Category Archives: TOLERANCE & SOLIDARITE

Séminaire post-forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique

TOLÉRANCE & SOLIDARITÉ .

Un article de 7sur7 Senegal

Le Sénégal a abrité, aujourd’hui, le séminaire post-forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique. Ce séminaire, organisé dans le cadre d’un partenariat entre le Ministère des affaires étrangères et des sénégalaises de l’extérieur et le Centre des Hautes Etudes de Défense et de Sécurité (CHEDS) du Sénégal, porte sur le thème : “Prévention et lutte contre l’extrémisme violent : quelles réponses des populations ?”.


Horchani Ferhat

Professeur à la Faculté de droit et des sciences politiques de Tunis, Horchani Ferhat a, dans son exposé introductif, expliqué les raisons de l’échec de la communauté internationale dans la lutte contre le terrorisme. Cet échec, selon lui, se traduit au moins sur trois plans.

(Voir suite sur colonne de droite. . . )

(Cliquez ici pour une traduction anglaise.

Question for this article

Islamic extremism, how should it be opposed?

(. . . suite)

Le premier, c’est l’augmentation spectaculaire des groupes terroristes. À l’en croire, le nombre des groupes de terroristes devient plus important avec des appellations locales.

Le deuxième plan de ce constat, c’est que, selon le professeur Ferhat, les groupes terroristes actuels (État islamique, Daesch) ont des ambitions plus larges que la simple terreur. Ils ont des ambitions territoriales, politiques.

S’agissant du troisième plan d’échec, le professeur renseigne que ces groupes peuvent avoir une force d’attraction à l’égard d’un nombre important de jeunes à travers les frontières nationales. Il s’agit, poursuit-il, d’une menace transnationale pour ne pas dire transcontinental. 

Pour le professeur, cet échec relatif de la communauté internationale, malgré tout l’argent qui a été dépensé, exige une autre lecture. “Nous ne pouvons plus continuer comme ça”, a déclaré le professeur Horchani Ferhat, pensant qu’il faut une lecture juste du phénomène terrorisme. L’objectif de cette lecture, poursuit-il, est d’éradiquer non pas seulement ce qui est visible mais il faut extirper le mal dans sa racine.

“Il faut une véritable stratégie. Et cette stratégie ne peut être qu’une stratégie mondiale et multiforme. Cela veut dire qu’elle implique non seulement l’État mais aussi les communautés nationales c’est-à-dire les populations mondiales”, a-t-il souligné. Il a rappelé par ailleurs que le phénomène du terrorisme est très complexe et peut avoir des motivations très diverses. Il peut, à son avis, avoir sa source dans la criminalité, le commerce des stupéfiants, la quête de l’argent facile, la radicalisation, l’exclusion sociale et économique, la pauvreté absolue entre autres.

La prochaine vague de réfugiés des changements climatiques

TOLÉRANCE & SOLIDARITÉ .

Un article de Kumi Naidoo dans Project Syndicate

Les instances internationales se sont engagées dans une série de discussions qui pourraient fondamentalement changer la gestion des mouvements migratoires à travers les frontières. Le dialogue porte principalement sur la protection des réfugiés ; l’autre volet sur la migration. .


Ces discussions, menées sous l’égide des Nations unies ne déboucheront pas sur des accords juridiquement contraignants. Mais les débats en eux-mêmes constituent une rare occasion d’établir un consensus sur les problèmes contemporains de migrations. Et de manière encore plus importante, la communauté internationale aura ainsi l’occasion de planifier les répercussions des changements climatiques, qui ne manqueront pas de devenir sous peu la principale cause du déracinement et de la migration des populations mondiales.

Le compte récent recense près de 258 millions de migrants dans le monde entier, dont 22,5 millions de réfugiés enregistrés par l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés. Ces chiffres ne sont rien si les plus modestes prédictions relatives au climat se réalisent. Selon l’Organisation internationale pour les migrations, les changements climatiques pourraient déplacer près d’un milliard de personnes d’ici 2050. Et pourtant aucun traité international ne couvre les migrations provoquées par le climat — une lacune qui doit être comblée dès maintenant.

Les normes internationales de protection des réfugiés n’ont jamais reçu autant d’attention depuis 1951. Cette année-là, devant le déplacement de 80 millions de personnes après la Deuxième Guerre mondiale, les pays membres de l’ONU ont ratifié un cadre intégral pour normaliser comment sont traités les réfugiés. Le Pacte mondial sur les réfugiés débattu en ce moment s’appuie sur ce cadre pour élaborer des stratégies donnant des outils aux réfugiés et assister les États les accueillant. Fait encore plus important, le document engagerait les signataires à la protection de « ceux qui ont été forcés de migrer en raison de catastrophes naturelles et de changements climatiques ».

(Voir suite sur colonne de droite. . . )

(cliquez ici pour une version anglaise ou ici pour une version espagnole de cet article.)

Question related to this article:

 

The refugee crisis, Who is responsible?

(. . . suite)

Le deuxième accord porte encore plus à conséquence pour la gestion des populations déplacées par les événements climatiques. Il n’y a jamais eu de traité mondial en vigueur concernant les migrations ; et les initiatives bilatérales antérieures se sont attardées presque exclusivement sur la violence et les conflits comme principales causes des exodes. La proposition du Pacte mondial sur les migrations étudie aussi d’autres facteurs et est d’avis que les changements climatiques sont parmi les « facteurs défavorables structurels qui obligent les gens à quitter leur patrie ».

Ce type de vocabulaire réglementaire confirme ce que les populations à risque du monde entier savent déjà : les sécheresses, les catastrophes naturelles, la désertification, les mauvaises récoltes et bien d’autres bouleversements environnementaux détruisent le gagne-pain de communautés entières et rendent inhabitables des régions entières. Dans mon pays, l’Afrique du Sud, une sécheresse record oblige les grandes villes à envisager un rationnement de l’eau. Si les pénuries d’eau persistent, les migrations ne tarderont pas.

La rareté des ressources est particulièrement inquiétante dans des États politiquement instables où les changements climatiques sont déjà liés à des conflits violents et à des bouleversements sociaux. Les conflits pour la mainmise de terres fertiles et de réserves d’eau potable ont ainsi nourri la guerre au Darfour et même la crise actuelle en Syrie — l’une des plus grandes sources de migrants aujourd’hui — qui s’est déclarée après des sécheresses successives ayant chassé les Syriens ruraux vers les villes. Il n’est pas irréaliste de penser qu’encore plus de sang sera versé dans les années à venir en raison de changements climatiques.

Les deux cadres de l’ONU pourraient servir de base pour la planification de la gestion des migrations futures découlant des changements climatiques. Les prises de décision guidées par les modèles scientifiques permettent aux États d’élaborer des stratégies de réinstallation des populations se déroulant en bon ordre, dans la dignité et l’équité. C’est assurément une démarche plus avisée que les interventions effectuées jusqu’ici à l’improviste.

Mais l’Histoire nous apprend que les États sont plutôt hostiles aux solutions collectives pour gérer les migrations forcées. L’étendue des dégâts est aujourd’hui bien visible dans le sort troublant et inacceptable des réfugiés venant de toutes les régions du monde.

À l’approche du dernier mois des discussions relatives au pacte, à quoi devons-nous nous attendre de ceux qui négocient le plan mondial de gestion des migrations sans précédent des populations ? Les causes et les conséquences des changements climatiques exigent qu’on y porte une attention plus étroite. Les déracinés doivent pouvoir refaire leur vie dans la dignité. Les dirigeants mondiaux seront jugés selon l’atteinte de cet objectif grâce aux pactes mondiaux pour les réfugiés et les migrants.

(Merci à Paul Kimmel, le reporter de CPNN pour cet article.)

France / Réfugiés. Reprise du Procès de Martine Landry, Une Membre d’Amnesty International France et de l’Anafé Injustement Poursuivie pour « Délit de Solidarité »

. TOLÉRANCE & SOLIDARITÉ .

Une communiqué de press de Amnesty International

Ce mercredi 14 février, Martine Landry, militante d’Amnesty International France (AIF) et de l’Anafé (Association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers), comparaîtra devant le tribunal correctionnel de Nice. Il lui est reproché d’avoir « facilité l’entrée de deux mineurs étrangers en situation irrégulière ». Elle risque jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et 30 000 € d’amende.

AIF et l’Anafé dénoncent la poursuite de personnes dont la seule motivation est de porter assistance aux migrants et réfugiés, sans autre contrepartie que de voir leurs droits respectés.


Photo de Martine Landry from France3

Ni trafiquantes, ni délinquantes, ces personnes, inquiétées, intimidées, poursuivies, défendent avant tout les droits humains. Elles agissent pour protéger les droits des personnes migrantes et réfugiées auxquels les autorités françaises portent atteinte.

Il est urgent et indispensable que la politique du gouvernement français soit réorientée de façon à répondre à l’impératif respect des droits des personnes migrantes et réfugiées qui franchissent la frontière franco-italienne et à la nécessaire protection de celles et ceux qui leur apportent leur aide.
Amnesty International France et l’Anafé réitèrent leur soutien à Martine Landry et seront présentes lors du procès.

Informations complémentaires

Martine Landry est membre d’Amnesty International depuis 2002. Elle est également la référente régionale Provence-Alpes-Côte d’Azur sur la question des réfugiés et migrants depuis 2011 et chargée d’une mission d’observation en zone d’attente pour AIF. En parallèle, elle participe aux missions militantes de conseil aux demandeurs d’asile et d’accompagnement dans l’accès à leurs droits, missions pour lesquelles elle a bénéficié de plusieurs formations.

Par ailleurs, en dehors de ses activités pour AIF, Martine Landry est engagée au sein de différentes associations locales et nationales pour la défense des migrants et des réfugiés dont l’Anafé.

(Voir suite sur colonne de droite. . . )

(cliquez ici pour une version anglaise de cet article.)

Question related to this article:

 

The refugee crisis, Who is responsible?

(. . . suite)

Travaillant avec l’Anafé depuis de nombreuses années dans le cadre de sa mission d’observation en zone d’attente pour AIF, Martine Landry est membre individuelle de l’Anafé depuis 2017. Elle participe activement à la mission d’observation de l’Anafé à la frontière franco-italienne.

Il lui est reproché d’avoir « facilité l’entrée de deux mineurs étrangers en situation irrégulière ». Elle risque jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et 30 000 € d’amende.
Résumé des faits

Le 28 juillet 2017, la police italienne a renvoyé, à pied, deux mineurs isolés étrangers vers la France. Martine Landry les a récupérés au poste frontière Menton/Vintimille du côté français pour les accompagner à la police aux frontières (PAF), munie des documents attestant de leur demande de prise en charge par l’aide sociale à l’enfance (ASE). Les deux mineurs, tous deux âgés de 15 ans et d’origine guinéenne, ont par la suite été pris en charge par l’ASE.

Le 31 juillet, Martine Landry s’est rendue à la PAF de Menton suite à l’interpellation et au transfert de onze migrants. Ce jour-là, elle se voit remettre une convocation pour une audition le 2 août. Le lendemain, Martine Landry reçoit une convocation du tribunal correctionnel de Nice. Elle devait être jugée le 8 janvier pour « avoir facilité l’entrée de deux mineurs étrangers en situation irrégulière […], en ayant pris en charge et convoyé pédestrement ces deux mineurs du poste frontière côté Italie au poste frontière côté France ». Son audience a été renvoyée au 14 février 2018.

Droit international applicable

Le 29 octobre 2002, la France a ratifié le Protocole contre le trafic illicite de migrants par terre, mer et air, additionnel à la Convention des Nations-Unies contre la criminalité transnationale organisée. Ce texte définit le trafic illicite de migrants comme « le fait d’assurer, afin d’en tirer, directement ou indirectement, un avantage financier ou un autre avantage matériel, l’entrée illégale dans un État […] d’une personne qui n’est ni un ressortissant ni un résident permanent de cet État ».

En posant la condition d’en retirer un avantage financier ou un autre avantage matériel, les auteurs de ce texte ont clairement entendu exclure les activités des personnes apportant une aide aux migrants pour des motifs humanitaires ou en raison de liens familiaux étroits. L’intention n’était pas, dans le Protocole, d’incriminer les activités de membres des familles ou de groupes de soutien tels que les organisations religieuses ou non gouvernementales. Cette intention est confirmée par les travaux préparatoires des négociations en vue de l’élaboration de la Convention des Nations-Unies contre la criminalité transnationale organisée et des Protocoles s’y rapportant (2008), p. 514 – (Office des Nations-Unies contre la drogue et le crime, Travaux préparatoires).

Enquête d’Amnesty International à la frontière franco-italienne « Des contrôles aux frontières du droit. » 

Note de l’Anafé sur le « rétablissement des contrôles aux frontières internes et état d’urgence – Conséquences en zone d’attente. »

Dialogue inter-religieux pour la paix : « C’est la diversité des religions qui donne un sens à la religion » (préfet de Dédougou, Emile Hien)

. TOLÉRANCE & SOLIDARITÉ .

Un article par Ibrahima Traoré pour Lefaso.net

« Vivre en paix malgré nos divergences ». C’est sous ce thème que s’est tenue le samedi, 13 janvier 2018 à Dédougou, une conférence inter-religieuse pour la paix. L’activité, initiée la communauté islamique ahmadiyya du Burkina, a connu la participation de la chefferie coutumière, de la communauté catholique et de la communauté protestante qui ont adressé chacun un message de paix.

Une religion qui n’enseigne pas l’amour et le vivre ensemble ne mérite pas le statut d’être appelé religion. C’est en substance le message des différents intervenants à la conférence inter-religieuse pour la paix qui s‘est tenue le samedi 13 janvier 2018 à Dédougou, région de la Boucle du Mouhoun. L’objectif consiste, selon le Missionnaire régional de la Communauté islamique ahmadiyya, Abdoulaye Ouédraogo, à mettre en exergue le fait que les religions n’ont pas à se combattre ; parce qu’elles émanent toutes d’un même Dieu. Pour lui, la cohabitation religieuse au Burkina doit sans cesse être promue et consolidée par les leaders religieux et les aînés afin d’inculquer la dynamique à la jeune génération. C’est en cela pense-t-il que le dialogue, le raffermissement de la fraternité, la solidarité…sont des ingrédients indispensables à maintenir. D’où la pertinence du présent rendez-vous à la fois fraternel et spirituel autour du thème :« Vivre en paix malgré nos divergences ».

(Voir suite sur colonne de droite. . . )

(cliquez ici pour une version anglaise de cet article.)

Question related to this article:

 

How can different faiths work together for understanding and harmony?

(. . . suite)

Plusieurs allocutions et communications ont marqué cette journée. La récente attaque perpétrée contre les gendarmes dans la région (Boucle du Mouhoun) motive également le choix de ce thème, selon Abdoulaye Ouédraogo. « Nous voulons donner notre soutien aux gens qui ont été attaqués et qui ont été meurtris dans leur cœur ; nous, jama’at islamique ahmadiyya, sommes solidaires avec eux. Ce qu’ils sont en train de faire n’est pas de l’islam. C’est purement de la barbarie, du banditisme de grand chemin », a-t-il fustigé avant d’appeler la jeunesse en particulier à demeurer vigilante pour ne pas se laisser prendre dans des actes ignobles, qui n’ont rien à avoir avec l’islam. Car, soutient-il également, le Coran stipule dans son chapitre 2 verset 257 qu’il n’y a point de contrainte en religion.

A l’Abbé Jean-Baptiste Davou, de renchérir en relevant que la conférence inter-religieuse est importante pour la culture de la paix, pour la connaissance de l’autre. « Quand on accepte d’échanger cela nous permet de mieux nous connaître, de mieux nous aimer, de mieux nous entraider. C’est le refus de dialoguer, d’échanger avec l’autre qui fait qu’on ne le connaît pas. Et quand on ne connaît pas quelque chose, on ne lui accorde pas beaucoup de valeur » a-t-il soutenu.

Le préfet du département de Dédougou, Emile Hien, par ailleurs représentant le gouverneur, a, pour sa part, félicité et encouragé la tenue de cette conférence « de la culture de la paix et du dialogue ». Et de prodiguer des conseils : « la religion ne doit pas être une source de division, de violence. Elle doit être une opportunité pour renforcer le vivre ensemble ». Pour M. Hien, c’est la diversité des religions qui donne un sens à la religion. Soyons tous des artisans de paix, a-t-il lancé, s’engageant à soutenir cette initiative et à veiller à sa pérennisation dans la région.

Satisfécit également du côté de la chefferie coutumière. Elle estime que la conférence inter-religieuse pour la paix s’inscrit en droite ligne du principe fondateur de la ville de Dédougou qui est la paix.

En effet, argumente le notable Pierre Dakuo, il ne peut pas avoir de prospérité sans paix. Et tout ce qui va dans ce sens a le soutien total de la chefferie coutumière de Dédougou. Des administrateurs en passant par les conférenciers aux participants, tous ont souhaité la pérennité de la Conférence inter-religieuse pour la paix.

La Ligue des Ouléma, Prêcheurs et Imams des Pays du Sahel: La communication pour contrer l’extrémisme

TOLÉRANCE & SOLIDARITÉ .

Un article de L’Expression

Les ouléma, imams et prêcheurs des pays du Sahel doivent impérativement user des moyens de communication modernes afin de contrer la menace de l’extrémisme religieux et violent.
L’extrémisme est en mutation rapide. Pour le contrer, il faut une adaptation aussi rapide. Autrement dit, la lutte contre les idéologies extrémistes et les discours violents qui ont recours actuellement au Web et les réseaux sociaux, doit user des mêmes supports de communication.


C’est pour permettre à la Ligue des ouléma, prêcheurs et imams des pays du Sahel d’atteindre cet objectif que le ministre de la Communication, Djamel Kaouane, a reçu hier son secrétaire général, Youcef Belmehdi. Selon un communiqué du ministère de la Communication, Djamel Kaouane «a écouté, durant cet entretien, un exposé de Youcef Belmehdi sur les activités de la Ligue des ouléma du Sahel dont les principes sont la coexistence pacifique avec les autres religions et le rejet de toutes sortes d’extrémismes».

L’audience a également permis de «passer en revue les moyens susceptibles d’être mis en oeuvre par la communication pour vulgariser et promouvoir le message de tolérance et de modération prôné par cette association», précise la même source. Il faut dire que les ouléma, imams et prêcheurs des pays du Sahel ont une importante mission à accomplir, celle de lutter par l’information et la sensibilisation contre l’extrémisme religieux dans la région. Ces derniers doivent impérativement donc user des moyens de communication modernes afin de réussir leur campagne de sensibilisation.

(Voir suite sur colonne de droite. . . )

(Cliquez ici pour une traduction anglaise.

Question for this article

Islamic extremism, how should it be opposed?

(. . . suite)

Afin de concrétiser cette mission préventive pour contrer la menace de l’extrémisme religieux et violent, et mener à bien cette lutte en amont, la Ligue a mis en place un programme prévoyant une intervention des imams et prêcheurs sur le Web et les réseaux sociaux. Cette «incursion» des membres de la Ligue dans le monde virtuel, va permettre de faire un travail de contre-propagande barrant la route aux cellules dormantes de groupes extrémistes qui endoctrinent et recrutent des victimes sur les réseaux sociaux.

L’autre terrain sur lequel la Ligue des ouléma, prêcheurs et imams des pays du Sahel, veut peser, est celui des universités. Il est à rappeler qu’en octobre dernier, la Ligue en collaboration avec le Centre africain d’études et de recherches sur le terrorisme (Caert) a convenu d’élaborer un programme de formation des imams et prêcheurs africains. Le programme prévoit de faire bénéficier les Africains de l’expérience algérienne en matière de prévention de l’extrémisme violent et du terrorisme.

La Ligue avait, auparavant, organisé, le premier cycle de formation des imams membres de la Ligue, lequel a porté sur des thématiques telles que «l’optimisation de l’utilisation des médias» par les imams et les prêcheurs, «la réforme en islam» et «le rôle de la zakat et du wakf dans la résorption des problèmes sociaux».

Créée en janvier 2013 à Alger, la Ligue des ouléma, prêcheurs et imams du Sahel s’emploie à diffuser la culture de la paix et à bannir la violence et l’extrémisme dans cette région. Elle regroupe des ouléma, prêcheurs et imams des pays de la région membres de la Ligue, à savoir l’Algérie, la Mauritanie, le Mali, le Nigeria, le Niger, le Burkina Faso et le Tchad, ainsi que trois pays observateurs au titre du Processus de Nouakchott, à savoir la Côte d’Ivoire, le Sénégal et la Guinée.

Burkina : Un forum parle de paix

. TOLÉRANCE & SOLIDARITÉ .

Un article par Irmine Kinda pour Burkhina 24

Le premier forum international des jeunes sur la culture de la paix s’est tenu ce mercredi 15 novembre 2017 à Ouagadougou et a connu la participation de Michel Kafando, parrain de la présente édition. Ce forum vise à amener les religieux à discuter, revisiter les textes saints, voir ce que ces textes disent de la paix de la différence religieuse, de la cohabitation pacifique malgré la différence religieuse.

L’avènement de ce premier forum est de lIinitiative africaine d’éducation à la paix et au développement par le dialogue inter religieux et inter culturel lancée à Cotonou en mai 2015, de l’historique résolution 2250 du Conseil de sécurité des Nations Unies sur jeunesse, paix et sécurité, The Burkina Faso Interfaith Youth Network (BFIYN) et de la JEC.

Ils entendent réunir du 15 au 18 novembre 2017, les jeunes participants de diverses religions. Tout en saluant l’action militaire dans la lutte contre le terrorisme grandissant, ils veulent apporter leur touche en étant des sentinelles de dame, paix. Et pour ce faire, le promoteur du Forum, Henri Kaboré, a voulu retenir pour ce premier forum le thème : « Jeunesse engagée dans une culture de la paix par le dialogue interreligieux »

(Voir suite sur colonne de droite. . . )

(cliquez ici pour une version anglaise de cet article.)

Question related to this article:

 

How can different faiths work together for understanding and harmony?

(. . . suite)

Pour cette première édition 120 participants sont attendus et le coordonnateur a souligné que l’accent sera mis sur la représentation des jeunes venant des confessions religieuses telles l’Islam, le Christianisme, la Religion traditionnelle africaine. Les jeunes auront l’occasion de se rencontrer, échanger, accepter leurs différences et réaliser qu’ils sont tous des créatures de Dieu, appelées à s’aimer et à protéger la vie humaine qui est sacrée.

« La différence constitue une richesse et non un désavantage (…). Sans paix, il n’y a pas de développement (…). Les jeunes sont des acteurs de paix et de développement », a souligné l’initiateur et le coordonnateur du Forum, Henri Kaboré.

Le parrain de ce forum, l’ancien président du Faso Michel Kafando, a salué l’initiative des jeunes. En effet, dit-il, « dans un monde où la jeunesse représente l’essentiel de par son nombre, il faut que cette jeunesse puisse véritablement imprimer sa marque dans la recherche de la paix.

Ce forum est axé essentiellement sur le dialogue interreligieux. Cela veut dire que cette jeunesse est consciente que notre monde est perturbé et comme notre avenir, c’est la jeunesse, elle pense déjà à soulever le problème et à faire en sorte qu’à travers ces différentes réunions, il y ait une prise de conscience générale de façon à ce que par des échanges, on puisse trouver une solution qui rende ce monde beaucoup plus paisible, pacifique. J’ai accepté parrainer ce forum parce que je crois que la jeunesse a un très grand rôle à jouer ».

L’ouverture de ce forum a également connu la présence du député Jacob Ouédraogo, président de la commission des lois à l’Assemblée nationale et du secrétaire général de la religion for christ pour la religion en Afrique, Dr Francis Kayena. Tous deux co-présidents du forum ont félicité et encouragé les jeunes. Ils ont laissé entendre qu’ils ne ménageraient aucun effort pour les accompagner dans la quête de la paix.

De l’Europe aux Etats-Unis, ces villes qui s’opposent à leurs gouvernements pour mieux accueillir les migrants

TOLÉRANCE & SOLIDARITÉ .

Un article par Rachel Knaebel pour Bastamag

Aux Etats-Unis, des centaines de municipalités ont fait le choix de ne pas contribuer à la chasse aux sans-papiers lancée par Donald Trump. En Europe, des communes s’engagent pour un accueil digne des migrants. « Villes sanctuaires », « villes refuges »… De l’Italie à la Grande-Bretagne, de Barcelone à Grande-Synthe, ces communes tentent de se constituer en véritables contre-pouvoirs face aux politiques indignes et xénophobes.


Photo : Manifestation LGBT de solidarité avec les réfugiés à Londres, en juin 2016 / CC Alisdare Hickson

A peine élu président des États-Unis, Donald Trump adoptait un décret pour couper les fonds fédéraux aux centaines de municipalités qui ont critiqué sa politique anti-migrants. Face au programme de Trump, à sa volonté d’expulser manu militari les sans-papiers quel que soit le nombre d’années de résidence, et à son souhait d’ériger un mur à la frontière mexicaine, de nombreuses villes se sont rapidement déclarées « villes sanctuaires ». Ces municipalités « ont adopté des politiques qui promettent de protéger et de servir tous leurs résidents, quel que soit leur statut migratoire », explique la puissante association American Civil Liberties Union (l’Union américaine pour les libertés civiles, ACLU).

Dans les faits, ces villes refusent de coopérer avec les forces de l’ordre fédérales, lorsque celles-ci leur demandent de mettre des sans-papier en détention. Elles n’exigent pas forcément de leurs habitants de produire un certificat de naissance ou de séjourner légalement pour accéder aux services publics locaux. Certaines municipalités sanctuaires décident même de reconnaître comme valables sur leur territoire des papiers d’identité non états-uniens ou de distribuer leurs propres papiers d’identité municipaux à tous leurs résidents, quelle que soit leur nationalité.

De New York à Milan, en passant par Barcelone

Les métropoles parmi les plus importantes des États-Unis, comme New York, Los Angeles, Chicago, Boston ou Washington, ont adopté cette position. Et n’ont pas perdu la bataille face à Donald Trump, puisqu’un juge fédéral a bloqué en avril dernier le décret du président qui voulait leur couper les vivres.

En Europe aussi, confrontée à une crise historique de la gestion des migrations, des collectivités locales prennent le contrepied de la politique de fermeture menées par les États de l’Union européenne. Quand la plupart des gouvernements européens misent sur une gestion sécuritaire et des accords avec des pays aussi peu démocratiques que la Libye et la Turquie, (lire notre article Les envoyer en détention ou les livrer à une dictature : voilà comment l’Europe « délocalise » ses réfugiés), à Milan, le 20 mai dernier, 100 000 personnes ont manifesté à l’initiative du maire de gauche de la ville pour promouvoir l’accueil des migrants.

En février, c’était la maire de Barcelone Ada Colau, alliée du parti Podemos, qui appelait à une manifestation pour l’accueil des migrants. Là aussi, plus de 100 000 personnes ont répondu présentes. La capitale catalane a aussi initié un réseau international de villes engagées dans l’aide et l’accueil des migrants, Solidarity Cities (villes solidaires). Une impulsion également destinée à pousser le gouvernement espagnol à accélérer l’accueil des réfugiés arrivés en Europe, et qui devaient être relocalisés vers l’Espagne.

Crise du modèle d’accueil italien

« Il faut faire la différence entre les réseaux de villes solidaires en Europe et le mouvement de villes sanctuaires aux États-Unis, souligne cependant Filippo Furri, cherchceur membre du réseau Migreurop et doctorant à l’université de Montréal. En Europe, les municipalités se constituent en ville-refuge sur la question de l’asile. Aux États-Unis, le mouvement s’est plutôt construit pour protéger des personnes qui retombent dans l’irrégularité administrative après avoir déjà vécu un moment dans le pays. »

Filippo Furri connaît bien le cas italien, en particulier celui de Venise : « Avec les guerre des Balkans dans les années 1990, il y a eu une vague de réfugiés. À Venise, un élan de solidarité citoyenne et associative s’est joint à une volonté politique pour organiser un accueil digne. Un système d’accueil organisé s’y est mis en place dans la foulée, au début des années 2000. Venise est devenue une sorte de prototype du système d’asile qui s’est développé ensuite en Italie, et qui est en train de péricliter avec la situation d’urgence actuelle. »

Aux côtés de la Grèce, l’Italie est l’un des deux principaux pays d’arrivée pour des centaines de milliers de personnes qui débarquent chaque année en Europe par la mer, pour y chercher l’asile et la sécurité. Plus de 360 000 personnes sont arrivées par la mer Méditerranée en Europe en 2016. Plus de 98 000 depuis le début de l’année 2017 (plus de 2000 personnes migrantes sont déjà mortes en mer Méditerranée cette année [2]). L’Italie est donc l’un des pays qui doit gérer en urgence et en grand nombre l’accueil des migrants, en plus des sauvetages en mer. Début juillet, son gouvernement a appelé à l’aide les autres pays européens pour faire face aux nécessité de prise en charge des nouveaux arrivants. Mais loin de prendre le parti de l’hospitalité, Rome a aussi menacé dans le même temps de fermer ses ports aux migrants.

(L’article se continue à droite.)

(Cliquez ici pour une traduction en anglais

Question for discussion

The refugee crisis, Who is responsible?

(L’article se continue de la gauche.)

Aide au développement face à des États défaillants

« L’Italie, comme la Grèce, est en train de devenir un véritable territoire de rétention, déplore Filippo Furri. Il y existe des formes d’hospitalité et d’accueil dans la société civile. C’est une réponse face à une gestion de la part des États qui vise avant tout à contrôler les flux, à trier les gens, et à disperser les centres d’accueil en les imposant aux collectivités locales. Il y a conflit entre l’accueil local des municipalités, et le contrôle étatique. » De la même manière que des ONG prennent le relais des États et des autorités européennes pour sauver des vies en mer Méditerranée, des communes italiennes s’organisent pour faire ce que l’État italien refuse : organiser un accueil digne, et favoriser les échanges entre la population locale et les nouveaux arrivants.

Le réseau des « Communes de la terre pour le monde », fondé en 2003 en Italie, réunit aujourd’hui plus de 300 municipalités de tout le pays. L’association organise par exemple un festival interculturel à Riace, village de Calabre devenu l’un des points d’entrée de nombreux migrants dans l’UE (voir notre article Ces villages qui choisissent tant bien que mal d’accueillir les migrants). L’association de communes mène aussi des projets de solidarité internationale, comme un projet de développement de l’énergie solaire au Sahel. « Le réseau Recosol est organisé sur une logique de solidarité qui dépasse la question des migrations, précise Filippo Furri. C’est un réseau d’entraide entre communautés locales. »

Se constituer en associations de solidarité, au delà du seul objectif de gérer l’urgence, voilà ce qui fait sûrement la spécificité des réseaux des villes-refuges face aux politiques migratoire des États. « L’État laisse en partie seules les municipalités italiennes pour l’organisation de l’accueil des migrants. Ce sont les municipalités qui organisent le logement, les cours de langue et l’intégration locale, expliquent les coordinateurs du réseau de communes Recosol. La politique du gouvernement italien souffre de l’absence d’une vision globale et d’un plan national pour l’accueil et l’intégration des migrants. Ce sont donc les associations et les citoyens, sur le territoire, qui font la différence. »

City of Sanctuary au Royaume-Uni

En Grande-Bretagne aussi, des citoyens et des communes prennent le contrepied de la politique xénophobe du gouvernement conservateur. « Le réseau City of Sanctuary a été créé à Sheffield, en 2005, par un petit groupe de personnes qui voulaient mieux accueillir les réfugiés », explique Forward Maisokwadzo, porte-parole de ce réseau britannique. Le maire de cette ville de 500 000 habitants du nord de l’Angleterre avait pleinement soutenu l’initiative, et pris l’engagement public d’accueillir les demandeurs d’asile et réfugiés dans sa ville. « Puis le mouvement est devenu très important, en terme de nombre de personnes et de communes impliquées. Il compte aujourd’hui une centaine de municipalités. L’idée est de travailler avec tout le monde : les citoyens, les associations, les autorités locales. »

Pour le mouvement City of Sanctuary, la clé de l’accueil est dans ce travail collectif. « Les actions menées par le mouvement varient selon les endroits. Elles peuvent par exemple consister à sensibiliser les gens à la question de l’accueil des demandeurs d’asile, précise Forward Maisokwadzo. À Bristol, la ville s’est attaquée au problème du dénuement des demandeurs d’asile, qui reçoivent très peu de soutien financier et n’ont pas le droit de travailler pendant l’étude de leur demande. Une douzaine d’autres villes se sont engagées sur la question. Leur travail est aussi de pousser le gouvernement à se pencher sur ce problème. »

« La France n’est pas dans une démarche d’accueil »

Et en France ? Il y a bien l’exemple de Grande-Synthe, une ville du Nord de 20 000 habitants, où la municipalité a pris le parti de l’accueil des migrants en route vers l’Angleterre (voir notre article Conjuguer accueil des migrants, écologie et émancipation sociale : l’étonnant exemple de Grande-Synthe), notamment en construisant avec Médecin sans frontières un centre d’accueil permettant des conditions de vie décentes (repris en main par la préfecture, le centre a été détruit par un incendie en avril dernier). Des citoyens s’engagent aussi évidemment, de Calais à la frontière italienne, et se trouvent parfois traîné en justice pour « délit de solidarité » (lire notre article À la frontière franco-italienne, les habitants de la vallée de la Roya risquent la prison pour avoir aidé les migrants).

À Paris, où des milliers de migrants débarqués dans la capitale se retrouvent à la rue sans aucune prise en charge et harcelés par la police, la maire Anne Hidalgo a annoncé l’ouverture d’un premier centre d’accueil en mai. Le centre a ouvert six mois plus tard. Prévu pour 500 personnes, il est pourtant sous-dimensionné et saturé en permanence. Selon l’association France Terre d’asile, plus de 1000 personnes migrantes dormaient encore à la rue début juillet à proximité du centre d’accueil. L’association Gisti (Groupe d’information et de soutien aux immigrés) a aussi dénoncé les violences policières dont sont victimes les migrants dans les files d’attentes du centre. Malgré des initiatives bien réelles mais dispersées (lire ici notre article), « la France n’est pas dans une démarche d’accueil », regrette Filippo Furri. Les villes française prendront-elles le relais d’un État défaillant ?

(Merci à Kiki Chauvin, la reporter de CPNN pour cet article)

Côte d’Ivoire: Préservation de la paix à Port-Bouët : La jeunesse communale donne ses recettes

TOLÉRANCE & SOLIDARITÉ .

Un article de Unité.ci

L’Union des jeunes de la commune de Port-Bouët, en collaboration avec l’ONG ‘’Agir pour la paix et le bien-être’’ (ONGAPBE), a organisé le samedi 10 juin 2017 à l’hôtel communal, un séminaire sur le thème : « Comment développer la culture de la paix dans la commune de Port-Bouët à partir de sa jeunesse ? ».


Photo légendée : Les participants assis en cercle, lors du séminaire.

L’Union des jeunes de la commune de Port-Bouët, en collaboration avec l’ONG ‘’Agir pour la paix et le bien-être’’ (ONGAPBE), a organisé le samedi 10 juin 2017 à l’hôtel communal, un séminaire sur le thème : « Comment développer la culture de la paix dans la commune de Port-Bouët à partir de sa jeunesse ? ».

C’est Samuel Kouassi, président de l’Union des jeunes qui a donné les raisons de la tenue d’un tel séminaire. Selon lui, ce sont les jeunes qui en temps de crise aiguë sont instrumentalisés pour commettre des actes de violence. « Une jeunesse qui devient le bras armé de personnes aux desseins troubles et égoïstes. Nous devons donc travailler à faire en sorte que cette frange importante de la population dans notre commune en particulier et dans le pays de façon générale trouve des moyens de se protéger en cas de crise, de désordre ou de trouble », a justifié Samuel Kouassi. C’est pourquoi, il a invité les leaders de jeunes venus de tous les quartiers de la commune à bien écouter le message délivré ce jour afin de le mettre en pratique le cas échéant.

(Suite à droite)

(Cliquez ici pour une traduction anglaise.

Question for this article

Youth initiatives for a culture of peace, How can we ensure they get the attention and funding they deserve?

M. Koffi Amani, président de ONGAPBE, a donné quelques pistes pour que les jeunes soient des acteurs de paix au sein de leur famille, leur quartier, leur communauté et par ricochet au sein de la Côte d’Ivoire. Selon lui, en instituant une méthodologie interactive lors de ce séminaire, on esquisse déjà une ébauche de réponse. « L’intelligence collective, l’écoute des autres et le maillage entre tous les groupes de jeunes permet d’impliquer les jeunes dans la recherche de la paix », a-t-il assuré. Pour lui, il est essentiel d’éviter les méfiances, les désunions et les actes tranchés. C’est ainsi que leur structure apprend d’abord aux jeunes à réfléchir ensemble en écoutant chacun donner sa position et écouter celle des autres. « La culture de la paix ne doit pas être une action isolée, puisqu’elle concerne tout le monde. Chez nous 1+1 n’est pas égale à 2, mais à 11. Car 11 est le chiffre de la force, tandis que 2, c’est la division. Notre méthodologie, c’est de mettre tout le monde ensemble pour produire les résultats escomptés », a dit Koffi Amani.

Il a rappelé que l’ONG qu’il dirige est créée depuis décembre 2012. En janvier 2013, cette ONG a formé ses facilitateurs qui sont des personnes qui animent publiquement leurs séminaires, réunions ou séances de formation. L’animateur est nommé l’hôte. Leur méthodologie consiste à faire installer les participants selon un cercle. « Le cercle a une spécificité dans le sens où il permet aux uns et aux autres de se voir pendant les échanges. Chaque point du cercle constitué par chaque participant a égale valeur. C’est-à-dire chacun des participants a la même importance que les autres dans le débat. Il n’y a pas de chef et tout le monde a le droit à la parole. Chacun ne peut pas parler plus qu’un autre et chaque participant ne peut se voir le droit à la parole retirer. Celui qui n’a pas la parole écoute attentivement celui qui parle. Ce sont des règles que nous nous sommes fixées pour inculquer certaines valeurs à tous ceux qui prennent part à nos formations », a indiqué le président de l’ONG.

Les participants ont parlé de leur expérience de paix et la manière dont ils ont œuvré une fois dans leur vie afin de ramener l’entente dans la famille, le quartier, l’école, etc. C’est cette expérience qu’on leur a demandé de se souvenir, le jour où ils seront face à une situation qui exige qu’il s’engage pour la paix.

Lancement de la 27ème session de la conférence internationale des affaires islamiques

TOLÉRANCE & SOLIDARITÉ .

Un article dans Nile International

Le haut conseil des affaires islamiques lance les travaux de la 27ème session de la conférence internationale des affaires islamiques au ministère des Waqfs sous le nom de “le rôle des commandants et des preneurs des décisions dans la propagation de la culture de paix et la lutte contre le terrorisme et les défis”.



Les travaux de la conférence internationale des affaires islamiques aurant lieu pendant deux jours sous les auspices du président de la république Abdel Fatah El-Sissi.

Ont assisté à la séance inaugurale de la conférence: le ministre des Waqfs Mohamed Mokhtar Gomaa, le mufti de la république Dr. Chawki Gomaa, et des ambassadeurs de nombre de pays islamiques, arabes et étrangers.

La conférence est axée sur les moyens de lutter contre le terrorisme et l’extrémisme, le rôle des leaders politiques et parlementaires, des organisations internationales, des cadres médiatiques et religieux dans la propagation de la paix et la confrontation du terrorisme et des partis politiques dans la sensibilisation des jeunes.

Une tournée touristique, culturelle et religieuse sera organisée pour les participants à la conférence.

Aussi, des étrangers participant organiseront une conférence de presse pour passer en revue leurs impressions sur la situation en Egypte.

(Cliquez ici pour une traduction anglaise.

Question for this article

Burkina Faso: Dialogue des religions et des cultures: tenants et aboutissants du symposium de Ouagadougou

. TOLÉRANCE & SOLIDARITÉ .

Un article de Fasozine

A la veille de l’ouverture, le vendredi 3 mars dans la capitale du «pays des Hommes intègres», du symposium international sur le dialogue des religions et des cultures, les deux principaux initiateurs de la rencontre, Filippe Sawadogo* et Lazare Ki-Zerbo*, évoquent dans cet entretien la substance et les temps forts de cet important rendez-vous sur l’éducation à la culture de paix.


Lazare Ki-Zerbo* et Filippe Savadogo*

Fasozine.com: Ouagadougou abrite, du 3 au 7 mars, un symposium international sur le dialogue des religions et des cultures. Est-ce à dire que le dialogue a déserté le forum de ces instances?

Lazare Ki-Zerbo: C’est simplement que la conjoncture aujourd’hui nous invite à remobiliser les mécanismes de dialogue qui existent et qui ont toujours existé. Le peuple burkinabè aime à se dresser pour lutter contre des injustices, des violations. Mais il y a des moments où il faut aussi savoir lutter pour la paix et pour la cohésion nationale. Au regard de l’actualité, vous serez d’accord qu’il faut vraiment qu’on se mobilise pour préserver et anticiper. On ne regardera pas les pays voisins se dégrader, se déliter à cause de ces facteurs-là et rester les bras croisés.

L’initiative vise donc à renforcer la culture de la paix au Burkina Faso et en Afrique. Quels sont, selon vous, les ingrédients de cette culture de paix?

Filippe Savadogo: C’est d’abord la coexistence pacifique, que nous exprimons par le vivre-ensemble. Et cela se traduit par plusieurs mécanismes et ressorts. En questionnant nos valeurs traditionnelles endogènes, nous observons par exemple que les alliances à plaisanterie — que nous appelons «sinagouya» ou «rakiré» — ont permis de tempérer beaucoup de préoccupations lors de certaines crises. De plus, l’Afrique a toujours été un continent où la culture du dialogue fait en permanence partie de l’éducation des jeunes dès la tendre enfance: le respect d’autrui, l’initiation aux valeurs, etc., et nous devons revisiter toutes ces questions-là dans un monde où les défis ne font que se démultiplier.

Enfin, nous avons aussi des apports extérieurs, comme la démocratie, la bonne gouvernance, les relations humaines…, que nous pouvons cultiver en ajoutant de nouvelles dimensions pour construire l’homme africain de notre siècle. Un siècle où la culture devient une adhésion et un apport de plusieurs horizons pour voir vers l’avenir.

Au regard de l’incivisme grandissant, quelle place accordez-vous à l’éducation civique dans ce processus?

Lazare Ki-Zerbo: L’incivisme traduit le fait qu’il y a une rupture du lien intergénérationnel. Notre initiative promeut l’éducation à la paix. Et qui dit éducation à la paix dit commencer dès les classes, dès le plus jeune âge. C’est là que s’apprennent les mécanismes de vivre-ensemble. Il faut donc attaquer les racines de l’incivisme, de l’intolérance, de la violence par une diffusion intensive des principes de cohabitation pacifique et d’acceptation de l’autre. C’est cela les vrais mécanismes. On ne pourra pas résoudre ce problème par la contrainte et la brutalité.

Comment qualifierez-vous le niveau de coexistence entre les différentes religions au Burkina Faso à l’heure actuelle?

Filippe Savadogo: Au Burkina, la reconnaissance du pluralisme religieux est une réalité. Il y a aussi des concertations entre leaders confessionnels. Exemple de l’association faitière que le préside sa majesté le Mogho Naaba et qui initie des recherches de solutions endogènes lorsqu’il y a crise ou malentendu.

Cependant, nous pouvons aussi dire que rien n’est acquis à l’Homme ni à sa descendance. Nous devons donc continuer à cultiver le respect, à comprendre que l’acceptation de la différence est une plus-value. Autant de questions qui montrent que le Burkina, pays situé au cœur de l’Afrique de l’Ouest, a toujours été un carrefour de recherche de dialogue, de cohésion pacifique, d’accueil, mais aussi d’apprentissage des valeurs positives des autres peuples.

Face au péril extrémiste et terroriste, quelles réponses entend apporter le symposium de Ouagadougou?

Lazare Ki-Zerbo: Le Burkina Faso a en effet la tête dans le grand Sahel ancien — de la boucle du Niger, des grands empires —, mais au sud nous sommes en relation avec les pays côtiers, à l’ouest nous avons cette longue frontière avec le monde mandingue… Je pense que c’est cela qui fait notre richesse. Sans doute un peu comme le Cameroun, le Burkina est aussi une Afrique en miniature et cela fait notre force. Le fait d’avoir été au centre de tous ces grands ensembles nous a permis de tirer parti de ces apports-là pour nous renforcer de l’intérieur.

Le message du symposium, c’est donc: consolidons ce capital, qui est à la fois social, culturel, historique. Un capital qui fait notre richesse et qui peut être un rempart contre les forces de division et de séparation.

(cliquez ici pour une version anglaise de cet article.)

(Voir suite sur colonne de droite. . . )

Question related to this article:

 

How can different faiths work together for understanding and harmony?

(. . . suite)

Plusieurs personnalités de renom prennent part à cette rencontre. Qu’attendez-vous de leur participation?

Filippe Savadogo: Je crois que la présence d’hommes avertis de la génération des années de l’indépendance, mais aussi de chercheurs et d’universitaires de plusieurs disciplines traduit le fait que nous voulons mettre au centre de ce symposium un cadre de réflexions qui jette les bases d’un plan d’actions pour les années à venir. C’est pour cela que nous pensons d’abord aux grands ensembles de notre région, notamment des personnalités issues des pays membres de la Cedeao (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest, Ndlr), du Sahel et de l’Union économique et monétaire ouest-africaine. Nous aurons donc tout un ensemble de hautes personnalités de ces pays qui nous éclaireront de leurs expériences.

Le symposium accueille ainsi, entre autres, un professeur qui vient de Centrafrique, pays qui sort d’une crise, à présent amoindrie, et qui devrait partager son expérience avec les participants. On peut également signaler la présence de l’ancien président de la Transition au Burkina, Michel Kafando, grand témoin de son temps, qui exposera, dès le premier jour du symposium, sur les sources et ressources qui ont permis que la Transition traverse tous les écueils.

Enfin, la présence de la secrétaire générale de l’Organisation internationale de la francophonie, Michaëlle Jean — qui séjourne au Burkina dans le cadre d’une visite —, nous réconforte dans la dimension du processus de Fès. En effet, la question du dialogue interreligieux et interculturel est une préoccupation à la francophonie. Et lors du dernier sommet, les chefs d’Etat et de gouvernements ont encore encouragé ce type de symposium…

Donc des passerelles à établir entre le «Libres ensemble» de la Francophonie et ce symposium?

Absolument! Dans la mesure où tout conduit à la bonne gouvernance, à la démocratie, mais aussi au vivre-ensemble qui est un segment du «Libres ensemble» avec comme passerelle la jeunesse, les femmes. L’Unesco (Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture, Ndlr) joue également un rôle non négligeable. L’Unesco a en effet une tradition de recherche de la culture de la paix. Nous avons aussi l’Isesco (Organisation islamique pour l’éducation, les sciences et la culture, Ndlr), avec le docteur Cheikh Boubacar Doukouré qui participe au processus de Bakou, l’Alliance des civilisations et tout un faisceau de personnes qui partageront leurs expériences avec des intervenants venus de toute notre sous-région. La presse n’est pas non plus en reste puisque nous avons un grand volet «Médias et société».

Comment appréciez-vous la récente mesure des autorités béninoises visant à interdire tout regroupement à caractère religieux dans les espaces publics? Est-elle, selon vous, souhaitable? Exportable?

Je pense qu’un dialogue s’est instauré sur cette question avec une pause pour mieux réfléchir. Mais dans une autre dimension, on peut parler de la laïcité de nos Etats et de l’organisation de toutes ces questions. On peut donc y trouver une solution dans le temps, sachant que l’histoire est aussi une projection de l’avenir.

Après celui de Cotonou dont il est le prolongement, à quelles conditions jugerez-vous que le symposium de Ouagadougou n’est pas ne rencontre de plus?

Lazare Ki-Zerbo: Nous avons reçu un mandat du symposium de Cotonou pour tenir la réunion nationale au Burkina parce que nous savons bien que nous avons nos propres spécificités. Nous le ferons avec des acteurs locaux, sachant que très souvent, nos richesses humaines ne sont pas assez valorisées.

Ainsi, et à titre d’exemple, Cheikh Boubacar Doukouré, qui est le président du comité exécutif de l’Isesco (Unesco dans le monde musulman), est aussi le président de l’assemblée des ulemas africains, créée récemment au Maroc. Il s’agit d’une référence en la matière qui prend part à ce symposium, qui s’honore également de la présence de Me Halidou Ouédraogo, président de la Fondation des droits humains. Il y a donc un certain nombre de savoirs et de savoir-faire liés au Burkina qui seront mis en valeur au sein du symposium.

Et tout cela contribuera à la rédaction du plan d’actions…

Tout à fait! Les principaux axes de ce plan pour un processus d’éducation à la paix sortiront des débats. Nous avons déjà quelques idées avec les médias et les chercheurs, afin de disposer d’un plan d’action dont la mise en œuvre sera supervisée par un comité de suivi.

________________________________________

* Filippe Savadogo

Ancien ministre de la Culture, du Tourisme et de la Communication, Filippe Savadogo, 63 ans, est coordinateur d’une plateforme d’expertise francophone dénommée Continental Horizon. Celui qui a également été ambassadeur de son pays, le Burkina Faso, en France, puis représentant permanent de la Francophonie auprès des Nations unies à New York, s’est vu remettre, en 2013, le «Visionary Award» au Festival panafricain du film de Los Angeles. Le diplomate burkinabè est aussi coordinateur pour le Burkina Faso de l’Initiative africaine d’éducation à la paix et au développement par le dialogue interreligieux et interculturel.

* Lazare Ki-Zerbo

Auteur et acteur du mouvement panafricaniste et membre de plusieurs organisations de la société civile — Manifeste pour le liberté-Mouvement des intellectuels, Comité international Joseph Ki-Zerbo pour l’Afrique et sa diaspora (Cijkad), Réseau esprit de Bandung —, Lazare Ki-Zerbo a été conseiller spécial du promoteur de l’Initiative africaine d’éducation à la paix et au développement par le dialogue interreligieux et interculturel, Albert Tévoèdjrè. Diplômé de l’Institut du fédéralisme de fribourg et du Centre autrichien sur la paix et la résolution des conflits de Burg Schaining, il a également été, entre autres, spécialiste de programme à l’Organisation internationale de la francophonie de 2004 à 2014.