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Un article dans Le Faso
La 6ᵉ édition du Festival de la culture San (FESCUSAN) a officiellement ouvert ses portes le jeudi 28 mai 2026 à Ouagadougou. Prévu pour se tenir jusqu’au 31 mai prochain au palais de la culture Jean-Pierre Guingané, l’événement met en lumière les valeurs culturelles, artistiques et gastronomiques du peuple san.
Placée sous le thème « La culture : facteur de paix et d’unité dans un Burkina Faso multiethnique », cette édition rassemble les fils et filles de la communauté san venus promouvoir leur riche patrimoine culturel dans un contexte de cohésion sociale et de vivre-ensemble. La communauté Dafing (Marka) est l’invitée d’honneur de cette 6ᵉ édition.

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Pendant quatre jours, plusieurs activités culturelles rythmeront le festival. Les visiteurs pourront découvrir des danses traditionnelles, des chants, visiter une exposition artisanale ainsi que découvrir également la gastronomie san, mise à l’honneur tout au long de l’événement.
Les organisateurs invitent la population de Ouagadougou à effectuer le déplacement au palais de la culture Jean-Pierre Guingané afin de découvrir les spécificités culturelles du peuple san et de partager des moments de fraternité autour des valeurs traditionnelles burkinabè.
Le promoteur du festival, par ailleurs président du comité d’organisation, Urbain Toé, a insisté sur le fait que ce festival de la culture san n’est pas qu’un simple évènement festif mais un lieu de mémoire, d’éducation, de valorisation et de transmission. « À une époque où les défis de la mondialisation menacent l’homogénéité culturelle, il est de notre devoir de préserver ce que nos ancêtres nous ont légué de plus précieux : notre identité culturelle », a-t-il rappelé. D’après lui, ce festival a pour vocation de mettre en lumière la culture san sous toutes ses formes : la langue, les danses et les musiques traditionnelles, l’artisanat et le tissage, la gastronomie et bien d’autres savoirs.
Représentant le ministre en charge de la culture à la cérémonie d’ouverture, Marguerite Douanio a salué l’importance du festival dans la sauvegarde et la transmission des patrimoines culturels nationaux. « Le peuple san, par sa langue, son organisation sociale, ses pratiques artistiques et spirituelles, a su construire à travers des siècles un patrimoine culturel d’une richesse inestimable. Le FESCUSAN, qui est cette année à sa 6ᵉ édition, est une occasion précieuse de revisiter cette richesse, de la faire revivre, de la partager, et surtout de la transmettre aux jeunes générations. À travers les danses et les chansons traditionnelles, les masques, les expositions artisanales et les mets locaux, ce festival met en lumière tout ce qui fait la grandeur et l’originalité du patrimoine culturel san », a souligné la représentante du ministre en charge de la culture.
(Cliquez ici pour l’article en anglais. )
Can festivals help create peace at the community level?
Pour elle, ce festival est aussi une plateforme de dialogue entre le passé et le présent, entre tradition et modernité, et entre les générations. « Dans un contexte mondial marqué par la globalisation, il est impératif pour chaque peuple de renforcer son identité culturelle pour ne pas se dissoudre dans un moule uniforme. Ce festival constitue donc une réponse forte et résolue à ce défi de notre temps. Il me plaît ici de souligner que la culture n’est pas un héritage figé dans le passé. Elle est dynamique, évolutive et vivante. Elle est aussi un facteur de développement économique et social et même politique. Les industries culturelles et créatives offrent des opportunités d’emploi, de revenu et d’échange. Les savoir-faire artisanaux, la gastronomie, les instruments de musique sont des produits d’exportation et des moteurs d’innovation.
C’est pourquoi je lance un appel aux jeunes : appropriez-vous votre culture. Ne la voyez pas comme un simple folklore, mais comme un socle solide sur lequel bâtir un avenir authentique et prospère. Soyez fiers de vos origines, de vos noms, de vos langues, de vos rites et traditions. Le progrès ne signifie pas l’abandon de soi, mais plutôt la valorisation de ce que nous sommes en harmonie avec les autres », a indiqué Madame Douanio.
Selon le représentant des parrains, Mathieu Boro, la communauté san, à travers ce festival, démontre une fois de plus sa plus grande richesse culturelle, sa capacité de résilience, mais surtout sa volonté de préserver, valoriser et transmettre son identité culturelle aux générations présentes et futures. « Dans un monde de plus en plus globalisé, où les cultures tendent à s’uniformiser, il devient impératif pour chaque communauté de se réapproprier ses racines, de renforcer ses repères identitaires et de défendre ses patrimoines matériels et immatériels.
Ce festival n’est donc pas qu’une simple fête. C’est un acte de mémoire, un acte de transmission et un acte de résistance culturelle. Il est aussi un espace de dialogue entre générations, un pont entre le passé glorieux, le présent dynamique et l’avenir que nous souhaitons riche de valeurs. Ces valeurs ne sont pas de simples mots. Elles sont au cœur de nos mécanismes traditionnels de gestion des conflits. Avant que les institutions modernes ne se mettent en place, ce sont nos chefs coutumiers, nos anciens, nos griots, nos forgerons, qui œuvraient chaque jour à maintenir la paix sociale, à réconcilier les familles, à prévenir les violences », a laissé entendre M. Boro.
Pour la représentante de la communauté Dafing (Marka), Céline Zina Bayé, la paix véritable ne se décrète pas uniquement par des accords politiques. Mais, elle se construit, pas à pas, dans les cœurs et les esprits, par l’éducation, le respect mutuel, l’écoute et le dialogue. « C’est là que la culture joue un rôle irremplaçable. À travers la musique, la danse, les contes, les proverbes, les cérémonies traditionnelles, la culture san enseigne la solidarité, la justice, la convivialité, et le respect de l’autre. Oui, la paix peut naître de la culture, lorsqu’on en fait un levier d’inclusion, de partage et d’unité. Et c’est ainsi que nous passerons de la paix par la culture à une véritable culture de la paix. Cela suppose un changement profond de paradigme : considérer la culture non comme un luxe ou une distraction, mais comme un pilier de développement, un outil de résilience et une arme douce contre la violence et l’intolérance », a notifié. Elle a terminé en remerciant les organisateurs pour l’honneur fait à leur communauté pour cette édition.
À travers cette initiative culturelle, les promoteurs du festival entendent contribuer au renforcement de l’unité nationale et à la promotion de la diversité culturelle au Burkina Faso.
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