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Entretien avec membres de Combatants for Peace

DESARMAMENT & SECURITE .

Les membres du mouvement israélo-palestinien « Combatants for Peace » luttent pour la paix aux côtés des Palestiniens en Israël. Voici des extraits d’articles parus sur Pressenza : première partie et seconde partie, publiés sous licence Creative Commons (CC BY 4.0).

Les deux représentantes de « Combatants for Peace », Iris Gur (Israël) et Mai Shahin (Palestine), participent à l’exposition « Re-imagine-Peace » à Florence. Elles sont invitées toutes les deux à la projection du film « There Is Another Way ». Daniela, Bezzi de Pressenza les a interviewées.

D. B : commençons par vos histoires personnelles : comment avez-vous adhéré à « Combatants for Peace » ?

Iris Gur : Tout au long de ma vie professionnelle, j’ai travaillé dans le domaine de la formation en tant qu’institutrice et chef d’établissement. La formation, pour moi, a toujours été une façon de vivre plutôt qu’un métier que je me serais choisi pour moi-même. J’ai grandi dans une famille juive israélienne sioniste. Mes parents sont arrivés en Israël après la Deuxième Guerre mondiale en tant que réfugiés européens et j’ai grandi avec des histoires sur l’holocauste et la survie. Je n’ai connu qu’un récit, celui suivant lequel le peuple juif avait été persécuté depuis toujours, ce qui ne nous aurait pas laissé d’autre choix que de nous défendre nous-même et notre propre petit pays. Tout ce que je savais des arabes, c’était qu’ils voulaient nous anéantir.

Mon père était officier de l’armée. J’ai donc grandi dans des bases militaires, j’étais très fière de l’armée israélienne, je la croyais invincible. Pendant la plus grande partie de ma vie, je n’ai pas eu une seule occasion de découvrir le point de vue palestinien, et pas davantage de me faire des amis arabes. J’emploie en toute connaissance de cause le terme « arabe », parce que dans mon entourage, le mot « palestinien » n’existait même pas. Quant au concept d’occupation, il m’était tout aussi étranger.

Aujourd’hui, je le sais pertinemment, il m’a fallu des années avant que ma vision du monde ne laisse entrevoir quelques fissures ; fissures que je n’ai pourtant jamais laissé prendre trop d’importance. La personne qui a définitivement modifié mon point de vue, c’est ma sœur Noah. Il y a onze ans, elle avait 17 ans alors, elle a décidé de renoncer à faire son service militaire. Devant moi, s’ouvrait un monde tout à fait nouveau, plein de valeurs, d’idées et de nouvelles communautés.

Sa décision lui a valu quatre mois de prison militaire ; pour moi, c’est le début d’un voyage initiatique, un voyage qui allait me confronter à la réalité de l’occupation, de l’apartheid, et surtout au peuple palestinien.

Si j’ai décidé de rejoindre les Combatants for Peace, c’est que j’avais accepté l’idée que, je ne pourrais transformer concrètement la réalité dans laquelle nous vivions qu’en travaillant en étroite collaboration avec les Palestinien.ne.s et en m’appuyant sur l’action non violente.

Mai Shahin : Je ne suis pas venue à Combatants for Peace sur un coup de tête. J’ai adhéré à l’organisation au cours d’un long processus, qui a pris corps au fil des récits de la vie sous l’occupation en Cisjordanie, là où les contrôles étaient de nature politique, certes, mais aussi physique, émotionnelle et psychologique. C’est l’organisation qui détermine nos mouvements, nos relations et notre capacité à nous représenter un avenir qui dépasse la simple survie. Dans ce contexte, la résistance n’a rien d’abstrait — c’est le quotidien.

Et pourtant, avec le temps, j’ai commencé à me poser une question plus prégnante encore : comment pouvons-nous exercer une résistance sans perdre notre propre humanité ? C’est cette question qui m’a amenée à travailler sur le traumatisme, sur la guérison collective et à la communication non violente.

Il m’est alors apparu de plus en plus clairement que l’occupation ne se borne pas à contrôler le pays, elle a aussi pour effet d’envahir les systèmes nerveux, de détruire la confiance, d’isoler les communautés, de susciter des cycles de violence susceptibles de se transmettre de génération en génération, tant qu’ils ne sont pas cassés.

Je suis donc entrée en contact avec Combatants for Peace. C’était la première fois que je rencontrais des Palestinien.ne.s et des Israélien.e.s que personne n’avait incité.e.s à occulter la réalité pour pouvoir discuter. Au lieu de quoi, nous avons été invité.e.s à rester tou.te.s ensemble à cette réalité tout en refusant que la violence puisse être une réponse.

Ce qui rend si particuliers les Combatants for Peace, c’est que l’organisation n’est pas seulement un lieu de dialogue, c’est aussi un mouvement commun de résistance, qui porte la conviction que la fin de l’occupation, le dépassement des systèmes de domination et la protection de la dignité humaine sont inséparables de relations qui restent à construire. Ce sont les deux faces d’un même combat.

Parallèlement à ce travail, et en étroite collaboration avec des Palestinien.ne.s, des Israélien.ne.s et des partenaires internationaux, j’ai créé Satyam Homeland. Cette organisation est née du même constat : la résistance suppose des endroits dans lesquels, même en pleine guerre, des gens peuvent apprendre à préserver leur humanité. Satyam Homeland est un lieu de socialisation dans lequel se retrouvent des Palestinien.ne.s, des Israélien.ne.s et des acteurs internationaux, qui veulent travailler sur le traumatisme et le travail de deuil, sur la guérison physique, la formation à la résistance non violente, le dialogue et le conte — et par là, prendre une part active au monde. L’organisation n’est pas séparée de Combatants for Peace, elle fait partie d’un écosystème plus grand : une partie incarne le courage politique de la résistance commune, l’autre partie, les pratiques collectives qui rendent possible un engagement non violent durable ; les deux sont en permanence en dialogue l’une avec l’autre.

Après le 7octobre 2023, cette relation s’est encore renforcée. Tandis que les Palestinien.ne.s de la bande de Gaza subissaient massacres et destructions massives, celle.ux de Cisjordanie étaient confrontés à une escalade de la violence, avec des attaques de colons et des expulsions, une situation qui ne pouvait que renforcer les envies réciproques de s’éloigner les un.e.s des autres. La peur et la douleur étaient immédiates, permanentes, étouffantes, ce n’était pas des concepts abstraits. Et pourtant, Combatants for Peace, a réussi à entretenir encore et toujours sa petite flamme. Nous ne nous sommes pas murés dans le silence, nous ne nous sommes pas éloignés les uns des autres. Nous avons continué à parler ensemble, il ne s’agissait pas d’embellir la réalité, mais de pouvoir s’y confronter ensemble. Nous avons pleuré ensemble. Nous avons parlé de ce qui s’était passé. Nous avions des divergences de vue, mais nous sommes restés ensemble.

Et finalement, nous avons posé la seule question qui vaille quand tout vole en éclats : et maintenant, que faire ? Une question que nous n’avons pu nous poser que parce que pendant des années, nous avons construit des relations telles qu’il nous a été possible de résister à une telle fracture.

Mon appartenance à Combatants for Peace, loin de n’être qu’une partie de mon travail, en est surtout le noyau central. Et c’est pour cette raison que je poursuis ce travail, même en Cisjordanie, où tout acte de résistance non violente, toute rencontre, suppose une réelle prise de risques en même temps qu’il est porté par sa propre importance, par la confiance et la responsabilité.

(Note de la rédaction : Deux questions/réponses de la première partie ont été omises :
1. DB : Cette année, Combatants for Peace fête ses 20 ans. Qu’est-ce qui, de votre point de vue, rend ce mouvement si attractif pour des jeunes gens ?
2. DB : C’est vraiment remarquable de voir combien d’organisations israéliennes et palestiniennes se sont réunies en une coalition. Quelles sont, à votre avis, les conditions essentielles pour ce type d’activisme, qui, au-delà de toute différence, repose sur une collaboration ?
Vous pouvez les retrouver ici.)

DB – Vous participez tous deux régulièrement à des actions de « présence protectrice ». Pourriez-vous nous raconter quelques moments marquants de votre expérience ?

Iris – Merci pour cette question ; elle me tient tellement à cœur qu’elle m’en donne les larmes aux yeux ! Je fais partie d’un groupe appelé « Jordan Valley Activists » (Activistes de la vallée du Jourdain). Fondé il y a environ 17 ans par des militants de l’organisation « Combatants for Peace », ce groupe est devenu une entité indépendante, grâce à l’initiative d’Israéliens qui accompagnent et assurent une présence protectrice auprès des bergers et agriculteurs palestiniens de la vallée du Jourdain.

Nous offrons une présence physique ainsi qu’une aide concrète — notamment de la nourriture, de l’eau, un soutien juridique et tout autre type de secours possible — aux dernières communautés qui continuent de résister face aux violences perpétrées par les colons et l’armée israélienne : arrêtés de démolition, menaces de déplacement, restrictions de pâturage, privation d’eau et de moyens de subsistance, etc.

(Voir suite sur colonne de droite. . . )

(Cliquez ici pour un article de ce sujet en anglais..)

Question for this article:

How can a culture of peace be established in the Middle East?

( . . . suite)

J’ai commencé à participer à ces activités de « présence protectrice » en novembre 2023, alors que les violences perpétrées par les colons et l’armée s’intensifiaient considérablement. Ces violences ne visaient plus seulement les bergers dans les champs, mais aussi les familles au sein même de leurs foyers. Par conséquent, la présence des militants a été étendue pour assurer une couverture 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.

J’ai noué des liens étroits avec une communauté particulière appelée « Farsiya al-Razala », composée de cinq familles incluant des enfants, des femmes et des personnes âgées. Il s’agit de l’une des dix dernières communautés de bergers subsistant dans la vallée du Jourdain ; malheureusement, pour elles aussi, le moment du déplacement forcé pourrait survenir très prochainement.

La semaine dernière, j’ai accompagné deux jeunes bergers qui faisaient paître leurs troupeaux dans une zone appelée Hammam al-Malih. Jusqu’à il y a quelques mois, une importante communauté y était établie : familles, champs, troupeaux, enfants et même une école primaire régionale. Tout a été détruit par l’État d’Israël. La population a été déplacée de force, alors même que les terres appartiennent à une église. De l’autre côté de la route, juste à côté de la communauté, se trouve une base militaire installée là depuis de nombreuses années.

Ces derniers mois, des soldats ont pris l’initiative de veiller à ce que — même après l’expulsion des familles et le déblaiement du site — les bergers des communautés voisines ne reviennent pas y faire paître leurs troupeaux. Auparavant, il y avait également une source qui fournissait de l’eau potable aux habitants comme aux animaux.

Le jour où je m’y suis rendu, les deux jeunes bergers nous ont demandé de ne pas les laisser seuls, car sinon, les soldats viendraient les arrêter. L’un d’eux nous a raconté une arrestation précédente :

« Des soldates, âgées de 18 ou 19 ans, nous criaient dessus tout en nous serrant les mains avec des colliers de serrage en plastique. Je leur ai demandé : « Pourquoi ? Il y a de la place pour tout le monde ici. Je demande juste à vivre en paix. » Les soldats nous ont crié : « Foutez le camp d’ici. » »

[Le jeune berger] a répondu : « Où devrions-nous aller ? Nous n’avons nulle part où aller. C’est chez nous. Nous vivons ici depuis toujours. » Ce jour-là, les bergers ont réussi à faire paître leurs troupeaux en toute tranquillité.

Hier, au même endroit, deux soldats sont arrivés et ont arrêté l’un de ces jeunes hommes. L’autre a réussi à s’enfuir. L’un des soldats a tiré en l’air avec son fusil M16 et a déclaré qu’il ne craignait personne. Le berger palestinien a été emmené, menottes aux poignets, vers une base militaire située à quelques kilomètres de là. Quelques heures plus tard, il a été relâché, couvert de bleus et de traces de coups. Ce n’est là qu’un récit parmi des centaines d’incidents quotidiens d’abus.

Yousef, un garçon de 13 ans ayant des besoins spécifiques, m’a appelée pour m’annoncer que sa famille avait reçu un ordre de démolition pour leur maison à Farsiya. Je ne savais que lui répondre. Ce jeune homme et sa famille n’ont pas d’autre foyer.

Mai – La « présence protectrice » est ce qui rend les choses bien réelles. Il s’agit de se tenir aux côtés de communautés soumises à une pression immédiate : agriculteurs, bergers, familles et enfants qui tentent de rester sur leurs terres et de mener une vie ordinaire dans des conditions extraordinaires.

En Cisjordanie, et tout particulièrement depuis le 7 octobre, le niveau de violence, d’incertitude et d’instabilité s’est accru. Au quotidien, ces communautés font face aux attaques de colons, aux incursions militaires et à une pression constante les poussant chaque jour au déplacement.

Dans ce contexte, cette présence n’a rien de symbolique. Elle constitue une forme de protection, mais aussi un acte de témoignage.

Elle transmet un message simple et essentiel : vous n’êtes pas seuls.

Parfois, cela prévient la violence ; parfois, non. Mais cela rompt systématiquement l’isolement, or l’isolement est l’un des principaux outils de l’oppression. C’est là que le lien avec les Combattants pour la paix devient tangible, car la mission des Combattants pour la paix ne se résume pas au dialogue : c’est une résistance commune en action.

La « présence protectrice » en est l’une des manifestations les plus manifestes sur le terrain. C’est aussi là que les pratiques incarnées et sensibles aux traumatismes issues de Satyam Homeland deviennent essentielles, car rester présent dans de tels moments exige un ancrage intérieur, et pas seulement une conviction politique.

Ces deux dimensions sont toujours présentes dans notre travail.

DB – Enfin et surtout : que pouvons-nous faire pour contribuer à votre initiative ?

Iris – Il y a beaucoup à faire. Au-delà du soutien financier, les gens peuvent se rendre sur place et participer, en tant que bénévoles internationaux, à des actions de présence protectrice. Cela comporte certes des risques : un risque physique de violence de la part des colons, ainsi que la possibilité d’être expulsé par les autorités israéliennes. Parallèlement, visiter la Cisjordanie et Israël est sans danger et permet d’acquérir une compréhension plus approfondie et plus juste de la réalité. Rien ne vaut le fait de voir les choses de ses propres yeux et de faire l’expérience directe de la réalité.

L’histoire nous a montré que la pression exercée par la communauté internationale peut influencer les dirigeants, modifier les politiques et même transformer le cours de l’histoire. Chacun peut agir en interpellant les médias, les responsables politiques, les artistes et les personnalités publiques, en faisant évoluer le discours public et en exigeant la fin immédiate de la violence, des exactions, de l’occupation, de l’apartheid et des déplacements de populations.

Cela implique d’exiger l’accès à l’eau et aux moyens de subsistance, la liberté de circulation ainsi que la libération des prisonniers et détenus palestiniens. Cela signifie exiger que tous les êtres humains soient libérés d’une existence marquée par la peur et la violence. Il faut revendiquer la sécurité, la liberté et l’égalité des droits pour toute personne vivant entre le fleuve et la mer.

La nature du débat doit changer : il ne s’agit plus de soutenir un camp contre l’autre, mais de comprendre que l’objectif doit être une vie sûre et libre pour tous les êtres humains.

Quatorze millions de personnes vivent entre la mer Méditerranée et le Jourdain : environ 7 millions de Juifs et 7 millions de Palestiniens. Aucun de ces deux peuples ne partira. Notre avenir est commun, que cela nous plaise ou non. La question n’est pas de savoir si nous vivrons ensemble, mais comment. Nos enfants méritent de grandir dans la liberté, la sécurité et la dignité.

Mai – La première responsabilité est la clarté. Rejeter totalement l’antisémitisme. Rejeter totalement l’islamophobie. Rejeter totalement le racisme anti-palestinien. Rejeter tout cadre qui attribue une valeur inégale à la vie humaine.

La deuxième responsabilité est la vérité. Nous ne pouvons bâtir la justice sur le déni. Nous devons être capables de nommer l’occupation, le déplacement de populations, les inégalités structurelles et la violence, sans recourir aux euphémismes.

La troisième responsabilité est de soutenir les mouvements qui conjuguent résistance et guérison. Car c’est ce qui rend possible une transformation à long terme.

Combatants for Peace incarne la colonne vertébrale politique de la résistance non violente et de la lutte commune. Satyam Homeland porte la dimension incarnée, émotionnelle et communautaire qui permet à cette résistance de perdurer sans s’effondrer. Ensemble, ils représentent quelque chose de rare : une manière de rester humain au cœur de la lutte.

Pour moi, en tant que femme palestinienne travaillant depuis la Cisjordanie, il ne s’agit pas de théorie. C’est une réalité quotidienne, façonnée par les risques, les responsabilités et le deuil, mais aussi par un engagement profond et la confiance née des liens que nous avons tissés par-delà les clivages.

C’est ce qui donne vie à ce travail. Car, en fin de compte, ce que nous bâtissons ne se limite pas à un changement politique. Il s’agit de la possibilité de rester pleinement humains tout en refusant les systèmes qui dénient leur humanité aux autres.

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Edgar Morin déplore « le silence du monde face au carnage à Gaza »

LIBRE CIRCULATION DE L’INFORMATION

Un article de L’Orient le Jour

(Note de l’editeur: Edgar Morin a décedé le 29 mai 2026 à l’age de 104 ans.)

Si les apparitions d’Edgar Morin se font rares, celle-ci restera sans doute comme l’une des plus marquantes. « Je suis à la fois ahuri et indigné par le fait que ceux qui représentent les descendants d’un peuple qui a été persécuté pendant des siècles (…) puissent non seulement coloniser tout un peuple (…) mais en plus, après le massacre du 7 octobre, se sont livrés à un véritable carnage, massif, sur les populations de Gaza ».


Figure intellectuelle extrêmement populaire en France, Edgar Morin est l’auteur d’une œuvre transdisciplinaire traduite en 27 langues et dans 42 pays. Photo AFP

Les yeux brillants et la voix aiguë, appuyant chacun de ses mots, le philosophe et sociologue français de 102 ans a livré un court plaidoyer le samedi 10 février [ 2024] devant une salle comble au Festival du livre africain de Marrakech, où il était l’invité d’honneur, déplorant « une tragédie horrible ». L’offensive israélienne a fait plus de 28.000 morts à Gaza depuis le début de la guerre il y a plus de quatre mois, selon le ministère de la Santé géré par le mouvement Hamas.

(Voir suite sur colonne de droite.)

(cliquez ici pour une version anglaise.

Question pour cet article:

Where in the world can we find good leadership today?

How can we best express solidarity with the people of Gaza?

(. . suite)

Juif résistant

Le message est d’autant plus fort qu’il provient d’un fils d’immigrés juifs originaires de Salonique, né Edgar Nahoum, et qui a rejoint la Résistance en 1943 en tant que lieutenant dans les Forces françaises combattantes formées par le général de Gaulle, adoptant par la suite son nom de résistant, Morin. Influencé par Marx, celui qui a étudié la philosophie, la psychologie, la sociologie et l’histoire de la science politique a toujours eu l’ambition de devenir ce qu’il appelle un « humanologue », ou de comprendre ce qu’est l’humain en croisant les savoirs.

L’extrait en question a été partagé des dizaines de milliers de fois sur X, où l’humanité de l’intellectuel a été largement saluée, y compris par certains responsables politiques français, à gauche sur l’échiquier. « Edgar Morin pense et parle juste pour le compte de tous ceux à qui il reste un sentiment humain face au génocide à Gaza » a loué sur X le chef de fil de La France insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon. « Un siècle et un regard capable de s’indigner encore, de condamner les silences », a tweeté de son côté Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste.
Dans une récente tribune au Monde, Edgar Morin s’était déjà exprimé sur la tragédie de Gaza, tout en s’alarmant de la multiplication des conflits dans le monde et du réchauffement climatique. « Les crises s’entretiennent les unes les autres dans une sorte de polycrise écologique, économique, politique, sociale, civilisationnelle qui va s’amplifiant », avait-il écrit, avant d’appeler à « la résistance fondamentale de l’esprit » contre « la haine et le mépris ».
Dans sa dernière intervention, le sociologue a ainsi dénoncé « le silence du monde, le silence des États-Unis protecteurs d’Israël, le silence des États arabes, le silence des États européens qui se prétendent défenseurs de la culture, de l’humanité, des droits de l’homme ». Avant de conclure : « La seule chose qui reste, si on ne peut pas résister de façon concrète, c’est de témoigner ».

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La presse internationale souligne la portée historique de la visite du pape Léon XIV en Algérie

. TOLÉRANCE & SOLIDARITÉ .

Un article de Radio Algerie

La visite officielle, entamée ce lundi [13 avril] par le pape Léon XIV en Algérie, a suscité un large écho dans la presse internationale qui a mis en avant la portée historique et diplomatique de cet événement axé sur le renforcement du dialogue interreligieux, ainsi que sur la promotion des valeurs de coexistence pacifique face aux défis régionaux et internationaux croissants.

Sous le titre «Le pape Léon XIV prononce son message à la Cité et au monde», le site Al-Sharq Al-Awsat a relevé que la visite du pape en Algérie est «historique et hautement symbolique, car aucun pape ne s’est jamais rendu dans le pays, considéré comme le lieu de naissance de Saint Augustin, l’un des grands penseurs chrétiens».

Le média arabe a également mentionné que «la coexistence pacifique sera au cœur du message du pape».

Sous le titre «A l’occasion de la visite du pape Léon XIV en Algérie, débat entre politiques et intellectuels sur la redécouverte de l’héritage de Saint Augustin», le site Al-Quds Al-Arabi est revenu sur cette visite ainsi que sur l’intérêt accordé par les autorités algériennes à l’héritage de Saint Augustin, en entreprenant des démarches concrètes pour valoriser cet héritage, notamment en le proposant pour inscription au patrimoine mondial de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO).

De son côté, le site «Ain Libya» a mis en avant cette visite sous le titre «Le pape du Vatican entame une visite historique en Algérie», soulignant qu’il s’agit de «la première visite de ce type d’un souverain pontife dans le pays (…) portant un message central axé sur le renforcement du dialogue interreligieux, notamment avec le monde musulman, ainsi que sur la promotion des valeurs de coexistence pacifique face aux défis régionaux et internationaux croissants».

(Voir suite sur colonne de droite. . . )

(cliquez ici pour un article en anglais de ce sujet.)

Question related to this article:
>
How can different faiths work together for understanding and harmony?

(. . . suite)

Le média libyen ajoute que cette visite «revêt une dimension religieuse et historique particulière», puisque le pape doit se rendre à Annaba, qui abrite la Basilique Saint-Augustin, «l’un des plus grands symboles de la pensée chrétienne, dont l’héritage intellectuel et spirituel reste présent dans l’orientation de l’église catholique».

Et dans un reportage sur la visite pour la première fois du pape en Algérie, l’agence turque Anadolu a, pour sa part, estimé que «ce déplacement historique prend une dimension symbolique en raison de l’appartenance du souverain pontife à la tradition liée à Saint Augustin, né en Algérie».

Plusieurs autres titres ont salué une «initiative stratégique» du Vatican destinée à «renforcer le dialogue en Méditerranée». 

Par la même occasion, le média «Vatican News» rapporte que la venue de Léon XIV  en Algérie devrait «encourager la consolidation des liens de fraternité, dans des sociétés où les familles des deux confessions continuent de coexister dans un même élan de foi».

Pour leur part, des titres de la presse italienne, dont La Repubblica et Corriere della Sera, évoquent une démarche diplomatique du Saint-Siège visant à renforcer le dialogue interreligieux en Méditerranée.

Au Royaume-Uni, des médias comme The Guardian insistent sur la dimension géopolitique du déplacement, estimant qu’il s’inscrit dans une dynamique plus large de diplomatie religieuse et de recherche de stabilité en Méditerranée et en Afrique du Nord.

La BBC souligne, de son côté, sur son site internet, que «le pape a choisi l’Algérie pour sa première étape, en raison de sa signification spirituelle particulière», précisant que c’est la première visite d’un pape dans le pays de Saint Augustin auquel il est intrinsèquement lié.

Aux Etats-Unis, The Washington Post a écrit : «Le pape Léon XIV entame lundi le tout premier voyage papal en Algérie, dans le but de promouvoir la coexistence chrétiano-musulmane en cette période de conflit mondial et d’honorer l’inspiration locale de sa spiritualité religieuse, Saint Augustin».

La chaîne américaine CNN a également commenté cette visite, citant Martin McGee, expert des relations entre chrétiens et musulmans en Algérie, selon lequel le pape Léon XIV «cherchera à renforcer le dialogue entre les deux communautés».

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Essaouira, Maroc : Lancement du Prix “Voix des jeunes pour la paix”

. TOLÉRANCE & SOLIDARITÉ .

Un article de Agence Magreb Arabe Press

L’annonce, dimanche [29 mars] à Bayt Dakira à Essaouira, du lancement du Prix “Nawal Ouzitane – Voix des jeunes pour la paix” a constitué l’un des moments forts des travaux d’une rencontre internationale consacrée à la paix et à la tolérance, en tant que mécanisme visant à encourager l’engagement des jeunes dans la diffusion des valeurs de coexistence et de vivre-ensemble.

Ce prix national ambitionne de promouvoir les expressions créatives des jeunes dans divers domaines, reflétant leur conscience des valeurs de paix et leur responsabilité dans leur consolidation, avec un accent particulier sur la sensibilisation précoce des jeunes générations à l’importance du dialogue, de l’ouverture et de la diversité culturelle.

Cette initiative s’inscrit également dans une dynamique nationale visant à faire des jeunes des acteurs centraux des questions liées à la paix, à travers la mise à disposition d’espaces d’expression et de participation, ainsi que le renforcement des rôles éducatifs et culturels dans la lutte contre les phénomènes de violence et d’extrémisme.

Dans une déclaration à la MAP, le président fondateur de la Maison Maroc pour la paix et la tolérance, Farid El Bacha, a indiqué que cette rencontre a été marquée par deux temps forts, le premier consacré aux fondements de la paix tels que définis par les Hautes Orientations Royales, notamment en ce qui concerne le rôle de la religion en tant que valeur fondée sur la Lumière et la Raison, ainsi que l’importance du dialogue entre les générations et les continents et la place centrale de l’éducation.

(cliquez ici pour une version anglaise .)

(Voir suite sur colonne de droite. . . )

Question related to this article:

 

Youth initiatives for a culture of peace, How can we ensure they get the attention and funding they deserve?

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Le second temps fort a porté sur l’annonce du lancement du Prix “Voix des jeunes pour la paix”, visant à encourager les jeunes, dès le plus jeune âge, à adopter les valeurs de coexistence pacifique, soulignant qu’il s’agit d’une initiative unique au niveau national, traduisant la conviction du rôle des jeunes dans la promotion de la culture de la paix à travers différentes formes d’expression artistique.

Pour sa part, le professeur à l’Université Abdelmalek Essaâdi de Tétouan, Anas Al Yemlahi, a affirmé que le choix du Maroc au sein des instances internationales reflète plusieurs atouts stratégiques, notamment sa position géographique en tant que carrefour des continents et porte d’entrée africaine, atlantique et méditerranéenne.

Il a relevé que la vision éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, ainsi que les rôles assumés par le Royaume dans le renforcement des équilibres internationaux et la contribution à la résolution des conflits, consolident la position du Maroc en tant qu’acteur international dans la promotion de la paix, ajoutant que cette dynamique place le Royaume parmi les pays influents à l’échelle mondiale.

Cette rencontre s’inscrit dans le cadre des travaux de la première session du Conseil d’administration de l’Université des sciences de la culture et du patrimoine Tétouan-Essaouira, constituant une occasion d’échange autour des questions de paix, de développement et de coopération académique internationale.

Le programme de cette rencontre a comporté plusieurs axes, notamment le partenariat atlantique et la coopération multilatérale, le système international et les dynamiques de contestation, les défis de la construction d’une paix inclusive, ainsi que la place du dialogue des civilisations dans les discours royaux.

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L’Algérie accueille le Forum arabe de la Jeunesse, de la Paix et de la Sécurité

. TOLÉRANCE & SOLIDARITÉ .

Un article de Programme des Nations Unies pour le développement

Les 28 et 29 mars 2026, l’hôtel Sheraton à Alger a été le cadre d’un dialogue arabe unique réunissant jeunes, experts et décideurs autour des thématiques de la paix, de la sécurité et du développement durable.

Ce forum a été organisé par le ministère de la Jeunesse en collaboration avec le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) en Algérie, sous l’égide de la Ligue arabe et avec le soutien du Japon, dans le cadre de la Stratégie arabe pour la jeunesse, la paix et la sécurité.

(cliquez ici pour une version anglaise .)

(Voir suite sur colonne de droite. . . )

Question related to this article:

 

Youth initiatives for a culture of peace, How can we ensure they get the attention and funding they deserve?

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Lors de la cérémonie d’ouverture, le ministre de la Jeunesse a souligné le rôle central des jeunes dans les transformations régionales et l’engagement de l’Algérie à placer la jeunesse au cœur des politiques publiques nationales. La représentante résidente du PNUD en Algérie, Natasha Van Rijn, a mis en avant le rôle essentiel des jeunes dans la consolidation de la paix, tout en insistant sur l’importance d’élargir les partenariats aux niveaux arabe et africain.

Le ministre tunisien de la Jeunesse et des Sports a rappelé l’importance stratégique d’investir dans la jeunesse pour bâtir des sociétés stables et sûres, saluant la coopération entre l’Algérie et la Tunisie dans ce domaine. Quant au ministre yéménite de la Jeunesse et des Sports, il a souligné le rôle déterminant des jeunes dans la diffusion de la culture de la paix et dans la construction d’un avenir plus stable.

Sous le slogan « : ’ », le forum a organisé des ateliers pour identifier les principaux défis à la participation des jeunes et formuler des recommandations concrètes afin de renforcer leur rôle dans la prise de décision et la consolidation de la paix.

Le forum s’est clôturé le 29 mars 2026 en réaffirmant l’importance de valoriser les contributions des jeunes et de traduire les recommandations en actions concrètes aux niveaux national et régional.

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Dernier jour du Sommet des Peuples pour la Paix à Jérusalem : Ensemble, Israéliens et Palestiniens clament “La Paix maintenant !”

DESARMAMENT & SECURITE .

Un article de Pressenza

(Note de l’éditeur 1 : Existe-t-il une censure sioniste dans les principaux médias anglophones ? Pourquoi cet événement n’a-t-il pas été rapporté par eux ?)

Des milliers de personnes ont rempli ce 9 mai tous les espaces possibles du Centre international de congrès de Jérusalem pour le Sommet des Peuples pour la Paix [People’s Peace Summit], dont nous avons essayé de parler au cours de ce mois en interviewant certains des principaux promoteurs. Et ce fut un succès, des salles pleines, des applaudissements répétés pour tous les discours, une déclaration très claire de « stoppez cette guerre dévastatrice pour tout le monde » et une démonstration unanime d’unité, dans l’appel à une solution politique au conflit.

Organisée par la Coalition It’s Time, une alliance de plus de 60 organisations pour la paix, la réconciliation et la coexistence, il s’agissait de la plus grande mobilisation anti-guerre depuis le 7 octobre 2023 : un événement de deux jours qui a commencé dans l’après-midi du jeudi 8 mai, avec un programme chargé d’événements culturels dans toute la ville : projections de films, concerts, expositions d’art d’artistes juifs et arabes, et bien sûr débats et rencontres (liste des initiatives ici : https://www.timeisnow.co.il/thursday-english).

Mais le « plat principal » a eu lieu ce vendredi 9 mai, au Centre international de congrès de Jérusalem, avec la session plénière dans la salle principale le matin suivies de 12 sessions simultanées. Plus de 5 000 participants (selon les organisateurs), dont plusieurs soldats israéliens opposés à la guerre en cours, de nombreux proches d’otages, des survivants d’attentats terroristes, des proches en deuil des victimes de la guerre, des habitants de la région frontalière de Gaza, des juristes, des artistes, des diplomates, des leaders d’opinion, juifs et arabes : un bel échantillon d’une société civile pas du tout résignée, bien au contraire en mouvement, unie par un appel fort et unanime : « C’est maintenant [It’s Now] ! Il est temps de mettre fin à la guerre ».

« Nous sommes ici pour reconstruire un camp de paix fort », a commencé l’acteur et animateur israélien Yossi Marshek, ouvrant la séance du matin. S’en est suivi le témoignage du pilote qui, il y a quelques semaines, avait promu une lettre très discutée (largement relayée par la presse internationale), signée par des centaines de soldats israéliens étant actuellement (et aussi n’étant plus) en service, dans laquelle il dénonçait l’inacceptabilité des opérations de guerre contre des cibles majoritairement civiles, et appelait à un cessez-le-feu immédiat.

De nombreuses idées ont émergé lors de la séance d’ouverture intitulée « Il y a des partenaires et il y a un chemin » : trop nombreuses pour être résumées dans un seul article ; il y aura du temps plus tard, également pour un bilan. Mais le thème principal de la matinée a sans aucun doute été le débat sur les différentes solutions sur la table, en vue d’une solution politique au conflit. Et sur ce point, l’ancien Premier ministre israélien Ehud Olmert, ainsi que l’ancien ministre palestinien des Affaires étrangères Nasser al-Qidwa, ont exprimé leur opinion, en présentant le « plan de paix » qu’ils promeuvent depuis un certain temps.

« La paix est essentielle, mais nous devons offrir à la communauté internationale et à nos deux peuples un plan qui puisse être considéré comme réalisable, et le seul plan est la solution à deux États », a déclaré Olmert. Il existe d’autres idées, comme la solution à un seul État, que nous rejetons, car nous pensons qu’elle est la meilleure recette pour un conflit sans fin entre les deux peuples. Nous sommes pour une solution qui puisse véritablement changer les relations entre les deux peuples, à commencer par le droit à l’autodétermination, à la liberté de circulation et au vote sur un pied d’égalité, dans des conditions de pleine égalité pour tous les citoyens de chaque État. Notre plan inclut donc une solution à deux États basée sur les frontières d’Israël d’avant 1967 : lorsque le Likoud est arrivé au gouvernement, personne ne croyait que Menahem Begin ferait la paix avec l’Égypte et qu’Israël se retirerait du Sinaï, et pourtant, c’est ce qui s’est passé !

« Cette conférence est sans aucun doute importante », a ajouté Nasser al-Qidwa dans un message vidéo. Mais puisque l’establishment israélien fera tout pour boycotter cette solution, il nous appartient de croire à la coexistence, à la redistribution des territoires comme seule garantie d’un avenir commun. Mais nous devons absolument mettre fin au colonialisme de peuplement.

Il faut faire un choix : soit on considère que la terre appartient déjà entièrement à Israël, qui a donc le droit de la coloniser et d’expulser de Cisjordanie et de Gaza les populations qui y vivent ; ou bien il faut créer les conditions de coexistence entre les deux peuples et il faut croire au partage des territoires, sans exclure des formes de coopération. (…) La première chose à résoudre, c’est Gaza, il est urgent de parvenir à un accord : pour la libération des otages en parallèle avec la libération des prisonniers palestiniens. Et il est clair que la structure gouvernementale devra être liée à l’Autorité nationale palestinienne, à laquelle sera déléguée la responsabilité de la reconstruction de Gaza. (…)

Bien sûr, beaucoup de choses devront être négociées : les colonies, les réfugiés, les mesures de sécurité des deux côtés, etc. Mais rien ne sera possible si nous ne créons pas une nouvelle culture entre Israéliens et Palestiniens. Aujourd’hui, nous sommes ici pour dire qu’ensemble, nous devons avancer et construire un avenir. C’est seulement ainsi que nous pourrons le faire.

(Note de l’éditeur 2 : Ce n’est pas une guerre, c’est un génocide ! écrit un critique palestinien.)

(Voir suite sur colonne de droite. . . )

(Cliquez ici pour l’article en anglais ou ici pour l’article en espagnol).

Question for this article:

How can a culture of peace be established in the Middle East?

( . . . suite)

Quelques minutes plus tôt, le journaliste palestinien Mohammed Daraghmeh, présent en personne grâce à une autorisation « accordée » au dernier moment, avait décrit une situation déjà très « israélisée » en Cisjordanie : « De Ramallah à Naplouse, par exemple, il y a toute une géographie et une quantité d’infrastructures – ponts, routes, panneaux, fermes, centrales solaires – qui vous donnent l’impression d’être en Israël. Israël a utilisé la guerre de Gaza comme prétexte pour annexer également la Cisjordanie, dont 60 % sont désormais soumis à des projets de colonisation selon le plan bien connu de Bezalel (ministre israélien de la Défense), qui a créé un département spécifiquement pour faciliter l’expansion des colons, transformant les communautés palestiniennes en districts. (…)

Mais si Israël et la Palestine sont laissés à eux-mêmes, il n’y a aucun espoir : ils négocient sans succès depuis 30 ans, et Israël continue de manger le gâteau qui a été mis sur la table des négociations. Sans une forte pression extérieure pour mettre fin à la colonisation, il n’y a pas d’avenir pour un État palestinien. Je voudrais cependant dire aux Israéliens que l’expansion des colonies serait contre-productive pour eux aussi, car ils se retrouveraient finalement avec un seul État, avec les problèmes que nous pouvons prévoir. (…) Il est donc important que la communauté internationale intervienne également sur ce problème, avec des sanctions qui découragent les colonies, afin de ralentir cette expansion qui rend la solution à deux États de plus en plus difficile.

Rula Hardal, codirectrice (avec l’Israélienne May Pundak) de l’organisation A Land for All [Une terre pour tous], s’est également exprimée sur le sujet : « Nous parlons de deux États, mais la réalité qui se dessine sur le terrain depuis des décennies n’est pas celle d’une séparation. Nous sommes interconnectés et nous devons comprendre qu’un autre plan est nécessaire pour répondre à cette situation d’interdépendance. C’est pourquoi nous proposons une solution confédérale, avec des institutions et des solutions communes, par exemple en matière de santé, d’environnement, d’éducation, c’est-à-dire… de coexistence. Il y a ensuite des questions difficiles que les deux parties n’ont jamais vraiment abordées, comme le droit au retour. Le 7 octobre et la guerre génocidaire qui a suivi ont été des moments de non-retour, tant pour les Palestiniens que pour les Israéliens… »

May Pundak abonde dans son sens : « Pensons aussi à la crise climatique, aux voies navigables… nous devons comprendre que la ségrégation ne garantit un avenir sûr ni pour l’une ni pour l’autre partie. L’interdépendance israélo-palestinienne est le point de départ. »

Dans un message vidéo depuis Ramallah, le président palestinien Mahmoud Abbas s’est limité à une déclaration formelle : « Grâce à la justice, nous pouvons garantir la sécurité et un avenir à tous les peuples de la région : la paix est possible et il dépendra de nous tous de la rendre possible. »

Et représentant la « communauté internationale » tant évoquée, le président français Emmanuel Macron est intervenu dans un message vidéo de 5 minutes : « Nos pensées vont aux familles israéliennes et palestiniennes. Nous soutenons avec la plus grande conviction ce processus de paix qui a rendu possibles ces deux jours à Jérusalem, coïncidant avec les célébrations de la fin de la guerre il y a 80 ans en Europe, et nous entendons être à vos côtés pour toute initiative future »; et il a notamment évoqué une table de négociations pour très bientôt, qui devrait se tenir en Arabie saoudite en juin.

Parmi les nombreuses interventions, on ne pouvait manquer celles de ceux qui ont été touchés par la guerre dans leur cœur : Maoz Inon (l’un des principaux organisateurs de cet événement) qui a perdu ses deux parents bien-aimés le 7 octobre ; Liat Atzili, dont le mari a été tué le même jour ; Sigalit Hilel, mère d’Ori, tué au Nova Music Festival ; Elana Kamin-Kaminka, mère de Yannai, également tué le 7 octobre. « On est victimes de ce cycle de violence depuis plus d’un siècle », a dit Elana. « Il est temps d’utiliser toutes nos ressources d’humanité et de créativité pour résoudre ce conflit, nous le devons à nos enfants. »

Des propos qui rappellent ceux de la palestinienne Soumaya Bashir, de l’organisation Women Wage Peace : « En tant que femmes, nous affirmons la vie contre ceux qui ne veulent que la mort et la dévastation. Malheur à ceux qui se réfugient dans le silence et la douleur ! Il est temps de s’unir dans l’action ! Et de Makbula Nassar, journaliste et militante, l’appel suivant : « Écoutons les cris des enfants affamés de Gaza. Mettons fin à la cruauté et aux crimes dont nous sommes témoins depuis trop longtemps, car il n’y aura pas de « jour d’après » pour nos consciences. Nous méritons tous d’être libérés de cette oppression sans fin. Et seule la paix nous permettra de l’être. »

Les deux journées ont été diffusées en direct dans des dizaines de rassemblements de solidarité dans plus de 20 villes du monde, dont Londres, Berlin, Sydney, New York et Boston. Pour l’Italie, des projections collectives ont eu lieu à Florence, organisées par la section florentine de « Sinistra per Israele » [La gauche pour Israël] et à l’Université d’Udine.

Liens vers les articles précédents sur Pressenza :

Interview à Maoz Inon: https://www.pressenza.com/fr/2025/04/vers-le-sommet-des-peuples-pour-la-paix-a-jerusalem-les-8-et-9-mai-entretien-avec-lun-des-organisateurs-maoz-inon/

Interview à Aziz Abu Sarah: https://www.pressenza.com/fr/2025/04/vers-le-sommet-des-peuples-pour-la-paix-a-jerusalem-les-8-et-9-mai-entretien-avec-aziz-abu-sarah/

Interview à Nivine Sandouka: https://www.pressenza.com/fr/2025/04/vers-le-sommet-des-peuples-pour-la-paix-a-jerusalem-les-8-et-9-mai-nous-devons-soutenir-la-societe-civile-declare-la-palestinienne-nivine-sandouka/

Interview avec Mika Almog, May Pundak, Maya Savir : https://www.pressenza.com/fr/2025/05/vers-le-sommet-des-peuples-pour-la-paix-a-jerusalem-les-8-et-9-mai-quand-les-femmes-bougent/

Présentation de l’initiative : https://www.pressenza.com/fr/2025/05/sommet-des-peuples-pour-la-paix-a-jerusalem-les-8-et-9-mai-mais-de-quelle-paix-parle-t-on/

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Essaouira: Les “Guerrières de la Paix” nominées au Nobel de la Paix 2025

. EGALITE HOMMES/FEMMES .

Un article de Hespress

Espace emblématique de tous les dialogues et de tous les possibles Dar Souiri a donné rendez vous à la Paix le 17 janvier avec la projection en première au Maroc du film « Résister pour la paix ».

Sorti en 2024 ce film “résolument engagé et militant pour redonner ses chances à une paix donnant les mêmes droits aux peuples Israelien et Palestinien” ce film réalisé à l’initiative de Sabrina Azoulay retrace le parcours de Hanna Assouline et de Sonia Terrab fondatrices du collectif “Guerrières de la Paix” lancé à partir du “Forum Mondial des Femmes pour la Paix” réuni à Essaouira le 8 mars 2023.

Donnant la voix et offrant une tribune aux “militants palestiniens et israéliens travaillant main dans la main pour bâtir des ponts et promouvoir une Paix faisant justice aux droits fondamentaux des deux peuples” le film a été projeté à Dar Souiri devant une salle comble à l’écoute de ces témoignages émouvants nourris par des “récits-vérité” incarnation forte de la résilience et de l’engagement déterminé et courageux des fondatrices des Guerrières de la Paix” toutes d’origine marocaine.

À l’issue de la projection, un débat riche de promesses et d’espoirs a permis aux leaders de ce mouvement de partager avec le public leurs motivations et le sens donné à leur démarche, insistant, à cet égard, sur « l’urgence de donner une voix à celles et ceux qui refusent la fatalité des armes pour privilégier l’esprit et la culture d’une paix qui conjugue pour tous l’universalité des droits à la même dignité la même justice et la même liberté ».

(Voir suite sur colonne de droite. . . )

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Question for this article:

Do women have a special role to play in the peace movement?

How can a culture of peace be established in the Middle East?

(. . . suite)

Hanna Assouline s’est réjouie dans cette perspective de la tenue de cette projection à Essaouira, qu’elle a qualifiée de moment “symbolique”, soulignant qu’elle “s’inscrivait dans un contexte historique coïncidant avec l’accord de cessez-le-feu à Gaza et la nomination des “Guerrières de la Paix” dans la liste prestigieuse des candidats sélectionnés pour le “Prix Nobel de la Paix 2025”.

Cette soirée a rassemblé un large public, composé d’acteurs culturels, de militants associatifs, ainsi que de personnalités marocaines et étrangères issues de divers horizons, témoignant de l’intérêt unanime pour les valeurs de paix et de dialogue mises en avant par cet événement.

Portée par l’Association Essaouira-Mogador, cette initiative s’inscrit dans le cadre des efforts constants de la Cité des Alizés pour promouvoir les valeurs d’ouverture, de tolérance, du rapprochement et de coexistence pacifique qui font son ADN.

Pour rappel, le mouvement français « Les Guerrières de la Paix », fondé en 2022, rassemble des femmes juives et musulmanes engagées en faveur de la paix, de la justice et de l’égalité. En mars 2023, ce collectif a organisé à Essaouira le Forum Mondial des Femmes pour la Paix lançant un Appel universel à la Paix depuis la Cité des Alizés, symbole mondial d’échanges interculturels et de dialogue interreligieux.

Ce forum avait réuni des militantes de renom, telles que Jessica Mwiza (Rwanda), militante de la mémoire, Huda Abu Arquob, présidente de l’Alliance for Middle East Peace (Palestine), et Nurith Hagragh, représentante de Women Wage Peace (Israël). Ensemble, elles avaient uni leurs voix pour transmettre un message universel de paix au monde entier, réaffirmant le rôle crucial des femmes dans les processus de réconciliation et de justice sociale.

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De Paris à Caracas, des milliers de personnes défilent en soutien à Gaza à travers le monde, un an après le 7 octobre

. TOLÉRANCE & SOLIDARITÉ .

Un article par Le Parisien

« Liberté et justice pour les Palestiniens ! » Des milliers de personnes ont manifesté samedi en soutien à Gaza à travers l’Europe et en Afrique du Sud pour le premier anniversaire du sanglant conflit entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas.

Brandissant des pancartes et des drapeaux palestiniens et libanais, plusieurs milliers de manifestants se sont élancés dans le centre de la capitale britannique en fin de matinée. En tête du cortège notamment, l’ancien leader travailliste Jeremy Corbyn (aujourd’hui indépendant) ou encore l’ancien Premier ministre écossais Humza Yousaf.


Londres, le 5 octobre 2024. Beaucoup de manifestants arboraient des keffiehs, symboles de la lutte palestinienne. Reuters/Chris J Ratcliffe

« Arrêtez les bombardements », « Free, free Palestine » ou encore « Arrêtez de bombarder des hôpitaux » ont été parmi les slogans les plus populaires scandés à Londres par les manifestants, qui ont défilé dans le calme. « Il faut un cessez-le-feu maintenant. Combien de Palestiniens ou de Libanais innocents doivent encore mourir ? », a demandé Sophia Thomson, 27 ans, qui manifestait avec des amis. « Le fait que nous soyons aussi nombreux montre que le gouvernement ne parle pas au nom du peuple », a-t-elle ajouté.

Une manifestation en mémoire des quelque 1 205 personnes tuées lors de l’attaque sans précédent du Hamas en Israël le 7 octobre doit par ailleurs se tenir dimanche à Londres.

À Dublin, la capitale irlandaise, plusieurs centaines de personnes ont manifesté leur soutien aux Gazaouis aux cris de « liberté et justice pour les Palestiniens ».

À Berlin, une manifestation propalestinienne a rassemblé plus de mille personnes et une autre pro israélienne en a réuni environ 650, selon la police. À l’extérieur du cortège de cette dernière manifestation, 26 personnes qui avaient apostrophé les manifestants ont été interpellées, a indiqué à l’AFP un porte-parole de la police.

À Rome, des heurts ont opposé des jeunes propalestiniens à la police, avec jets de bouteilles, pétards, gaz lacrymogènes et usage de canons à eau, après une manifestation ayant réuni des milliers de personnes. « L’Italie doit arrêter de vendre et d’envoyer des armes à Israël », « Palestine libre » et « Israël État criminel », ont crié les manifestants.

Au cours de l’offensive menée en riposte par Israël, au moins 41 825 Palestiniens ont été tués à Gaza, en majorité des civils, selon les données du ministère de la Santé du gouvernement du Hamas, jugées fiables par l’ONU. Au Liban, selon les autorités, ce sont plus de 2 000 personnes qui ont été tuées depuis octobre 2023.

Des représentants de LFI à la manifestation parisienne

En France, plusieurs milliers de personnes ont défilé à Paris et dans plusieurs autres villes pour marquer leur « solidarité avec les peuples palestinien et libanais » et demander au gouvernement français d’agir davantage.

A Paris 5 000 manifestants, selon la police, ont rallié la place de la République à celle de Clichy, aux cris de « Palestine vivra, Palestine vaincra ». En tête de cortège, plusieurs figures politiques de la gauche radicale, notamment les représentants de La France Insoumise Jean-Luc Mélenchon et Manon Aubry. Parmi eux, le député Thomas Portes, interrogé par l’AFP, a demandé une nouvelle fois au président Emmanuel Macron de « reconnaître l’État de Palestine ».

(Voir suite sur colonne de droite. . . )

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Question related to this article:

 

Presenting the Palestinian side of the Middle East, Is it important for a culture of peace?

(. . . suite)

Au micro d’un camion présent dans le cortège, Jean-Luc Mélenchon a réitéré son appel aux étudiants à « pavoiser aux couleurs de la Palestine » et « du Liban » à partir du 8 octobre, en réaction à une circulaire ministérielle sur le maintien de l’ordre dans les universités à la veille du 7 octobre, date anniversaire de l’attaque du Hamas en Israël.

Mais pour Mohammed Ghili, 52 ans, membre de l’association Solidarité Palestine, si « c’est une bonne nouvelle, ça arrive bien trop tard » face à ce qu’il nomme « génocide ». Dans la foule, Maya, 37 ans, chercheuse en physique franco libanaise arrivée de Beyrouth il y a une semaine se dit « sidérée du traitement médiatique » de l’escalade au Liban. « On n’entend pas parler des bombardements des civils ».

Parmi le millier de personnes qui ont également défilé à Lyon selon la préfecture, Jérôme Faÿnel, président d’un collectif local de soutien au peuple palestinien, a affirmé que c’était pour lui l’occasion de dénoncer l’anniversaire « d’un an de brutalité inouïe ».

À Toulouse, 300 manifestants ont scandé le nom de « Georges Abdallah », en référence au militant libanais propalestinien Georges Ibrahim Abdallah, incarcéré depuis 40 ans pour complicité d’assassinat. Le 7 octobre doit être examinée sa 11e demande de mise en liberté. « Comment mettre une décision de justice le 7 octobre ? », s’est emportée Soraya, 50 ans, qui n’a pas souhaité donner son nom de famille. Elle dénonce « un parti pris » de la justice, un an jour pour jour après l’attaque sans précédent du Hamas.

Flo, 22 ans, habitant de Vienne (Isère) au chômage, qui n’a pas souhaité donner son nom de famille, est venu manifester comme il le fait depuis un an, et pour lui, c’est un « combat » : pas un « combat symbolique », mais un « combat de justice » pour les peuples palestinien et libanais.

À Nantes, deux défilés regroupant en tout quelque 350 personnes, selon une journaliste de l’AFP, ont parcouru les rues du centre-ville. À Strasbourg, les manifestants étaient 200, tout comme à Bordeaux, où ils ont effectué une minute de silence « en hommage aux martyrs » avant de déambuler dans le calme, en scandant « Palestine vivra, Palestine vaincra ».

Rassemblements en Suisse et en Afrique du Sud

À Bâle, en Suisse, des milliers de personnes se sont également rassemblées dans un parc près de la gare à l’occasion d’une manifestation nationale propalestinienne à l’appel de la Fédération Suisse-Palestine et d’une centaine d’organisations.

À Madrid, 5 000 personnes, selon les autorités, ont manifesté à l’appel du Réseau de solidarité contre l’occupation de la Palestine (RESCOP), avec des pancartes « Boycott Israël » ou « L’humanité est morte à Gaza ». Les manifestants ont appelé le Premier ministre Pedro Sanchez, qui a multiplié ces derniers mois les prises de position critiques vis-à-vis d’Israël, à rompre les relations diplomatiques avec ce pays.

Au Venezuela, des centaines de partisans du gouvernement de Nicolás Maduro et des membres de la communauté arabe ont manifesté devant le siège de l’ONU à Caracas. Portant un drapeau palestinien de 25 m de long et criant « Vive la Palestine libre » ou « Iran, Iran, frappe Tel Aviv », les chavistes ont remis à l’ONU un document appelant à la fin du « génocide » du peuple palestinien et à des « actions concrètes » à l’encontre d’Israël.

En Afrique du Sud, dans le centre du Cap, des centaines de personnes ont manifesté, agitant des drapeaux palestiniens et scandant des slogans anti-israéliens lors d’un rassemblement pro-Gaza. Brandissant des pancartes accusant Israël de génocide et de racisme, les manifestants – dont beaucoup portaient le keffieh, symbole de la lutte palestinienne contre Israël – se sont dirigés vers le Parlement sud-africain.

« Israël est un État raciste » et « Nous sommes tous des Palestiniens », ont scandé des manifestants. Certains d’entre eux ont fait savoir qu’ils soutenaient la plainte déposée par l’Afrique du Sud devant la Cour internationale de justice (CIJ). Pretoria soutient que l’offensive israélienne à Gaza viole la convention de l’ONU de 1948 sur le génocide.

De nombreux Sud-Africains comparent la position d’Israël envers les Palestiniens à l’apartheid, le régime ségrégationniste imposé par la minorité blanche dans le pays jusqu’aux premières élections multiraciales de 1994.

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Ces femmes israéliennes et palestiniennes qui ne veulent pas trancher entre Israël et Palestine

. EGALITE HOMMES/FEMMES .

Podcast de Anne-Cécile Mailfert pour Radio France

Avant-hier, Israël célébrait le “jour de Jérusalem”, qui commémore la conquête de la ville après la guerre des Six Jours. Depuis quelques années, cette journée est marquée par des manifestations violentes de colons qui cherchent la confrontation avec les palestiniens dans la vieille ville, lors de ce qu’ils appellent la “marche des drapeaux”.

Une provocation insensée alors que des civils palestiniens continuent de mourir sous les bombes et que les otages israéliens sont toujours retenus. Après la tragédie de Rafah, ils font le choix d’une guerre sans fin.

Face à cette dynamique mortifère, des militants de la paix, souvent des femmes, existent, proposent des récits alternatifs et posent des actes courageux, dont on entend trop peu parler.

Image de video avec Anne-Cécile Mailfert

Par exemple ?

Nava Hefetz, une femme rabbin militante pour la paix et les droits humains, ou Ghadir Hani, une palestinienne israélienne, étaient aussi, toutes deux, à Jérusalem pour organiser des “gardes humanitaires” dans toute la ville et protéger les Palestiniens face aux colons.

(Voir suite sur colonne de droite. . . )

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Question for this article:

Do women have a special role to play in the peace movement?

(. . . suite)

Depuis le 7 octobre, leur mouvement, standing together, le plus grand réunissant Palestiniens et Israéliens pour la paix, la justice et l’égalité, organise des manifestations dans tout le pays pour appeler à un cessez-le-feu et à la libération des otages. Leurs “gardes humanitaires” assurent également le passage des camions d’aide à Gaza, souvent attaqués par les colons. Ils et elles s’opposent à l’occupation et œuvrent pour que les deux peuples puissent vivre en sécurité, en liberté et avec autodétermination.

Ce sont des voix qu’on entend peu ?

Oui, et des femmes qu’on voit peu. Le peu de fois ou l’on parlé des femmes c’est lorsqu’elles sont victimes de viols de guerre (et encore), de bombardements (et encore), ou endeuillées par la perte de leurs enfants (et encore, trop peu). Mais on ne les voit jamais lorsqu’on parle sérieusement de négocier la guerre ou la paix. Or les femmes ne sont pas que des objets d’inquiétude, elles ont aussi des sujets, ont des choses intéressantes à dire et plus fructueuses sans doute que bien des discours virils et belliqueux.

Reem Alhajajra co-fondatrice des Women of the Sun, association palestinienne milite aux côtés de Women Wage Peace côté israélien pour la justice et la Paix, et alerte sur la nécessité d’entendre et faire toute la place aussi à celles qui œuvrent pour la paix.

Des œuvres peuvent aussi figurer l’espoir, sans rien nier de l’histoire. Comme Lina Soualem, dans “Bye Bye Tibériade”, un documentaire magnifique sorti en 2023, qui rend hommage aux 4 générations de femmes de sa famille, et met en valeur les combats quotidiens des femmes palestiniennes, qui depuis des années, doivent dépasser l’impossible pour réaliser leur rêve.

Les femmes existent et on ne pourra pas imaginer la suite sans elles. La paix ne pourra pas se gagner avec les armes. Chacune à leur manière, ces voix de femmes osent tout simplement, et on sait combien c’est difficile, voire un autre présent et imaginer un autre avenir que celui de la guerre.

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La Journée internationale de la femme: Ligue internationale des femmes pour la paix et la liberté (WILPF)

. EGALITE HOMMES/FEMMES .

Un article de la Ligue internationale des femmes pour la paix et la liberté (WILPF)

À l’occasion de la Journée internationale de la femme : pourquoi il est plus important que jamais de remettre en question le discours

Dans cette séance de questions-réponses perspicace avec Maha Batran, conseillère MEL et partenariats de la WILPF, elle plonge au cœur de la lutte palestinienne, explorant ses racines historiques, les défis actuels auxquels sont confrontés les Palestiniens et l’importance de remettre en question les récits dominants. Grâce à des réflexions franches et à des analyses d’experts, elle découvre l’impact sexospécifique de l’occupation, les nuances de la résistance palestinienne et les mouvements de solidarité mondiaux exigeant justice et responsabilité.

Quelles sont les causes profondes de toute cette lutte ? Et comment les femmes sont-elles affectées ? 

En 1948, l’État d’Israël a été créé, marquant la fin du mandat britannique sur la Palestine. L’année 1948 est également connue sous le nom de Nakba , au cours de laquelle des groupes armés juifs/sionistes ont effectué un nettoyage ethnique des Palestiniens dans certaines parties du pays. Ils ont non seulement tué des dizaines de milliers de Palestiniens, mais ils ont également forcé plus de 700 000 Palestiniens à quitter leurs foyers vers la Cisjordanie, Gaza et les pays voisins. La famille de mon père a été expulsée de sa maison à Jaffa et s’est installée à Gaza en 1948. Israël a occupé le reste de la Palestine historique en 1967, y compris Jérusalem-Est, Gaza et la Cisjordanie où je vis aujourd’hui. 

Pendant des décennies, des résolutions de l’Assemblée générale des Nations Unies ont été adoptées pour protéger les droits des Palestiniens et exiger qu’Israël mette fin à son projet colonial et à son oppression. Cela inclut la résolution 194 de l’ONU sur la protection du droit des réfugiés palestiniens à rentrer chez eux et à vivre en paix avec leurs voisins, ou à recevoir une compensation. Ces résolutions restent sur papier. Personnellement, je reste réfugié en Palestine sans droit de visite, et encore moins de m’installer à Jaffa. Pendant ce temps, n’importe quel Juif du monde entier peut venir (et être financé et encouragé) pour s’installer à Jaffa.

L’Organisation de libération de la Palestine (représentant internationalement reconnu du peuple palestinien) et l’État d’Israël ont signé un traité de paix, les Accords d’Oslo en 1993. L’accord stipulait une période transitoire de cinq ans pour un accord d’autonomie palestinienne intérimaire qui se terminerait avec un arrangement permanent où les Palestiniens ont le droit à l’autodétermination et à la paix, vivant aux côtés d’Israël. Cette période de transition s’est terminée sans transfert de pouvoir aux Palestiniens sur la Cisjordanie et à Gaza comme le prescrivaient les Accords. Au contraire, le contrôle israélien accru, l’accaparement des terres et la colonisation en Cisjordanie ont connu une croissance ont échoué . Je l’ai vu de mes propres yeux, la colonie sur la colline en face de chez nous ne faisait que s’étendre, les points de contrôle entre les villes de Cisjordanie se multipliaient, et nous n’avions absolument aucune souveraineté, aucun contrôle sur la terre, les ressources en eau. , l’air, les frontières, les permis de construire, rien. Les Palestiniens ne pouvaient pas accepter cela. Qui l’aurait fait ? 

Nous avons été témoins de violations quotidiennes des droits de l’homme, du droit international, de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre contre les Palestiniens. Ces propos ont été enregistrés par des organisations et commissions internationales, palestiniennes et israéliennes de défense des droits de l’homme en Cisjordanie, à Gaza et en Israël, considérant notamment l’occupation comme illégale au regard du droit international (et un avis consultatif est actuellement demandé sur cette question à la Cour internationale de Justice). ) et dénoncer le crime du système d’apartheid de l’État d’Israël. 

Les politiques israéliennes qui victimisent et discriminent le peuple palestinien ont un impact évident sur le genre dans la mesure où elles isolent les femmes palestiniennes, les appauvrissent, limitent leurs droits et libertés et entravent leur participation aux sphères publiques politiques, culturelles, sociales et économiques. Les politiques d’occupation et d’apartheid ont d’énormes effets sur le statut juridique, social, éducatif, économique et politique des femmes, ainsi que sur leurs priorités, l’accès aux services, en particulier pour les filles et les femmes victimes de violences basées sur le genre, et les options de résistance disponibles.

APPRENDRE ENCORE PLUS

Pour plus de ressources sur l’histoire de la Palestine et d’Israël, visitez la page de l’ONU . 

D’autres ressources peuvent être trouvées ici .

Vous pouvez en savoir plus sur l’impact de l’occupation sur les femmes palestiniennes dans l’analyse de la WILPF

C’est également le cas des organisations de femmes palestiniennes.

Cette déclaration des experts de l’ONU sur les récentes violations des droits de l’homme par Israël à l’égard des filles et des femmes palestiniennes.

Et quelle était la situation à Gaza jusqu’à l’actuelle escalade de la violence ? 

La situation des Palestiniens s’est détériorée au fil du temps et les Palestiniens vivant à Gaza sont soumis à un blocus depuis 2007. En fait, je n’ai pas pu visiter Gaza depuis 1999 parce que l’État israélien ne m’a pas accordé de permis. Donc techniquement, le siège a été appliqué depuis. Et les conditions de vie à Gaza se sont détériorées au cours des dernières décennies. Les habitants de Gaza et les militants ont tenté de résister par des moyens non violents. Les flottilles de la liberté lancées par des groupes de solidarité internationale qui utilisent les eaux internationales pour tenter de traverser Gaza en bateau. La Grande Marche du Retour vers la frontière de Gaza avec Israël où les réfugiés (qui représentent 70 % de la population de Gaza) ont marché chaque vendredi vers les frontières dans un geste symbolique pour briser le siège de Gaza et exercer leur droit de retourner dans leur terre. sont des exemples concrets d’initiatives visant à briser le blocus de Gaza et à attirer l’attention du monde sur la situation à Gaza. Cependant, la réponse internationale et politique à ces tentatives a été faible. Des groupes militaires à Gaza ont lancé des attaques à la roquette depuis Gaza sur les territoires israéliens voisins, et Israël a lancé six grandes attaques militaires (2008-2009, 2012, 2014, 2021, 2022 et 2023), faisant des milliers de morts. Mais le siège persista. 

L’escalade actuelle de la violence, la poursuite du blocus et l’incapacité à respecter les engagements pris dans le cadre du processus de paix ont été rendus possibles par l’ impunité de longue date de l’armée israélienne et de ses responsables qui commettent crime après crime sans rendre de comptes ni conséquences. Gaza a souvent été décrite comme une bombe à retardement, avec plus de deux millions de personnes vivant dans ce qui a souvent été décrit comme une prison à ciel ouvert et constamment attaquée. 

La campagne de la WILPF a appelé ses alliés à remettre en question le discours entourant le conflit. Pourquoi est-ce important et qu’est-ce que cela signifie ?

Les médias occidentaux présentent la cause des Palestiniens comme un conflit complexe, dans lequel deux personnes ne peuvent pas vivre côte à côte et coexister. Il utilise également un langage de suprématie et de déshumanisation. Un récit qui ne reconnaît pas l’histoire de la terre et de son peuple, l’humanité et l’égalité des Palestiniens ainsi que la dynamique et les moteurs de la violence et de l’injustice. Jusqu’à présent, ce discours n’a pas réussi et ne parviendra certainement pas à produire des stratégies efficaces pour remédier à la situation. C’est pourquoi il est important de recadrer le récit du conflit, de nommer les pratiques et les dynamiques par leurs noms propres et de les replacer dans le bon contexte.

Historiquement, mais aussi de plus en plus avec les derniers événements, les Palestiniens ont été déshumanisés par les médias occidentaux qui rendent compte passivement de leurs souffrances (les Israéliens sont souvent signalés comme étant « tués » tandis que les Palestiniens sont « morts » et souvent tenus pour responsables de leur propre mort). qu’ils sont décrits comme des êtres humains moins importants et plus « tuables ». Ce langage de suprématie et de « Dieu fournissant cette terre au peuple élu de Dieu » a été entendu depuis longtemps par les responsables et partisans israéliens ; c’est aussi le fondement du projet sioniste. Le projet du « droit de naissance », selon lequel tout Juif est soutenu (financièrement et logistiquement) pour visiter Israël et les colonies de Cisjordanie et de Jérusalem-Est, et s’y installer, n’est qu’un exemple de la façon dont le projet colonial, au nom du « droit de naissance », du peuple juif à la terre », est justifiée et défendue à travers le récit. Les réfugiés palestiniens qui ont été expulsés de leurs terres lors de la création de l’État d’Israël se sont vu refuser le même « droit ». WILPF et d’autres ont contesté ce récit. 

(Voir suite sur colonne de droite. . . )

(Cliquez ici pour une version anglaise de cet article.)

Question for this article:

Do women have a special role to play in the peace movement?

Presenting the Palestinian side of the Middle East, Is it important for a culture of peace?

(. . . suite)

Nous entendons souvent dire que d’autres peuples opprimés défendent peut-être la bonne cause, mais qu’ils la réclament de la « mauvaise manière ». Les Palestiniens sont également confrontés à cette situation. 

Il est important de commencer par souligner que le droit des peuples à résister à l’occupation est protégé par le Protocole additionnel I aux Conventions de Genève de 1949 et par une douzaine de résolutions de l’ONU, dont la résolution 37/43 de l’AGNU qui affirme la légitimité de la lutte pour l’indépendance et la libération. de l’occupation étrangère par tous les moyens disponibles, y compris la lutte armée. Cela signifie que les Palestiniens ont le droit de résister à l’occupation israélienne illégale, par tous les moyens disponibles. La lutte armée doit également respecter le droit international (qui interdit par exemple de prendre pour cible des civils). Il est également important de reconnaître que qualifier une personne ou un groupe de résistance à l’occupation ou à l’oppression par des « terroristes » ou leurs actes d’« actes terroristes » est une pratique établie de longue date, certaines de ces étiquettes ont ensuite été révisées, comme dans le cas de Yasser Arafat a mené de violentes attaques et a ensuite reçu le prix Nobel de la paix. Nelson Mandela était considéré comme l’un des plus grands artisans de la paix après avoir combattu avec succès l’apartheid par des moyens violents et non violents. Ceux qui ont le pouvoir de faire accepter leurs opinions et de créer le récit ont également le pouvoir d’étiqueter et de mal étiqueter.

Les gens demandent : « Pourquoi n’y a-t-il pas de Mandela en Palestine ? » Comment répondez-vous à ce genre de critiques de la résistance et du leadership palestiniens ? 

Nous, Palestiniens, avons résisté pacifiquement à l’occupation israélienne et aux violations des droits de l’homme à travers d’innombrables initiatives persistantes allant des mouvements de jeunesse, à la syndicalisation, aux arts et à la culture, aux marches populaires et aux initiatives politiques. Par exemple, la Jeunesse contre les colonies, la plus active à Hébron en Cisjordanie, où les colons israéliens s’emparent peu à peu des maisons palestiniennes au cœur de la ville protégées par les soldats ; la Grande Marche du Retour ; les flottilles de la liberté ; le mouvement de boycott, de désinvestissement et de sanctions, qui est une réplique du mouvement anti-apartheid sud-africain et qui a été approuvé par la WILPF dans une résolution de 2011 ; et plus récemment, un mouvement mondial appelant à un cessez-le-feu à Gaza mais aussi au démantèlement du système d’apartheid et à la fin de l’occupation.

Cependant, la répression de telles tentatives de résistance a été violente et presque inévitable (voir par exemple le rapport Trigger Happy d’Amnesty International ). Les chances que les dirigeants survivent au ciblage systématique et généralisé de la résistance pacifique par Israël sont pratiquement inexistants. Israël a une longue histoire de recours aux châtiments collectifs et à la force excessive, y compris l’assassinat de militants, de journalistes, de poètes et d’hommes politiques palestiniens, et a systématiquement pénalisé d’autres personnes, y compris des enfants, au moyen de mesures telles que la détention administrative prolongée illégale , privant les Palestiniens de garanties judiciaires fondamentales, telles que comme le cas de l’universitaire Ahmad Qatamesh.

Pour plus de ressources sur le droit des Palestiniens à résister, consultez l’ analyse juridique et la FAQ à laquelle WILPF a contribué sur Gaza et le droit international.

De nombreux pays et institutions ont réprimé, voire criminalisé, l’activisme pro-palestinien au nom de la lutte contre l’antisémitisme. La résistance des Palestiniens, des Israéliens et de la communauté internationale à l’oppression israélienne (de l’État et des colons) contre les Palestiniens équivaut-elle à de l’antisémitisme ?  

Non . Il y a une différence entre s’élever contre les violations des droits humains perpétrées par l’armée israélienne et les colons et l’antisémitisme. 

L’antisémitisme n’est pas acceptable. Cependant, défendre les droits des Palestiniens ne fait pas de vous un antisémite. Si vous croyez en l’égalité et en la justice, vous n’êtes pas antisémite. Les Palestiniens et les partisans des droits des Palestiniens reconnaissent qu’il y a des causes profondes à toute cette violence (qui est la continuation du projet colonial israélien de dépossession et du système d’oppression de l’apartheid) et qu’il faut s’y attaquer. 

L’État israélien et la propagande pro-israélienne ont tenté de qualifier d’antisémites les partisans et les défenseurs des droits palestiniens, de sorte qu’ils soient immédiatement réprimés sur de fausses bases morales . De nombreux groupes et militants juifs résistent aux efforts pro-israéliens visant à assimiler faussement les critiques d’Israël à l’antisémitisme et cherchent à démêler l’identité juive et la libération du sionisme et de l’État d’Israël.  

Il s’agit notamment des Juifs israéliens et des organisations israéliennes qui dénoncent et s’élèvent contre les violations des droits de l’homme et du droit international par l’État israélien, notamment B’tselem, Yesh Din et HaMoked. Il existe également des juifs israéliens, tels que les auteurs et historiens Illan Pappe et Avi Shlaim, qui ont consacré leur travail à dénoncer le nettoyage ethnique de la Palestine et le projet sioniste. Il y a Amira Hass , la journaliste israélienne et fille de survivants de l’Holocauste vivant en Cisjordanie parmi les Palestiniens qui écrit également pour dénoncer les violations israéliennes, en particulier en Cisjordanie.

Des voix juives à travers le monde qui s’opposent aux actions d’Israël contre les Palestiniens, y compris Jewish Voice for Peace (consultez le faq du JVP pour plus d’informations sur leurs positions, en particulier sur la question de ne pas assimiler l’identité juive du groupe au sionisme et à l’antisémitisme), et des individus, comme les intellectuels et auteurs juifs Naomi Klein et Judith Butler

Il y a une différence entre être antisémite et défendre la justice, la responsabilité, l’égalité et la liberté. Il faut pouvoir dire la vérité, lutter sans crainte pour la protection des droits de l’homme, pour un monde sans oppression, sans colonialisme et sans apartheid. 

Au fil des années, différents types d’efforts de solidarité et de paix ont été déployés par la société civile et les militants pour la paix. Quel type de solidarité est utile aux Palestiniens et à la cause palestinienne ? 

Tous les efforts de consolidation de la paix n’ont pas été utiles aux Palestiniens et à la cause palestinienne. Les approches de consolidation de la paix qui adhèrent au discours erroné selon lequel « deux peuples ne peuvent pas s’entendre » produiront inévitablement des résultats inefficaces, voire néfastes. Les militants de la solidarité et de la paix doivent faire la différence entre coexistence et co-résistance, entre solidarité et normalisation, entre dénoncer les violations des droits de l’homme et du droit international et entre outrepasser ceux en faveur d’une « solution de paix entre deux peuples ».

La coexistence, qui est généralement encouragée par des activités telles que des camps ou des séances de dialogue entre Israéliens et Palestiniens, vise à normaliser la relation entre l’oppresseur et l’opprimé. Les activités de normalisation sont souvent qualifiées de « colonisation de l’esprit », où la relation oppresseur-opprimé et le statu quo sont considérés comme normaux, avec quelques améliorations cosmétiques. Ces activités ont proliféré pendant la période d’Oslo (1994-1999), mais faute de s’attaquer aux causes profondes du problème, elles ont échoué. Et même si certaines personnes, et certaines féministes autoproclamées, soutiennent les activités de normalisation, celles-ci ne seront pas acceptées par la majorité des Palestiniens, resteront en marge de la véritable lutte et n’apporteront pas justice. 

La co-résistance, en revanche, reconnaît que l’oppresseur et l’opprimé ne sont pas sur un pied d’égalité et que l’histoire, en particulier la fondation d’Israël à travers le nettoyage ethnique de la Palestine, est bien connue. Elle exige la reconnaissance et l’affirmation des droits inaliénables des Palestiniens, y compris le droit au retour.

Le BDS a établi des définitions et des lignes directrices très claires pour les activités anti-normalisation. Ils ont également des lignes directrices adaptées aux différents secteurs et groupes. Ceux-ci doivent toujours être consultés.  

Dernier mot?

Ce conflit, notre conflit concerne un État colonial qui impose une occupation militaire et un régime d’apartheid. Le monde a vu un État commettre un génocide diffusé en direct. Beaucoup de leurs dirigeants en sont complices, tout comme les mécanismes internationaux qui n’ont pas réussi à l’arrêter. En réponse, ils se sont levés. Ce mouvement a inspiré le gouvernement sud-africain à poursuivre courageusement Israël devant la Cour mondiale pour crime de génocide. 

Ce mouvement mondial exige des comptes de la part de tous les gouvernements, institutions et entreprises complices. Le mouvement prend de l’ampleur et tente de bouleverser l’ordre mondial actuel. Les Gazaouis ont eux-mêmes beaucoup perdu, mais le monde considère Gaza comme un front mondial contre le régime de l’oppression, du colonialisme et de la tyrannie, c’est pourquoi ils agissent en solidarité avec les Gazaouis et pour la justice pour tous, y compris eux-mêmes.  

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