Sénégal: A Vélingara, la jeunesse Croix-Rouge se mobilise contre la violence

. PARTICIPATION DÉMOCRATIQUE …

Un article dans Le Quotidien

Le 17 août dernier, près d’une centaine de jeunes volontaires venus du Sénégal, de la Gambie et de la Guinée-Bissau se sont rassemblés pour la 19ème édition du Camp de jumelage international de la Croix-Rouge. Sous le thème «Jeunesse unie, violences bannies», ces secouristes multiplient formations, actions citoyennes et brassage culturel pour promouvoir la paix dans une sous-région confrontée à des incivilités croissantes.

Vélingara, capitale d’un jour de la paix et de la solidarité. Face à la recrudescence des bagarres rangées à armes blanches, aux tensions autour de traditions dévoyées comme le Kankourang et aux incivilités politiques, la Croix-Rouge a choisi de riposter par l’engagement citoyen. C’est le Préfet du département qui a présidé, le 17 août dernier, la cérémonie d’ouverture officielle de ce rassemblement, entouré des parrains, de nombreux invités et d’une centaine de jeunes volontaires âgés de 2 à 35 ans.


Venue de Dakar, Ziguinchor, Sédhiou, Kolda, mais aussi de pays voisins comme la Gambie et la Guinée-Bissau, cette jeunesse a transformé Vélingara en un carrefour d’intégration.

Lors de son allocution, le Préfet a tenu à saluer la portée de l’événement : «Vélingara est le symbole vivant de l’intégration sous-régionale par le bas. A travers ce jumelage, la commune réaffirme sa vocation de terre d’asile, de paix et de solidarité. Nos Etats partagent des frontières administratives, mais nos peuples partagent une même histoire, des cultures communes et des défis identiques comme la gestion des flux migratoires ou les crises climatiques.»

(Voir suite sur colonne de droite. . . )

(Cliquez ici pour un article de ce sujet en anglais..)

Question for this article:

Can a culture of peace be achieved in Africa through local indigenous training and participation?

( . . . suite)

Entre secourisme, écologie et leadership


Sur le terrain, les volontaires n’ont pas chômé. Le programme, particulièrement dense, a mêlé prévention sanitaire, citoyenneté et développement personnel : séances de dépistage du Vih/Sida et journée d’investissement humain («set-setal») au marché du quartier Sinthiang Houlata, visites de courtoisie aux familles riveraines du camp pour les sensibiliser à la culture de la paix et fabrication de bancs écologiques au profit de l’école hôte, exercices de simulation de premiers secours devant la population, accompagnés de veillées de leadership pour aguerrir la jeunesse à la prise de parole publique, journée d’intégration avec l’exécution des hymnes nationaux et de la Croix-Rouge, olympiades sportives, et veillées ethniques mettant en valeur la diversité régionale.

L’engagement citoyen face au désengagement des élus


Si l’événement a marqué les esprits par sa réussite humaine, les organisateurs ont néanmoins dû braver d’importantes difficultés logistiques. Le passage de la frontière gambienne s’est avéré complexe en raison de l’absence d’autorisation pa­rentale pour plusieurs mi­neurs.


Mais le regret le plus vif des responsables locaux de la Croix-Rouge concerne l’absence de soutien des décideurs politiques. Aucun maire de la zone n’a répondu favorablement aux demandes de soutien financier ou matériel. Une ingratitude déplorée à demi-mot par les encadreurs, rappelant que ces mêmes collectivités font continuellement appel au bénévolat des secouristes lors de leurs manifestations, sans bourse délier.


Malgré ces obstacles, le camp s’impose comme un outil stratégique indispensable. En standardisant les méthodes d’intervention et en créant des réseaux de secours transfrontaliers, ces jeunes prouvent que la solidarité reste le meilleur rempart contre les dérives de la violence.

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