Les Émirats arabes unis accueillent à nouveau le Forum de la paix d’Abu Dhabi, anciennement connu sous le nom de Forum pour la promotion de la paix dans les sociétés musulmanes. Cette neuvième édition de la réunion débutera le mardi 8 novembre et se déroulera pendant trois jours sous le titre “Conflits mondiaux et paix universelle : besoins urgents et opportunités de partenariat”. Elle réunira plus de 30 organisations internationales pionnières dans la promotion de la paix et près de 500 participants de 60 pays différents, représentant tous les continents.
“Le rôle du Forum de la paix, […] qui est habituellement accueilli par Abu Dhabi et qui est l’un des forums les plus importants du monde islamique, est de servir d’espace de discussion des problèmes humanitaires et des conflits intellectuels et religieux dans les sociétés musulmanes”, peut-on lire sur le site officiel du forum. “Des centaines d’érudits et de penseurs islamiques participent à ce forum afin d’établir une position unifiée pour faire face aux troubles et aux actes de violence dans le monde islamique.
Des chefs religieux, des hommes politiques, des fonctionnaires, des représentants d’organisations nationales et internationales et des militants de la paix du monde entier se rendront aux Émirats arabes unis pour aborder la promotion de la paix à l’un des moments les plus critiques pour la communauté internationale au cours des dernières décennies. Avec plusieurs conflits armés qui font rage, plus de 100 millions de réfugiés – selon le HCR – et une insécurité alimentaire et énergétique croissante qui menace notamment les régions les plus pauvres du monde, les participants au forum sont confrontés à l’une des réunions les plus complexes depuis que le forum a ouvert ses portes en 2014.
Renforcer la coexistence entre les sociétés musulmanes, raviver les valeurs interconfessionnelles, créer un espace pour diffuser le message de paix et renforcer le rôle des EAU dans tous ces domaines sont les principaux objectifs du Forum de la paix. Cette année, ils devraient être travaillés sur la base de quatre thèmes centraux : les défis de la paix mondiale face à un ordre international en crise, le rôle des jeunes et des femmes dans la promotion de la paix, l’universalité de la paix face à la mondialisation de la guerre, et le rôle des leaders religieux dans le processus de paix.
Le forum est né en 2014, sous la présidence de S.E. Shaykh Abdullah bin Bayyah, et le patronage du prince héritier des Émirats arabes unis de l’époque, Mohammed bin Zayed, sous le nom de ” Forum pour la promotion de la paix dans les sociétés musulmanes “. Depuis lors, la réunion est devenue un espace de référence dans le monde islamique, où les érudits s’efforcent de promouvoir la paix, la tolérance et la correction de certains concepts.
En 2021, lorsque la réunion a officiellement changé de nom pour devenir le Forum pour la paix d’Abou Dhabi, le forum a été lancé sur la place Al Wasl de l’Expo 2020 de Dubaï.
Le Prix international de la paix Imam Hassan bin Ali
En outre, le Forum de la paix d’Abu Dhabi est – depuis 2015, soit un an seulement après sa naissance – une plateforme qui s’efforce de donner du pouvoir à la créativité dans la défense de la paix grâce à l’initiative ” Peacemakers Hackathon “, ainsi qu’un espace pour reconnaître et “honorer les créateurs et les précurseurs de travaux scientifiques et d’initiatives pour la promotion d’une culture de la paix et la consolidation de sa valeur dans les sociétés musulmanes” avec le Prix international de la paix Imam Hassan bin Ali, comme l’explique le site officiel.
Cette année, le lauréat du prix Imam Hassan bin Ali est le président de la République d’Indonésie, Joko Widodo (Jokowi), pour son travail de promotion de la paix pendant sa présidence du G20. Une année particulièrement compliquée pour le groupe en raison de l’adhésion de la Russie, qui a mis en péril – à plus d’une occasion – la conclusion plus ou moins normale des sommets ministériels du groupe tenus jusqu’à présent.
“Pour le président Jokowi, ainsi que pour tout le peuple indonésien, il s’agit d’un prix extraordinaire qui symbolise la confiance dans le président en tant que leader qui diffuse le message et la culture de la paix dans le monde”, a déclaré le ministre d’État indonésien Pratikno après que le secrétaire général du Forum de la paix d’Abou Dhabi, S.E. Shaykh Abdullah bin Bayyah, se soit rendu à Jakarta pour ratifier la remise du prix à Jokowi au palais Merdeka.
“Le monde est actuellement confronté à plusieurs types de crises : une guerre, une crise alimentaire, une crise énergétique. Non seulement les gens n’ont pas les moyens d’acheter, mais les fournitures elles-mêmes ont changé. […]. Donc si nous pouvons faire cela, cela signifie que nous pouvons contribuer à ce monde”, a ajouté Pratikno.
Au terme des travaux du 3e forum de la CEDEAO sur l’éducation à la culture de la paix à travers le dialogue intra et inter religieux, le 29 octobre 2022, la ville de Lomé est déclarée, « capitale de la paix, de la médiation, du dialogue et de la tolérance ». A cet égard, les participants demandent aux Etats, aux partenaires et à l’ensemble de la communauté internationale de soutenir les efforts de Lomé dans la prévention, la résolution des conflits et la promotion de la paix sur le continent et en Afrique de l’Ouest. La rencontre qui a réuni, pendant trois jours, des leaders religieux et communautaires, a formulé plusieurs recommandations contenues dans une déclaration signée par les pays participants. Du côté togolais, c’est le ministre d’Etat en charge de l’Administration territoriale, Payadowa Boukpéssi qui a signé cette déclaration.
Les personnalités et autres participants à cérémonie de clôture du forum
Organisé sous le thème, « Communautés, extrémisme violent et cohésion sociale en Afrique de l’Ouest », le forum sur l’éducation à la culture de la paix à travers le dialogue intra et inter religieux a pris fin, samedi dernier à Lomé. Les échanges de trois jours sur diverses thématiques ont débouché sur un ensemble de recommandations formulées à la lumière du contexte actuel de la sous-région, où les terroristes essaient de récupérer et d’utiliser, dans certains pays, les dissensions entre communautés et entre groupes ethniques à des fins de déstabilisation de la cohésion sociale et d’affaissement des Etats. Ainsi, les parties prenantes aux travaux demandent à la CEDEAO de maintenir la dynamique de la tenue biennale de ce forum. Il y a lieu aussi de mettre en place un mécanisme régional et d’accompagner la mise en place de mécanismes nationaux de suivi de la mise en application des recommandations du forum. Les participants demandent à cette organisation communautaire de soutenir les initiatives nationales et locales pour la promotion de l’éducation à la paix à travers le dialogue intra et inter religieux.
Valoriser les moyens endogènes de prévention et de gestion des conflits
Aux Etats membres, il leur est recommandé de renforcer les capacités des leaders religieux et communautaires dans la lutte contre le radicalisme et l’extrémisme violent, tout en rendant efficace le fonctionnement des conseils interreligieux à l’échelle nationale, ou d’en créer là où il n’en existe pas. Il faut aussi assurer le fonctionnement efficace des plateformes nationales intra et inter religieuses de réseaux de jeunes œuvrant pour la paix, ou en créer là où il n’y en a pas. A l’endroit des communautés, il leur est suggéré de créer des espaces de dialogue en leur sein et entre elles, dans l’optique de promouvoir le vivre ensemble harmonieux et pacifique.
Il faut également valoriser les moyens endogènes de prévention, de gestion et de résolution des conflits, qui sont en cohérence avec les exigences de la démocratie, de l’Etat de droit et des droits de l’Homme. Pour leur part, les partenaires et la communauté internationale devraient soutenir l’action de la CEDEAO et des Etats membres en matière de prévention de l’extrémisme violent. Ils sont aussi sollicités à soutenir davantage les fonds régionaux et nationaux pour permettre à la CEDEAO et aux Etats de mieux promouvoir l’éducation à la culture de la paix à travers le dialogue intra et inter religieux.
Pourquoi faire de Lomé la capitale de la paix ?
En dehors de ces recommandations, les participants au forum ont résolu de faire de la ville de Lomé, la «capitale de la paix, de la médiation, du dialogue et de la tolérance». Une résolution prise à la lumière du rôle clé que le Togo joue en matière de paix et de prévention des conflits dans la sous-région. Les participants estiment donc que le dialogue, la médiation et la tolérance sont des vecteurs ou mécanismes efficaces de promotion de la paix. Ils font observer que la médiation joue un rôle indispensable dans le règlement des conflits dans un monde en pleine mutation et se déclarent fermement attachés à la tolérance, qui joue un rôle primordial dans le développement et la préservation des relations de fraternité, amicales, de bon voisinage et de coexistence pacifique entre les peuples au détriment des idéologies bellicistes, de haine et d’extrémistes. Les participants notent surtout « avec satisfaction que la recherche de la paix constitue le fondement de la politique extérieure de la République togolaise », tout en « considérant l’engagement de Lomé pour une Afrique forte, décomplexée, unie, prospère et pacifique ». Ils ont, également, tenu compte de « l’hospitalité caractéristique de la ville de Lomé, riche de son ouverture aux différentes cultures africaines et d’ailleurs, et son positionnement historique comme lieu de négociation ayant abouti à la résolution de multiples conflits en Afrique ». Le forum a, « à l’esprit, les grandes conférences régionales et internationales que Lomé a abritées sur la paix et les problématiques sécuritaires », tout en « considérant la constance, la détermination et l’engagement proactif de Lomé pour la paix dans l’espace régional et interrégional aujourd’hui ». De même, le forum a accueilli « avec satisfaction la détermination de Lomé à continuer de jouer un rôle primordial au service de la paix en Afrique, non seulement en offrant son cadre pacifique aux grandes conférences de paix régionales et internationales, mais également en mettant son savoir-faire au service de la paix dans la région et sur le continent ». Autant d’arguments qui font de Lomé la « Capitale de la Paix, de la Médiation… ».
A la clôture, le ministre des Affaires étrangères, Pr Robert Dussey, a rappelé l’objectif de ce forum, celui de renforcer les mécanismes de dialogue au sein des différentes communautés, de cultiver la compréhension mutuelle, l’esprit de tolérance et la coexistence pacifique entre les religions, à travers l’éducation à la culture de la paix. Il a, de ce fait, invité les participants à être des porteurs de paix pour le continent africain. « Je voudrais insister sur la nécessité pour nous tous d’être des porteurs de la paix. Si nos cœurs ne sont pas en paix, si nos esprits ne sont pas en paix et si nos langues ne proclament pas le message de la paix, nous sommes disqualifiés pour parler de la paix dans nos communautés religieuses, dans nos quartiers, dans notre région et dans notre sous-région », a-t-il fait noter.
Ils étaient une centaine dans le centre de Chambéry à venir se couper une mèche de cheveux, en solidarité avec les iraniennes. Ces mèches, également récoltées ce samedi à Grenoble et à Lyon, seront envoyées à l’ambassade d’Iran.
Le geste est “dérisoire.” Isabelle en convient volontiers en coupant une mèche d ses cheveux, mais la Chambérienne “veut que ça se sache : nous sommes en solidarité, en sororité” avec les femmes d’Iran, qui “se battent pour être libres” et manifestent depuis le décès de la jeune Masha dans un commissariat de Téhéran.
Ils sont une centaine à avoir répondu à l’appel de la Ligue des droits de l’homme, mais aussi de la CGT, du PCF, d’EELV, du PS de Savoie, d’Amnesty International ou encore du Mouvement pour la Paix.
Pour la représentante du Mouvement pour la Paix en Savoie, Laurette Mugnier, “ce n’est rien par rapport à tout ce que ces femmes endurent depuis si longtemps, en Iran mais pas seulement. On pense aussi aux femmes afghanes qui se battent contre les talibans, aux petites filles qui ne peuvent pas aller à l’école. Au Mouvement de la Paix, on demande à ce qu’une culture de la paix soit promue à l’appel de l’ONU. On ne peut pas simplement les regarder se battre toutes seules en Iran. Le soutien d’un peuple est important pour un peuple qui se bat.”
C’est en persan que résonne Bella Ciao, le chant des partisans et résistants italiens durant la Seconde guerre mondiale. Et sur les marches de l’hôtel de ville, une étoffe mauve recueille des mèches de cheveux longs, de cheveux courts, de femmes, d’hommes, de tous âges. “Elles seront envoyées à l’ambassade d’Iran,” promet au micro Marc Pascal, écologiste et membre du collectif “tous migrants”. “Et le même symbole est utilisé dans d’autres villes : l’ambassade devrait recevoir des cheveux de beaucoup d’endroits de France”.
Déjà pratiqué en début de semaine par des actrices, le geste a fait jaser – se couper une simple mèche, invisible. Marc Pascal insiste : “ce n’est pas que du symbole. Que des gens acceptent de venir porter atteinte à leur intégrité physique en se coupant des cheveux, c’est un geste fort qui dit que l’on s’engage physiquement. C’est important”.
La même manifestation était organisée ce samedi matin, à Lyon. Et dans l’après-midi, à Grenoble.
La consolidation de la paix et de la quiétude sociale sont les seules alternatives pour un développement durable du continent africain.
Conakry a abrité une rencontre d’échanges et de partage d’expériences entre des leaders d’opinion de la Guinée et ceux de la sous-région ouest africaine.
À l’initiative de la synergie d’actions des forces sociales de Guinée, cette rencontre intitulée, le Forum national et sous régional avait pour thème « l’unité nationale et la paix, défis et perspectives ».
Trois jours durant, guinéens, maliens, sénégalais, burkinabè Ivoiriens, Nigérians, Nigériens et autres ont, à travers des panels, focalisé leurs réflexions sur la pérennisation de la paix et des acquis démocratiques dans la sous-région , réputée être le foyer des coups d’État.
Au cours de la cérémonie de clôture de ce Forum, le coordinateur général de la synergie d’actions des forces sociales de Guinée a justifié la démarche par le fait que la Guinée traverse une situation d’instabilité politique depuis une année.
Aux dires de Alseny Oumar Diallo, il est impérieux de recueillir les avis et les recommandations devant servir de bréviaire dans le processus de réconciliation nationale annoncé par le CNRD en Guinée.
« On a besoin des recommandations venant de tout un chacun. Ces différentes recommandations seront dans un document qu’on appel le rapport final. Et il servira de guide dans le processus de réconciliation, de dialogue et de pardon en Guinée. C’est pourquoi dès le début nous avons identifié les sources de division dans notre pays. Aussi, nous avons cherché à connaître les avis de tous les acteurs intervenant dans de processus de réconciliation, pour nous faciliter ces travaux. C’est pourquoi, nous avons invité des pays frères pour partager les expériences et les idées avec eux »,a déclaré le coordinateur général de la synergie d’actions des forces sociales de Guinée.
Pour sa part, Moussa Sey Diallo venu de la République du Mali, par ailleurs porte-parole des panélistes, s’est réjoui de la tenue de cet atelier.
«Je tiens à remercier ceux qui ont organisé cette synergie et qui nous ont invités à venir prendre part à ce forum qui est véritablement une sorte de cours de donner et de recevoir. Il faut passer par cette initiative pour que les africains puissent se côtoyer et se découvrir », a-t-il lancé.
D’après lui, l’étendue et la pertinence du thème vont au-delà de la Guinée. C’est pourquoi il a exhorté les organisateurs à pérenniser leurs actions en ce sens que la Guinée, qui a été le premier pays francophones de la sous-région à accéder à son indépendance, doit servir d’exemple.
« La Guinée doit initier énormément des choses pour essayer d’amener autour d’elle beaucoup d’autres nations »,a ajouté le porte-parole des panélistes.
Présent à ces travaux, Balla condé dit avoir acquis beaucoup d’expériences pouvant lui permettre de sensibiliser ces citoyens et de gérer la communauté. Il promet ainsi de vulgariser les enseignements reçus auprès de ses proches.
«Je vais leur faire comprendre qui est un bon citoyen ? Qu’est ce que nous voulons pour ce pays ? Et leur parler de l’importance de la paix dans un pays. Il est important pour les peuples africains de renforcer les capacités humaines et intellectuelles »,souligne-t-il.
Les panélistes ont enfin invité les décideurs à prôner la paix et la quiétude au sein de leurs Etats respectifs. Selon eux, la culture de la paix et de l’unité nationale, n’a pas de prix.
Le réseau panafricain des jeunes pour la culture de la paix, section Gabon (PAYNCoP Gabon) a organisé, le week-end écoulé, à Oyem, “Un atelier consultatif sur la participation citoyenne et politique des jeunes au Gabon”. L’activité s’est déroulée à l’occasion de la commémoration de la Journée internationale de la démocratie, célébrée le 15 septembre de chaque année.
Après Franceville dans la province du Haut-Ogooué (Est Gabon), Oyem dans la province du Woleu-Ntem (Nord Gabon) a été la deuxième ville à abriter ces ateliers consultatifs qui s’inscrivent dans la cadre de l’initiative intitulée “Projet d’appui à la participation citoyenne et politique des jeunes au Gabon.”
L’activité a été rehaussée par la présence du Gouverneur de province, M. Jules NDJEKI, qui a officiellement lancé les travaux, en présence d’une cinquantaine de participants, issus des organisations de la société civile et des partis politiques (majorité et opposition).
L’initiative, soutenue par le Bureau régional des Nations-Unies pour l’Afrique centrale (UNOCA) en partenariat avec l’UNESCO, a pour objectif d’encourager la participation citoyenne et politique des jeunes au Gabon, notamment avant-pendant et après les élections.
« À travers cet atelier, il s’agira de faire, dans un premier temps, un diagnostic sur la participation citoyenne et politique des jeunes afin d’identifier les défis et obstacles relatifs à cette participation. Ensuite, il reviendra aux participants de trouver des pistes de solution en faisant des recommandations dans le but d’améliorer la participation des jeunes en politique mais aussi dans les organisations de la société civile. L’objectif est de placer le jeune comme ACTEUR et non SPECTATEUR dans la vie de sa communauté et de notre pays » a expliqué Jerry Bibang, coordonnateur du projet.
Pour Rachel Oyane, Présidente du Conseil provincial de la jeunesse, « La tenue de cet atelier coïncidant avec la célébration de la journée internationale de la démocratie nous interpelle sur le fait que la démocratie n’est pas un processus achevé, mais plutôt une œuvre évolutive qui implique tous les acteurs de la société, notamment les organisations de la société civile qui ont, de plus en plus, un rôle important à jouer. C’est dans ce sens que nous saluons, une fois de plus, ce projet qui vient donner la parole aux jeunes afin de réfléchir sur les mécanismes et mesures qui peuvent améliorer notre participation citoyenne et politique »
Après ces ateliers de consultations, le PAYNCoP prévoit une campagne de plaidoyer auprès des autorités publiques ainsi qu’une sensibilisation sur la violence en période électorale et les discours de haine. Des formations et renforcement de capacités sont également prévus pour les jeunes engagés dans la vie politique ainsi que dans les associations.
Après cette étape, Port-Gentil et Libreville constituent les prochaines villes qui abriteront ces ateliers.
Un article de Violette Ralalatiana (avec deux phrases explicativesx par l’editeur CPNN en italique)
Les jeunes de Toamasina ont pris leur responsabilité face aux troubles qui menacent la sécurité.
Toamasina se trouve parmi les villes où règne le plus d’insécurité, dont les cambriolages et attaques à mains armées. Nombreux sont les quartiers qui ont subi ces troubles, notamment Ambalakisoa, Verrerie, Tanambao V, etc. Les habitants de ville de Tamatave vivent ainsi jour et nuit dans inquiétude.
Jeunes d’Ambalakisoa réunis lors du couvre-feu
Le gouverneur avec le chef de la police et de la gendarmerie ont alors fait appel aux chefs de Fonkontany (subdivision administrative de base malgache), pour se concerter à propos de la mise place d’un couvre- feu ou « andrimaso- pokonolona » dans chaque quartier afin d’assurer la paix des citoyens de la Ville. Après cela, les présidents de Fokontany ont réuni les résidents qui relèvent de leur ressort pour discuter de la faisabilité de ce couvre-feu. Il est vraiment important d’instaurer la paix pour le bien-être de tous et avoir l’assurance d’un développement durable. Il y a ce célèbre dicton qui dit « Il ne peut y avoir de développement durable sans paix et de paix sans développement durable ».
Ce sont les jeunes qui sont les plus participants aux couvre- feux. Force est de constater qu’ils sont conscients de la gravité des situations, la raison qui les pousse à s’impliquer à restaurer la sécurité humanitaire. Ce qui est une bonne chose pour la nation, car la population malgache constitue abondamment de jeunes, 62 %. Ils sont le levier de développement de notre pays. Comme l’ont fait ces jeunes, cessons maintenant de nous plaindre et passons à l’acte. Prenons notre part de responsabilité sur notre avenir pour que le développement de notre pays soit vraiment durable et que règne enfin la paix effective.
Les jeunes face aux troubles liés aux élections
Depuis fort longtemps, les jeunes sont souvent utilisés par des politiciens ou d’autres personnes qui veulent semer des grèves (comme la grève générale après les élections de 2002). Au lieu d’être des outils de conflit, essayons d’être des vecteurs de paix. La participation des jeunes à la consolidation des paix nous apporte la conservation, la promotion de la paix et la sécurité nationale.
Beaucoup sont les choses qui peuvent se présenter avant, durant et après l’élection. Et les jeunes sont très demandés. Selon des témoignages recueillis, il y a de plus en plus de jeunes conscients des conflits qui peuvent se présenter durant ces périodes. Alors ils évitent les disputes bien qu’ils soutiennent des partis politiques différents. Pour eux, ce sont les idées qui doivent se battre et non eux.
D’autres jeunes décident de ne soutenir aucun parti politique mais préfère s’adhérer dans une organisation qui œuvre pour l’élection comme le KMF/CNOE. Ils s’intègrent dans cette organisation afin qu’ils puissent apporter leurs contributions face à l’élection en sensibilisant les citoyens malagasy de voter, car c’est un droit et une obligation aussi. Et ils ont pour missions d’être des observateurs pour voir si des fraudes ont été commises et que l’élection se déroule comme il se doit.
C’est vraiment important tout cela, car il serait regrettable que des grèves, comme celle de janvier 2002, se reproduisent. Malgré notre diversité, conservons toujours la paix.
(Merci à Jay Ralitera d’avoir envoyé cet article à CPNN)
Le Mouvement de la Paix condamne les bombardements israéliens sur la population civile de Gaza. Ce ne sont pas des frappes préventives, comme les qualifient l’armée et le gouvernement israélien mais des crimes de guerre sur des populations civiles, déjà victimes d’un blocus inhumain, qui ont fait des dizaines de morts et de blessés parmi la population., y compris des enfants. Notre solidarité s’exprime vis-à-vis des victimes, mais aussi des forces de paix qui ont manifesté à Tel Aviv contre ces bombardements mais aussi plus largement contre la politique israélienne à l’encontre des populations palestiniennes.
A Gaza comme ailleurs la guerre et les bombardements n’apportent aucune solution.
Pour le Mouvement de la Paix la reconnaissance officielle par la France de l’État de Palestine, dans le respect de la résolution 2887 adoptée à la quasi-unanimité le 2 décembre 2014 par l’Assemblée nationale, serait un geste fort pour renforcer la pression sur le gouvernement israélien pour une paix juste et durable entre Israéliens et palestiniens.
Il y a urgence car, comme le souligne cette résolution, « le statu quo est intenable et dangereux car il nourrit les frustrations et la défiance croissante entre les deux parties ». Cette résolution par ailleurs « souligne l’impératif d’une reprise rapide des négociations entre les parties selon des paramètres clairs et un calendrier déterminé ; affirme l’urgente nécessité d’aboutir à un règlement définitif du conflit permettant l’établissement d’un État démocratique et souverain de Palestine en paix et en sécurité aux côtés d’Israël, sur la base des lignes de 1967, avec Jérusalem pour capitale de ces deux États, et fondé sur une reconnaissance mutuelle ; affirme que la solution des deux États, promue avec constance par la France et l’Union européenne, suppose la reconnaissance de l’État de Palestine aux côtés de celui d’Israël ;invite le Gouvernement français à reconnaître l’État de Palestine en vue d’obtenir un règlement définitif du conflit. »
Le Mouvement de la Paix, en tant que partenaire d’une initiative citoyenne européenne constituée d’une coalition d’une centaine d’organisations et en France d’une coalition d’une trentaine d’organisations syndicales, associatives, ONG et partis politiques, appelle à promouvoir et faire signer la pétition visant à obtenir de mettre fin au commerce européen avec les colonies illégalement établies dans les territoires occupés.
Pour signer la pétition https://plateforme-palestine.org/StopColonies#
Le Mouvement de la Paix. 11 août 2022
(Merci à Roland Nivet pour avoir envoyé cet article à CPNN)
(Note de l’éditeur : il y a deux mois, CPNN a publié un article sur le lancement du projet “Les Jeunes Tisserands de la Paix” au Gabon, dans le cadre d’un projet dans les régions transfrontalières avec le Cameroun et le Tchad. Le projet est mis en œuvre par l’Unesco, en partenariat avec l’Office des Nations Unies contre la Drogue et le Crime (ONUDC). Cet article fait le point sur l’initiative.)
Le réseau panafricain des jeunes pour la culture de la paix, section Gabon (PAYNCoP Gabon) a récemment pris part à l’atelier de formation des formateurs dans le cadre du projet “Les Jeunes Tisserands de la Paix.” C’est la ville d’Oyem, dans la province du Woleu-Ntem, au nord du pays, qui a abrité cet atelier de formation des formateurs du 30 mai au 04 juin 2022.
La rencontre qui a réuni une dizaine de participants, issus de l’administration publique, des organisations de la société civile et des experts des Nations-Unies a permis de renforcer les capacités des acteurs cibles sur des thèmes multiples et variés, notamment la culture de la paix, l’inclusion sociale, les Droits humains, les violences basées sur le genre (VBG), la lutte contre la radicalisation et l’extrémisme violent, la traite des personnes et le trafic des migrants …
Au-delà des connaissances théoriques, la formation a été l’occasion pour les participants de mieux s’outiller sur des aptitudes et compétences nécessaires à la formation des adultes.
« Au sortir de ces six jours d’intense travaux, nous sommes résolument aptes à nous déployer pour la formation des futurs tisserands de la paix » a déclaré Jerry Bibang, au nom des participants à la formation.
« Le Réseau panafricain des jeunes pour la culture de la paix (PAYNCoP) en tant que partenaire de mise en œuvre de cette initiative se satisfait du début effectif de ces formations au Gabon et reste tout à fait optimiste pour la suite des activités » a-t-il ajouté.
Le projet “Les Jeunes, Tisserands de la Paix” dans les régions transfrontalières du Gabon, Cameroun et Tchad vise essentiellement de former et déployer 1800 jeunes pour la promotion de la culture de la paix dans les trois pays concernés, notamment dans les villes frontalières de ces trois pays.
Au Gabon, c’est 250 jeunes qui sont concernés dans la province du Woleu-Ntem, notamment à Oyem, Bitam, Meyo-Kye et Minvoul.
En marge du déploiement des jeunes pour la promotion de la culture de la paix, le projet prévoit également la création et l’appui d’une dizaine d’entreprise sociale à base communautaire afin d’aider les jeunes à s’autonomiser financièrement et de lutter contre le chômage qui constitue une véritable menace à la paix.
Après le Cameroun et le Tchad, le Gabon a lancé hier, jeudi 31 mars, le projet “Les Jeunes, Tisserands de la Paix dans les Régions Trans-frontalieres du Tchad Cameroun et Gabon” à travers une réunion d’information et d’orientation des partis prenantes au projet.
L’équipe du projet avec les membres du PAYNCoP
C’est l’hôtel de ville de la commune d’Oyem, dans la province du Woleu-Ntem, au Nord du pays, qui a abrité la cérémonie de lancement du projet.
Cette rencontre, présidée par le Gouverneur de province, a permis à l’Unité de Gestion du Projet de présenter les différentes articulations de l’initiative qui concerne prioritairement les jeunes hommes et femmes (18-35 ans).
Ainsi, au Gabon, notamment dans les localités d’Oyem, Minvoul, Bitam et Meyo – Kye, le projet vise essentiellement à identifier, former et rendre opérationnel 250 jeunes qui deviendront des tisserands de la paix dans leurs communautés respectives.
Par ailleurs, près de 60 jeunes porteurs de projets d’entreprises sociales à base communautaires seront formés et soutenus afin de lancer leurs initiatives.
Ce travail sera mis en œuvre par plusieurs acteurs dont le Réseau panafricain des jeunes pour la culture de la paix (PAYNCOP) et coordonner par le Système des Nations unies au Gabon, avec notamment L’UNESCO et l’ONUDC comme agence lead.
« Le projet vient à point nommé car il donne la possibilité aux jeunes de contribuer significativement à la prévention de la violence et la consolidation de la paix dans notre pays, conformément à la résolution 2250 du Conseil de sécurité de l’Onu qui recommande aux Etats d’associer les jeunes en tant qu’acteur dans les questions de paix et sécurité » a expliqué Jerry Bibang, le Secrétaire permanent du PAYNCoP.
« Il s’agira, par ailleurs, d’une réelle opportunité qui permettra aux jeunes femmes et hommes de se lancer dans des initiatives génératrices de revenus afin de contribuer, un tant soi peu, à leur autonomisation économique et lutter contre le chômage des jeunes, sans cesse grandissant dans notre pays » a-t-il ajouté.
La cérémonie de lancement du projet a vu la participation de la Coordinatrice résidente du système des Nations unies au Gabon, du Représentant de l’UNESCO, du Bureau régional des Nations Unies pour l’Afrique centrale (UNOCA), de l’Office des Nations Unies pour la Drogue et le Crime (ONUDC), du représentant du Gouvernement et plusieurs organisations de la société civile.
Il y a quelques mois, à l’occasion du Sommet Afrique France qui se tenait à Montpellier, la nécessité d’entrer dans une phase de coopération réelle avec les habitants a été enfin évoquée dans un cadre officiel et médiatisé, y compris par le Président Macron, qui a assuré que c’était le cap engagé par la France.
Il est urgent de saisir cette occasion pour faire progresser le projet pacifique : la coopération a besoin d’un objectif commun, et quel enjeu plus évident alors que celui de la Paix ?
En tant qu’enseignante française travaillant avec un collègue de la commune de Tessalit, j’aimerai partager notre expérience afin de démontrer que la coopération n’est pas seulement urgente mais qu’elle est surtout possible y compris dans des zones qui parce qu’elles sont déclarées rouges, se voient désertées par les ONG Internationales institutionnalisées et la plupart des journalistes.
Tessalit se trouve dans la région de Kidal, au nord du Mali. La France est très présente sur place, que se soit avec la force Barkhane, ou au sein de la Minusma, dont les campements sont répartis dans le Nord, le plus souvent assez près des communes, ce qui n’est pas toujours un facteur de protection des civils.
Il ne s’agit pas de mettre en doute l’intégrité des casques bleus mais de nous interroger sur leur capacité d’action sur le terrain sans une coopération internationale claire avec les populations sur place, dont on sait qu’elles sont tout simplement les premières victimes du conflit, conflit dont il serait d’ailleurs temps qu’il soit décrit clairement.
Quelque soit la complexité de la situation, il est important de dire que les populations aussi abandonnées soient-elles par les gouvernements successifs du pays, prennent leur destin en main. Elles le font dans la mesure des conditions matérielles très réduites qui sont les leurs, avec courage et intelligence mais sans notre soutien. La France ne l’ignore pas, qui trouve des collaborateurs efficaces sur place, quand il s’agit de combattre un ennemi pour le moment commun.
En décembre 2018, sur une sorte de coup de tête collectif optimiste, nous avons eu l’idée, avec mes camarades de Tessalit, d’organiser une rencontre entre un groupe de jeunes de mon collège en France et un groupe du même âge, accompagné d’un des rares enseignants d’état présents à Tessalit. (Voir l’article de CPNN de 19 octobre, 2021.) Par chance, mon Chef d’établissement, très sensible à la situation du Sahel, a partagé notre enthousiasme, et a fait installer une web cam et un micro dans ma salle de classe. Avec l’aide de la CPE, nous avons réuni un groupe d’élèves très motivés. De son côté, mon camarade Bakrene Ag Sidimohamed, a convaincu le chef du camp de la Minusma, situé à quelques kilomètres de la ville, d’accueillir le groupe de jeunes, afin qu’ils puissent accéder à une connexion internet et à du matériel permettant l’échange. Et l’aventure a commencé ! D’abord sous la forme de ces échanges réguliers, puis à travers des projets pédagogiques communs, plus ciblés.
L’objet n’est pas de décrire longuement ici notre travail. Ce qui me semble important, c’est d’apporter par notre témoignage, un exemple de ce que cette belle idée de coopération peut produire de miraculeux : c’est après coup, que nous avons pris conscience de ce que nous avions réussi à faire avec des moyens simples, évidents, en conjuguant les efforts, les compétences, les possibilités matérielles des uns et des autres, en France comme au Mali. Les projets qui ont suivis prouvent que la volonté mutuelle est l’ingrédient essentiel d’une coopération, puisque nous les avons réalisés contre vents et marées, et on peut le dire, sans aucun soutien matériel, si ce n’est la mise à disposition de la connexion internet par nos établissements respectifs (mon lycée en France, la Minusma à Tessalit) (pour une description plus précise du projet, cf article 2R3S)
En accueillant les élèves, la Minusma a rempli l’une de ses missions en faveur de la Paix. Les conséquences positives de ce projet en cours sont innombrables mais notre satisfaction se porte surtout sur l’élan de curiosité bienveillante qu’il a provoqué chez les jeunes.
Nous aimerions que cela continue.
Mais la situation en matière éducative de Tessalit est à l’image de ce qui se passe dans la région de Kidal, au Nord du Mali, et bien au-delà, sur une bonne partie de la bande saharo Sahélienne : les écoles publiques n’existent quasiment pas, si ce n’est parfois sur le papier : pas d’enseignants, pas de matériel ou si peu que cela revient à zéro, comme peut en témoigner Issouf Maïga, mon collègue de Tessalit, qui est à peu près seul avec ses plus de 350 élèves, lesquels bien sûr finissent par ne plus venir, si ce n’est pour des projets spécifiques, comme ceux que nous tentons de monter ensemble.
Depuis que j’ai commencé à travailler avec des enseignants et des volontaires de la région de Kidal, je suis touchée par l’engagement incroyable de toute une partie de la population pour faire avancer la cause de l’école. Un peu partout les habitants construisent tant bien que mal des salles de classes, qui ne sont parfois qu’un toit d’herbes sèches pour réunir les enfants à l’ombre. Ils se cotisent pour payer un enseignant qui acceptera cette tâche difficile et dangereuse, qu’il devra affronter la plupart du temps avec un matériel et dans des conditions désastreuses.
L’argument qui consiste à invoquer la dangerosité de la région pour y laisser toute cette jeunesse à l’abandon n’est pas recevable. Il est absolument possible d’aider cette population à sortir de la crise par sa propre force, les associations et ong locales présentes sur place font largement le travail des grands organismes qui ont désertés la région : se sont les intermédiaires naturels des projets de coopération, ceux sur lesquels il est possible de s’appuyer. En s’engageant pour l’éducation de ses enfants, la population de la région montre largement son besoin de Paix. Ils ne veulent plus voir leurs enfants partir faire la guerre.
On peut se demander sincèrement pourquoi depuis tant d’année, la Communauté Internationale n’a pas réussi à faire pression sur les gouvernements pour que l’éducation au Nord soit une priorité.
On peut aussi se demander comment il est possible que malgré la multitude d’appel à l’aide, de demande de subvention, de transport de matériel, rien ne se passe, alors même que nous apportons les gages d’un travail sérieux. La plupart du temps, c’est l’incertitude de la viabilité du projet qui est invoquée pour justifier du refus. Mais l’incertitude ne tient qu’à une série de préjugés sur la capacité et la volonté des habitants. Nous jugeons peut-être à l’avance, à l’aune des multiples scandales qui entachent notre propre industrie humanitaire. Pourtant il s’agit ici, d’hommes et de femmes qui veulent assurer un avenir à leurs enfants et par dessus tout, il faut le dire, c’est une chose qui revient souvent, dans les échanges auxquels j’assiste : un avenir de Paix.
L’absence d’éducation est un argument d’asservissement. Concrètement, le travail des enfants, notamment dans l’extraction de l’or, est une des conséquences immédiates de l’absence d’écoles. On peut alors se demander si réellement, l’éducation est une priorité logique, puisqu’il n’est plus nécessaire de démontrer ce que le travail des enfants apporte au système en terme de coût très bas des salaires et donc des marchandises.
Cette situation scandaleuse n’est pas récente ni unique.
Les écoles dans le Nord sont fermées depuis 2012, mais la réalité de la région est celle d’un abandon général, et ce qui tient malgré tout, est essentiellement le fruit d’une volonté collective. La communauté internationale n’a pas besoin de chercher midi à quatorze heure éternellement : au Mali, comme au Niger, il y a des jeunes hommes et femmes, qui souvent ont été entravés au beau milieu de leurs propres études par le conflit, et luttent aujourd’hui pour l’éducation de leurs cadets. Il faut simplement s’appuyer sur eux, soutenir les projets qui existent, avec confiance.
Des exemples très concrets à mettre sur la table, nous n’en manquons pas, et au delà des écoles fermées des communes importantes, se pose la question des enfants des populations nomades, une grande partie des habitants de la région, contraints de se sédentariser pour trouver un peu de sécurité. Pouvons nous réellement accepter que ces enfants soient privés d’école, alors même que nous avons signé la Déclaration Universelle des Droits de l’Enfant et que nous parlons de Paix ?
Puisqu’il y a des projets sur place, pourquoi ne pas travailler avec ceux qui les portent ? La question n’est pas d’envoyer des manuels ou des pupitres de temps en temps, mais surtout d’apporter un soutien ciblé à chaque projet, en s’appuyant sur les associations locales et les chefs de communautés. Nous devons accepter un fonctionnement différent du notre dans la gestion du collectif et aider ces peuples nomades dont la liberté semble inacceptable aux yeux des puissants, à former leurs enfants au monde actuel. Sans l’enseignement des langues vernaculaires et des langues véhiculaires, des mathématiques et de la culture, comment imaginer pour ces hommes et femmes de demain, qu’ils pourront aller se former dans les écoles et université, pour revenir, médecin, ingénieur, enseignant, construire la Paix qu’ils appellent de leurs vœux ? Et qui formera sur place les artisans de demain, alors que les familles peinent à se nourrir ? Il faut aider les professionnels sur place à transmettre leurs compétences.
La communauté internationale, les bailleurs, doivent accorder leur confiance sans chercher à reproduire un modèle scolaire occidental qui n’est pas toujours adapté et partir du postulat que les mères et les pères du Sahel souhaitent autant que nous le meilleur pour leurs enfants. Simplement.
Nous avons récemment été touchés par la tribune cosignée par plus de 30 élu(e)s de collectivités française et publiée par Cité Unie France. Tout comme nous ils appellent à une consolidation des liens avec les représentants de la population dans la région. Ces appels démultipliés seront-ils entendus, à l’heure où beaucoup trop de dirigeants sont tentés par les armes ? Pour ma part, je garde l’espoir, portée par le courage de mes amis, et j’espère que mon appel en faveur des écoles sera entendu.
Avec l’Association franco-malienne Tazunt, pour laquelle je m’exprime, nous pouvons faire des propositions très concrètes et sérieuses pour apporter un soutien réel en matière éducative, et nous serons heureux de répondre à vos remarques. Le cri d’appel de la population d’Intescheq doit être entendu, nous le mettons en pièce jointe. Nous ne pouvons plus laisser ces enfants sans aide, la situation devient chaque jour plus critique.