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Amnesty International: Les politiques opprimantes et sexistes ont galvanisé le combat pour les droits des femmes en 2018

DROITS DE L’HOMME .

Un article de Amnesty International

Les militantes à travers le monde se sont trouvées en première ligne du combat pour la défense des droits humains en 2018, a déclaré Amnesty International le 10 décembre, à l’occasion du lancement de son bilan sur la situation des droits humains durant l’année écoulée.


Photo copyright REUTERS/Vincent West

L’organisation de défense des droits humains met par ailleurs en garde contre le fait que les mesures prises par des dirigeants « durs à cuire », qui promeuvent des politiques misogynes, xénophobes et homophobes, ont mis en péril des libertés et des droits pourtant acquis de longue date.

« En 2018, nous avons vu nombre de ces dirigeants “durs à cuire” tenter de saper le principe même d’égalité, qui constitue le socle des droits humains. Ils pensent que leurs politiques font d’eux de vrais durs, mais elles ne sont guère plus que des stratégies d’intimidation visant à diaboliser et à persécuter des populations déjà marginalisées et vulnérables », a déclaré Kumi Naidoo, secrétaire général d’Amnesty International.

« Ce sont les militantes qui ont cette année fait preuve de la plus puissante détermination à combattre ces dirigeants répressifs. »

Amnesty International expose donc les résultats de son analyse dans un document intitulé Les droits humains aujourd’hui, qui présente la situation de ces droits dans sept régions du monde : l’Afrique, les Amériques, l’Europe et l’Asie centrale, l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient, l’Asie de l’Est, l’Asie du Sud et l’Asie du Sud-Est. Le lancement de ce compte rendu marque le 70e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme, qui constitue la première déclaration mondiale des droits et qui a été adoptée en 1948 par des gouvernements du monde entier.

2018 : le soulèvement des femmes

Le pouvoir grandissant de la voix des femmes ne doit pas être sous-estimé, indique ce document. Si les mouvements de défense des droits des femmes sont bien établis, ce sont les militantes qui ont porté les principales causes du combat pour les droits fondamentaux durant l’année écoulée. Et des organisations menées par des femmes, telles que Ni una menos en Amérique latine, ont galvanisé des mouvements de masse d’une ampleur totalement inédite concernant des questions liées aux femmes.

En Inde et en Afrique du Sud, des milliers de personnes sont descendues dans la rue pour protester contre les violences sexuelles endémiques. En Arabie saoudite et en Iran, des militantes ont bravé le risque d’une arrestation en résistant, respectivement, à l’interdiction de conduire et à l’obligation de porter le hijab (voile islamique). En Argentine, en Irlande et en Pologne, de très nombreuses personnes se sont rassemblées pour réclamer la suppression de lois répressives sur l’avortement. Aux États-Unis, en Europe et dans certains pays d’Asie, des millions des personnes ont participé à la deuxième marche des femmes organisée dans le cadre du mouvement #MeToo, demandant la fin de la misogynie et des atteintes aux droits des femmes.

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Question(s) related to this article:

What is the state of human rights in the world today?

Le rapport souligne toutefois que l’on ne peut pas célébrer « cette formidable montée du militantisme féminin » sans s’intéresser aux éléments moteurs qui ont conduit de si nombreuses femmes à se mobiliser pour exiger un changement.

« Les droits des femmes ont systématiquement été placés un échelon en dessous des autres droits et libertés par des gouvernements qui pensent pouvoir s’en tenir à de belles paroles à ce sujet et qui font très peu concrètement pour protéger les droits de la moitié de la population mondiale, a déclaré Kumi Naidoo.

« Pire encore, un grand nombre des gouvernants actuels à travers le monde ont lancé de nouvelles attaques contre les droits des femmes avec des discours misogynes et clivants. Ces dirigeants tentent de se justifier en expliquant qu’ils protègent des valeurs traditionnelles garantissant les intérêts de la famille, alors qu’en réalité ils défendent des programmes privant les femmes de l’égalité la plus fondamentale. »

Les droits humains aujourd’hui souligne qu’un nombre croissant de politiques et de lois visent à soumettre et à contrôler les femmes, en particulier en ce qui concerne la santé en matière de sexualité et de procréation. Ainsi, en Pologne et au Guatemala, les décideurs politiques défendent un durcissement des lois sur l’avortement, et aux États-Unis, la baisse des subventions versées aux centres de planning familial met en danger la santé de plusieurs millions de femmes.

Des militantes mettent en péril leur vie et leurs libertés pour attirer l’attention sur des injustices en matière de droits humains. Parmi elles figurent Ahed Tamimi, une adolescente palestinienne militante injustement emprisonnée pour avoir osé défendre son peuple ; Loujain al Hathloul, Iman al Nafjan et Aziza al Yousef, trois militantes actuellement détenues en Arabie saoudite pour avoir mené campagne en faveur des droits des femmes ; et Marielle Franco, qui a été assassinée au Brésil il y a quelques mois parce qu’elle s’est courageusement battue pour les droits humains.

2019 : une année charnière pour les droits des femmes

Kumi Naidoo insiste sur le fait que l’anniversaire, en 2019, de la déclaration des droits des femmes – la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes – représente une étape cruciale que le monde ne devra pas négliger.

Ce texte, qui aura 40 ans l’année prochaine, a été largement adopté. Pourtant, de nombreux gouvernements ne l’ont adopté qu’à la condition de pouvoir rejeter certaines dispositions essentielles destinées à garantir les libertés des femmes, comme celles relatives à la mise en place d’une politique nationale d’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes dans le droit et en pratique, ou celles portant sur l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes dans le mariage et dans les relations familiales.

Amnesty International demande aux gouvernements de prendre les mesures nécessaires pour protéger les droits des femmes, ce qui comprend non seulement le respect des normes internationales mais aussi la réforme des lois nationales néfastes, ainsi que des mesures assurant l’autonomisation des femmes et la protection de leurs droits.

« Le fait que de si nombreux pays n’aient que partiellement accepté cette déclaration des droits des femmes montre bien qu’un grand nombre de gouvernements pensent que la protection des droits des femmes se résume à un simple exercice de relations publiques visant à donner d’eux une belle image, alors qu’il s’agit d’une priorité qu’ils doivent traiter de toute urgence, a déclaré Kumi Naidoo.

« Partout dans le monde, en moyenne les femmes sont beaucoup moins bien payées que leurs confrères, bénéficient beaucoup moins de la sécurité de l’emploi, sont privées d’un accès à la représentation politique par ceux qui sont au pouvoir, et sont en butte à une violence sexuelle endémique dont les gouvernements continuent de ne pas se préoccuper. Pourquoi une telle situation ? Si nous vivions dans un monde où les hommes, et non les femmes, étaient soumis à cette persécution, cette injustice perdurerait-elle ?

« Je reconnais qu’Amnesty International peut et doit faire plus pour les droits des femmes. Alors que nous nous apprêtons à entrer dans l’année 2019, je pense que nous devons, maintenant plus que jamais, soutenir les mouvements de défense des droits des femmes, donner un écho aux voix des femmes dans toute leur diversité, et lutter pour que tous nos droits soient reconnus. »

(Merci à Janet Hudgins, le reporter du CPNN pour cet article.)

Enseignant(e)s et militant(e)s dénoncent les politiques migratoires américaines et tentent d’offrir des livres et des jeux aux enfants placés en détention

DROITS DE L’HOMME .

Un article de Internationale de l’Education

Un groupe d’enseignant(e)s, de syndicalistes, de militant(e)s et de dignitaires religieux/euses s’est rendu dans un centre de détention situé à la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique pour offrir des livres, des jeux et des cadeaux aux enfants incarcérés par les autorités migratoires américaines.

Cette délégation avait pour objectif de dénoncer le caractère cruel, inhumain et traumatisant de la séparation entre enfants et parents, les conditions de détention illégales des mineur(e)s d’âge et les violations systématiques des droits humains des familles migrantes auxquelles se livrent les autorités américaines.

Sous le soleil accablant du Texas, les éducateurs/trices en provenance des deux côtés de la frontière entre les Etats Unis et le Mexique se sont rendu(e)s au centre de détention de Tornillo, où vivent actuellement plusieurs centaines d’enfants dans une série de tentes encerclées d’un mur de pierre et de fils barbelés, sous la surveillance des gardes armés du Département de la sécurité intérieure des Etats-Unis. 

Avant de rejoindre l’entrée du centre, la délégation de militant(e)s, composée de membres de l’American Federation of Teachers (AFT), du Sindicato Nacional de Trabajadores de la Educación (SNTE) et du Secrétaire général de l’Internationale de l’Education (IE) David Edwards, a participé à un rassemblement en vue de protester contre les politiques de séparation familiale et de détention illimitée, mises en place par le gouvernement américain.

Ce rassemblement, ainsi que la visite au centre, fait suite au décret migratoire promulgué par le Président Donald Trump, lequel n’a pris aucune mesure pour réunir les enfants et leurs parents et poursuit sa politique de détention des enfants, des mineur(e)s et des migrant(e)s cherchant asile. L’administration continue également à violer les lois internationales et à placer en détention des milliers d’enfants.

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Questions for this article:

The post-election fightback for human rights, is it gathering force in the USA?

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Les gardes armés protégeant l’entrée du centre ont refusé d’accepter les cadeaux (cahiers, ours en peluches, ballons de football) et n’ont pas autorisé les enseignant(e)s à entrer sur le site ou à rendre visite aux enfants. De même, les autorités américaines n’ont pas répondu à une lettre envoyée au préalable, demandant l’autorisation de remettre du matériel pédagogique aux enfants.

« Nous avons vu des gouvernements dans le monde maltraiter les populations migrantes et réfugiées, mais nous sommes scandalisé(e)s par le degré de cruauté, d’arrogance et de mépris des droits humains qu’affichent les autorités américaines », a fait remarquer David Edwards, Secrétaire général de l’IE.

Plusieurs ONG ont signalé que des enfants avaient été ligotés, menottés et forcés à prendre des médicaments et des somnifères. D’autres sont privés d’exercice et d’affection humaine. Leur situation est encore aggravée par le traumatisme à long terme engendré par le fait d’avoir été séparés de leurs parents, a expliqué Edwards:

« En tant que représentante des éducateurs et éducatrices, en tant que communauté de professionnels chargés de prendre soin des enfants, et en tant qu’organisation internationale engagée à défendre les droits humains, l’Internationale de l’Education condamne ce traitement violent et scandaleux des migrants et des enfants, et exige la cessation immédiate de ces mesures. En tant qu’éducateurs, notre mission consiste à accueillir, développer, encourager et inspirer les enfants. Et nous luttons également pour faire valoir leurs droits. »

La Présidente de l’AFT, Randi Weingarten, a déclaré: « Ces politiques sont caractéristiques des régimes tyranniques ou dictatoriaux, et non pas de nos démocraties… Ces agissements considérés comme une violation des droits humains fondamentaux ont causé de profondes séquelles traumatisantes. La communauté internationale doit réagir et prendre des mesures pour mettre un terme aux agissements odieux de cette administration. »

Juan Díaz de la Torre, Président du SNTE, également présent lors du rassemblement, a déclaré que, en tant qu’éducateurs/trices, « notre vocation va bien au-delà de l’enseignement dans les classes. Nous sommes des femmes et des hommes engagés à former les citoyens et citoyennes de demain. Le traitement inhumain enduré par ces enfants laissera des traces dans leur développement si nous n’intervenons pas immédiatement. »

Il a ajouté que si l’on souhaite apporter des solutions au problème de la migration, un processus/accord multilatéral est nécessaire, impliquant tous les pays qui accueillent ou expulsent les migrant(e)s. Tout le monde doit s’employer à trouver des solutions: « Même si les frontières paraissent nous diviser, nous partageons une vocation commune qui nous unit ».

Remarque – Vous vous demandez peut-être ce qu’il est advenu des cadeaux. Ils ont été remis aux organisations travaillant avec les enfants migrants dans la région frontalière.

(Merci a Janet Hudgins, le reporter de CPNN pour cet article.)

Le lauréat du prix Nobel prend la tête d’une marche homérique à travers l’Inde en faveur de la sécurité des enfants

DROITS DE L’HOMME .

Un article de Internationale de l’Education

Lorsque Kailash Satyarthi prend un engagement, rien ne peut l’arrêter, comme le montre la réponse de millions de personnes à son appel à mettre fin aux abus sexuels et la traite des enfants dans la plus grande marche qu’a connu le pays.

Le mois dernier, un nombre estimé à plus de 10 millions d’Indiens ont exprimé leur opposition aux abus subis par les enfants en marchant en masse à travers le pays.

Lancée par le lauréat du prix Nobel de la Paix, Kailash Satyarthi, Bharat Yatra, une marche visant à mettre fin aux abus sexuels et à la traite des enfants, a parcouru plus de 11.000 km à travers 22 Etats et territoires de l’Union, du 11 septembre au 16 octobre. 

« Le crime dont sont victimes nos enfants n’est pas ordinaire. Il s’agit d’une épidémie morale qui hante notre pays ainsi que le reste du monde que nous ne pouvons tolérer. Nous devons, en tant que nation, rompre notre silence, élever notre voix et nous unir », a déclaré Satyarthi.

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Questions for this article:

How to stop violence against children?

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C’est à Delhi, dernière étape de la marche, que Satyarthi s’est exprimé devant des milliers d’étudiant(e)s qui se sont engagé(e)s à soutenir la campagne. Il a été rejoint, à la fin de la marche, par le Secrétaire général de l’Internationale de l’Education Fred van Leeuwen, ami et partisan de longue date. Ensemble, Satyarthi, van Leeuwen et Sylvia Borren ont créé la Campagne mondiale pour l’éducation.

Assurer la sécurité des enfants en Inde est un immense défi. La campagne a sensibilisé l’opinion sur le fait que, chaque jour, 40 enfants étaient violés et 48 autres subissaient des abus sexuels, tandis que des centaines de milliers de mineur(e)s étaient victimes de la traite à des fins abominables.

La campagne vise avant tout à exhorter le gouvernement à intervenir davantage pour que la sécurité des enfants figure en tête des priorités.

Celle-ci a réuni des personnes de tous horizons, des milieux économiques et politiques, aux groupes de femmes et d’enseignant(e)s, en passant par les responsables religieux, les enfants et les parents.

(Merci à Janet Hudgins, le reporter de CPNN pour cet article.)

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Amnesty: Huit portraits de femmes montrent qu’il faut profiter de la Journée internationale des droits des femmes pour affirmer : «Nous n’attendrons pas le respect de nos droits!»

DROITS DE L’HOMME .

Un article par Shiromi Pinto pour Amnesty International

Des femmes du monde entier participent à la Grève des femmes, organisée le 8 mars afin de mettre en évidence les conséquences d’une Journée sans femmes. Pouvons-nous nous permettre de nous passer pendant une journée de femmes telles que les huit présentées dans ce billet de blog, dont le refus d’attendre est capital pour renverser la tendance régressive actuelle en matière de droits des femmes ?


Photos des 8 femmes décrites ci-dessous montrées dans l’ordre supérieur gauche à inférieur droit
(cliquez sur la photo pour l’agrandir)

S’il y a une chose que j’ai comprise en janvier avec la Marche des femmes, qui a été un moment historique, c’est que les femmes en ont assez d’attendre. Aujourd’hui les rues sont emplies de la même ferveur, à l’occasion de ce qui semble bien parti pour être une grève des femmes sans précédent. Début 2017, plus de 3 millions de personnes, tous genres confondus, ont défilé dans le monde entier pour défendre les droits des femmes et de nombreux autres droits qui leur sont liés. Les raisons qu’avaient ces manifestants de descendre dans la rue n’ont pas disparu. Bien au contraire, elles sont renforcées par les remarques misogynes du président des États-Unis Donald Trump ou ses décrets discriminatoires, notamment l’interdiction d’entrée sur le territoire des États-Unis pour les personnes originaires de certains pays, qui ont des répercussions à la fois vastes et profondes pour les migrants et d’autres minorités. Ses décisions mettent également en danger la santé et la vie des femmes. Mais la situation n’est pas propre aux États-Unis. La preuve : des milliers de femmes qui font grève aujourd’hui dans le monde entier. Elles savent que, lorsqu’il s’agit des inégalités qui touchent encore tant de femmes de par le monde, les chiffres sont extrêmement parlants.

Selon les prévisions du Forum économique mondial, il faudra encore 169 ans pour combler la différence de salaire entre hommes et femmes. Il ne s’agit là que de l’un des nombreux exemples édifiants donnant un aperçu du temps qu’il va falloir avant que les femmes et les filles obtiennent d’être traitées avec équité. Pas moins de 225 millions de femmes à travers le monde n’ont pas la possibilité de choisir si elles veulent ou non des enfants, et quand. Environ 47 000 femmes meurent chaque année des suites d’un avortement pratiqué dans des conditions dangereuses, et cinq millions d’autres en gardent des séquelles invalidantes. On estime à 35 % le nombre de femmes dans le monde ayant déjà été victimes de violences physiques et/ou sexuelles. Plus de 32 millions de filles (contre 29 millions de garçons) ne vont pas à l’école primaire. Et sur le nombre de femmes vivantes aujourd’hui, 700 millions étaient mariées avant l’âge de 18 ans.

Tant de progrès restent encore à réaliser, et les femmes et les filles du monde entier en ont assez. Voici huit femmes qui luttent en première ligne pour leurs droits, refusant d’attendre face à l’injustice.

Elles n’attendront pas. Nous non plus.

Et vous ?

AFRIQUE

Tlaleng Mofokeng – Elle n’attendra pas… alors que des femmes n’ont toujours pas le droit d’avorter

Médecin en Afrique du Sud, Tlaleng Mofokeng est une force que l’on ne peut ignorer. Cette professionnelle de la santé dévouée s’exprime également sans détour en faveur de la santé sexuelle en tant que présentatrice radio, diffusant son message aussi largement que possible. « Je ne m’arrêterai pas tant que le droit à l’avortement ne sera pas respecté et que les femmes auront accès à des services d’interruption de grossesse sûrs, affirme-t-elle. En Afrique du Sud, des femmes meurent tous les jours des suites d’un avortement pratiqué dans de mauvaises conditions, et pourtant les personnalités politiques pensent que les droits des femmes en matière de procréation peuvent être utilisés comme une balle de ping-pong politique. » Tlaleng Mofokeng dénonce aussi la culture du viol et est aux premières loges du mouvement qui vise à faire en sorte que les professionnels de la santé traitent tous leurs patients avec respect et sans discrimination. Une véritable défenseure des droits humains, comme toutes les femmes présentées ici.

« Le monde entier pense avoir le droit de dire aux femmes ce qu’elles doivent faire de leur vagin et de leur utérus. Il semble que la santé des femmes soit un sujet sur lequel n’importe qui se sent autorisé à donner son avis. »

AMÉRIQUES

Connie Greyeyes- Elle n’attendra pas… qu’une autre femme disparaisse

Connie Greyeyes est devenue militante « par accident ». Elle appartient au peuple autochtone Cri et vit en Colombie-Britannique, une province de l’ouest du Canada. Elle s’est rendu compte qu’un nombre alarmant de femmes de sa communauté étaient portées disparues ou avaient été tuées. Elle a commencé à organiser un soutien pour les familles de ces femmes et a présenté à Ottawa, capitale du pays, une demande d’enquête nationale. Selon les chiffres officiels, plus de 1 000 femmes autochtones ont disparu ou ont été assassinées au Canada au cours des 30 dernières années. Les efforts de Connie Greyeyes et de nombreuses autres femmes autochtones de tout le pays ont porté leurs fruits : le gouvernement a annoncé l’ouverture d’une enquête en 2016.

« Quand nous sommes ensemble, il se dégage une telle force ! Être capable de sourire après avoir découvert que quelqu’un qui vous est précieux a été assassiné. Comment ne pas se sentir inspirée par des femmes qui ont vécu l’enfer à cause de ce qui est arrivé à leur enfant, et en sont revenues ? Vous savez, qui luttent, qui essaient d’obtenir justice. Comment ne pas se sentir inspirée, ne pas vouloir continuer à se battre ? »

Karla Avelar – Elle n’attendra pas… alors que des réfugiés ne peuvent obtenir la sécurité

Karla Avelar a survécu. Elle a survécu aux attaques de gangs, à plusieurs tentatives de meurtre et à la prison au Salvador. Aujourd’hui, elle est à la tête de Comcavis Trans, une organisation qui soutient les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres et intersexuées (LGBTI), exposées à des menaces et des violences au Salvador. Leur situation est si précaire dans le pays que beaucoup cherchent refuge ailleurs. À travers Comcavis, Karla Avelar fournit des informations et d’autres formes de soutien pour aider ces personnes au cours du voyage, souvent périlleux, qui les mène normalement jusqu’au Mexique ou aux États-Unis. Mais la position radicale des États-Unis à propos des réfugiés et des migrants entrant dans le pays fait courir un risque encore plus grand à ces réfugiés LGBTI – un problème auquel Karla Avelar s’attaque désormais avec énergie et détermination.

« Les décisions de Trump affectent des milliers de personnes, en particulier des personnes LGBTI qui sont déjà victimes de racisme, de discrimination et de violences. Au lieu de garantir la protection des droits fondamentaux des personnes migrantes, le gouvernement des États-Unis montre ces gens du doigt et les présente comme des criminels. »

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Question related to this article

Do women have a special role to play in the peace movement?

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ASIE-PACIFIQUE

Su Changlan – Elle n’attendra pas… pour réunir des enfants et leurs parents

L’histoire de Su Changlan, ancienne institutrice, est loin d’être unique. D’après l’une de ses amies, c’est une histoire que partagent de nombreuses femmes en Chine. Elle ne pouvait rester sans rien faire lorsqu’elle entendait parler de jeunes filles victimes de la traite d’êtres humains, vendues et mariées de force, ou de parents dont les enfants avaient disparu. Elle a fait de son mieux pour aider des personnes dans ces situations, et bien d’autres encore. Elle défendait de nombreuses causes, allant des droits fonciers aux manifestations en faveur de la démocratie à Hong Kong. Elle savait qu’elle risquait de payer ses actions de sa liberté et c’est malheureusement ce qui est arrivé. Elle est en détention depuis 2015.

« J’espère que les parents ne perdent pas espoir dans la recherche de leurs enfants disparus. Nous, membres de la société civile, devons agir ensemble pour les aider à retrouver leurs enfants. Le gouvernement devrait aussi investir plus dans ce domaine, au lieu de nous empêcher de faire notre travail ! »

Samira Hamidi – Elle n’attendra pas… alors que les femmes sont exclues du gouvernement

Depuis 2004, Samira Hamidi a réalisé un travail de pionnière pour les femmes en Afghanistan. En tant que présidente du Réseau des femmes afghanes (AWN), elle a lutté activement pour faire en sorte que les voix et les préoccupations des femmes soient représentées aux plus hauts niveaux du gouvernement. Dans le même temps, militante déterminée sur la scène internationale, elle ne cesse de rappeler aux gouvernements et aux potentiels donateurs que la sauvegarde et le renforcement des droits des femmes en Afghanistan doivent faire partie de tout dialogue engagé avec les dirigeants du pays. Le chemin est semé d’embûches mais elle ne se décourage pas, luttant pour la cause des femmes défenseures des droits humains, veillant à ce que leurs préoccupations soient entendues.

« Les femmes devraient bénéficier des mêmes chances que les hommes pour faire de l’Afghanistan un pays meilleur. »

EUROPE

Jeanette John Solstad Remø – Elle n’attendra pas … d’avoir le droit d’être reconnue comme femme

Jusqu’à récemment, elle s’appelait John Jeanette, son prénom traduisant la double identité qu’elle était forcée d’accepter chaque jour en Norvège. Cet ancien commandant de sous-marin ne pouvait envisager son avenir autrement qu’en tant que femme. La législation norvégienne, cependant, ne l’autorisait pas à changer de genre à l’état civil sans subir une « véritable conversion sexuelle » impliquant le retrait de ses organes reproducteurs et un examen psychiatrique. John Jeanette a refusé de se soumettre à ces épreuves. En conséquence, sur tous ses papiers, que ce soit son permis de conduire, son passeport, ses ordonnances médicales et même sa carte de bibliothèque, le genre indiqué restait « masculin ». Elle a milité sans relâche contre la législation norvégienne et ses actions, ainsi que celles des personnes et organisations qui la soutenaient – dont Amnesty International – lui ont permis de remporter une grande victoire. En 2016, la Norvège a enfin adopté une nouvelle loi sur la reconnaissance officielle du genre, qui permet aux personnes transgenres de choisir leur genre. Aujourd’hui, pour célébrer cet événement, John Jeanette a changé son nom et s’appelle désormais Jeanette John.

« Tout le monde mérite de pouvoir exprimer son genre. »

MOYEN-ORIENT ET AFRIQUE DU NORD

Loujain al Hathloul – Elle n’attendra pas … d’avoir le droit de conduire

Sans craintes et impressionnante, Loujain al Hathloul s’est révoltée contre l’interdiction de conduire en vigueur pour les femmes en Arabie saoudite et en a assumé les conséquences. En novembre 2014, elle a été placée en détention pour 73 jours parce qu’elle avait posté en direct sur Twitter des messages et des photos d’elle en train de conduire une voiture pour traverser la frontière alors qu’elle revenait des Émirats arabes unis. Libérée en février 2015, elle s’est présentée à une élection en novembre de la même année : c’était la première fois que les femmes avaient à la fois le droit de voter et d’être candidates à une élection dans le pays. Toutefois, bien qu’elle ait finalement été reconnue officiellement comme candidate, aucun bulletin à son nom n’a été produit. Aujourd’hui, elle continue de lutter afin de bâtir un avenir meilleur pour tous les Saoudiens. Un avenir dans lequel les femmes pourront jouir de leurs droits en tant que citoyennes à part entière de leur pays.

« Je gagnerai. Peut-être pas tout de suite, mais je gagnerai, c’est sûr et certain. »

Narges Mohammadi – Elle n’attendra pas… qu’une autre femme soit défigurée dans une attaque à l’acide

Défenseure passionnée des droits des femmes en Iran, Narges Mohammadi n’a eu de cesse de dénoncer les attaques à l’acide visant des femmes. Elle a également mené de nombreuses autres actions en faveur des droits humains, notamment en demandant l’abolition de la peine de mort, et a payé le prix fort pour son engagement. Elle a été condamnée à un total de 22 années d’emprisonnement pour avoir osé faire entendre sa voix. Le tribunal a notamment retenu à titre de « preuve » contre elle sa rencontre avec l’ex-haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, en 2014, lors de la Journée internationale des droits des femmes. « Dans un pays où il est aussi difficile d’être une femme que d’être une mère ou une défenseure des droits humains, être les trois à la fois est un crime impardonnable », a-t-elle récemment écrit depuis sa prison. En 2016, Narges Mohammadi a entamé une grève de la faim parce qu’elle n’était pas autorisée à parler au téléphone avec ses deux enfants, qui vivent désormais en France avec leur père. Ses enfants peuvent désormais lui parler une fois par semaine, mais ils font face à la perspective de vivre sans leur mère pendant de nombreuses années.

« Me voilà ici, dans ma patrie, déclarée coupable et emprisonnée parce que je suis une défenseure des droits humains, une féministe et une opposante à la peine de mort. [Mais] non seulement mon incarcération et ma récente condamnation à 16 ans de prison ne me font rien regretter mais elles renforcent même plus que jamais ma conviction et mon engagement dans la défense des droits humains. »

(Merci à Janet Hudgins, le reporter pour cet article.)

Canada: la Cour suprême entérine le droit de négociation, les enseignant(e)s savourent leur victoire

DROITS DE L’HOMME .

Un article de l’Internationale de l’Education

A l’issue d’un bras de fer juridique particulièrement rude et clivant, les éducateurs/trices de Colombie-Britannique célèbrent la décision de la Cour suprême qui réaffirme le droit à la négociation collective et ouvre la porte à l’embauche de centaines d’enseignant(e)s. L’ensemble des gouvernements canadiens sont tenus de respecter le droit de négociation et les conventions collectives


Selon toute vraisemblance, le gouvernement de Colombie-Britannique devra embaucher des centaines d’enseignant(e)s et devra allouer chaque année entre 250 millions et 300 millions de dollars canadiens (soit entre 170 et 205 millions d’euros) supplémentaires à l’éducation. En effet, la Cour suprême du Canada vient d’invalider la décision prise le 10 novembre 2015 par la Cour d’appel de Colombie-Britannique en faveur du gouvernement provincial. Ce jugement réhabilite la décision initialement prise par la juge de la Cour suprême, Susan Griffin, en faveur des syndicats. Ces estimations financières ont été avancées, au terme d’une bataille juridique engagée en 2002 par les syndicats, par Glen Hansman, Président de la Fédération des enseignantes et enseignants de la Colombie-Britannique (BCTF), une organisation membre de la Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants (FCE), qui est elle-même affiliée à l’Internationale de l’Education.

« La victoire obtenue aujourd’hui est un succès historique pour le respect de nos droits, et vient légitimer toutes ces années passées à combattre la politique anticonstitutionnelle mise en œuvre par le gouvernement de Colombie-Britannique qui a eu ainsi toute la latitude pour sous-financer l’éducation », s’est réjoui Hansman. « Désormais, nous entrevoyons une lueur d’espoir pour tous les étudiantes et étudiants de ce système scolaire qui, nous le souhaitons, verront les conditions d’apprentissage et le niveau de soutien s’améliorer. Nous espérons également que les enseignantes et enseignants bénéficieront de nouveau de conditions d’enseignement plus justes et plus acceptables. »

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Question(s) related to this article:

The right to form and join trade unions, Is it being respected?

(. . . suite)

Ce jugement marque le point final d’une procédure juridique particulièrement longue, au cours de laquelle la BCTF n’a cessé de répéter que le gouvernement, en privant les enseignant(e)s de leurs conventions collectives et de leur droit de négociation en 2002, et en refusant par la suite de prendre en compte cette situation, agissait de façon anticonstitutionnelle. La Cour suprême du Canada a donc confirmé le droit de négociation des enseignant(e)s, et a reconnu la légitimité des arguments avancés par la BCTF depuis les premières violations de conventions collectives des enseignant(e)s par la ministre de l’Education, Christy Clark.

Ce jugement marque le point final d’une procédure juridique particulièrement longue, au cours de laquelle la BCTF n’a cessé de répéter que le gouvernement, en privant les enseignant(e)s de leurs conventions collectives et de leur droit de négociation en 2002, et en refusant par la suite de prendre en compte cette situation, agissait de façon anticonstitutionnelle. La Cour suprême du Canada a donc confirmé le droit de négociation des enseignant(e)s, et a reconnu la légitimité des arguments avancés par la BCTF depuis les premières violations de conventions collectives des enseignant(e)s par la ministre de l’Education, Christy Clark.

« Je tiens à féliciter la Fédération des enseignantes et enseignants de la Colombie-Britannique pour son engagement et sa détermination sans failles qui ont permis à la justice de triompher », a déclaré la Présidente de la FCE, Heather Smith. « Cette décision envoie un signal fort à tout gouvernement provincial/territorial qui entendrait bafouer les droits des enseignantes et enseignants par la voie juridique. »

La BCTF réclame l’application immédiate de la décision

Cet arrêt a réhabilité sans délai les clauses du contrat des enseignant(e)s qui avaient été supprimées par le gouvernement libéral en 2002, relatives à la taille des classes, au nombre d’étudiant(e)s ayant des besoins particuliers pouvant être admis au sein d’une classe et au nombre d’enseignant(e)s spécialisé(e)s devant être recruté(e)s dans les écoles.

Hansman a indiqué qu’il faudrait probablement un certain temps pour rétablir la taille des classes au niveau de 2002, le syndicat ayant perdu l’équivalent de 3.500 postes à temps plein au cours des 15 dernières années. Par ailleurs, il a appelé « le gouvernement à prendre des mesures immédiates afin d’appliquer de nouveau ces dispositions, de façon à ce que nous retrouvions un système scolaire qui finance et soutienne comme il se doit les enseignantes et enseignants, les écoles et les étudiantes et étudiants. »

(Merci à Janet Hudgins, le reporter pour cet article.)

La réponse officielle de San Francisco à l’élection de Trump

DROITS DE L’HOMME .

Un article de Presenza (Article traduit de l’anglais par Sabine Haouara et Jean-Marc Dunet, reproduis selon les provisions de Creative Commons

Le conseil des autorités de surveillance de San Francisco a récemment pris une résolution introduite par le président du conseil London Breed en réponse à l’élection de Donald Trump. Voici le texte de la résolution :


(Crédit image : San Francisco Bay Times)

ATTENDU QUE, le 8 Novembre 2016 Donald Trump a été élu pour devenir le 45ème président des États-Unis, en conséquence de quoi

A ÉTÉ PRISE LA RÉSOLUTION : quelles que soient les menaces proférées par le président élu Trump, San Francisco demeurera une Ville Sanctuaire. Nous ne tournerons pas le dos aux hommes et aux femmes originaires d’autres pays qui participent à la grandeur de la ville et qui représentent plus d’un tiers de la population. Il y a ici le Golden Gate : nous construisons des ponts, pas des murs ; et, cela étant

A ÉTÉ PRISE LA RÉSOLUTION : nous ne reviendrons jamais sur les droits des femmes, que cela soit dans le domaine de la santé, du travail ou dans n’importe quel domaine menacé par un homme qui traite les femmes comme des obstacles à rabaisser ou des objets à agresser. Et non moins important, nous nous assurerons que nos jeunes filles grandiront avec des modèles qui leur montrent qu’elles peuvent être et faire ce qu’elles veulent ; et, cela étant

A ÉTÉ PRISE LA RÉSOLUTION : il n’y aura pas de thérapie de conversion, ni de suppression des droits à San Francisco. Nous avons commencé à accueillir les mariages homosexuels depuis 12 ans et nous n’allons pas nous arrêter maintenant. Et pour toutes les personnes LGBTQ* de tout le pays qui se sentent effrayés, intimidés, ou seuls : vous comptez. Vous êtes vus, vous êtes aimés ; et San Francisco n’arrêtera jamais de se battre pour vous ; et, cela étant

A ÉTÉ PRISE LA RÉSOLUTION : nous croyons encore au principe fondamental de liberté religieuse de cette nation. Nous ne bannissons pas des personnes pour leur foi. Et les seules listes que l’on garde sont des invitations à venir prier ensemble ; et, cela étant

A ÉTÉ PRISE LA RÉSOLUTION : la vie des personnes de couleur compte à San Francisco, même si cela pourrait ne pas être le cas à la Maison Blanche. Et, guidés par l’équipe de travail du président Obama sur la police du 21ème siècle, nous continuerons à réformer notre service de police et à reconstruire une relation de confiance entre la police et les communautés de couleur afin que tous les citoyens se sentent en sécurité dans leurs quartiers ; et, cela étant

(Voir suite sur colonne de droite. . . )

( Clickez ici pour l’originale anglaise de cet article.)

Question for this article:

Is the post-election fightback for human rights gathering force in the USA?

(. . . suite)

A ÉTÉ PRISE LA RÉSOLUTION : le changement climatique n’est pas un canular ou un complot des Chinois. Dans cette ville entourée d’eau sur trois côtés, la science est importante. Et nous continuerons notre travail sur l’Energie propre, le Zéro déchet, ainsi que tout ce que nous faisons pour protéger les générations futures ; et, cela étant

A ÉTÉ PRISE LA RÉSOLUTION : nous avons fourni des soins de santé à tous dans cette ville depuis presque une décennie, et si la nouvelle administration va au bout de sa promesse impitoyable d’annuler l’assurance maladie pour 20 millions de personnes, les habitants de San Francisco seront protégés ; et, cela étant

A ÉTÉ PRISE LA RÉSOLUTION : nous sommes le lieu de naissance des Nations Unies, une ville rendue plus forte par les milliers de visiteurs internationaux que nous accueillons chaque jour. Nous resterons engagés pour l’internationalisme ainsi que pour nos amis et alliés du monde entier – que cela soit ou ne soit pas le cas de l’administration à Washington ; et, cela étant

A ÉTÉ PRISE LA RÉSOLUTION : San Francisco restera une des premières villes pour le transport et continuera à construire les systèmes Muni et BART [réseaux de transport de San Francisco, NDT] sur lesquels nous pouvons tous compter, même si l’administration de Washington va au bout de son projet de supprimer le financement fédéral pour le transport en commun ; et, cela étant

A ÉTÉ PRISE LA RÉSOLUTION : la Californie est la sixième plus grande économie du monde. La région de la Baie est la capitale de l’innovation du pays. Nous ne serons pas intimidés par les menaces de révoquer notre financement fédéral, et nous ne voulons pas non plus sacrifier nos valeurs ou les membres de notre communauté pour vos dollars ; et, cela étant

A ÉTÉ PRISE LA RÉSOLUTION : nous condamnons tous les crimes et les discours haineux perpétués en raison de cette élection. Et bien que les États-Unis vont bientôt avoir un président qui a fait preuve d’un manque de respect envers les valeurs que nous tenons en haute estime à San Francisco, il ne peut pas changer qui nous sommes, et il ne changera jamais nos valeurs. Nous argumentons, nous militons, nous débattons vigoureusement au sein de San Francisco, mais sur ces points nous sommes unis à 100 %. Nous combattrons la discrimination et l’irresponsabilité dans toutes ses formes. Nous sommes une Ville. Et nous avancerons ensemble.

* LGBTQ : lesbienne, gay, bisexuel, transexuel, Queer

France: Territoires zéro chômeur de longue durée

DROITS DE L’HOMME .

Un article de ATD Quart Monde

Dans le cadre de la Journée mondiale du refus de la misère, les « Territoires zéro chômeur de longue durée », une expérimentation initiée par ATD Quart Monde, lancent un avis de grève du chômage. Le 15 octobre, autour de piquets de grève conviviaux, chacun se mettra au travail.

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La grève du chômage, qu’est-ce que c’est?

De la même manière que des salariés mécontents de leurs conditions de travail cessent leur activité, des citoyens qui protestent contre la privation d’emploi entament une grève du chômage.

Les chômeurs et les personnes qui les soutiennent effectueront des travaux utiles qui ne sont pas réalisés actuellement (cf dossier de presse).

Pourquoi ?

Le projet « Territoires zéro chômeur de longue durée » se propose de créer de nouveaux emplois financés par le transfert des coûts liés au chômage de longue durée. Mais cela est impossible sans une loi qui l’y autorise. Portée par Laurent Grandguillaume, député de la Côte-d’Or, cette proposition de loi sera examinée en première lecture à l’Assemblée Nationale la semaine du 23 novembre 2015.

Quels travaux dans quels lieux ?

Ce n’est ni le travail, ni les compétences qui manquent. Les acteurs du projet – chômeurs, entrepreneurs, élus… – ont identifié des besoins sociaux non satisfaits.Le 15 octobre, les grévistes accompliront les travaux correspondants dans chacun des territoires.

Ille-et-Vilaine : Pipriac et Saint Ganton

Création d’un jardin partagé entre la maison de retraite et le foyer de vie de personnes handicapées, travaux de terrassement sur le site du village néolithique, travaux divers d’entretien et d’embellissement du centre bourg, appui ponctuel au travail de récolte d’un maraîcher, faire traverser les enfants devant les écoles de Pipriac et Saint-Ganton, collecte de cartons et papiers auprès d’entreprises, travail administratif divers dans les deux mairies et en entreprise.

Meurthe-et-Moselle : Pays de Colombey et du Sud Toulois

A la base de loisirs de Favières, un atelier de fabrication de jus de pommes « cuvée des bras perdus » et une « Halle des compétences » qui permettra de décliner les métiers et savoirs-faire identifiés.

Deux-Sèvres : Grand Mauléon

Débroussaillage d’espaces publics, mise en place d’une collecte de recyclables auprès des personnes âgées, ateliers de lecture, d’initiation à l’informatique et création d’un circuit touristique.

Nièvre : à Prémery, Communauté de communes Entre Nièvres et forêts

Une partie des locaux d’une usine désaffectée sera remise en état pour aménager la première entreprise conventionnée du territoire.

Pour en savoir plus, téléchargez le communiqué et le dossier de presse

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Can state funds be used to provide work for the unemployed?

L’ONU: Des déplacements de populations plus importants que jamais

DROITS DE L’HOMME .

Un article de L’agence des Nations Unies pour les réfugiés

Les guerres, les conflits et la persécution ont généré le plus grand nombre – jamais observé dans l’histoire moderne – de personnes déracinées en quête de refuge et de sécurité, selon un nouveau rapport du HCR. Le tout dernier Rapport du HCR sur les Tendances mondiales, publié jeudi, fait état d’une hausse considérable du nombre de personnes forcées à fuir, avec 59,5 millions de déracinés à la fin 2014 en comparaison de 51,2 millions l’année précédente et 37,5 millions il y a une décennie. L’augmentation depuis 2013 est la plus importante jamais enregistrée en une seule année.

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Cette hausse majeure survient depuis début 2011 après l’éruption du conflit en Syrie qui génère désormais le plus important déplacement de populations jamais enregistré à travers le monde. En 2014, chaque jour, quelque 42 500 personnes sont devenues des réfugiés, des demandeurs d’asile ou des déplacés internes. Ce chiffre représente une augmentation par quatre en tout juste quatre ans. A travers le monde, un humain sur 122 est désormais soit un réfugié, soit un déplacé interne ou encore un demandeur d’asile. Si cette population correspondait à celle d’un pays, celui-ci se classerait au 24e rang au niveau mondial.

« Nous sommes les témoins d’un changement de paradigme, d’un glissement incontrôlé vers une ère qui est désormais le théâtre de déplacements forcés sans précédent à travers le monde. La réponse nécessaire éclipse désormais tout ce que nous avons mis en œuvre auparavant », a déclaré le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés António Guterres. « Il est terrifiant que, d’une part, l’impunité augmente quant à l’éruption de ces conflits et que, d’autre part, la communauté internationale semble totalement incapable de travailler conjointement pour faire cesser les guerres ainsi que pour édifier et préserver la paix. »

Selon le rapport du HCR, dans toutes les régions, le nombre de réfugiés et de personnes déplacées internes est en hausse. Ces cinq dernières années, au moins 14 conflits ont éclaté ou ont repris : Huit en Afrique (en Côte d’Ivoire, en République centrafricaine, en Libye, au Mali, au nord du Nigéria, en République démocratique du Congo, au Soudan du Sud et, cette année, au Burundi) ; trois au Moyen-Orient (en Syrie, en Iraq et au Yémen) ; un en Europe (Ukraine) et trois en Asie (Kirghizistan ainsi que dans plusieurs régions du Myanmar et du Pakistan). Seul un petit nombre de ces crises ont été résolues et la plupart continuent de générer de nouveaux déplacements de populations. En 2014, seulement 126 800 réfugiés ont pu retourner dans leurs pays d’origine, c’est le nombre le plus faible enregistré en 31 ans.

Parallèlement, après plusieurs décennies d’instabilité et de conflits en Afghanistan, en Somalie et ailleurs, des millions de ressortissants de ces pays demeurent déracinés ou – et ce, de plus en plus souvent – bloqués durant des années en marge de la société et dans l’incertitude de la vie en tant que déplacé interne ou réfugié. Parmi les conséquences récentes et visibles des conflits à travers le monde ainsi que des terribles souffrances qu’ils causent, on observe une croissance spectaculaire du nombre de réfugiés en quête de sécurité qui entreprennent des traversées périlleuses en mer, y compris en Méditerranée, dans le golfe d’Aden et en mer Rouge, ainsi qu’en Asie du Sud-Est.

Plus de la moitié de la population réfugiée est composée d’enfants

Le rapport du HCR sur les Tendances mondiales montre que, pour la seule année 2014, quelque 13,9 millions de personnes sont devenues des déplacés internes, soit quatre fois le nombre observé en 2010. A travers le monde, il y avait 19,5 millions de réfugiés (contre 16,7 millions en 2013), 38,2 millions de déplacés à l’intérieur de leur propre pays (contre 33,3 millions en 2013) et 1,8 million de personnes qui attendaient le résultat de l’examen de leur demande d’asile (contre 1,2 million en 2013). Plus de la moitié de la population réfugiée est composée d’enfants, une proportion tout à fait alarmante.

« Du fait de graves pénuries de fonds et de profondes lacunes dans le régime mondial de protection des victimes de guerre, les personnes ayant besoin de compassion, d’aide et de refuge sont laissées à elles-mêmes », a indiqué António Guterres. « Dans cette ère de déplacements de population massifs et sans précédent, nous avons besoin d’une réponse humanitaire de grande ampleur et d’un engagement mondial renouvelé envers la tolérance et la protection des personnes fuyant le conflit et la persécution. »

(Voir suite sur colonne de droite. . . )

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Question(s) related to this article:

What is the state of human rights in the world today?

(. . . suite)

La Syrie est le plus important pays générateur au monde, à la fois de personnes déplacées internes (7,6 millions) et de réfugiés (3,88 millions à la fin 2014). L’Afghanistan (2,59 millions) et la Somalie (1,1 million) sont respectivement les deuxième et troisième pays générateurs de réfugiés.

Même dans ce contexte d’importante augmentation, la répartition mondiale des réfugiés demeure fortement biaisée. Les réfugiés continuent de rejoindre principalement des pays moins avancés, plutôt que des pays riches. Près de neuf réfugiés sur 10 (soit 86 pour cent) se trouvaient dans des régions et des pays considérés comme économiquement moins développés. Un quart de la population réfugiée se trouvait dans des pays classés parmi la liste des Nations Unies sur les Pays les moins avancés (PMA).

Europe (+ 51%)

Plusieurs sujets ont attiré l’attention du public, à la fois positivement et négativement, sur les questions de réfugiés dans cette région : le conflit en Ukraine, un chiffre tristement record de 219 000 personnes ayant tenté la traversée de la Méditerranée et le grand nombre de réfugiés syriens qui se trouvent en Turquie – un pays qui, en 2014, est devenu le plus important pays hôte de réfugiés au monde avec 1,59 million de réfugiés syriens présents à la fin 2014. Au sein de l’UE, la majorité des demandes d’asile ont été déposées en Allemagne et en Suède. Globalement, le nombre de personnes déracinées en Europe totalisait 6,7 millions à la fin de l’année, en comparaison de 4,4 millions à la fin 2013. Parmi les personnes déracinées se trouvant en Europe, une majorité d’entre elles sont des Syriens qui se trouvent en Turquie ainsi que des Ukrainiens ayant trouvé refuge en Fédération de Russie.

Moyen-Orient et Afrique du Nord (+ 19%)

Les souffrances massives résultant de la guerre en Syrie, avec 7,6 millions de déplacés internes et 3,88 millions de personnes déracinées dans la région et au-delà en tant que réfugiés, font du Moyen-Orient à la fois le générateur le plus important et le principal hôte de personnes déracinées au monde. Aux pics statistiques alarmants concernant les réfugiés syriens s’ajoutent les nouveaux déplacements de populations d’au moins 2,6 millions de personnes en Iraq – où 3,6 millions de personnes au total étaient déplacées internes à la fin 2014 – ainsi que de 309 000 personnes nouvellement déplacées en Libye.

Afrique sub-saharienne (jusqu’à 17%)

Souvent négligés, de nombreux conflits en Afrique, notamment en République centrafricaine, au Soudan du Sud, en Somalie, au Nigéria, en République démocratique du Congo et ailleurs, ont généré tous ensemble d’immenses déplacements de populations en 2014. En proportion, ils sont à peine moins élevés qu’au Moyen-Orient. En tout, l’Afrique subsaharienne comptait 3,7 millions de réfugiés et 11,4 millions de déplacés internes, dont 4,5 millions d’entre eux ont été nouvellement déplacés en 2014. Le taux de 17 pour cent d’augmentation globale exclut le Nigéria, car la méthodologie pour compter les déplacements internes a changé au cours de l’année 2014 et les statistiques ne sont pas fiables[1]. L’Ethiopie a remplacé le Kenya en tant que plus important pays hôte de réfugiés en Afrique et cette nation se classe au cinquième rang des pays hôtes à travers le monde.

Asie (+ 31%)

L’Asie est de longue date l’une des principales régions génératrices de déplacements de populations au monde. Le nombre de réfugiés et de personnes déplacées internes y a augmenté de 31 pour cent en 2014 et s’élève désormais à neuf millions de personnes. L’Afghanistan, précédemment premier pays générateur de réfugiés au monde, a cédé cette triste place à la Syrie. Les déplacements de populations se poursuivent dans et depuis le Myanmar en 2014, y compris des Rohingyas de l’Etat de l’Ouest-Rakhine ains que dans les régions du Nord-Shan et de Kachin. L’Iran et le Pakistan demeurent deux des quatre pays accueillant le plus grand nombre de réfugiés au monde.

Amériques (+ 12%)

Les Amériques ont également été le théâtre d’une hausse des déplacements forcés de populations. Le nombre de réfugiés colombiens a chuté de 36 300 et s’élève désormais à 360 300 en 2014, ceci surtout en raison d’une révision du nombre de réfugiés signalée par le Venezuela. La Colombie compte encore l’une des plus importantes populations déplacées internes, avec six millions de personnes ainsi que 137 000 Colombiens nouvellement déplacés en 2014. Avec un grand nombre de personnes fuyant la violence des gangs ou d’autres formes de persécution en Amérique centrale, les États-Unis ont vu 36 800 demandes d’asile déposées de plus qu’en 2013, soit une croissance de 44 points.

Le rapport complet du HCR (en anglais) sur les Tendances mondiales – incluant également des informations et statistiques par pays, sur les enfants réfugiés non accompagnés, sur le nombre des personnes de retour dans leur pays et sur les estimations de la population apatride – est disponible au http://unhcr.org/556725e69.html.

Le Prix WACC-SIGNIS pour les Droits de l’Homme 2014 décerné à “Taxi Téhéran”

DROITS DE L’HOMME .

une article par Signis, Association Catholique Mondiale pour la Communication

Le Prix WACC-SIGNIS pour les Droits de l’Homme 2014 a été décerné au film Taxi Téhéran réalisé par Jafar Panahi (Iran, 2014), un long métrage documentaire qui reflète la société iranienne contemporaine.

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“Taxi”, par Jafar Panahi © Jafar Panahi Film Productions

Une manière insolite et créative de promouvoir le droit à communiquer, de défier la censure et de briser le tabou du silence qui enserre l’Iran. C’est ce que propose Taxi Téhéran , dans lequel un taxi jaune parcourt les rues animées de Téhéran, accueillant divers passagers libres de s’exprimer avec franchise en répondant aux questions du chauffeur, qui n’est autre que le réalisateur Jafar Panahi.

Taxi Téhéran joue un double jeu visuel, en mettant en scène la liberté d’expression tout en montrant, avec ironie, comment les nouvelles technologies font aujourd’hui partie intégrante des interactions sociales. Le film souligne et critique la manière dont les images qui proviennent des médias dictent souvent la perception qu’ont les gens de ce qui est officiel, authentique et légal, par opposition à ce qui est officieux, faux ou tout simplement criminel.

Panahi a obtenu une reconnaissance internationale dès son premier long métrage, Le Ballon blanc, qui a remporté la Caméra d’or au Festival de Cannes en 1995, le premier prix majeur décerné à un film iranien à Cannes. Bien que ses films aient souvent été interdits dans son propre pays, il a continué à séduire les cinéphiles du monde entier et a reçu de nombreux prix dont le Léopard d’or du festival de Locarno pour Le Miroir (1997), le Lion d’or à Venise pour Le Cercle (2000), et l’Ours d’argent du Meilleur réalisateur à la Berlinale pour Offside (2006).

Les films de Panahi sont connus pour leur perspective humaniste sur la vie en Iran, s’intéressant souvent aux difficultés des enfants, des pauvres, et des femmes. De lui, il déclare : “Je suis un cinéaste. Je ne sais rien faire d’autre que de faire des films. Le cinéma est mon moyen d’expression et le sens de ma vie. Rien ne peut m’empêcher de faire des films. Car quand je suis poussé à bout, je me sens connecté avec moi-même.”

Abbas Kiarostami, qui a donné ses lettres de noblesse au cinéma iranien, met souvent en scène ses personnages en voiture, afin que le public voie ce que l’acteur voit. Le véhicule et le regard du spectateur se rejoignent comme dans une caméra en mouvement, qui permet au cinéaste de partager sa vision et ses pensées avec le spectateur.

Jafar Panahi utilise une technique similaire dans Taxi Téhéran , mais cette décision n’est pas entièrement volontaire. Panahi n’est pour l’instant ni autorisé à réaliser des films dans son pays, ni à voyager à l’étranger. Condamné à une peine de prison, il a été libéré suite aux pressions venant de nombreux pays. Et il a choisi de ne pas respecter l’interdiction de filmer qu’on lui a imposée.

Taxi Téhéran est donc un acte courageux de résistance. Le cinéaste joue le rôle du chauffeur de taxi dans son propre film, conversant avec les passagers qu’il emmène à travers les rues de Téhéran. Certains de ces passagers s’expriment ouvertement sur les manquements démocratiques en Iran. A cet égard, Taxi Téhéran est un film politiquement engagé.

Le film ne manque pas non plus d’humour. Et le chauffeur et ses passagers parlent aussi beaucoup de cinéma. Il en résulte des conversations passionnantes et une approche lucide sur les événements actuels.

Le Prix WACC-SIGNIS pour les Droits de l’Homme récompense un documentaire qui met en lumière des questions sur les Droits de l’Homme qui reflète les valeurs et priorités des associations chrétiennes WACC.

(Cliquez ici pour la version anglaise de cet article ou ici pour la version espagnole.)

Question pour cet article:

Amnesty International: L’année 2014 a été terrible

DROITS DE L’HOMME .

an article by Salil Shetty, secrétaire général d’Amnesty International

Ainsi que nous l’avons montré dans le rapport annuel, l’année 2014 a été terrible pour ceux et celles qui cherchent à défendre les droits humains, et aussi pour les hommes, les femmes, les enfants qui vivent dans des régions en proie à la guerre.

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Les gouvernements profèrent de belles paroles sur la nécessité de protéger les civils. Cependant, dans le monde entier, les dirigeants politiques se sont montrés incapables de protéger les personnes qui en ont le plus besoin. Amnesty International est convaincue que cette situation peut et devra changer.

Le droit international humanitaire, qui s’applique aux situations de conflit armé, est parfaitement clair. Les attaques ne doivent jamais viser les civils. Le principe de la distinction entre civils et combattants est une garantie fondamentale pour celles et ceux qui sont pris dans la tourmente des guerres.

Et pourtant, à maintes reprises, les civils ont été durement touchés par les conflits. En cette année du 20e anniversaire du génocide rwandais, les responsables politiques ont souvent foulé aux pieds les règles de protection des civils, ou se sont gardés d’intervenir lorsque d’autres qu’eux commettaient des violations meurtrières de ces règles. . .

En 2014, 30 ans s’étaient écoulés depuis l’adoption de la Convention contre la torture des Nations unies. Pour ce traité-là également, Amnesty International avait fait campagne pendant de longues années, et c’est en partie grâce à cette action que le prix Nobel de la paix lui a été décerné en 1977.

Cet anniversaire méritait d’être célébré, mais il a aussi permis de souligner que la torture est toujours monnaie courante dans le monde entier, ce qui a incité Amnesty International à lancer sa grande campagne Stop Torture en 2014.

Le message formulé contre la torture a acquis une résonance particulière après la publication en décembre d’un rapport du Sénat américain, d’où se dégageait une propension à approuver le recours à la torture au cours des années suivant les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis. Il était étonnant de voir que certains responsables d’actes de torture semblaient encore penser qu’ils n’avaient nullement à en avoir honte.

De Washington à Damas, d’Abuja à Colombo, de hautes personnalités gouvernementales ont justifié d’atroces violations des droits humains en expliquant qu’elles répondaient à un impératif de « sûreté ». Mais c’est l’inverse qui est vrai. Si nous vivons aujourd’hui dans un monde si dangereux, c’est notamment à cause de ces violations. Une sécurité réelle ne peut être instaurée sans le respect des droits humains.

Nous avons bien souvent constaté que, même dans des périodes qui semblent de mauvais augure pour les droits humains – et peut-être tout particulièrement dans ces conditions – il est possible de susciter des changements remarquables.

Nous devons nourrir un espoir : au cours des années à venir, lorsque nous nous souviendrons de 2014, ce que nous avons vécu cette année-là sera jugé comme le point le plus bas, d’où nous nous serons élevés vers un avenir meilleur.

(Cliquez ici pour une version espagnole de cet article, ou ici pour une version anglaise.)

Question(s) related to this article:

What is the state of human rights in the world today?

Latest reader comment:

Each year we get overviews of the state of human rights in the world from Amnesty International and Human Rights Watch.