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Dr David Adams is the coordinator of the Culture of Peace News Network. He retired in 2001 from UNESCO where he was the Director of the Unit for the International Year for the Culture of Peace, proclaimed for the Year 2000 by the United Nations General Assembly.

La ville d’Hiroshima Declaration de Paix 2023

DESARMAMENT & SECURITE .

Une traduction de l’AFCDRP-Maires pour la Paix France

“Je veux que les dirigeants de tous les pays dotés d’armes nucléaires se rendent à Hiroshima et à Nagasaki et, de leurs yeux et oreilles, apprennent les réalités des bombardements atomiques – les vies perdues en un instant, les corps carbonisés par les rayons de chaleur ; les vies perdues dans l’agonie à cause des brûlures et des radiations, dont personne ne s’est occupé. Je veux qu’ils soient ici pour ressentir tout le poids des innombrables vies perdues”. L’hibakusha qui a lancé cet appel avait huit ans lorsque la bombe a explosé, il y a 78 ans. Il s’est toujours souvenu de cette journée comme d’un véritable enfer.


Video de la Declaration de Mayor Matsui

Les chefs d’État qui ont participé au sommet du G7 à Hiroshima en mai dernier ont visité le musée du mémorial de la paix, se sont entretenus avec des hibakusha et ont écrit des messages dans le livre d’or. Leurs messages sont la preuve que les appels des hibakusha leur sont parvenus. Alors qu’ils se tenaient devant le cénotaphe des victimes de la bombe A, j’ai transmis l’Esprit d’Hiroshima qui sous-tend son inscription. En supportant le chagrin du passé, en surmontant la haine, nous aspirons à une véritable paix mondiale où toute l’humanité vivrait dans l’harmonie et la prospérité. Je crois que notre esprit est maintenant gravé dans leurs cœurs. C’est dans cet esprit que la première Vision d’Hiroshima des dirigeants du G7 sur le désarmement nucléaire réaffirme leur “engagement en faveur de l’objectif ultime d’un monde sans armes nucléaires et d’une sécurité non diminuée pour tous” et déclare que leurs “politiques de sécurité sont fondées sur l’idée que les armes nucléaires, tant qu’elles existent, doivent servir à des fins défensives….”.
Toutefois, les dirigeants du monde entier doivent se rendre à l’évidence : les menaces nucléaires proférées actuellement par certains responsables politiques révèlent la folie de la théorie de la dissuasion nucléaire. Ils doivent immédiatement prendre des mesures concrètes pour nous éloigner du présent dangereux et nous rapprocher de notre monde idéal. Au sein de la société civile, chacun d’entre nous doit embrasser la générosité et l’amour de l’humanité incarnés dans le message des hibakusha : “Personne d’autre ne devrait jamais souffrir comme nous l’avons fait”. Il sera de plus en plus important pour nous d’exhorter les décideurs politiques à abandonner la dissuasion nucléaire en faveur d’un monde pacifique qui refuse de compromettre la dignité et la sécurité individuelles.

(Voir suite sur colonne de droite. . . )

(Cliquez ici pour la version anglaise de cet article.)

Question for this article:

Can we abolish all nuclear weapons?

(. . . suite)

Mahatma Gandhi, qui a cherché à obtenir l’indépendance de son pays natal, l’Inde, par la non-violence absolue, a affirmé : “La non-violence est la plus grande force à la disposition de l’humanité. Elle est plus puissante que la plus grande arme de destruction conçue par l’ingéniosité de l’homme”. L’Assemblée générale des Nations unies a adopté, en tant que document officiel, un programme d’action pour une culture de la paix. Pour mettre fin à la guerre actuelle le plus rapidement possible, les dirigeants des nations devraient agir conformément à l’affirmation de Gandhi et au programme d’action, et la société civile devrait s’élever en réponse.

À cette fin, il sera essentiel de construire un environnement social dans lequel nos rêves et nos espoirs prennent vie dans notre quotidien par le contact ou la participation à la musique, à l’art, au sport et à d’autres activités qui transcendent la langue, la nationalité, la croyance et le sexe. Et pour créer cet environnement social, encourageons les initiatives visant à inculquer partout la culture de la paix. Si nous le faisons, les élus, qui ont besoin du soutien de la population, travailleront certainement avec nous pour un monde pacifique.

La ville d’Hiroshima, ainsi que plus de 8 200 collectivités membres de Maires pour la Paix dans 166 pays et régions, ont l’intention de promouvoir la culture de la paix dans le monde entier par le biais d’échanges entre citoyens. Notre objectif est de créer un environnement dans lequel notre désir commun de paix peut atteindre le cœur des décideurs politiques, contribuant ainsi à la construction d’une communauté internationale qui maintient la paix sans avoir recours à la force militaire. Nous continuerons à développer nos programmes pour transmettre les réalités des bombardements atomiques aux jeunes du monde entier afin qu’ils puissent acquérir la passion des hibakusha pour la paix, la répandre au-delà des frontières nationales et la transmettre aux générations futures.

Je demande à tous les décideurs politiques de suivre les traces des dirigeants qui ont participé au sommet du G7 de cette année en visitant Hiroshima et en partageant largement leur désir de paix. Je les exhorte à cesser immédiatement toute menace nucléaire et à s’orienter vers un régime de sécurité fondé sur la confiance par le dialogue et la poursuite des idéaux de la société civile.

J’invite également le gouvernement national à tenir compte des souhaits des hibakusha et du peuple japonais épris de paix en réconciliant les différences entre les États dotés d’armes nucléaires et ceux qui n’en sont pas dotés. Le Japon doit immédiatement adhérer au Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN) et établir un terrain d’entente pour les discussions sur l’abolition des armes nucléaires en participant, au moins en tant qu’observateur, à la deuxième réunion des États parties au TIAN qui se tiendra en novembre de cette année. L’âge moyen des hibakusha dépasse aujourd’hui 85 ans. La vie de beaucoup d’entre eux est encore affectée par les effets nocifs des radiations sur le corps et l’esprit. C’est pourquoi je demande au gouvernement japonais d’alléger leurs souffrances en prenant des mesures de soutien plus importantes.

Aujourd’hui, à l’occasion de cette cérémonie du mémorial de la paix qui commémore les 78 ans du bombardement, nous présentons nos sincères condoléances aux âmes des victimes de la bombe atomique. Avec Nagasaki et les personnes du monde entier qui partagent les mêmes idées, nous nous engageons à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour abolir les armes nucléaires et ouvrir la voie à une paix mondiale durable.

Le Maire

Kazumi Matsui
Ville d’Hiroshima
Le 6 Août 2023

Livre ‘Journalisme non-violent’

LIBRE CIRCULATION DE L’INFORMATION

Un article de Pressenza (Traduction de l’espagnol par Evelyn Tischer)

Edition colombienne du livre ‘Journalisme non-violent. Vers une approche humanisante de la communication’ (Periodismo no violento. Hacia un enfoque humanizador de la comunicación), une invitation à produire des informations non violentes et un engagement en faveur d’une communication pacifique.

Par Iñaki Chaves | Pateras al Sur

Publié dans Mundo Obrero le 11 juin 2022


Le monde du XXIe siècle semble être aussi rempli de guerres que l’a été le XXe siècle, même si, bien souvent il ne s’agit pas de conflits armés déclarés, et que ces guerres se déroulent plus avec de la propagande qu’avec des fusillades, et sont contre des structures sociales, les exploitant et les excluant. Ce monde est, comme l’a déclaré Doménico Losurdo, « plein d’une violence qui prétend vouloir éradiquer une fois pour toutes le fléau de la violence. »

Il est nécessaire de dénoncer la violence, de lutter contre les politiques qui permettent ou facilitent la guerre et de promouvoir la construction de la paix. La paix est peut-être l’objectif humain le plus recherché dans l’histoire et le moins atteint. C’est aussi le concept le plus débattu et le moins accepté, car il peut y avoir autant de paix que de personnes, et chaque personne peut avoir sa propre vision de la paix.

(Voir suite sur colonne de droite.)

(Cliquez ici pour une version anglaise de cet article ou ici pour une version espagnole.)

Question pour cet article:

Free flow of information, How is it important for a culture of peace?

Journalism in Latin America: Is it turning towards a culture of peace?

(. . suite)

Dans cette quête de la paix, les mots sont des armes puissantes, qui guérissent presque autant qu’ils blessent. Ils peuvent être des fenêtres qui s’ouvrent sur des vues différentes des multiples réalités du monde ou des poignards qui s’enfoncent dans l’imaginaire et conditionnent les manières de comprendre le monde. Les mots peuvent à la fois construire la paix et provoquer la guerre.

Et les professionnels des médias en savent long sur les mots, sur l’écriture et sur la narration, et ils devraient assumer, en même temps que les entreprises de médias, leur rôle dans la construction de la paix. Le livre ‘Journalisme non-violent. Vers une approche humanisante de la communication’ est une invitation à produire des informations non violentes et un engagement en faveur d’une communication pacifique.

L’édition colombienne du livre a été publiée en juin 2022 par l’agence de presse internationale Pressenza, dont certains membres sont les auteurs du contenu, par FES Comunicación  et par ediciones desde abajo, trois entités qui aiment partager les connaissances et les offrir au public de la manière la plus accessible possible. Le texte présente « les fondements et les principes, les outils et les suggestions qui pourraient configurer une approche non violente de la communication et du travail journalistique » : Il est préfacé par María Cristina Mata et accompagné d’une note d’Iñaki Chaves pour cette édition en Colombie.

Il s’agit d’un livre intentionnel qui prend position pour la paix, qui n’accepte pas la violence comme “normale” et qui croit qu’une vision humanisante de la réalité est nécessaire pour contrecarrer la force de la violence exercée par certains secteurs de la politique, de l’économie et des médias.

En Colombie, cette révision de la production journalistique avec une approche humanitaire est inéluctable; d’où la nécessité et l’importance de ce type de plan d’action ou de manuel pour comprendre et mettre en pratique le journalisme non violent. Un travail qui « cherche des choses simples et directes, mais pas toujours faciles, pour construire un autre type de communication et un autre type de journalisme qui s’appuient sur les bases sociales comme sources d’information; qui remettent en question ce que nous racontons et comment nous le faisons; qui s’éloigne de l’homogénéisation causée par la doctrine dominante; qui ne simplifient ni ne réduisent la valeur des contextes et qui recherchent et rapportent des expériences, des projets et des nouvelles qui n’exaltent pas la violence mais plutôt la diversité et la créativité des autres mondes à l’intérieur de celui-ci ».