, comme nous l’avons documenté ce mois-ci sur CPNN, mais la plupart d’entre elles se joignent à la protestation contre la violence et le militarisme.
En Amérique latine, le thème dominant était la condamnation des féminicides et autres violences faites aux femmes, ainsi que la revendication de leur protection et de l’égalité. À Mexico, des manifestantes ont exigé la fin des féminicides qui fauchent la vie de huit femmes chaque jour dans le pays. Le slogan « Pas une de moins » a été affiché à Buenos Aires, en Argentine. Des photos de femmes victimes ou de leurs agresseurs ont été brandies à La Paz, en Bolivie. À Bogota, en Colombie, la banderole « Notre cri vient d’un cœur las de vivre dans la douleur et la peur » a été déployée. À Caracas, au Venezuela, des femmes ont réclamé des centres d’accueil pour les victimes de violences sexistes. La lutte contre les violences faites aux femmes était également au cœur des manifestations à Montevideo, en Uruguay, à Lima, au Pérou, et à Quito, en Équateur.
En Argentine, au Bélarus, au Chili et en Indonésie, des femmes ont protesté contre leurs gouvernements de droite qui bafouent les droits des femmes. Aux États-Unis, les manifestations de Chicago, New York et San Francisco ont dénoncé spécifiquement la politique de Trump.
Outre la protestation contre les violences physiques, les manifestants ont dénoncé les violences liées à la discrimination au travail et aux inégalités salariales entre les femmes et les hommes, et ont réclamé l’égalité économique. Ce thème a été central lors des manifestations d’Helsinki (Finlande), d’Athènes (Grèce) et de Vancouver (Canada).
En Europe, des manifestations ont eu lieu contre l’attaque américano-israélienne contre l’Iran et, aussi, contre les guerres en général. Ce fut le cas à Bruxelles (Belgique), Barcelone, Madrid, Mérida, Tolède et Valence (Espagne), ainsi qu’à Milan et Rome (Italie). À Ljubljana (Slovénie), une banderole proclamait : « Nous ne participerons pas à vos guerres. » Dans nombre de ces villes, ainsi qu’à Helsinki, Bordeaux, La Valette (Malt), Londres et Amsterdam, le thème était la revendication d’égalité et la lutte contre la violence.
Des banderoles dénonçant le fascisme et le patriarcat ont été déployées lors des manifestations à Budapest, Istanbul, Berlin et Erfurt, en Allemagne.
Dans certains pays, les dirigeants ont profité de l’occasion pour rallier les femmes à leur cause. Ce fut le cas en Russie, en Serbie, en Ukraine et dans plusieurs pays d’Afrique, dont le Bénin et le Sénégal, ainsi que dans les trois pays où des gouvernements militaires tentent de se libérer du joug néocolonial : le Burkina Faso, le Mali et le Niger.
Dans d’autres pays, notamment pour ceux ayant un passé socialiste, cette journée a été l’occasion de célébrer les progrès accomplis vers l’égalité des femmes. Ce fut le cas en Chine, en Corée du Nord, au Cambodge et au Vietnam. En Russie, au moins un événement traditionnel de ce type a eu lieu au Daghestan. Au Bangladesh également, cette journée a été l’occasion de célébrer l’émancipation des femmes, leurs droits et leur contribution à la société. Le Rwanda, pays qui compte la plus forte proportion de femmes au Parlement au monde, a célébré l’événement par une marche et une course. Au Mozambique, Graça Machel, qui était organisatrice des organisations féminines du pays avant de partir en Afrique du Sud pour épouser Nelson Mandela, a pris la parole lors de l’événement.
Des musiciens et des célébrités populaires ont utilisé la radio et la télévision pour promouvoir les droits des femmes en Ukraine et au Kenya. À Los Angeles et à Hollywood, l’Alliance des réalisatrices a organisé un salon pour soutenir les réalisatrices dans l’industrie du divertissement.
L’Union africaine a célébré le rôle essentiel des femmes dans le fonctionnement de l’Union, et le Secrétaire général des Nations Unies a publié un message proclamant : « Il est temps de faire de la justice une réalité pour les femmes et les filles, partout dans le monde. »
La célébration peut-être la plus originale été celle d’Ethiopian Airlines, qui a annoncé le 8 mars que tous ses vols seraient assurés par des équipages entièrement féminins.
Comme évoqué dans le blog de ce mois-ci, les revendications des femmes rejoignent les aspirations à une culture de paix.
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