. LE POUVOIR AU PEUPLE .
Les événements de ce mois-ci m’ont inspiré à rédiger un blog intitulé « Le pouvoir de l’individu », dans lequel j’examine comment les avancées en matière de communication et de transport, au fil de l’Histoire humaine, ont amplifié la capacité d’une personne à influencer le cours de cette histoire.
Comme le décrivent Myrian et Herbert, des jeunes Brésilienns ont eu recours aux réseaux sociaux pour mobiliser d’autres jeunes — qui n’avaient pas voté au premier tour — afin qu’ils se déplacent et soutiennent Lula lors du second tour décisif de l’élection présidentielle.
Aux États-Unis et en Europe occidentale, des mobilisations ont été organisées grâce aux nouvelles technologies qui n’étaient pas à la disposition des générations précédentes.
Aux États-Unis, le 17 octobre — malgré l’interruption des plateformes de META (l’entreprise de Zuckerberg) lors de la mobilisation « NO Kings » — des événements d’envergure ont eu lieu dans les 50 États, incitant les citoyens à participer aux prochaines élections, lesquelles pourraient permettre de mettre un coup d’arrêt à la « culture de la guerre » de Trump. Au moment où ces lignes sont écrites, nous ne connaissons pas encore le résultat.
À Paris, le 24 octobre, malgré les violences policières — et probablement celles d’agents provocateurs — et malgré la décision du gouvernement de restreindre la liberté de réunion sur les lieux habituels, des centaines de milliers ont pris part à une manifestation organisée dans l’urgence pour réclamer des réformes gouvernementales, notamment dans le secteur de l’éducation.
Ailleurs dans le monde, le mouvement des jeunes « Cafards » (« Cockroach »), qui réclame une réforme de l’éducation en Inde, continue de prendre de l’ampleur. Le mouvement a débuté lorsqu’un étudiant indien vivant à Boston a publié un commentaire sur Instagram : « Et si tous les cafards se rassemblaient ? » ; des millions de personnes ont répondu à cet appel !
La mobilisation du 24 octobre s’inscrit dans la continuité des rassemblements massifs qui ont eu lieu une semaine plus tôt en France, en Espagne, en Italie, en Belgique et en Allemagne, à l’initiative d’étudiants réclamant une réforme de l’enseignement. À Paris, des mobilisations étudiantes d’envergure sont organisées depuis le 9 octobre.
En Serbie également, ce sont les étudiants qui se sont mobilisés et ont remporté une élection historique face à un gouvernement corrompu. Ils ont développé leur mouvement grâce à une utilisation intensive et innovante des réseaux sociaux.
Comme toujours, ce sont les jeunes qui sont les plus réceptifs à l’utilisation des nouvelles technologies.
En Europe, ces mouvements ont fait face à la violence et à la brutalité policière de la part des gouvernements. Comme je l’ai évoqué dans un autre blog ce mois-ci, cette stratégie gouvernementale m’a rappelé l’usage, par les autorités américaines, d’agents provocateurs visant à briser nos mobilisations étudiantes contre la guerre du Vietnam.
Autre similitude avec les États-Unis des années 1960 : les grands médias ont soutenu la stratégie gouvernementale en consacrant l’essentiel de leur couverture aux violences, plutôt qu’aux revendications des étudiants et des autres manifestants. À l’époque, aux États-Unis, les médias dominants étaient infiltrés par des agents gouvernementaux qui orientaient le traitement de l’information.
Le recours à des agents provocateurs et l’infiltration des médias s’opèrent dans le secret, pour des raisons évidentes. Espérons que la vérité finisse par éclater.
Je conclus mon blog par cette réflexion :
Malgré l’opposition des gouvernements, ce nouveau pouvoir du peuple, mené par la jeunesse
nous permettra-t-il d’opérer une transition, passant d’une culture de la guerre à une culture de la paix ?
Que pouvons-nous faire de plus pour favoriser cette cette révolution pacifique ?
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