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Déclaration de Mme Phumzile Mlambo-Ngcuka, Directrice exécutive d’ONU Femmes, pour la Journée internationale des femmes 2021

. EGALITE HOMMES/FEMMES .

Une déclaration de ONU Femmes

La Journée internationale des femmes de cette année arrive à un moment difficile pour le monde et pour l’égalité des sexes, mais ce même moment est idéal pour mener une action transformatrice et pour féliciter les femmes et les jeunes pour leur combat acharné en faveur de l’égalité de genre et des droits fondamentaux. Notre priorité porte sur le leadership des femmes et sur le renforcement de leur représentativité dans tous les domaines, actuellement dominés par les hommes, où des décisions sur des questions qui affectent la vie des femmes sont prises. L’absence généralisée et désastreuse de représentation des intérêts des femmes a trop duré.



Video de la déclaration

Alors que nous examinons les difficultés extraordinaires infligées à des millions de femmes et de filles et à leurs communautés par la COVID-19, nous nous réjouissons par avance des excellentes perspectives de changement offertes par le Forum Génération Égalité et les Coalitions d’action.

Nous avons constaté au cours de cette pandémie une augmentation des actes de violence envers les femmes et les filles et un recul de l’apprentissage des filles à mesure que les taux d’abandon scolaire, les responsabilités en matière de soins et les mariages d’enfants augmentent. Nous constatons que des dizaines de millions de femmes supplémentaires ont sombré dans l’extrême pauvreté, car elles perdent leur emploi à un rythme plus élevé que les hommes, et elles pâtissent de leurs difficultés à accéder aux nouvelles technologies et de leur manque de compétences numériques. On ne peut pas laisser les hommes résoudre seuls ces problèmes parmi tant d’autres. Pourtant, bien qu’il y ait des exceptions notables, la plupart des pays affichent une absence flagrante de femmes dans les postes de décisions et de leadership qui pourraient garantir que ces questions soient présentées et traitées efficacement, une situation qui nuit au processus de changement pour les femmes en général.

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Questions for this article:

Does the UN advance equality for women?

Prospects for progress in women’s equality, what are the short and long term prospects?

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Des avancées sont à saluer, comme l’arrivée des femmes aux plus hauts postes d’organisations telles que l’OMC (Organisation mondiale du commerce), le FMI (Fonds monétaire international) et la BCE (Banque centrale européenne) et nous attendons avec impatience d’autres nominations de ce type qui contribueront à redéfinir le profil des dirigeants. Pourtant, ce n’est pas la norme. En 2020, les femmes représentaient en moyenne (à l’échelle mondiale) 4,4 pour cent des chefs d’entreprise, 16,9 pour cent des membres des conseils d’administration, 25 pour cent des parlementaires nationaux et 13 pour cent des négociateurs de paix. Seuls 22 pays ont actuellement à leur tête une femme cheffe d’État ou de gouvernement, tandis que 119 n’ont jamais connu une telle configuration – ce qui a des conséquences importantes pour les aspirations des filles qui grandissent. Vu la tendance actuelle, il faudra attendre 2150 avant de parvenir à la parité entre les sexes au plus haut poste de l’État. 

Cela peut et doit changer. Pour ce faire, nous devons avoir la volonté politique de soutenir activement et intentionnellement la représentation des femmes. Les leaders peuvent définir et atteindre des objectifs de parité, notamment en nommant des femmes à des postes exécutifs à tous les échelons du gouvernement, comme cela s’est produit dans les quelques pays dont les exécutifs sont paritaires. Des mesures spéciales peuvent fonctionner. On a pu ainsi observer de réels progrès en matière de leadership féminin lorsque les pays ont mis en place et appliqué des quotas. Il en va de même pour les pays ayant adopté des politiques destinées à régler le problème de la représentativité. Sans ces mesures, les progrès sont plus lents, voire inexistants, et facilement réduits à néant.

Aucun pays ne peut prospérer sans la participation des femmes. Nous avons besoin d’une représentation des femmes qui reflète toutes les femmes et les filles dans toutes leur diversité et leurs capacités, indépendamment de leur situation sur le plan culturel, social, économique et politique. Il s’agit là de la seule façon d’obtenir un véritable changement sociétal qui intègre les femmes dans la prise de décisions, sur un pied d’égalité et au bénéfice de toutes et tous.

Telle est la philosophie du Programme à l’horizon 2030, des Objectifs de développement durable et de la perspective de la Déclaration et du Programme d’action de Beijing. Cette vision est celle de la société civile et des nombreux jeunes qui montrent déjà la voie et de toutes celles et ceux qui nous rejoindront dans les Coalitions d’action de la Génération Égalité. Nous devons prendre des mesures audacieuses et décisives dans le monde entier pour intégrer un grand nombre de femmes au cœur des espaces de prise de décisions et les considérer comme partenaires à part entière, afin de pouvoir progresser immédiatement vers un monde plus écologique, plus équitable et plus solidaire.

Journée internationale des femmes 2021

. EGALITE HOMMES/FEMMES .

Une publication de ONU Femmes

Les femmes du monde entier revendiquent et méritent un avenir égalitaire libre de préjugés, de stéréotypes et de violence ; un avenir durable et pacifique avec les mêmes droits et des chances égales pour toutes et tous. Pour y parvenir, le monde requiert la présence des femmes dans toutes les prises de décisions.

Cette année, le thème de la Journée internationale des femmes (le 8 mars), « Leadership féminin : Pour un futur égalitaire dans le monde de la Covid-19 », célèbre les efforts considérables déployés par les femmes et les filles partout dans le monde pour façonner un futur et une relance plus égalitaires suite à la pandémie de Covid-19 et met en lumière les lacunes à combler.


Credit: ONU Femmes/Yihui Yuan.

La participation pleine et effective des femmes et leur accès aux fonctions de direction dans tous les domaines de la vie favorisent le progrès pour toutes et tous. Pourtant, les femmes restent sous-représentées dans la sphère publique et les postes de décisions, comme le révèle le récent rapport du Secrétaire général  des Nations Unies. Les femmes sont à la tête d’un État ou d’un gouvernement dans 22 pays et elles n’occupent que 24,9 pour cent des postes parlementaires nationaux. Au rythme actuel des progrès, il faudra encore 130 ans avant que l’égalité des sexes parmi les chefs de gouvernement ne soit atteinte.

Les femmes sont également au premier plan de la lutte contre la COVID-19, en tant que travailleuses de première ligne et professionnelles de santé, en tant que scientifiques, médecins et pourvoyeuses de soins, mais elles sont pourtant payées 11 pour cent de moins que leurs homologues masculins à l’échelle mondiale. Une analyse des groupes de travail sur la COVID-19 de 87 pays a révélé que la parité entre les sexes n’avait été atteinte que pour 3,5 pour cent d’entre eux seulement.

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Lorsque les femmes occupent des postes de direction, nous voyons des résultats positifs. Parmi les interventions les plus efficaces et exemplaires qui ont été menées jusqu’à présent pour lutter contre la pandémie de COVID-19, certaines l’ont été par des femmes. Et les femmes, notamment les jeunes femmes, sont à l’avant-garde de mouvements divers et inclusifs, en ligne et dans la rue, visant à promouvoir la justice sociale, la lutte contre le changement climatique et l’égalité dans toutes les régions du monde. Pourtant, les femmes de moins de 30 ans représentent moins de 1 pour cent des parlementaires dans le monde. 

C’est pour cette raison que cette année, la Journée internationale des femmes sert de cri de ralliement à la Génération Égalité qui réclame des actions favorisant l’avènement d’un avenir à chances égales pour tous. Le Forum Génération Égalité, le plus gros rassemblement pour l’investissement et l’action en faveur de l’égalité des sexes, débutera à Mexico entre le 29 et 31 mars et culminera à Paris en juin 2021. Il mobilisera des leaders, des visionnaires et des activistes du monde entier, en toute sécurité sur une plateforme virtuelle, pour faire pression en faveur d’un changement transformateur et durable pour les générations à venir.

Apprenez-en davantage sur le Forum Génération Égalité, rencontrez les activistes et inspirez-vous des récits des femmes leaders que nous admirons.

Évènement : Commémoration de la Journée internationale des femmes
Leadership féminin : Pour un futur égalitaire dans le monde de la Covid-19 sur le chemin du Forum Génération Égalité. Et aussie.

Déclarations

Déclaration de Mme Phumzile Mlambo-Ngcuka, Directrice exécutive d’ONU Femmes, pour la Journée internationale des femmes 2021

Dans sa déclaration à l’occasion de la Journée internationale de la femme (8 mars), la Directrice exécutive d’ONU Femmes, Phumzile Mlambo-Ngcuka, a déclaré: « Nous avons besoin d’une représentation des femmes qui reflète toutes les femmes et les filles dans toutes leur diversité et leurs capacités, indépendamment de leur situation sur le plan culturel, social, économique et politique. Il s’agit là de la seule façon d’obtenir un véritable changement sociétal qui intègre les femmes dans la prise de décisions, sur un pied d’égalité et au bénéfice de toutes et tous. »

Femmes et filles dans les sciences : une plus grande diversité favorise une plus grande innovation (ONU)

. EGALITE HOMMES/FEMMES .

Un article de ONU Info

A l’occasion de la Journée internationale des femmes et des filles de science (11 février), les Nations Unies ont appelé à combler les écarts entre les genres dans les sciences, les technologies, l’ingénierie et les mathématiques (STIM) et à lutter contre les stéréotypes qui entretiennent l’idée que les parcours professionnels dans ces domaines sont réservés aux hommes et garçons.


Video fait par le Secrétaire général

La crise de la Covid-19 a démontré, une fois encore, le rôle essentiel des femmes et des jeunes filles dans les sciences. Les chercheuses ont été à l’origine de nombreuses avancées décisives dans la lutte contre la pandémie – de la compréhension du virus au contrôle de sa propagation, en passant par la mise au point de tests de diagnostic et de vaccins.

Dans le même temps, il apparaît de plus en plus évident que la pandémie a touché les femmes – notamment les femmes scientifiques – plus durement que les hommes, par exemple en raison de la répartition déséquilibrée des tâches familiales et travaux domestiques non rémunérés. 

« Trop souvent, les femmes prennent en charge l’enseignement à domicile, les soins aux personnes âgées et d’autres tâches liées aux injonctions de rester chez soi, au détriment de leur propre emploi », on rappelé Audrey Azoulay, la Directrice générale de l’UNESCO, et Phumzile Mlambo-Ngcuka, la Directrice exécutive d’ONU Femmes.

Les inégalités entre sexes ont augmenté très fortement au cours de l’année écoulée, les femmes ayant le plus pâti des fermetures d’écoles et du télétravail. « Beaucoup de femmes scientifiques ont vu leurs laboratoires fermer et ont dû s’occuper davantage de leurs enfants et de leurs proches, ce qui a amputé leur temps de recherche », a déploré le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres. « Pour ces femmes, ces complications sont venues aggraver une situation déjà difficile ».

Seulement 33% des chercheurs sont des femmes

Les stéréotypes de genre et les inégalités entre les sexes continuent d’empêcher de nombreuses filles et femmes d’entreprendre et de poursuivre une carrière scientifique partout dans le monde. La prochaine édition du Rapport de l’UNESCO sur la science montre que seulement 33% des chercheurs sont des femmes, alors qu’elles représentent pourtant 45% et 55% des étudiants en licence et en master, respectivement, et 44 % de ceux qui sont inscrits en doctorat.

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Does the UN advance equality for women?

Prospects for progress in women’s equality, what are the short and long term prospects?

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« Nous devons redoubler d’efforts pour combler ces écarts entre les genres dans le domaine des sciences, et lutter contre les normes et les stéréotypes qui créent et entretiennent l’idée que les parcours professionnels y sont limités pour les filles », ont souligné Mme Azoulay et Mme Mlambo-Ngcuka.

Pour l’UNESCO et ONU Femmes, l’urgence est d’autant plus grande que les femmes sont sous-représentées dans des domaines essentiels pour l’avenir du travail, tels que les énergies renouvelables et les technologies numériques, puisque seulement 3% des filles inscrites dans l’enseignement supérieur choisissent les technologies de l’information et de la communication.

« Nous avons besoin de la science et la science a besoin des femmes. Il ne s’agit pas seulement de s’engager en faveur de l’égalité des droits ; il s’agit également de rendre la science plus ouverte, plus diversifiée et plus efficace », ont dit les deux hautes responsables onusiennes.

Sans féminisation des STIM, le potentiel des filles et des femmes restera inexploité

Faire progresser l’égalité des genres dans les sciences et les technologies est essentiel pour bâtir un avenir meilleur, souligne le chef de l’ONU. « Il est temps d’admettre qu’une plus grande diversité favorise une plus grande innovation », a dit M Guterres. « Si l’on ne féminise pas davantage les sciences, la technologie, l’ingénierie et les mathématiques, le monde continuera d’être façonné par et pour les hommes et le potentiel des filles et des femmes restera inexploité ».

Selon le Secrétaire général, les décideurs doivent faire en sorte que les filles aient accès à l’éducation qu’elles méritent et qu’elles puissent se projeter dans les métiers de l’ingénierie, de la programmation informatique, du cloud, de la robotique et des sciences de la santé.

Pour apporter un changement véritable, l’UNESCO et ONU Femmes plaident pour des politiques et programmes en matière d’égalité des genres qui permettent d’éliminer les stéréotypes de genre par l’éducation, de modifier les normes sociales, de promouvoir les modèles que représentent les femmes scientifiques et de sensibiliser aux plus hauts niveaux de prise de décisions.

« Nous devons veiller non seulement à ce que les femmes et les filles participent aux domaines des STIM, mais également à ce qu’elles aient les moyens de diriger et d’innover, et qu’elles soient soutenues par des politiques et cultures organisationnelles sur le lieu de travail qui garantissent leur sécurité, tiennent compte de leurs besoins en tant que parents et les incitent à progresser et à s’épanouir dans ces carrières », ont dit Mme Azoulay et Mme Mlambo-Ngcuka

Le chef de l’ONU salue l’entrée en vigueur du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires

DESARMAMENT & SECURITE .

Un déclaration du Secrétaire général des Nations Unies

Le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a salué, vendredi, l’entrée en vigueur du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires.


Video d’intervention de Guterres

L’entrée en vigueur de ce premier traité multilatéral de désarmement nucléaire en plus de deux décennies a été rendue possible le 25 octobre dernier lorsqu’il fut ratifié par un cinquantième Etat, le Honduras.

« Le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires est une étape importante vers l’objectif d’un monde exempt d’armes nucléaires et une forte démonstration du soutien aux approches multilatérales du désarmement nucléaire », a souligné le porte-parole du Secrétaire général, Stéphane Dujarric, dans un communiqué publié le jour de l’entrée en vigueur du texte.
M. Guterres a félicité les États qui ont ratifié le Traité et salué le rôle déterminant de la société civile qui a fait progresser les négociations et l’entrée en vigueur du texte.

« Les survivants des explosions nucléaires et des essais nucléaires ont offert des témoignages tragiques et ont été une force morale derrière le Traité », a rappelé le porte-parole du Secrétaire général, ajoutant que l’entrée en vigueur du document « est un hommage à leur plaidoyer durable ».

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Can we abolish all nuclear weapons?

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L’élimination des armes nucléaires, une priorité de l’ONU

Le chef de l’ONU attend avec intérêt de s’acquitter des fonctions qui lui sont assignées par le Traité, notamment en préparation de la première Réunion des États parties.

« Les armes nucléaires posent des dangers croissants et le monde a besoin d’une action urgente pour assurer leur élimination et prévenir les conséquences humaines et environnementales catastrophiques que toute utilisation entraînerait », a souligné le porte-parole de M. Guterres.

« L’entrée en vigueur du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires aujourd’hui met en lumière le désarmement nucléaire », a déclaré vendredi le Secrétaire exécutif de l’Organisation du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (OTICE). « La vérification des engagements renforce la confiance. En garantissant qu’aucun essai nucléaire ne passe inaperçu, le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires  reste une étape essentielle vers un monde exempt d’armes nucléaires », a-t-il ajouté.

Le traité avait été adopté par la Conférence sur le désarmement (CD) le 7 juillet 2017 à Genève. « Il représente un engagement plein d’espoir en faveur du désarmement et de la non-prolifération nucléaires », a déclaré vendredi la Secrétaire exécutive de la CD, Tatiana Valovaya, sur Twitter. 

L’élimination des armes nucléaires reste la plus haute priorité des Nations Unies en matière de désarmement. « Le Secrétaire général appelle tous les États à travailler ensemble pour réaliser cette ambition de faire progresser la sécurité commune et la sûreté collective », a dit son porte-parole.

« Depuis 75 ans, l’ONU encourage le désarmement. L’entrée en vigueur du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires est l’aboutissement d’un mouvement mondial visant à attirer l’attention sur les conséquences humanitaires catastrophiques de tout emploi d’armes nucléaires », a rappelé, pour sa part, l’Institut des Nations Unies pour la recherche sur le désarmement (UNIDIR) sur Twitter.

Editorial de la Croix-Rouge : Les armes nucléaires sont enfin hors la loi

DESARMAMENT & SECURITE .

Un editorial de Robert Mardini, directeur general de la Croix-Rouge

Les souffrances abominables que les gaz toxiques ont infligées aux soldats de la Première Guerre mondiale ont tellement effrayé le monde que les armes chimiques ont été interdites sept ans seulement après la fin de la Grande Guerre.

Mais lors du conflit mondial qui a suivi, c’est une arme plus aveugle et plus inhumaine encore qui a été déployée. Les explosions nucléaires ont décimé deux villes japonaises ; tout avait été « comme balayé par une force surnaturelle », écrit le Dr. Marcel Junod, après s’être rendu à Hiroshima pour le Comité international de la Croix-Rouge.

Le médecin n’a pas tardé à conclure que, comme les gaz toxiques après la Première Guerre mondiale, les armes nucléaires devaient être purement et simplement interdites. « Seule une politique unifiée du monde peut le sauver de la destruction », écrit-il. On estimait en 1950 que ces deux bombes avaient fait 340 000 morts.

Voilà plus de 75 ans, près de la moitié des 158 ans d’existence du CICR, que nous plaidons pour l’élimination des armes nucléaires. Nous le faisons pour une raison très simple : nous ne croyons pas qu’elles puissent être utilisées sans causer des souffrances massives et semer la mort parmi les civils.

C’est pourquoi le 22 janvier 2021 revêt une telle importance pour nous. C’est le jour où le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN) entre en vigueur.

Cette journée marque une victoire pour l’humanité. Soixante-quinze ans après que, sous l’effet des bombes nucléaires, la population de Hiroshima et de Nagasaki a subi les pires horreurs de la guerre, le dernier-né des traités multilatéraux met hors la loi les armes nucléaires. Il interdit d’employer, de menacer d’employer, de mettre au point, de produire, de mettre à l’essai et de stocker des armes nucléaires, consacrant un tabou fermement ancré relatif à leur utilisation, et met un frein supplémentaire à leur prolifération.

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Can we abolish all nuclear weapons?

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Le TIAN est aussi le premier instrument de droit international à remédier aux conséquences humanitaires catastrophiques des armes nucléaires en faisant obligation aux États ayant subi une explosion nucléaire de prodiguer des soins médicaux aux victimes sur leur territoire.

De toute évidence pourtant, le Traité ne fait pas disparaître comme par magie l’arsenal nucléaire stocké dans le monde. Il serait en effet naïf de s’attendre à ce que le TIAN instaure demain un monde exempt d’armes nucléaires. Il faudrait plutôt voir dans le nouveau Traité le point de départ moral et juridique d’un long effort à fournir pour parvenir au désarmement nucléaire. Nous devons maintenant nous employer à obtenir l’adhésion la plus large possible aux interdictions du Traité.

Les neuf États du monde dotés de l’arme nucléaire ont plus de 13 000 bombes nucléaires, et des systèmes de commande et de contrôle vulnérables à l’erreur humaine et aux cyberattaques. La puissance destructrice de nombre de ces ogives est bien supérieure à celle des bombes larguées en 1945, qui ont tué plus de 100 000 personnes, dont 1 924 des 2 080 médecins et infirmières d’Hiroshima. Voilà la réalité à laquelle nous sommes confrontés.

Même si l’horreur de l’explosion nucléaire peut sembler à certains de l’histoire ancienne, le risque est trop grand aujourd’hui. On assiste à l’abandon de traités de réduction des arsenaux, à la production de nouveaux types d’armes nucléaires et de sérieuses menaces planent. La course aux armements est d’une effrayante réalité.

En indiquant les chemins à emprunter pour les éliminer, le Traité constitue une avancée concrète vers la mise en œuvre des obligations contractées de longue date en matière de désarmement nucléaire, notamment celles fixées par le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) qui, pour rester crédible, a désespérément besoin que cette mise en œuvre progresse réellement.

Nous engageons instamment les États détenteurs d’armes nucléaires à abaisser d’urgence le seuil d’alerte opérationnelle de ces armes et à en réduire le rôle dans leur doctrine militaire, en attendant de les éliminer totalement. Et nous espérons que tous les pays seront tôt ou tard en mesure de signer et de ratifier le Traité.

Le passage du temps a pu nous rendre insensibles à la dévastation que cause une explosion nucléaire. Mais tout être humain sur terre devrait être terrifié à l’idée qu’une telle arme puisse être à nouveau utilisée.

Aujourd’hui, nous célébrons l’entrée en vigueur du TIAN. Mais ce n’est que le début d’une longue marche vers l’élimination des armes nucléaires. Elle aura atteint son but lorsque ces 13 000 armes nucléaires n’existeront plus.

Des sociétés fracturées mènent les peuples et la planète vers une collision selon PNUD

. . DEVELOPPEMENT DURABLE . .

Un article du Programme des Nations Unies pour le Développement

La pandémie de COVID-19 est la crise la plus récente à laquelle le monde est confronté, mais à moins que les êtres humains ne relâchent leur emprise sur la nature, ce ne sera pas la dernière, selon un nouveau rapport du PNUD, qui propose un nouvel indice expérimental du progrès humain tenant compte des émissions de dioxyde de carbone et de l’empreinte matérielle des pays.


Photo: LALS STOCK/shutterstock.com

Le rapport présente un choix difficile pour les dirigeants mondiaux : prendre des mesures audacieuses pour réduire l’immense pression exercée sur l’environnement et le monde naturel, faute de quoi les progrès de l’humanité seront ralentis.

« Les êtres humains exercent sur la planète une pression qui n’a jamais été aussi écrasante. Face à la COVID-19, des températures record et des inégalités croissantes, il est temps d’utiliser cette force pour redéfinir ce que nous entendons par progrès, maintenant que nos empreintes carbone et de consommation sont connues », déclare Achim Steiner, Administrateur du PNUD.

« Comme le montre ce rapport, aucun pays au monde n’a encore atteint un très haut niveau de développement humain sans avoir exercé une pression énorme sur la planète. Mais nous pourrions être la première génération à corriger cette situation. C’est la prochaine étape critique du développement humain », a-t-il déclaré.

Le rapport soutient qu’au moment où les peuples et la planète entrent dans une toute nouvelle époque géologique nommée l’Anthropocène, ou l’ère des êtres humains, il est temps pour tous les pays de repenser leur chemin vers le progrès en tenant pleinement compte des pressions dangereuses que les êtres humains exercent sur la planète, et en éliminant les déséquilibres flagrants de pouvoir et d’opportunités qui empêchent le changement.

Pour illustrer ce point, l’édition du 30e anniversaire du Rapport sur le développement humain, La prochaine frontière : le développement humain et l’Anthropocène, propose un nouveau point de vue expérimental dans son Indice annuel de développement humain (IDH).

En ajustant l’IDH, qui mesure la santé, l’éducation et le niveau de vie d’un pays, avec l’inclusion de deux autres éléments, à savoir les émissions de dioxyde de carbone d’un pays et son empreinte matérielle, l’indice montre comment la situation globale du développement mondial pourrait changer si le bien-être des êtres humains et l’allègement des pressions exercées sur la planète étaient tous deux au cœur de la définition du progrès de l’humanité.

L’IDH ajusté aux pressions planétaires — ou IDHP —, fait ressortir une nouvelle vision du monde, proposant une évaluation moins optimiste, mais plus claire du progrès humain. Par exemple, plus de 50 pays quittent le groupe à très haut développement humain, en raison de leur dépendance aux combustibles fossiles et de leur empreinte matérielle.

Malgré ces ajustements, des pays comme le Costa Rica, la Moldavie et le Panama améliorent leurs classements d’au moins 30 places, mettant en évidence le fait qu’une pression moins forte sur la planète est possible.

« Le Rapport sur le développement humain est un produit important des Nations Unies. À une époque où il est nécessaire d’agir, la nouvelle génération de rapports sur le développement humain, qui met davantage l’accent sur les questions déterminantes de notre époque, telles que le changement climatique et les inégalités, nous aide à orienter nos efforts vers l’avenir que nous voulons », a déclaré Stefan Löfven, Premier ministre suédois, pays hôte du lancement du rapport.

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Despite the vested interests of companies and governments, Can we make progress toward sustainable development?

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Selon le rapport, la prochaine étape critique du développement humain exigera de travailler avec et non contre la nature, tout en transformant les normes sociales, les valeurs ainsi que les mesures d’incitation gouvernementales et financières.

Par exemple, de nouvelles estimations prévoient que d’ici 2100, les pays les plus pauvres du monde pourraient connaître jusqu’à 100 jours supplémentaires par an de conditions météorologiques extrêmes en raison du changement climatique — un chiffre qui pourrait être réduit de moitié si l’Accord de Paris sur le changement climatique est pleinement mis en œuvre.

Et pourtant, les combustibles fossiles sont toujours subventionnés : le coût total des subventions publiques pour les combustibles fossiles — en comptant les coûts indirects — est estimé à plus de 5 000 milliards USD par an, soit 6,5 % du PIB mondial, selon les chiffres du FMI cités dans le rapport.

Le reboisement et une meilleure prise en charge des forêts pourraient à eux seuls représenter environ un quart des mesures que nous devons adopter avant 2030 pour empêcher le réchauffement climatique d’atteindre deux degrés Celsius au-dessus des niveaux préindustriels.

« Bien que l’humanité ait réalisé des choses inouïes, il est évident que nous tenions la planète pour acquise, » a déclaré Jayathma Wickramanayake, Envoyée de la Jeunesse du Secrétaire général des Nations Unies. « Partout dans le monde, des jeunes se sont exprimés, reconnaissant que ces pratiques mettent en péril notre avenir collectif. Comme l’indique clairement le Rapport sur le développement humain 2020, nous devons transformer notre relation avec la planète pour rendre durable la consommation d’énergie et de matières, et pour garantir que chaque jeune soit éduqué et habilité à apprécier les merveilles qu’un monde sain peut offrir. »

La façon dont les peuples subissent les pressions planétaires est liée au fonctionnement des sociétés, affirme Pedro Conceição, auteur principal du rapport, et aujourd’hui, des sociétés fracturées mènent les peuples et la planète vers une collision.

Selon le rapport, les inégalités au sein des pays et entre les pays qui sont profondément enracinées dans le colonialisme et le racisme, impliquent que les personnes qui possèdent le plus de richesses profitent des avantages de la nature et en exportent les coûts. Cette situation restreint les possibilités des personnes les moins nanties et diminue leurs capacités à réagir contre ce déséquilibre.

Par exemple, les terres gérées par les peuples autochtones en Amazonie absorbent, par personne, la même quantité de dioxyde de carbone que celle émise par les un pour cent les plus riches de la population mondiale. Cependant, les peuples autochtones continuent d’être confrontés à des difficultés, à des persécutions et à des discriminations et ont du mal, selon le rapport, à se faire entendre lors des prises de décision.

D’autre part, il arrive souvent que la discrimination fondée sur l’appartenance ethnique touche les communautés et les expose à des risques environnementaux élevés tels que les déchets toxiques ou une pollution excessive. Cette tendance, affirment les auteurs, se reproduit dans les zones urbaines à travers les continents.

Le rapport suggère que l’allègement des pressions planétaires qui permettra à tout un chacun de s’épanouir dans cette nouvelle ère exige que l’on diminue les déséquilibres flagrants de pouvoir et d’opportunités qui font obstacle à la transformation.

Selon le rapport, les actions publiques peuvent remédier à ces inégalités, en ayant recours par exemple à une fiscalité de plus en plus progressive ou à des investissements et des systèmes d’assurance préventifs destinés aux communautés habitant le long des côtes, mesure qui peut protéger les vies des 840 millions de personnes exposées au risque d’inondations côtières à travers le monde. Mais il faut un effort concerté pour s’assurer que toutes ces actions n’opposent pas davantage les peuples et la planète.

« La prochaine étape critique du développement humain ne consiste pas à choisir entre les peuples ou les arbres ; il s’agit de reconnaître, aujourd’hui, que le progrès humain impulsé par une croissance inégale et à forte intensité de carbone touche à sa fin », a déclaré Pedro Conceicão.

 « En s’attaquant aux inégalités, en tirant parti des innovations et en travaillant avec la nature, le développement humain pourrait entamer un processus transformationnel destiné à soutenir les sociétés et la planète en même temps  », a-t-il déclaré.
 
Pour en savoir plus sur le Rapport sur le développement humain 2020 et l’analyse du PNUD sur l’IDH expérimental ajusté aux pressions planétaires, consultez report.hdr.undp.org/fr/.

(Merci à Phyillis Kotite, le reporter de CPNN pour cet article.)

Industrie mondiale de l’armement : Les ventes des 25 plus grandes entreprises ont augmenté de 8,5% ; Les principales entreprises sont actives dans les Pays du Sud

DESARMAMENT & SECURITE .

Un rapport de Stockholm International Peace Research Institute

Les ventes d’armes et de services à caractère militaire par les 25 plus grandes entreprises du secteur totalisent 361 milliards de dollars américains en 2019, soit 8,5 % de plus qu’en 2018. La présence à l’international des plus grandes entreprises est géographiquement diversifiée. C’est ce que révèlent les nouvelles données publiées aujourd’hui [7 décembre ] par le Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI).


Lockheed Martin F-35 Lightning II. Photo: Flickr/Robert Sullivan

Les nouvelles données du SIPRI sur l’industrie de l’armement montrent que les ventes d’armes des 25 plus grandes entreprises productrices d’armes et de services à caractère militaire (entreprises d’armement) du monde s’élevaient à un total de 361 milliards de dollars en 2019. Cela représente une augmentation de 8,5 % en termes réels par rapport aux ventes d’armes des 25 plus grandes entreprises d’armement en 2018.

Les entreprises américaines dominent toujours, le Moyen-Orient représenté dans le Top 25 pour la première fois

En 2019, les cinq plus grandes entreprises d’armement étaient toutes basées aux États-Unis : Lockheed Martin, Boeing, Northrop Grumman, Raytheon et General Dynamics. Ces cinq entreprises ont réalisé à elles seules 166 milliards de dollars de ventes d’armes par an. Au total, 12 entreprises américaines figurent dans le Top 25 en 2019, représentant 61 % des ventes d’armes combinées du Top 25.

Pour la première fois, une entreprise du Moyen-Orient est entrée dans le Top 25. EDGE, basée aux Émirats arabes unis (EAU), est née en 2019 de la fusion de plus de 25 entreprises. Elle se classe au 22ème rang et représente 1,3 % du total des ventes d’armes du Top 25.

« EDGE est une bonne illustration de la manière dont une forte demande nationale de produits et de services à caractère militaire combinée à une volonté de devenir moins dépendant des fournisseurs étrangers, stimule la croissance des entreprises d’armement au Moyen-Orient », souligne Pieter Wezeman, chercheur au programme Armement et Dépenses militaires du SIPRI.

Autre nouveau venu dans le Top 25 en 2019, L3Harris Technologies (classée 10ème). Cette entreprise est née de la fusion de deux sociétés américaines qui, toutes deux, figuraient dans le Top 25 en 2018 : Harris Corporation et L3 Technologies.

Les ventes des entreprises d’armement chinoises augmentent, celles des entreprises russes diminuent

Le Top 25 comprend également quatre entreprises chinoises. Trois sont dans le Top 10 : Aviation Industry Corporation of China (AVIC ; classée 6ème), China Electronics Technology Group Corporation (CETC ; 8ème) et China North Industries Group Corporation (NORINCO ; 9ème). Les revenus combinés des quatre entreprises chinoises du Top 25 – qui comprend également China South Industries Group Corporation (CSGC; classée 24ème) – ont augmenté de 4,8 % entre 2018 et 2019.

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Question for this article:

Does military spending lead to economic decline and collapse?

(. . . suite)

Analysant l’augmentation des ventes d’armes des entreprises chinoises, Nan Tian, chercheur au SIPRI, souligne : « Les entreprises d’armement chinoises bénéficient des programmes de modernisation militaire de l’Armée populaire de libération. »

Les revenus des deux entreprises russes du Top 25 – Almaz-Antey et United Shipbuilding – ont tous deux diminué entre 2018 et 2019, pour un total combiné de 634 millions de dollars. Une troisième entreprise russe, United Aircraft, a perdu 1,3 milliard de dollars de ventes et a quitté le Top 25 en 2019.

Alexandra Kuimova, chercheuse au SIPRI, précise : « La concurrence nationale et la réduction des dépenses gouvernementales en 2019 pour la modernisation de la flotte, ont été deux des principaux défis pour United Shipbuilding en 2019. »

Autres développements et tendances notables dans le Top 25

Après les États-Unis, la Chine a réalisé la deuxième plus grande part des ventes d’armes du Top 25 des entreprises d’armement en 2019, soit 16 %. Les six entreprises d’Europe occidentale représentaient à elles seules 18 %. Les deux entreprises russes du classement, 3,9 %.

Dix-neuf des 25 plus grandes entreprises d’armement ont augmenté leurs ventes d’armes en 2019 par rapport à 2018. La plus forte augmentation, en termes absolus, a été enregistrée par Lockheed Martin : 5,1 milliards de dollars, soit 11 % en termes réels.

En pourcentage, la plus forte augmentation des ventes annuelles d’armes – 105 % – revient à l’industriel français, Dassault Aviation. « Une forte augmentation des livraisons destinées à l’exportation d’avions de combat Rafale a propulsé Dassault Aviation dans le Top 25 pour la première fois », déclare Lucie Béraud- Sudreau, directrice du programme Armement et Dépenses militaires.

Les pays du Sud sont intégrés à l’industrie mondiale de l’armement

Le rapport cartographie également la présence à l’international des 15 plus grandes entreprises d’armement en 2019. Ces entreprises sont présentes dans 49 pays, à travers des filiales détenues majoritairement, des joint- ventures et des centres de recherche.
Avec une présence mondiale dans 24 pays chacun, Thales et Airbus sont les deux entreprises les plus internationalisées, suivies de près par Boeing (21 pays), Leonardo (21 pays) et Lockheed Martin (19 pays).

Le Royaume-Uni, l’Australie, les États-Unis, le Canada et l’Allemagne accueillent le plus grand nombre de ces entités étrangères. En dehors des régions Amérique du Nord et Europe occidentale, le plus grand nombre d’entités d’entreprises étrangères est hébergé par l’Australie (38), l’Arabie saoudite (24), l’Inde (13), Singapour (11), les Émirats arabes unis (11) et le Brésil (10).

Alexandra Marksteiner du programme Armement et Dépenses militaires du SIPRI précise : « Il existe de nombreuses raisons pour lesquelles les entreprises d’armement voudraient s’établir à l’étranger, y compris un meilleur accès à des marchés en croissance, des programmes d’armement en coopération ou des politiques d’acquisition d’armement des Etats clients requérant des transferts de technologies ».

Sur les 49 pays accueillant des entités étrangères des 15 plus grandes entreprises d’armement, 17 se trouvent dans des pays à revenus faibles ou intermédiaires. « Les pays du Sud, qui cherchent à développer leurs programmes de production d’armement, ont accueilli les entreprises d’armement étrangères comme un moyen de bénéficier des transferts de technologies », précise Diego Lopes da Silva, chercheur au SIPRI.

Siemon Wezeman, chercheur au SIPRI, souligne : « Les entreprises d’armement chinoises et russes du Top 15 ne disposent que d’une présence internationale limitée. Les sanctions contre les entreprises russes et les limites imposées aux acquisitions par les entreprises chinoises à l’étranger semblent avoir joué un rôle dans la limitation de leur présence à l’international. »

Amnesty International lance une application gratuite d’éducation aux droits humains pour sensibiliser la prochaine génération de militant·e·s

DROITS DE L’HOMME .

Un article de Amnesty International

Amnesty International a lancé l’Académie d’Amnesty, une application gratuite d’éducation aux droits humains destinée à sensibiliser la prochaine génération de défenseur·e·s des droits humains à un éventail de sujets, notamment la liberté d’expression, la sécurité numérique et les droits des populations autochtones.

Les utilisateurs et utilisatrices du monde entier auront accès à des cours durant 15 minutes à 15 heures, disponibles en plus de 20 langues, notamment en ourdou, en bengali, en hongrois, en coréen, en russe, en thaï, en tchèque et en turc. Tous les cours peuvent être téléchargés sur l’application, qui est disponible pour les appareils iOS et Android, ce qui permet de les suivre hors ligne.

« Cette application a été conçue pour permettre à chaque personne, partout dans le monde, de s’informer sur les droits humains et encourager cet apprentissage. Le partage des connaissances est essentiel pour nous aider à défendre nos droits et ceux des autres et pour lutter pour la justice et l’égalité partout dans le monde », a déclaré Julie Verhaar, Secrétaire générale par intérim d’Amnesty International.

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Question(s) related to this article:
 
How can more people be trained to know and claim their human rights?

L’Académie d’Amnesty a notamment la caractéristique d’adopter une approche flexible de l’enseignement, permettant aux utilisateurs et utilisatrices de suivre les cours à leur propre rythme, et ainsi de les commencer quand cela leur convient le mieux. Les utilisateurs et utilisatrices terminant certains des cours plus longs recevront un certificat officiel signé par le/la secrétaire général·e d’Amnesty International.

Les cours disponibles sur l’Académie d’Amnesty ont été élaborés et adaptés pendant ces trois dernières années pour le site Internet d’éducation aux droits humains d’Amnesty International. Ils ont été optimisés pour une utilisation sur mobile, afin de rendre les droits humains plus accessibles que jamais.

« L’éducation aux droits humains est la base du travail d’Amnesty. Notre objectif global est de veiller à ce que les personnes partout dans le monde connaissent et puissent revendiquer leurs droits humains. L’application de l’Académie d’Amnesty nous rapproche de cet objectif en fournissant une plateforme simple et accessible permettant à des millions de personnes de bénéficier d’une éducation aux droits humains de qualité », a déclaré Krittika Vishwanath, directrice de l’éducation aux droits humains à Amnesty International.

L’Académie d’Amnesty sera régulièrement mise à jour pour intégrer des versions dans de nombreuses autres langues et de nouveaux cours dans les mois et années à venir.

Lien iOS : https://apps.apple.com/us/app/amnesty-academy/id1534113236

Lien Android : https://play.google.com/store/apps/details?id=com.amnesty.academy

Amnesty International: Laissés pour compte dans la réponse au COVID-19, les réfugié·e·s sont confrontés à la famine

DROITS DE L’HOMME .

Un article de Amnesty International

Le traitement inhumain réservé aux personnes réfugiées et migrantes menace de porter un coup d’arrêt aux progrès dans la lutte contre la propagation du COVID-19, a déclaré Amnesty International le 14 mai 2020, redoutant que les camps et les centres de détention surpeuplés ne deviennent les nouveaux épicentres du virus si des mesures urgentes ne sont pas mises en œuvre. Elle affirme que les confinements et les restrictions de déplacements aggravent les conditions de vie déjà difficiles, exposant des millions de personnes au risque de famine et de maladie.

Amnesty International demande une action mondiale concertée en vue d’offrir à des centaines de milliers de personnes migrantes un accès suffisant à la nourriture, à l’eau, aux installations sanitaires et à des soins de santé nécessaires à leur survie, alors que de nombreux pays se préparent au déconfinement.

« Comment contenir efficacement ce virus lorsque tant de gens dans le monde vivent dans des camps et des centres de détention surpeuplés et insalubres ? Alors que nous avons tant besoin de compassion et de coopération, certains gouvernements intensifient la discrimination et les atteintes aux droits humains : ils empêchent les livraisons d’eau et de denrées alimentaires, incarcèrent des personnes ou les renvoient vers la guerre et les persécutions, a déclaré Iain Byrne, responsable de l’équipe Droits des réfugiés et migrants à Amnesty International.

« Dans de nombreux camps, le risque de mourir de faim serait désormais une plus grande menace que le virus lui-même. Il s’agit d’un renoncement à la responsabilité collective de protéger les réfugié·e·s et les migrant·e·s, et nous invitons les États à agir immédiatement afin d’empêcher que la situation ne dégénère en catastrophe des droits humains.

De nombreux gouvernements prennent des mesures motivées par la discrimination et la xénophobie, qui exposent inutilement les réfugié·e·s à la faim et à la maladie.

En Bosnie, dans le camp de Vucjuk, les autorités locales ont délibérément coupé l’alimentation en eau pour réinstaller de force les habitant·e·s. La plupart vivent dans des situations économiques précaires et ont encore plus de difficultés à subvenir à leurs besoins du fait des confinements et des couvre-feux.  En Jordanie, dans le camp de Zaatari, le confinement empêche complètement les gens de travailler : pas de nourriture et pas de revenus pour acheter les produits de première nécessité. En avril, les personnes installées dans des camps de fortune  à Calais, en France, ne recevaient pas suffisamment de livraisons de nourriture et d’eau et, en raison du confinement et des restrictions des déplacements, ne pouvaient pas aller s’en acheter, même si elles avaient l’argent nécessaire.

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Question(s) related to this article:
 
How can we work together to overcome this medical and economic crisis?

De nombreux gouvernements continuent de placer inutilement en détention des demandeuses et demandeurs d’asile, les exposant au risque de contracter le COVID-19. Il n’y a pas suffisamment de tests ni d’équipements de protection pour le personnel et les personnes détenues, et la maladie et la mort pourraient se répandre comme une traînée de poudre. Les personnes détenues dans les centres pour migrants  en Australie  supplient d’être libérées, car elles craignent que des membres du personnel qui n’ont pas d’équipements de protection individuels (EPI) ne fassent entrer le virus à leur insu.

D’autres gouvernements bafouent le droit international en renvoyant de force des personnes vers le danger, sous prétexte de faire barrage au COVID-19.

S’appuyant sur une politique opportuniste et hostile aux migrants, les États-Unis ont renvoyé 10 000 personnes  deux heures après leur arrivée sur le sol américain, entre le 20 mars et le 8 avril. La Malaisie a refoulé  un bateau transportant des Rohingyas en quête de sécurité. Le Bangladesh l’a finalement autorisé à accoster, mais 30 passagers au moins seraient morts, l’embarcation ayant dérivé en mer pendant deux mois. Actuellement, des informations font état de centaines de personnes ayant besoin d’urgence d’opérations de recherche et de sauvetage.

Renvoyer des personnes dans des pays où l’on peut raisonnablement s’attendre à ce qu’elles subissent des persécutions, des actes de torture et d’autres traitements cruels et dégradants équivaut à un refoulement, ce qui est illégal au titre du droit international. Il n’existe pas de circonstances dans lesquelles le principe de non-refoulement ne s’applique pas.

Amnesty International engage les gouvernements à :

* fournir suffisamment de nourriture et d’eau, et dispenser des soins de santé adaptés aux personnes vivant dans les camps et placées en quarantaine

* envisager la régularisation provisoire de tous les migrants, quel que soit leur statut au niveau des papiers, veiller à ce que les mesures de relance économique et les protections s’appliquent aux demandeurs·euses d’asile et aux réfugié·e·s, et continuer d’autoriser la réinstallation lorsque cela est possible

* désengorger les camps, les centres de détention pour migrants et les campements informels, et reloger les habitant·e·s dans des conditions dignes et salubres, garantissant un accès adéquat aux soins de santé, à la nourriture et à l’eau. Les migrant·e·s détenus doivent être libérés lorsque leur droit à la santé ne peut être garanti en détention.

* Respecter le droit de demander l’asile et le principe de non-refoulement.

« Les gouvernements clament haut et fort que nous sommes tous ensemble face au virus. Ce sont des paroles vides de sens s’ils ne se mobilisent pas pour protéger les millions de personnes à travers le monde qui endurent cette pandémie loin de leurs foyers et des êtres qui leur sont chers, a déclaré Iain Byrne.

« Un gouvernement qui laisse des réfugié·e·s mourir de faim ou de soif durant le confinement échoue lamentablement dans la gestion de cette crise. »

Travail : Démocratiser, Démarchandiser, Dépolluer

. . DEVELOPPEMENT DURABLE . .

Un manifeste de Democratizing Work

Le texte suivant a été publié le 16 mai dans 41 publications, dans 36 pays du monde, en 25 langues, y compris dans Le Monde, Die Zeit, The Guardian et The Boston Globe. Il a été signé par plus de 3 000 universitaires de 650 universités du monde entier, listés ici.

(Image de Juan Carlos Marin)

Que nous apprend cette crise ? En premier lieu que les humains au travail ne peuvent être réduits à des « ressources ». Les caissièr.e.s, les livreur.e.s, les infirmièr.e.s, les docteur.e.s, les pharmacien.nes, et toutes celles et ceux qui nous ont permis de continuer à vivre dans cette période de confinement, en sont la démonstration vivante. Cette pandémie nous montre aussi que le travail lui-même ne peut être réduit à une « marchandise ». Les soins de santé, la prise en charge et l’accompagnement des plus vulnérables sont autant d’activités qui doivent être protégées des seules lois du marché, sans quoi nous risquons d’accroître toujours plus les inégalités, jusqu’à sacrifier les plus faibles et les plus démunis. Pour éviter un tel scénario, que faut-il faire ? Permettre aux employés de participer aux décisions. C’est-à-dire démocratiser l’entreprise. Démarchandiser le travail. C’est-à-dire que la collectivité garantisse un emploi utile à toutes et tous. Au moment où nous faisons face à la fois au risque pandémique et à celui d’un effondrement climatique, ces deux changements stratégiques nous permettront non seulement d’assurer la dignité de chacun, mais aussi d’agir collectivement pour dépolluer la planète et la sauver.

Démocratiser. Ceux–et singulièrement celles—qui font partie des personnels essentiels se lèvent chaque matin pour aller servir les autres, particulièrement les personnes racisées, migrantes et les travailleurs de l’économie informelle, pendant que tous ceux qui le peuvent restent confinés. Elles témoignent de la dignité du travail et de l’absence de banalité de leur fonction. Et elles démontrent le fait-clé que le capitalisme a toujours cherché à rendre invisible, cherchant à transformer les humains en « ressource » : il n’y a ni production ni service sans investisseurs en travail.

De leur côté, les confinés – et singulièrement les confinées – mobilisent tout ce qu’ils peuvent pour assurer la poursuite des missions de leur organisation depuis leur domicile. Ils et elles démontrent massivement que ceux qui supposent que le grand enjeu de l’employeur est de garder sous ses yeux le travailleur indigne de confiance, pour mieux le contrôler, se fourvoient grandement. Les travailleurs démontrent chaque jour qu’ils ne sont pas une simple « partie prenante » de l’entreprise parmi d’autres. Ils sont LA partie constituante, pourtant toujours trop souvent exclue du droit de participer au gouvernement de l’entreprise, monopolisé par les apporteurs en capital.

Si l’on se demande sérieusement comment exprimer la reconnaissance des entreprises et de la société dans son ensemble envers les travailleurs, il faudra bien sûr aplatir la courbe des rémunérations et démarrer moins bas, mais ces seuls changements ne suffiront pas. De même qu’après la seconde guerre mondiale, on accorda le droit de vote aux femmes en reconnaissance de leur incontournable contribution, il est aujourd’hui devenu injustifiable de ne pas émanciper les investisseurs en travail en leur accordant la citoyenneté dans l’entreprise. C’est là un changement nécessaire. 

En Europe, la représentation des investisseurs en travail dans l’entreprise a débuté au sortir de la seconde guerre mondiale, au travers des Comités (VARIA FR)/Conseil (VARIA BE) d’entreprise. Mais, ces Chambres de représentation des travailleurs sont restées des organes souvent faibles, soumises à la bonne volonté de l’équipe de direction choisie par les actionnaires. Elles ont été incapables de bloquer la dynamique du capital qui accumule pour lui-même en détruisant la planète. Ces Chambres de représentation des travailleurs doivent désormais être dotées de droits similaires à ceux des Conseils d’administration, afin de soumettre le gouvernement de l’entreprise (le top management) à une double majorité. En Allemagne, aux Pays-Bas et dans les pays scandinaves, des formes de codétermination (mitbestimmung) mises en place progressivement après la seconde guerre mondiale ont représenté une étape cruciale mais encore insuffisante.

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Questions for this article:
 
Despite the vested interests of companies and governments, Can we make progress toward sustainable development?

How can we work together to overcome this medical and economic crisis?

(. . . suite)

Même aux Etats-Unis, où le droit à la syndicalisation a été combattu, des voix s’élèvent aujourd’hui pour accorder aux investisseurs en travail le droit de se choisir des représentants bénéficiant d’une majorité spéciale au sein des Conseils. Le choix du CEO – ou encore mieux de la CEO – comme celui de la stratégie de l’entreprise ou de la répartition des profits sont des enjeux trop importants pour les laisser aux seuls représentants des actionnaires. Ceux qui investissent leur travail dans l’entreprise, leur santé, en bref leur vie, doivent aussi pouvoir collectivement valider ces décisions.
Même aux Etats-Unis, où le droit à la syndicalisation a été combattu, des voix s’élèvent aujourd’hui pour accorder aux investisseurs en travail le droit de se choisir des représentants bénéficiant d’une majorité spéciale au sein des Conseils. Le choix du CEO – ou encore mieux de la CEO – comme celui de la stratégie de l’entreprise ou de la répartition des profits sont des enjeux trop importants pour les laisser aux seuls représentants des actionnaires. Ceux qui investissent leur travail dans l’entreprise, leur santé, en bref leur vie, doivent aussi pouvoir collectivement valider ces décisions.

Démarchandiser. Cette crise illustre aussi combien le travail ne devrait pas être traité comme une marchandise. Elle démontre que le mécanisme du marché ne peut être laissé seul en charge des choix collectifs fondamentaux. La création de postes dans le secteur des soins aux personnes, l’approvisionnement en matériel de survie, ont été soumis depuis des années à une logique de rentabilité. La crise révèle cet aveuglement. Il existe des besoins collectifs stratégiques qui doivent être immunisés de la marchandisation. Douloureusement, nos dizaines de milliers de morts nous le rappellent aujourd’hui. Ceux qui affirment encore le contraire sont des idéologues qui nous mettent tous et toutes en danger. La logique de rentabilité ne peut pas décider de tout. 

De même qu’il faut protéger certains secteurs des seules lois d’un marché non régulé, il faut aussi assurer à chacun l’accès à un travail qui lui permette d’assurer sa dignité. Une façon d’y parvenir est de créer une garantie d’emploi pour tous (job guarantee), offrant la possibilité à chaque citoyen de bénéficier d’un emploi. L’Article 23 de la Déclaration universelle des droits humains, consacre le droit au travail, au libre choix de son travail, à des conditions de travail équitables et satisfaisantes et à la protection contre le chômage. Dès lors, cette garantie d’emploi permettra non seulement à chacun de vivre dignement, mais aussi collectivement de décupler nos forces pour mieux répondre aux nombreux besoins sociaux et environnementaux auxquels nous faisons face. A la main des collectivités locales, la Garantie Emploi pour tous permettra notamment de contribuer à éviter l’effondrement climatique tout en assurant un avenir digne pour chacun. L’Union européenne doit se donner les moyens d’un tel projet dans le cadre de son Green Deal. En revoyant la mission de sa Banque centrale afin de financer ce programme nécessaire à notre survie, elle se rendra légitime dans la vie de chaque citoyen de l’Union. En apportant une solution contre-cyclique au choc de chômage qui vient, elle démontrera sa contribution à la prospérité sociale, économique et écologique, de nos sociétés démocratiques.

Dépolluer. Ne répétons pas le choix naïf de 2008 : la crise fut l’occasion de sauver les banques en approfondissant l’endettement public, sans qu’aucune condition ne soit mise à ces sauvetages. Si nos Etats interviennent pour sauver des entreprises aujourd’hui, il importe que celles-ci soient mises en conformité avec le cadre général de la démocratie. L’Etat, au nom de la société démocratique qu’il sert et qui la constitue, au nom aussi de sa responsabilité de veiller à notre survie environnementale, doit conditionner son intervention à des changements de cap dans la ligne stratégique des entreprises aidées. Il doit imposer – outre le respect de normes environnementales strictes – des conditions de démocratisation quant au gouvernement interne des entreprises. Car ce sont les entreprises gouvernées démocratiquement qui seront prêtes pour mener la transition écologique, celle dans lesquelles aussi bien les apporteurs de capital que les investisseurs en travail pourront faire entendre leurs voix et décider de concert des stratégies à mettre en œuvre. Cela n’étonnera personne : dans le régime actuel, l’arbitrage capital/travail/planète est toujours défavorable… au travail et à la planète. Les ingénieurs de l’Université de Cambridge, Cullen, Allwood et Borgstein (Envir. Sc. & Tech. 2011 45, 1711–1718) l’ont montré : 73% de la consommation mondiale d’énergie pourraient être économisés grâce à des « modifications réalisables des processus productifs » (achievable design changes). Mais ces changements impliquent une plus grande intensité de main-d’œuvre, et des choix souvent plus coûteux à court terme. Tant que les entreprises sont dirigées au seul profit des apporteurs de capitaux, dans quel sens penchera la décision à l’heure des coûts d’énergie dérisoires ? Malgré les défis de tels changements, certaines entreprises sociales ou coopératives – en poursuivant des objectifs hybrides à la fois financiers, sociaux, et environnementaux et en développant un gouvernement interne démocratique – ont d’ores et déjà démontré la crédibilité d’une telle voie.

Ne nous faisons aucune illusion. Abandonnés à eux-mêmes, la plupart des apporteurs de capitaux ne veilleront ni à la dignité des investisseurs en travail, ni à la lutte contre l’effondrement climatique. Un autre scenario est à portée de main : démocratiser l’entreprise et démarchandiser le travail. Et cela nous permettra de dépolluer la planète.