UNESCO: Les jeunes leaders appellent à une Nouvelle Culture de la Paix

. TOLÉRANCE & SOLIDARITÉ .

Un article de UNESCO

Des jeunes leaders se sont réunis au Siège de l’UNESCO et à la Sorbonne, à Paris, pour présenter l’Appel des jeunes et un Document de réflexion des jeunes, issus d’une réflexion menée à l’été 2026 par les jeunes sur l’avenir du mandat de l’UNESCO.

Lancée avec le soutien de la France, cette initiative, qui a réuni les voix de 145 jeunes leaders issus de 135 pays, appelle à une nouvelle culture de la paix dans l’esprit des femmes et des hommes du XXIe siècle.


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Présentation de l’Appel et du Document de réflexion à Paris

Les 3 et 4 septembre 2026, onze jeunes leaders ont échangé directement sur leurs idées avec Khaled El-Enany, Directeur général de l’UNESCO, et S.E. M. Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères de la France, lors d’événements organisés au Siège de l’UNESCO et à la Fabrique de la Diplomatie de la France, à la Sorbonne.

Le Directeur général et le Ministre ont reconnu l’importance de l’engagement des jeunes en faveur de la paix ainsi que le rôle essentiel qu’ils doivent jouer pour relever les défis du monde actuel. Leurs échanges avec les jeunes leaders ont mis en exergue la nécessité de placer les jeunes non pas en marge de la discussion, mais au cœur même de celle-ci.

Le Directeur général a souligné : « La paix […] exige de la créativité, de l’imagination, de la patience et des outils. Le rôle de l’UNESCO est justement de fournir ces outils aux nouvelles générations. »

M. Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères de la France, a déclaré : « L’UNESCO incarne peut-être, plus que toute autre entité au sein du système des Nations Unies, l’esprit de paix. Cet esprit de paix est intrinsèquement tourné vers l’avenir, qu’il revient aux jeunes de préserver, de nourrir et de transmettre aux générations futures. »

L’Appel et le Document de réflexion présentent des propositions concrètes sur la manière dont le mandat fondateur de l’UNESCO, qui consiste à construire la paix, peut continuer à se traduire en actions ambitieuses et efficaces, en particulier en période de crise.

Ils appellent à une participation des jeunes plus approfondie et plus significative à la prise de décision, ainsi qu’à un investissement accru dans les domaines clés du mandat de l’UNESCO, allant de l’éducation inclusive à l’action climatique, de la science ouverte au développement éthique de l’intelligence artificielle, et de la protection du patrimoine culturel à l’accès à une information fiable.

Les documents soulignent l’importance de donner aux jeunes les moyens d’agir en tant que partenaires dans la réponse aux défis mondiaux, de renforcer la résilience en période de crise et de promouvoir le dialogue interculturel. Ils mettent également en évidence la nécessité de veiller à ce que le rôle de chef de file normatif de l’UNESCO se traduise par des bénéfices concrets pour les communautés, en particulier celles qui sont insuffisamment desservies, touchées par les conflits ou vulnérables au changement climatique.

Les jeunes comme groupe prioritaire

Conformément à la reconnaissance de la jeunesse comme groupe prioritaire par l’UNESCO, cette consultation constitue un exemple fort de l’engagement de l’Organisation afin de créer des possibilités concrètes pour permettre aux jeunes de contribuer à sa réflexion stratégique et de travailler aux côtés de l’UNESCO à la mise en œuvre de ses programmes.

L’Appel des jeunes est présenté dans le cadre de l’initiative de réforme plus large UNESCO80, afin d’être examiné par les États membres de l’UNESCO lors de la session du Conseil exécutif qui se tiendra en octobre 2026.

Texte de L’Appel des jeunes pour une nouvelle culture de la paix

Appel des jeunes pour une nouvelle culture de la paix dans l’esprit des femmes et des hommes pour le XXIe siècle Paris, 3 septembre 2026

Nous, 145 jeunes leaders de 135 États membres et Membres associés, représentant des régions, des contextes et des vécus divers du monde entier, réunis à l’occasion du 14e Forum des jeunes de l’UNESCO et du quatre-vingtième anniversaire de l’Organisation,

Rappelons que l’UNESCO a été fondée sur la conviction que, étant donné que les guerres prennent naissance dans l’esprit des femmes et des hommes, c’est dans cet esprit que doivent être élevées les défenses de la paix — et affirmons qu’il s’agit là d’une tâche toujours inachevée, et non d’un simple constat historique.

Constatons qu’aujourd’hui, la paix est menacée autant par la violence structurelle, les déplacements de population, la crise planétaire et l’érosion de la confiance au sein et entre les communautés et les générations que par les conflits armés. L’éducation, les sciences, la culture, ainsi que la communication et l’information peuvent soit contribuer à prévenir ces menaces, soit, si elles sont mal encadrées, fragiliser davantage les fondements de la paix. À une époque refaçonnée par l’intelligence artificielle et l’évolution technologique rapide, ces champs d’actions sont également de plus en plus liés à des environnements numériques susceptibles d’amplifier la mésinformation et la désinformation, la polarisation et la division, tout en créant de nouvelles possibilités de dialogue et d’apprentissage.

Déterminés à appliquer les leçons de notre histoire afin de prévenir les conflits en s’attaquant à leurs causes profondes et à résoudre les problèmes par la voie du dialogue.

Reconnaissons que la cohésion sociale et la solidarité intergénérationnelle sont des composantes essentielles d’une paix durable, et que la lutte contre les discriminations, l’exclusion et les inégalités, associée à la création de véritables occasions de dialogue, de coopération et de vie culturelle partagée, peut renforcer la confiance au sein des communautés et des générations, ainsi qu’entre elles, et contribuer à des sociétés plus inclusives, plus pacifiques et plus résilientes.

Soulignons que les jeunes agissent déjà — comme médiateurs, chercheurs, éducateurs et bâtisseurs d’espaces numériques et culturels — mais que, trop souvent, ils le font sans bénéficier de la reconnaissance, des ressources ou de rôle véritable dans la prise de décision nécessaires pour soutenir et renforcer leur contribution.

Appelons l’UNESCO, ses États membres et leurs partenaires à traduire ces principes en actions durables au moyen des mesures suivantes :

1. Ancrer le partenariat avec les jeunes dans la prise de décision de manière systémique et structurelle.

La participation des jeunes aux processus de paix, de prévention des conflits et de réconciliation est encore aujourd’hui beaucoup trop faible. Conformément à la Résolution 2250 du Conseil de sécurité, les jeunes doivent être mieux reconnus comme partenaires dans la prévention des conflits et la consolidation de la paix et inclus dans les mécanismes institutionnels de préventions des conflits et de médiation.

Au sein de l’UNESCO, l’engagement des jeunes doit évoluer de la simple consultation vers un véritable partenariat. Cela suppose que les occasions de faire entendre leur voix s’accompagnent d’une participation réelle à la prise de décision : représentation des jeunes au sein des Commissions nationales et des Délégations à la Conférence générale, ainsi que dans des mécanismes tels que le Réseau de Jeunes 2 et Étudiants pour l’ODD 4, qui veille à ce que les jeunes soient représentés dans des organes de décision en matière d’éducation aux côtés des ministres. Cela exige aussi un suivi systématique : les consultations, y compris celle-ci, devraient être suivies d’une communication publique sur les recommandations adoptées, les mesures prises en réponse et les résultats de leur mise en œuvre. L’UNESCO devrait s’appuyer sur le Programme mondial de subventions pour la jeunesse et sur des réseaux tels que le Réseau de jeunes pour l’action climatique afin de mettre en relation, de fournir des ressources et de donner de la visibilité aux initiatives déjà menées par les jeunes, plutôt que de créer des structures parallèles, avec une attention particulière portée aux jeunes femmes et aux filles, aux jeunes autochtones, aux jeunes des communautés africaines et afrodescendantes, aux jeunes des petits États insulaires en développement, ainsi qu’aux jeunes issus de communautés marginalisées et insuffisamment desservies.

2. Faire de l’éducation la première ligne de défense contre la haine et la division.

La discrimination et les discours de haine, en ligne comme dans les salles de classe, touchent de manière disproportionnée les jeunes, en particulier les filles et les minorités. Cela peut aggraver les divisions existantes au sein des communautés, rendant une éducation inclusive et axée sur la paix essentielle pour construire la compréhension, remettre en question les récits nuisibles et renforcer la cohésion sociale. L’éducation joue un rôle déterminant en dotant les jeunes des connaissances, des compétences et des valeurs nécessaires pour appréhender les différences et participer de manière constructive à la vie en société.

La Recommandation sur l’éducation pour la paix, les droits de l’homme et le développement durable, l’éducation aux médias et à l’information, la citoyenneté numérique, l’apprentissage socio-émotionnel et la gestion non violente des désaccords devraient être intégrés dans les programmes scolaires et dans la formation des enseignants comme composante essentielle de l’éducation. Cela devrait s’accompagner de lignes directrices claires permettant de distinguer les discours de haine des critiques et désaccords légitimes, de renforcer l’éducation à la citoyenneté et les compétences en matière d’esprit critique et de donner aux enseignants les moyens de reconnaître et de combattre les discriminations et les discours de haine. À cette fin, les politiques nationales d’éducation devraient également intégrer des cadres visant à protéger les mineurs et les autres groupes vulnérables contre les contenus en ligne violents, haineux et manipulateurs. Les établissements scolaires devraient en outre promouvoir un « langage de la paix », en donnant aux jeunes les compétences nécessaires pour exprimer leurs désaccords de manière constructive, favoriser le dialogue et gérer les différences sans hostilité ni violence. Les programmes scolaires devraient également représenter les histoires et les contributions des personnes africaines et afrodescendantes, ainsi que des peuples autochtones, selon leurs propres termes, y compris leurs cultures, leurs systèmes de connaissances et leurs contributions diverses. Dans les situations de crise et de conflit, où les écoles jouent un rôle non seulement de lieux d’apprentissage mais aussi d’espaces de protection et de soutien psychosocial, l’UNESCO, les États membres et les partenaires concernés devraient investir dans des plans de continuité, la reconnaissance transfrontalière des acquis scolaires, et la réouverture des écoles chaque fois que les conditions le permettent.

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Question related to this article:

 

Youth initiatives for a culture of peace, How can we ensure they get the attention and funding they deserve?

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3. Faire de la mémoire et de la culture des ponts vers la compréhension mutuelle, et non des champs de bataille de la division.

Les traumatismes de l’histoire ne peuvent être surmontés par le silence ou l’oubli ; un avenir pacifique ne peut se construire qu’en reconnaissant le passé et en en tirant les enseignements. Lorsque l’histoire et la culture sont instrumentalisées pour diviser, elles peuvent ancrer la méfiance et le ressentiment. L’enseignement de l’histoire des conflits devrait reposer sur des faits avérés, rester ouvert à des perspectives multiples et viser à construire l’empathie plutôt que le ressentiment, en s’appuyant sur le Programme sur l’enseignement de l’Holocauste et des génocides de l’UNESCO et son programme Mémoire du monde, afin de garantir aux éducateurs et aux jeunes l’accès aux archives, aux témoignages et au patrimoine documentaire. Conformément à la Résolution 2250 du Conseil de sécurité, les jeunes devraient être reconnus comme des partenaires de la réconciliation et de la consolidation de la paix, et non comme de simples bénéficiaires. Leur participation réelle peut être favorisée par des initiatives telles que des projets d’histoire orale, la médiation communautaire et des actions numériques de lutte contre la désinformation et les récits nuisibles. Le patrimoine culturel matériel et immatériel, ainsi que les systèmes de connaissances autochtones, doivent bénéficier du même niveau de protection : une meilleure évaluation des risques et une préparation renforcée en amont des conflits, ainsi qu’une véritable redevabilité en cas d’atteintes commises à leur encontre pendant les conflits.

Protéger le patrimoine culturel et la mémoire du monde ne consiste pas seulement à préserver le passé ; cela contribue aussi à assurer la continuité culturelle et permet aux communautés et aux générations d’appréhender l’histoire, les perspectives diverses et l’identité d’une manière qui favorise la compréhension mutuelle. Les échanges culturels et la rencontre avec différentes mémoires historiques peuvent ouvrir un espace de compréhension mutuelle, aidant les communautés à se rencontrer au-delà des récits de division hérités, en particulier dans des contextes marqués par des conflits historiques. Cela souligne également l’importance d’accompagner les enseignants afin qu’ils puissent établir des liens entre la mémoire historique, la réconciliation et la prévention des violences futures.

4. Faire progresser la science ouverte et l’accès au savoir comme piliers de la paix

L’éducation scientifique et l’esprit critique peuvent renforcer la résilience face à la manipulation de l’information et à la polarisation, en particulier dans les espaces numériques. La science ouverte complète ces efforts en rendant le savoir scientifique plus accessible, partageable et inclusif, par-delà les communautés et les frontières. Pourtant, des obstacles financiers, technologiques et linguistiques continuent de limiter l’accès au savoir scientifique, en particulier pour les chercheurs et les institutions disposant de moins de ressources. La science ouverte devrait donc favoriser une participation équitable à la collaboration scientifique, à la publication, à l’innovation et à la création de savoirs grâce à des investissements dans les infrastructures numériques, la connectivité, les capacités scientifiques et la communication scientifique. Les Perspectives sur une science ouverte 2023 de l’UNESCO indiquent qu’environ un tiers seulement des articles universitaires publiés entre 2000 et 2021 étaient en libre accès, cette proportion ayant atteint environ la moitié pour les articles publiés en 2021. En renforçant la coopération scientifique internationale, en permettant le partage des connaissances par-delà les frontières et en mettant en relation chercheurs et communautés autour de défis communs, la science ouverte peut contribuer à une culture de la paix. Cela devrait inclure la création d’un Fonds mondial pour la science ouverte afin d’aider les pays et les communautés à développer les capacités nécessaires pour participer à la science ouverte et en bénéficier. Ensemble, ces efforts feront de la science et des savoirs des moteurs de la paix en renforçant la coopération internationale et une prise de décision éclairée, qui sont essentielles pour relever les défis mondiaux complexes d’aujourd’hui.

5. Défendre l’intégrité de l’information comme condition de la paix.

La désinformation et la mésinformation peuvent se propager plus rapidement que l’information fiable ne peut être vérifiée ou corrigée, alors qu’environ 2,6 milliards de personnes n’ont toujours pas accès à Internet, l’accès étant le plus limité dans les pays en développement à faible revenu. Un environnement informationnel sûr et inclusif suppose à la fois de combler la fracture numérique et de renforcer la qualité et la diversité de l’information mise à la disposition des communautés. Cela suppose une information accessible, une vérification des faits ancrée dans les communautés, un journalisme en langues locales, davantage de transparence sur les mécanismes qui influencent les informations auxquelles les personnes sont exposées, ainsi qu’une meilleure protection des journalistes alors que le nombre d’assassinats de journalistes a augmenté de 38 % entre 2022 et 2023, avec un taux d’impunité de 85 % en 2024. L’UNESCO devrait s’appuyer davantage sur ses Principes pour la gouvernance des plateformes numériques et sur le Plan d’action des Nations Unies sur la sécurité des journalistes, tout en soutenant le journalisme indépendant, les médias communautaires et des espaces permettant aux jeunes, en particulier ceux des communautés rurales et marginalisées, d’accéder à l’information et de participer à la vie civique.

6. Encadrer l’intelligence artificielle au service de la paix plutôt que de la division.

L’intelligence artificielle entraînée sur un éventail restreint de langues et de contextes culturels peut reproduire les inégalités qu’elle prétend combattre, et, en l’absence de mesures de protection appropriées, son usage peut favoriser les biais, la surveillance et la discrimination, touchant tout particulièrement les jeunes. La Recommandation sur l’éthique de l’intelligence artificielle de l’UNESCO nécessite une mise en œuvre plus effective dans la pratique, y compris un examen indépendant et périodique des systèmes d’IA afin d’y détecter les biais et les disparités dans la modération de contenus, des évaluations d’impact éthique impliquant des populations diverses, ainsi qu’une plus grande transparence sur les contenus générés par l’IA et sur les algorithmes qui façonnent les recommandations de contenu.

Étant donné que les espaces numériques occupent une place de plus en plus centrale dans la vie des jeunes, ceux-ci devraient être véritablement associés aux discussions sur la manière dont ces espaces et ces technologies font l’objet d’une gouvernance. Les jeunes doivent être reconnus non seulement comme des utilisateurs des systèmes d’IA, mais aussi comme des partenaires dans l’élaboration des politiques et des systèmes qui influencent leur vie, tout en étant accompagnés dans le développement de leurs compétences en littératie de l’IA nécessaires pour participer véritablement à ces processus. Compte tenu des incidences spécifiques et en constante évolution de l’intelligence artificielle sur les jeunes, l’UNESCO et ses États membres devraient examiner, dans le cadre des processus appropriés et avec la participation effective des jeunes et des partenaires concernés, s’il convient de compléter le cadre normatif existant par des orientations axées sur les jeunes, y compris, le cas échéant, par un instrument normatif dédié à la jeunesse et à l’intelligence artificielle. Ces travaux devraient s’appuyer sur la Recommandation de l’UNESCO sur l’éthique de l’intelligence artificielle et la compléter, en accordant une attention particulière aux droits, à la sécurité, au bien-être, à l’autonomie et à la participation effective des jeunes tout au long du cycle de vie de l’IA.

Au-delà de ces protections, il est essentiel de remédier aux inégalités d’accès à l’IA et de prendre en compte ses répercussions sur l’emploi des jeunes, tout en veillant à ce que ses bénéfices soient répartis équitablement grâce au développement des compétences et des capacités au niveau local.

7. Préserver l’éducation, les sciences, la culture ainsi que la communication et l’information pour une culture de la paix en temps de conflit et de crise.

Si la prévention et l’action précoce visant à s’attaquer aux causes profondes des conflits et des crises doivent demeurer une priorité, lorsque des crises et des conflits surviennent malgré tout, l’éducation, les sciences, la culture, ainsi que la communication et l’information doivent être protégées contre toute interruption. Environ 272 millions d’enfants et de jeunes étaient non scolarisés en 2023, un chiffre que l’UNESCO elle-même considère comme sous-estimé en raison de lacunes dans les données concernant certains pays et régions touchés par des conflits. Le droit à l’éducation et à la participation à la vie culturelle, ainsi que le droit de prendre part au progrès scientifique et de bénéficier de ses avancées, doivent être garantis, même dans les situations de déplacement de populations, de crise et de conflit. En protégeant l’accès à l’apprentissage, aux expressions culturelles, au savoir et à une information fiable en temps de crise, l’UNESCO et ses États membres peuvent contribuer à préserver les liens, la coopération et la compréhension partagée dont dépend la paix. Cela devrait notamment passer par l’élargissement du Passeport de qualifications de l’UNESCO, afin de garantir la reconnaissance transfrontalière des qualifications et des études antérieures des étudiants déplacés, par la mise en place d’un financement préétabli au moyen de mécanismes tels que le Fonds d’urgence pour l’ODD4, et par un soutien aux jeunes chercheurs et détenteurs de savoirs travaillant sous la pression de conflits ou de crises. En temps de crise et de conflit, le maintien de l’accès à une information fiable est tout aussi essentiel au maintien de l’éducation, de la coopération scientifique et de la vie culturelle, en aidant les communautés à rester connectées et en mesure de faire face à des circonstances difficiles. Ensemble, ces mesures contribuent à préserver les domaines d’action de l’UNESCO — l’éducation, les sciences, la culture, ainsi que la communication et l’information — en tant que piliers essentiels d’une culture de paix.

Regard vers l’avenir

Ces recommandations n’auront de sens que si elles sont mises en œuvre avec et par les jeunes. Nous demandons un suivi transparent des conclusions de cette consultation, à la hauteur des exigences de transparence que nous demandons à l’UNESCO dans ses propres travaux. Le mandat confié à l’UNESCO de construire les défenses de la paix dans l’esprit des femmes et des hommes a été écrit pour un autre siècle, mais il a été écrit pour durer. Quatre-vingts ans plus tard, il revient à cette génération, aux côtés de l’UNESCO, de ses États membres et de leurs partenaires, de porter ce mandat dans une ère de profondes transformations sociétales, environnementales et technologiques, marquée par les limites planétaires et un paysage international de plus en plus fragmenté. Nous devons faire en sorte que la paix envisagée par l’UNESCO devienne une paix dans laquelle nous puissions réellement vivre.

Ensemble, nous appelons à une nouvelle culture de la paix pour le XXIe siècle : une culture que nous construisons à travers les générations, que nous rendons réelle de notre vivant, et que nous transmettons à ceux qui viendront après nous.

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