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Dr David Adams is the coordinator of the Culture of Peace News Network. He retired in 2001 from UNESCO where he was the Director of the Unit for the International Year for the Culture of Peace, proclaimed for the Year 2000 by the United Nations General Assembly.

Amnesty International: Comment les droits humains peuvent aider à nous protéger de COVID-19

DROITS DE L’HOMME .

Un article de Amnesty International

La manière dont les gouvernements décident de répondre à la pandémie de COVID-19 aura un impact sur les droits fondamentaux de millions de personnes.

Amnesty International suit de près les réponses des gouvernements à cette crise. Ce sont là des circonstances extraordinaires, mais il est important de se rappeler que le droit relatif aux droits humains est toujours en vigueur. En effet, cela nous aidera à traverser cette crise tous ensemble.

Voici un rapide tour d’horizon de la manière dont des droits humains peuvent aider à nous protéger, et des obligations des gouvernements en lien avec cette pandémie.

Droit à la santé

La plupart des gouvernements ont ratifié au moins un traité relatif aux droits humains qui les oblige à garantir le droit à la santé. Entre autres choses, cela signifie qu’ils ont l’obligation de prendre toutes les mesures nécessaires pour la prévention, le traitement et le contrôle des maladies.

Dans le contexte d’une épidémie qui se propage, cela signifie veiller à ce que des soins, des biens et des services de prévention soient disponibles pour toutes et tous.

À Hong Kong, l’un des premiers endroits frappés par le COVID-19, une ONG locale a noté que près de 70 % des familles à faible revenus ne pouvaient pas se permettre d’acheter l’équipement de protection recommandé par le gouvernement, notamment des masques et du désinfectant. Si les États recommandent l’usage de ces équipements, ils doivent s’assurer que tout le monde puisse y accéder.

Accès à l’information

C’est un aspect essentiel du droit à la santé, mais nous avons déjà pu observer des gouvernements qui l’ignoraient.

En décembre 2019, des médecins à Wuhan, en Chine, là où le virus a fait son apparition, ont fait part à leurs collègues de leurs craintes au sujet de patients présentant des symptômes respiratoires. Ils ont immédiatement été réduits au silence et sanctionnés par les autorités locales pour « propagation de rumeurs ».

Pendant ce temps, dans l’État de Jammu-et-Cachemire, les autorités ont ordonné la poursuite des restrictions des services Internet, malgré l’augmentation du nombre de cas. Cela rend l’accès très difficile pour la population aux informations vitales sur la prévalence et la propagation du virus, ainsi que sur les moyens pour se protéger.

Tout le monde a le droit d’être informé sur la menace que représente le COVID-19 sur sa santé, sur les précautions à prendre pour atténuer les risques, et sur les mesures prises pour répondre à la crise. Si ce n’est pas garanti, cela affaiblit la réponse en matière de santé publique et met la santé de tout le monde en danger.

Droit au travail et droit du travail

Les personnes occupant des emplois précaires sont affectées de manière disproportionnée par la pandémie, qui commence déjà à avoir un impact colossal sur la population et sur l’économie. Les travailleurs et travailleuses migrants, les personnes qui travaillent dans l’économie des petits boulots, et les personnes du secteur informel sont plus susceptibles de voir leur droit au travail et leur droit du travail affectés négativement, en conséquence du COVID-19 et des mesures prises pour le contrôler.

(Cliquez ici pour une version espagnole de cet article, ou ici pour une version anglaise.)

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How can we work together to overcome this medical and economic crisis?

Les gouvernements doivent veiller à ce que tout le monde ait accès à la sécurité sociale, y compris à des arrêts maladie, des soins de santé et des congés parentaux, dans les cas où des personnes ne seraient pas en mesure de travailler à cause du virus. Ces mesures sont également essentielles pour aider la population à respecter les mesures de santé publique mises en place par les États.

Les professionnels de la santé sont en première ligne de cette pandémie, et continuent de fournir des services malgré les risques personnels pour eux et leurs familles, et les gouvernements sont tenus de les protéger. Ces obligations comprennent le fait de fournir des équipements de protection personnelle adaptés et de bonne qualité, des informations, des formations et un soutien psycho-social à tout le personnel d’intervention. Des personnes travaillant dans d’autres secteurs, notamment le personnel pénitentiaire, ont également un risque d’exposition au virus élevé, et doivent être protégées.

Impact disproportionné sur certains groupes

Tout le monde peut attraper le COVID-19, mais certains groupes semblent être plus susceptibles de développer une version grave de la maladie et d’en mourir. Les personnes âgées et les personnes ayant des problèmes de santé prééxistants sont notamment concernées. Il est également probable que d’autres groupes marginalisés, comme les personnes vivant dans la pauvreté, les personnes en situation de handicap et les personnes en détention, dont les personnes migrantes et demandeuses d’asile, soient confrontés à des difficultés supplémentaires pour se protéger et accéder à des traitements.

Par exemple, les personnes sans domicile auront plus de difficulté à s’auto-isoler, et les personnes qui n’ont pas accès à des installations sanitaires adéquates auront un risque plus élevé de contracter le virus.

Au moment de concevoir les réponses au COVID-19, les États doivent veiller à ce que les besoins et les expériences des groupes spécifiques soient pris en compte.

Stigmatisation et discrimination

Selon les médias, les personnes originaires de Wuhan ont été confrontées à un harcèlement et une discrimination généralisés en Chine. Elles ont notamment été rejetées d’hôtels ou barricadées dans leur propre appartement, et les informations personnelles de certaines personnes ont été divulguées sur Internet.

En outre, de nombreuses informations font état d’actes xénophobes hostiles aux Chinois et aux Asiatiques dans d’autres pays, notamment de la part du président des États-Unis Donald Trump qui désigne régulièrement le COVID-19 sous le nom de « virus chinois ». À Londres, un étudiant de Singapour a été frappé violemment lors d’une attaque à caractère raciste. Il n’y a aucune excuse pour le racisme ou la discrimination. Les gouvernements du monde entier doivent adopter une politique de tolérance zéro à l’égard des attaques racistes contre toute personne.

Pendant ce temps, le président Donald Trump a utilisé la pandémie pour justifier ses politiques racistes et discriminatoires, et il prévoirait une interdiction généralisée de toute traversée de la frontière mexicaine par des demandeurs d’asile.

Une telle interdiction de l’asile irait à l’encontre des obligations légales du pays au regard du droit national et international, et ne servirait qu’à diaboliser les personnes en quête de sécurité. En 2018, une interdiction similaire avait été déclarée illégale par tous les tribunaux qui l’avaient examinée.

En outre, en période de crise sanitaire, les gouvernements doivent agir  pour protéger la santé de toutes les personnes et veiller à ce que tout le monde ait accès aux soins et à la sécurité, sans subir de discriminations. Cela doit également inclure les personnes en mouvement, peu importe leur situation au regard de la législation sur l’immigration.

Le monde n’a qu’un seul moyen de combattre cette épidémie : la solidarité et la coopération au-delà des frontières. Le COVID-19 doit nous unir, pas nous diviser.

(Merci à Good News Agency pour avoir nous informer de cet article.)

Covid-19 : Une nouvelle organisation du monde s’impose (universitaire marocain)

. PARTICIPATION DEMOCRATIQUE .

Un article de APA News

M. Abdelmoughit Benmassoud Tredano, Professeur de sciences politiques et de géopolitique à l’Université Mohammed V de Rabat, dresse une radioscopie des relations internationales post-Covid-19, ainsi que les premières leçons de la crise du coronavirus.

Selon lui, la crise ne fait que commencer avec l’effondrement des bourses, la chute du prix du pétrole, sur un fond de guerre entre les puissances, et d’autres signaux plus ou moins graves. « Ceci n’est que la partie visible de l’iceberg », estime-t-il.

Ainsi, une nouvelle organisation du monde s’impose. D’abord, au niveau individuel, du groupe et de la nation, l’individualisme est censé s’émousser et la solidarité gagner en profondeur, martèle l’universitaire.

De même, la notion de l’unicité de l’humain et de son destin commun doit interpeller l’insouciance d’avant. Ceci implique certainement de repenser l’organisation du monde sur tous les plans, dans le sens de moins de mondialisation, plus d’Etat-nation et surtout la réhabilitation de l’Etat providence, prédit Pr. Tredano.

Pour ce Directeur de la Revue Marocaine des Sciences Politiques et Sociales et Président du Centre de Recherche et d’Etudes en Sciences Sociales (CRESS), une nouvelle organisation du monde doit être envisagée et de nouveaux modes de production et de répartition de richesses doivent être recherchés et appliqués. Autant dire qu’une remise en cause de la mondialisation est plus qu’impérative voire salutaire.

« Ce n’est pas un luxe mais un choix incontournable et peut-être salvateur. Le choix entre l’extinction de l’humain et sa survie est désormais posé. Ça peut paraître anxiogène et excessif, mais le chaos est là », souligne l’universitaire marocain, auteur de nombreux travaux, ouvrages, articles et études portant sur des questions politiques internes et internationales.

(Cliquez ici pour une traduction anglaise.

Question for this article
 
How can we work together to overcome this medical and economic crisis?

A toute chose malheur est bon. La crise du Covid-19 « peut avoir une vertu: celle de permettre à la planète une certaine pause », soutient-il. Pour lui, ce que le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) et les écologistes n’ont pas pu imposer aux décideurs politiques économiques et financiers, la crise liée à cette  pandémie est en train, en partie, de le réaliser.

Apparemment, l’air de la ville chinoise de Wuhan commence à être respirable; et l’eau des canaux de Venise (Italie) est, semble-t- il, plus transparente !

La pandémie du coronavirus pose de nombreux défis. L’Europe et le monde découvrent qu’ils dépendent, tous, de la Chine et la souveraineté économique ou souveraineté tout court est en cause.

Aussi, une remise en cause de la mondialisation suppose un début de relocalisation et de réindustrialisation, explique-t-il, ajoutant qu’une économie circulaire, écologique solidaire, coopérative et de proximité, doit être réhabilitée.

L’universitaire souligne par ailleurs que l’organisation du monde par groupes régionaux doit être adoptée du fait qu’aucun Etat ne peut se suffire à lui seul, sauf les Etats-continents. Il insiste ainsi sur l’impératif d’une solidarité entre les peuples et les Etats, dans des moments de crise planétaires.

La configuration géopolitique mondiale va complètement être chamboulée, reconnait-il, rappelant que les signaux relevés depuis, au moins 2003, se précisent: l’Europe s’effrite, l’Amérique patauge et l’Asie s’affirme.

Faisant observer qu’à la suite de chaque cataclysme géopolitique mondial, il y a nécessité de construire un ordre international nouveau, Pr. Tredano estime que l’idée de la coexistence des puissances régionales et internationales est une piste et un gage de garantie devant éviter la domination des puissants.

« La coopération internationale doit être effective et non pas seulement comme un slogan qu’on agite dans tous les forums internationaux et ce pour pouvoir affronter efficacement des situations de crise telle que celle que nous vivons actuellement. Désormais, tout est mondial ! », souligne le Professeur. 

En attendant une « démondialisation », enchaîne-t-il, la culture de la paix et de tolérance doit s’installer. 

« Ce n’est pas pour sacrifier à une mode, mais elle doit relever des conditions fondamentales et incontournables de vie collective des peuples et des États dans un monde difficile et complexe. Tout cela suppose une nouvelle organisation du monde », fait-il observer dans son analyse livrée à APA.

Le monde a besoin de solidarité. Prenez part à #ONU75 !

TOLÉRANCE & SOLIDARITÉ .

Une enquête des Nations Unies

L’Organisation des Nations Unies fête son 75e anniversaire à un moment où le monde est en proie à de profonds bouleversements, aggravés par une crise sanitaire mondiale sans précédent qui a de graves répercussions économiques et sociales. En sortirons-nous plus forts et mieux parés pour travailler ensemble ? Ou, au contraire, la méfiance et l’isolement vont-ils encore s’accroître ? L’année 2020 doit être celle du dialogue, celle où, constitués en famille humaine, nous entreprendrons, ensemble, d’examiner nos priorités et de rechercher les moyens de bâtir un avenir meilleur pour tous.

POURQUOI LE FAIRE MAINTENANT ?

La Covid-19 nous rappelle, cruellement, combien il est nécessaire de coopérer par-delà les frontières, les groupes et les générations. Notre riposte déterminera la vitesse à laquelle le monde se remettra de cette crise ; elle conditionnera la réalisation des objectifs de développement durable et la prise en charge des défis urgents – de la crise climatique aux pandémies, en passant par les inégalités, les nouvelles formes de violence et l’évolution rapide des technologies et de nos populations.

Or, alors même que nous avons, plus que jamais, besoin d’une action collective, le soutien à la coopération mondiale flanche. Dans de nombreux pays, la confiance publique dans les institutions traditionnelles est en déclin et les relations entre les pays sont mises à rude épreuve. Cette pandémie va-t-elle unir le monde ? Ou va-t-elle conduire à une plus grande défiance ? Le dialogue – et l’action – à l’échelle mondiale sont plus urgents que jamais.

QUE FAIT ONU75 ?

En janvier 2020, nous avons lancé notre initiative de dialogue mondial, et des discussions se sont tenues en tous lieux, des écoles aux conseils d’administration, à travers le monde. Pour assurer une diffusion aussi large que possible, nous avons noué des partenariats avec des organisations de jeunes, de la société civile, des milieux d’affaires et des médias, et nous avons créé une enquête à laquelle il est rapide et aisé de répondre, en une minute.

Nous avons toujours insisté sur la participation en ligne, dans le cadre de dialogues virtuels et sur les réseaux sociaux, et nous le faisons encore plus dans le contexte de la Covid-19. Nous travaillons également avec nos partenaires pour transposer dans l’espace numérique les manifestations prévues et pour trouver des moyens novateurs d’y faire participer le public, conformément aux directives de l’OMS et aux réglementations sanitaires locales.

POURQUOI PARTICIPER ?

Il est vital de faire entendre sa voix en ce moment crucial pour le monde. Vos avis, vos craintes et vos idées seront présentés aux dirigeantes et dirigeants mondiaux et aux hauts responsables de l’Organisation lors de la célébration officielle du 75e anniversaire de l’ONU à l’Assemblée générale des Nations Unies, en septembre 2020. Après septembre, des groupes du monde entier se retrouveront pour examiner la meilleure manière de faire avancer les priorités et les propositions ainsi rassemblées.

Chaque conversation est une occasion d’encourager les participants à prendre des initiatives à leur niveau, à la suite de ce qu’ils ont entendu et appris. Ces conversations peuvent conduire à des prises de conscience et fournir des données factuelles dont les organisations nationales et internationales pourront se servir dans la pratique. Les conclusions peuvent par exemple inspirer de nouvelles formes de programmes, d’investissements, de partenariats et de campagnes. L’équipe d’ONU75 est en passe de mettre au point une plateforme mondiale qui permettra de diffuser les principales conclusions des débats.

COMMENT PARTICIPER ?

* Répondez à notre enquête d’une minute et faites-la circuler largement : www.un75.online.

* Consultez la boîte à outils ONU75, qui oriente sur les moyens de participer à la discussion, d’encourager la conversation et d’amplifier les messages, à travers les voies de communication et dans les collectivités, pour s’exprimer et se faire entendre. Nous ajouterons d’autres informations sur les dialogues en ligne dans les prochains jours.

* Suivez @JoinUN75 et #ONU75 dans les médias sociaux (Twitter, Facebook, Instagram) et ajoutez votre voix aux témoignages de celles et ceux qui ont déjà participé.

(Cliquez ici pour une version anglaise ou cliquez ici pour une version espagnole.

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How can we work together to overcome this medical and economic crisis?

ENQUÊTE D’UNE MINUTE

Le monde dans lequel nous vivons est en pleine mutation : les changements climatiques se font à grande vitesse et de grands bouleversements technologiques et démographiques ont lieu. Nous sommes exposés à de nouveaux risques dus aux inégalités croissantes, aux conflits de longue durée et aux nouvelles formes de violence. Seule une coopération transfrontière, intersectorielle et intergénérationnelle nous permettra de faire face à ces changements et de concrétiser le projet que nous avons en commun de bâtir un monde plus sûr, plus juste et plus durable.

En répondant à cette enquête, vous nous aiderez à mieux réagir face à ces changements. Et nous serons mieux à même de concrétiser nos aspirations à un avenir meilleur pour 2045 – année du centenaire de l’ONU.

Dans l’ensemble, pensez-vous qu’en 2045 les gens vivront mieux, moins bien ou comme aujourd’hui ?

Mieux qu’aujourd’hui
Comme aujourd’hui
Moins bien qu’aujourd’hui

Imaginez le monde dans 25 ans ; choisissez parmi les éléments suivants les trois qui vous tiennent le plus à cœur ?

Plus de respect pour les droits de la personne
Moins de conflits
Moins d’inégalités entre pays
Une meilleure protection de l’environnement
Une meilleure gestion des migrations internationales
Une consommation et une production plus durables
Moins d’inégalités dans les pays
Un meilleur accès à l’éducation
Un meilleur accès aux soins de santé
De meilleures perspectives d’emploi
Une plus grande égalité entre femmes et hommes

Selon vous, lesquelles de ces tendances observées à l’échelle mondiale affecteront le plus notre avenir ? (Choisissez-en TROIS au maximum.)

La rapidité des changements démographiques (plus de personnes vivant dans les villes, vieillissement de la population, etc.)

Les risques liés aux nouvelles technologies (confidentialité des données, conséquences pour l’emploi, etc.)

Les migrations et les déplacements forcés (personnes fuyant les conflits ou les catastrophes, etc.)

Les risques liés à la santé (pandémies, résistance accrue aux antibiotiques, etc.)

La rupture des relations entre certains pays

Les risques liés au terrorisme

Les changements climatiques et les questions environnementales (pollution, déforestation, etc.)

Les conflits armés et les violences à caractère politique

Les armes nucléaires et autres armes de destruction massive

La cyberguerre et les nouvelles formes d’armement (armes dotées d’intelligence artificielle, etc.)

La criminalité organisée (traite des êtres humains, etc.)

Face à ces tendances, dans quelle mesure les pays doivent-ils coopérer ?

C’est essentiel
C’est très important
C’est assez important
C’est peu important
Ce n’est pas important du tout

Face à ces tendances observées dans le monde entier, quel conseil donneriez-vous au Secrétaire général de l’ONU ?
(140 caractères) – OPTIONNEL

Le PAYNCoP Gabon et Ingénieurs Sans Frontières s’associent pour combattre le COVID 19

TOLÉRANCE & SOLIDARITÉ .

Envoyé à CPNN par Jerry Bibang

Dans le cadre de la lutte contre le covid 19, l’Association Jeunesse Engagée pour le Développement (JED), membre du PAYNCoP Gabon, et l’Ong Ingénieurs Sans Frontières (ISF) ont gratifié hier, mercredi 1er avril, les populations du quartier derrière l’Ecole Normale Supérieure, dans le 1er arrondissement de la commune de Libreville, d’un point de lavage de mains.

(Cliquez ici pour une traduction anglaise.

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How can we work together to overcome this medical and economic crisis?

L’initiative s’inscrit dans le cadre d’un projet qui consiste à mettre en place des points de lavage de mains dans les quartiers sous intégrés de Libreville et ses environs, notamment ceux qui connaissent des difficultés d’approvisionnement en eau potable. « La situation est plus complexe dans ces quartiers car l’accès à l’eau potable constitue un réel défi pour les populations qui vivent parfois dans des pièces restreintes, donc difficile de respecter les 1 mètre de distanciation. C’est pourquoi nous avons ciblé ces zones » a expliqué Darel Oliny, Directeur Exécutif de Ingénieurs Sans Frontières au Gabon.

Pour Jerry Bibang, le Coordonnateur National du PAYNCoP Gabon, il s’agit d’une action qui vient en appui aux efforts du Gouvernement dans la lutte contre la pandémie qui fait ravage actuellement. « Les autorités publiques ont déclenché la guerre contre le Covid 19, en tant que citoyens et patriotes, il nous revient de nous lever et d’aller au front contre l’ennemie commun » a-t-il ajouté avant d’inviter les riverains à respecter les gestes barrières pour une meilleure prévention.

Après Derrière l’Ecole Normale Supérieure, le quartier Nzeng-Ayong, dans le 6ème arrondissement de Libreville, constituera la prochaine étape de cette initiative citoyenne.

Bulletin français 1 avril 2020

. DEPASSER LA CRISE ENSEMBLE . .

Du point de vue de la culture de la paix, la crise médicale et économique associée au coronavirus peut être considérée comme une opportunité plutôt qu’une simple calamité.

Comme nous l’avons posé dans le dernier blog Le crash est-il arrivé?, si oui, ette situation pourrait-elle nous donner l’opportunité de passer de la culture de la guerre à une culture de la paix? Pour cette transformation radicale un tel scénario était prévu dans la nouvelle j’ai vu la terre promise écrite en 2008 qui prévoyait un krach économique mondial en 2020, suivi d’actions pour se défendre contre le développement du fascisme et pour reconstruire les Nations Unies comme un véritable agent de la culture de la paix .

A ce propos, des articles récents de CPNN décrivent des actions permettant de surmonter ensemble la crise et promouvoir cette transition vers une culture de la paix dans ses différents domaines:

— DÉSARMEMENT. Le Bureau international de la paix a publié une déclaration demandant aux dirigeants mondiaux de remettre le désarmement et la paix au centre de l’élaboration des politiques. “Sans cela, nous handicapons notre lutte contre les futures pandémies de santé, pour éradiquer la pauvreté, la faim, pour fournir une éducation et des soins de santé à tous, ainsi que la réalisation des objectifs de développement durable des Nations Unies.”

De même, l’organisation anglaise Peace Pledge Union dit: «Dans cette crise, tout le monde a besoin du soutien des autres. Cela coûte de l’argent. Le gouvernement doit réattribuer plusieurs millions de livres destiné aux armaments et aux exercices d’entraînement de l’OTAN. Finançons des choses qui vont vraiment aide à nous protéger. Vous ne pouvez pas “atomiser” un virus.”

Le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, a appelé à des cessez-le-feu dans les guerres partout dans le monde, déclarant: “La fureur du virus illustre la folie de la guerre … Il est temps de mettre le conflit armé sous contrôle et de se concentrer ensemble sur le vrai combat de nos vies.”

— SOLIDARITÉ. En cette période de souffrance et de peur, nous pouvons apprendre de la sagesse des peuples autochtones tel à l’exemple du peuple Mixe du Mexique. Le Mixe est un peuple qui a connu les ravages des épidémies depuis l’arrivée en Amérique des premier Europeens. «Les soins collectifs qui ont sauvé la vie de [ma grand-mère Luisa] m’ont permis aujourd’hui de partager les paroles mourantes de mon arrière-grand-père lors d’une précédente épidémie: le bien individuel est le bien collectif.

Cuba nous a montré un bon exemple de solidarité face à la pandémie mondiale. “Le même esprit humanitaire et internationaliste par lequel Cuba à autorisé le Braemar [navire de croisière infecté] à accoster a également conduit ce petit pays à envoyer des médecins pour aider Haïti après le tremblement de terre dévastateur de 2010, à combattre Ebola en Afrique de l’Ouest en 2014, et, maintenant, à aider le système de santé submergé de l’Italie en face de la pandémie de coronavirus.”

— ÉGALITÉ DES FEMMES. Les femmes du Mexique nous donnent un bon exemple de solidarité qui peut servir de modèle pour d’eventuelles mobilisations futures. Faisant écho au cri “Une journée sans nous”, des millions de Mexicaines ont participé le 9 mars à une grève nationale de femmes protestant contre la vague des féminicides et demandant une longue liste de revendications de l’agenda féministe. La grève a été organisée pour suivre la mobilisation annuelle pour la Journée internationale de la femme qui a été célébrée dans le monde entier.

— PARTICIPATION DÉMOCRATIQUE. Comme l’a souligné la déclaration du Bureau international de la paix, “Nous savons par l’histoire de notre propre organisation et de nombre de nos organisations membres que dans de telles crises, la démocratie doit être défendue contre des États qui devient de plus en plus autoritaires.” Lors de la dernière grande dépression, dans les années 1930, la démocratie a été remplacée par des dictatures en Allemagne, en Italie et en Espagne, entraînant des guerres civiles et la Seconde Guerre mondiale. Comment éviter cela? Robert J. Burrows, spécialiste de l’action non-violente, nous propose une stratégie non-violente avec des objectifs spécifiques “pour défendre l’humanité contre un coup d’État politico-militaire mené par l’élite mondiale”.

Le directeur de Pace e Bene, une organisation de paix familière aux lecteurs du CPNN en raison de ses vastes mobilisations autour de la Journée internationale de la paix, nous dit que le COVID-19 est un messager nous appelant résolument à rejoindre un “mouvement planétaire qui émerge”. “Le plus grand mouvement social de l’histoire humaine arrive. Chacun de nous est appelé à le rejoindre. C’est un mouvement global, un mouvement de mouvements. Il apprend à partir de l’histoire des mouvements qui se sont accélérés au cours du siècle dernier. Il est enraciné dans le sang et les larmes de millions de personnes qui ont passé leur vie à travers l’Histoire à réclamer la justice, à œuvrer pour la paix, à œuvrer pour un monde qui fonctionne pour tous. Ce mouvement n’apparaîtra pas par magie. Cela nécessite un travail acharné. Il sera profondément non violent – disant non à l’injustice et oui à l’humanité de toutes et de tous, y compris l’humanité de nos adversaires.

Oui, cela dépend de nos actions maintenant pour déterminer si la crise devient une opportunité ou une catastrophe. CPNN continuera de publier des infos de ces actions au fur et à mesure de leur développement. Les lecteurs sont encouragés à nous envoyer des rapports.

          

DISARMAMENT ET SECURITÉ



Déclaration du Bureau International de la Paix à l’Occasion du Sommet du G20 : Investissons dans la Sante Plutot que dans la Militarisation !

LIBERTÉ DE L’INFORMATION



Federico Mayor pays tribute to Javier Pérez de Cuéllar

DROITS DE L’HOMME




International Criminal Court Offers Hope to Afghanistan’s Victims

PARTICIPATION DÉMOCRATIQUE



Defending Humanity Against the Elite Coup

ÉDUCATION POUR LA PAIX



“Education Nobel”, Global Teachers’ Prize includes three Brazilian teachers.

DÉVELOPPEMENT DURABLE



The Most Successful Air Pollution Treaty You’ve Never Heard Of

TOLÉRANCE ET SOLIDARITÉ


Love and Nonviolence in the Time of Coronavirus

ÉQUALITÉ HOMMES/FEMMES



Journée internationale des femmes 2020

Déclaration du Bureau International de la Paix à l’Occasion du Sommet du G20 : Investissons dans la Sante Plutot que dans la Militarisation !

DESARMAMENT & SECURITE .

Une communiqué de presse du Bureau Internationale de la Paix

La plus ancienne ONG pour la paix au monde, le Bureau Internationale de la Paix (BIP), lauréate du prix Nobel, a appelé les dirigeants mondiaux du G20 qui se réunissent par des moyens virtuels cette semaine, à envoyer un message de paix et de solidarité au monde alors qu’ils font face à l’urgence sanitaire mondiale.

C’est le moment d’ouvrir une nouvelle page dans les relations mondiales, de mettre de côté les tensions géopolitiques, de mettre fin aux guerres par procuration, de négocier des cessez-le-feu dans les nombreux conflits à travers le monde, pour se consacrer entièrement à un effort de solidarité mondiale sans précédent.

Nous devons lever l’ombre de la guerre et de la confusion militaire qui a entaché la coopération mondiale ces dernières années et œuvrer pour que règne un esprit de paix et de solidarité.

Le BIP a depuis longtemps attiré l’attention mondiale sur l’inquiétante accélération de la course aux armements.

Nos communautés paient le prix fort pour cette course aux armements qui a détourné les ressources qui auraient du être consacrées aux besoins essentiels de santé et de bien-être des populations.

Nous payons tous un lourd tribut pour un leadership défaillant et des pratiques mal placées dictées par le marché qui ont affaibli nos moyens de faire face à cette urgence qui frappe encore plus durement les plus faibles.

En finir avec le stress lié aux soins de santé.

Nous constatons maintenant les conséquences d’un sous-investissement dans les infrastructures de santé, les hôpitaux et le personnel. Les hôpitaux sont surchargés, les infirmières sont épuisées, les matériaux sont rares, et les médecins doivent prendre des décisions terribles sur le choix de vie ou de 2 mort de patients à cause du nombre limité de respirateurs disponibles. Les médecins et tout le personnel de santé sont pénalisés par l’irresponsabilité des décisions politiques et économiques passées.

Partout dans le monde, les systèmes de santé atteignent les limites de leur force et le personnel héroïque de première ligne subit une pression énorme.

L’urgence du coronavirus montre dans quel état d’affaiblissement nos sociétés se trouvent pour protéger les personnes: un monde motivé par la financiarisation, les profits des actionnaires et l’austérité, a affaibli notre capacité à défendre le bien commun et a mis la vie humaine en danger à l’échelle mondiale.

Les employés qui craignent de perdre leur emploi et leur revenu sont tentés de se rendre au travail, même malades. Les personnes âgées sont vulnérables et ont besoin d’aide.

La privatisation, les mesures d’austérité, dictées par le système néolibéral ont amené les services de santé locaux, régionaux et nationaux au bord de l’effondrement.

Au cours des deux dernières décennies, le nombre de médecins travaillant dans le système de santé a été réduit d’un tiers dans les pays d’Europe occidentale. En Italie, le budget de la santé a été réduit de 37 milliards d’euros ces dernières années.

L’OMS prévient que nous ferons face à une pénurie de 18 millions de travailleurs de la santé d’ici 2030.

Les municipalités ont un besoin urgent de soutien afin d’augmenter les effectifs disponibles. Et maintenant, ces politiques font des ravages, en particulier là où les hôpitaux ont été massivement fermés ces dernières années (ou privatisés) et dans certaines régions (en particulier rurales), cela a limité l‘accès aux soins de base.

Nous pouvons déjà tirer des leçons pour l’avenir:

* La santé est un droit humain pour les jeunes et les moins jeunes, pour toutes les personnes dans toutes les régions du monde.

* Les soins de santé et les soins infirmiers ne doivent jamais être réduits ou subordonnés à la recherche du profit par le biais de la privatisation.

* Tout le personnel de santé a droit à des conditions de travail décentes et à un investissement continu dans leur formation.

Il est temps de mettre en œuvre un nouveau contrat social mondial.

Au fur et à mesure que les heures passent, l’ampleur de la crise devient plus claire.

(Voir suite sur colonne de droite. . . )

(cliquez ici pour une version anglaise de cet article ou ici pour une version espagnole.)

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How can we work together to overcome this medical and economic crisis?

(. . . suite)

Cette semaine, l’Organisation Internationale du Travail a rendu compte des conséquences sur le marché du travail:

* Une perte potentielle de 25 millions d’emplois, plus que ceux perdus lors de la crise financière de 2008.

* La pauvreté au travail devrait augmenter considérablement, ce qui pourrait toucher jusqu’à 35 millions de personnes supplémentaires

* Les pertes de revenus pour les travailleurs pourraient atteindre 3,4 milliards de dollars.

Nous soutenons les efforts du mouvement syndical aux niveaux mondial, régional et national dans son appel à un nouveau contrat social.

Nous soutenons leur appel à des mesures et des ressources économiques pour protéger les emplois, les revenus, les services publics et le bien-être des personnes.

Cela nécessite un engagement de la part du monde des affaires pour garder les gens au travail et le soutien que le gouvernement promet aux entreprises doit être subordonné à leur adhésion au contrat social pour la sécurité de l’emploi et les revenus.

G20: Priorité au désarmement.

Le monde dépense 1800 milliards de dollars en dépenses militaires chaque année et devrait dépenser 1 billion de dollars en nouvelles armes nucléaires au cours des 20 prochaines années.

Les exercices militaires mondiaux coûtent plus d’un milliard de dollars chaque année, la production et les exportations d’armes sont en augmentation dans les principales économies du monde. Le G20 ne peut pas balayer ces faits sous le tapis.

Les dépenses militaires sont 50% plus élevées aujourd’hui qu’à la fin de la guerre froide. Elles s’élèvent à 1800 milliards de dollars par an, alors que l’OTAN exige encore de nouvelles contributions de ses membres.

Le G20 est responsable de 82% des dépenses militaires mondiales, il est responsable de presque toutes les exportations d’armes et détient 98% des bombes nucléaires du monde. Le G20 est une plateforme qui rassemble les intérêts des principaux acteurs de la course mondiale aux armements.

De plus, des milliards sont dépensés pour la recherche militaire, de l’argent qui serait mieux investis dans la santé et les besoins humains et la recherche pour lutter contre le changement climatique mondial.

La militarisation n’est pas la bonne voie à suivre, elle alimente les tensions, augmente les risques de guerre et aggrave des rivalités nucléaires.

L’architecture politique mise en place pour contrôler l’expansion et le désarmement nucléaire est ignorée ou affaiblie.

Le Bulletin des scientifiques atomiques qui évalue chaque année l’horloge de l’apocalypse nucléaire publié en février 2020 a avancé les aiguilles à 100 secondes avant minuit, l’heure fatidique, au plus près de minuit en 70 ans d’histoire. Les dirigeants mondiaux doivent remettre le désarmement et la paix au centre de l’élaboration des politiques.

Ils doivent élaborer un nouvel agenda pour le désarmement qui inclut l’interdiction des armes nucléaires, et nous appelons une fois de plus les gouvernements à signer le traité TPNW.

Sans cela, nous handicapons notre lutte contre les futures pandémies, pour éliminer la pauvreté, la faim, pour fournir une éducation et des soins de santé pour tous et la réalisation des objectifs des ODD 2030.

Le désarmement est l’une des clés de la grande transformation de nos économies, pour que les êtres humains et non le profit soient la plus haute valeur; des économies dans lesquelles les défis écologiques – surtout la crise du changement climatique – seront résolus et la justice sociale mondiale sera notre but.

Avec le désarmement, la mise en œuvre des ODD, un contrat social mondial et un nouvel accord de green-deal mondial pour la paix, nous pouvons relever les défis de la pandémie de coronavirus.

Nous avons appris de l’histoire de notre propre organisation et de nombre de nos organisations membres: dans de telles crises, la démocratie doit être défendue par-dessus tout, et elle doit être défendue contre des États de plus en plus autoritaires.

Nous appelons à une culture de la paix. Un chemin pacifique signifie que nous avons besoin d’une stratégie mondiale, d’un contrat social mondial, d’une coopération mondiale pour assurer un soutien planétaire aux populations. Ce sera la solidarité humaine du 21e siècle – pour et avec le peuple.

L’BIP est désireux et capable de travailler à l’établissement de cette voie pacifique – en collaboration avec des partenaires du monde entier.

C’est pourquoi nous disons qu’une initiative du G20 pour passer d’une culture de militarisation à une culture de paix est à la fois urgente et vitale.

Grève nationale des femme u Mexique: Comment et pourquoi est elle organisée?

. EGALITE HOMMES/FEMMES .

Un article de Cecilia González dans RT.com (télévision russe) (traduction par CPNN)

Au cri de “Une journée sans nous”, des millions de Mexicaines ont participés lundi [9 mars] à la grève nationale des femme dont l’appel a été au moment de la vague croissante d’indignation à l’égard des féminicides et s’est ajouté à la longue liste des demandes de l’agenda féministe.


Vidéo sur la manifestation à l’occasion de la Journée internationale de la femme, Mexico, 8 mars 2020. Photo: Gustavo Graf / Reuters

Après la marche massive de dimanche, en commémoration de la Journée internationale de la femme, les travailleurs publics et privés ont été appelés à quitter les bureaux, les banques, les supermarchés, les restaurants, les cafés, les journaux, les magasins et toutes sortes de lieux de travail. Les femmes qui s’y sont jointes n’ont pas effectués de tâches domestiques afin de rendre leur poids visible dans l’économie et dans la société et pour dénoncer les multiples aspects de la violence de genre.

Une enquête publiée la semaine dernière par le journal El Financiero a révélé que la grève avait le soutien de 67% à l’échelle nationale et que 57% des femmes pensaient y adhérer, démontrant ainsi les progrès de la révolution féministe qui parcourt le monde et avec un chapitre spécial cette année.

Au Mexique, 51% de la population et 52% des électeurs sont des femmes. Et elles votent plus que les hommes. Selon les données officielles, lors des élections présidentielles de 2018, remportées par Andrés Manuel López Obrador, 66,2% des électeurs étaient des femmes.

10 femmes tuées chaque jour

Mais l’inégalité persiste. Une étude de l’Observatoire international des salaires dignes et de la Commission nationale des salaires minima estiment que les Mexicains travaillent quotidiennement pour environ 3 000 millions de dollars, mais que seulement un tiers est payé.

Selon l’Observatoire du travail décent de l’organisation Action citoyenne contre la pauvreté, dans le pays, les hommes gagnent 16% de plus que les femmes. L’écart salarial s’élargit à 30% dans le secteur public.

L’inégalité se répète dans d’autres domaines. Les données du Conseil national pour l’évaluation des politiques de développement social indiquent qu’il y a plus de femmes que d’hommes dans la pauvreté: 27,3 millions contre 25 millions ches les hommes.

Les rapports de l’organisation Reinserta, quant à eux, concluent que les tribunaux imposent en moyenne cinq ans de prison de plus aux femmes mexicaines qu’aux hommes.

La violence s’impose. L’année dernière, il y a eu 51,146 plaintes de violences sexuelles contre les femmes dans le pays. C’est une augmentation de 19,1% par rapport à 2018. La tendance continue de s’accroître. Toujours en 2019, au Mexique, 10 femmes sont tuées chaque jour. Il y a trois ans, la moyenne était de sept femmes tuées quotidiennement.

C’est pourquoi les féminicides sont devenus le thème central de la conversation publique cette année au Mexique et ont eu un impact complet sur l’agenda politique de López Obrador.

La grève nationale des femmes a commencé à germer dans les réseaux sociaux au milieu du choc des meurtres d’Ingrid Escamilla et de Fatima. La première est une jeune fille de 25 ans poignardée et écorchée, et la seconde, une fillette de sept ans qui a été retrouvée allongée dans un sac, avec des signes apparants de torture.

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(Cliquez ici pour l’originale en espagnol et ici pour une traduction anglaise. )

Question related to this article

Protecting women and girls against violence, Is progress being made?

(. . . suite)

Lorsque les crimes ont été commis, le procureur général Alejandro Gertz Manero était impliqué dans une controverse concernant sa proposition d’éliminer la classification des «fémicides» pour la qualifier d ‘«homicide aggravé». L’intention, selon lui, était d’améliorer l’enquête et pour de justice, mais les organisations féministes ont averti que cela éliminait la composante de genre dans le meurtre. Le président a rejeté l’initiative, mais lors d’une conférence de presse, il ne voulait pas parler uniquement de féminicides car il envisageait aussi de promouvoir la tombola de l’avion présidentiel.

Critiques du gouvernement López Obrador et opportunisme de droite

Les mobilisations contre les fémicides ont augmenté. Le président a répondu par un serment contre la violence faite aux femmes avec des phrases tels que «protéger la vie de tous les êtres humains», «c’est de la lâcheté d’attaquer les femmes», «les femmes doivent être respectées» et «punir les coupables. ” Il n’a présenté aucune stratégie, politique ou d’objectif spécifique. Il a ensuite évoqué “une profonde crise de valeurs”, de “décadence” et que “ce n’est qu’en étant bons que nous pourrons être heureux”. Il a appelé “à continuer de moraliser, à purifier la vie publique” et a imputé les fémicides au néolibéralisme.

Chaque déclaration a irrité davantage plusieurs groupes féministes, mais le président a été encore plus surpris lorsqu’il leur a demandé de pacifier leurs manifestations et de ne plus peindre les portes et les murs des bâtiments publics.

C’est à ce point que le collectif Brujas del Mar a déclenché les troubles sociaux et a appelé lundi à la Grève sur Twitter. L’adhésion a été immédiate et massive.

En réponse, López Obrador a dénoncé l’opportunisme de ses “adversaires”, des “néolibéraux”, “des conservateurs” et “de la droite”, qui n’ont soutenu et promu la journée que pour critiquer le gouvernement, comme le cas du Parti Action National historiquement de droite qui a promu la Grève. Mais en même temps il a ratifié son rejet de l’avortement même s’il s’agit d’une des principales revendications féministes.

La polarisation politique qui prévaut au Mexique a construit la fausse idée d’opposition que la grève était contre López Obrador, bien que les luttes féministes dépassent les gouvernements. Même si le président a montré des signes de compréhension du mouvement des femmes, il a continué à accumuler des réponses malheureuses. Il a annoncé, par exemple, que la tombola présidentielle aura lieu le 9 mars, c’est-à-dire le même jour que la Grève. Il y avait tellement de critiques qu’il a dû changer la date.

Les réactions du président pourraient expliquer, selon un sondage publié la semaine dernière par le journal El Universal, que le soutien des femmes à son gouvernement a diminué de 24,6% au cours des 12 derniers mois.

López Obrador peut se targuer à être le seul président sur l’agenda du genre à avoir nommé un cabinet respectueux de l’égalité des sexes. En fait, au milieu de la crise politique déclenchée par les féminicides, la semaine dernière, leurs ministres étaient unis pour la première fois et ont déclaré que le président comprenait le féminisme et que les droits des femmes étaient une priorité.

Vendredi, cependant, López Obrador a refusé de se définir comme féministe. “Je suis un humaniste”, a-t-il déclaré.

Au-delà des conflits politiques, la Grève. a réussi à parler de féminicides, d’avortement, de salaires inéquitables, de manque de garde d’enfants, de pressions culturelles, de misogynie généralisée dans les médias, dans les réseaux sociaux, à domicile et du harcèlement dans le lieu de travail.

Les agressions contre les femmes ont été rendues visibles et débattues plus que jamais, mais elles ont également montré qu’il restait encore beaucoup à faire pour éliminer les inégalités entre les sexes et la violence dans le pays.

Journée internationale des femmes 2020

. EGALITE HOMMES/FEMMES .

An article from UN Women

Les droits des femmes et l’égalité des sexes vont occuper le devant de la scène en 2020.

Vingt-cinq ans après l’adoption de la Déclaration et du Programme d’action de Beijing – une feuille de route pour favoriser l’égalité des sexes – le moment est venu de faire le point sur les progrès accomplis et de combler les lacunes qui subsistent en prenant des mesures audacieuses et décisives.


Vidéo : Nous sommes de la #GénérationÉgalité

Le thème de cette année pour la Journée internationale des femmes (le 8 mars) est « Je suis de la Génération Égalité : Pour les droits des femmes et un futur égalitaire ».

(Voir suite sur colonne de droite. . . )

(Cliquez ici pour l’article en anglais ou ici pour l’article en espagnol .)

 

Questions for this article:

Prospects for progress in women’s equality, what are the short and long term prospects?

(. . . suite)

La campagne Génération Égalité  rassemble des personnes de tous sexes, âges, ethnicités, races, religions et pays, afin qu’elles prennent des actions qui feront advenir un monde dans lequel règne l’égalité des sexes que nous méritons tous.

Ensemble, nous voulons nous mobiliser afin de mettre fin à la violence basée sur le genre ; nous lançons un appel en faveur de la justice économique et des droits pour toutes et tous ; de l’autonomie corporelle et de la santé sexuelle et reproductive et des droits ; et de l’action féministe pour la justice climatique. Nous voulons utiliser la technologie et l’innovation pour favoriser l’égalité des sexes et le leadership féministe.

Les petites actions peuvent créer des impacts importants dans l’avènement de cette vision. À l’occasion de la Journée internationale des femmes, joignez-vous à la #GénérationÉgalité et participez au mouvement.

Déclaration de Mme Phumzile Mlambo-Ngcuka, Directrice exécutive d’ONU Femmes à l’occasion de la Journée internationale des femmes.

Dans sa déclaration à l’occasion de la Journée internationale de la femme (8 mars), la directrice exécutive d’ONU Femmes, Phumzile Mlambo-Ngcuka, souligne que 2020 est l’année pour l’égalité des sexes et réclame détruire les obstacles persistants à l’égalité des sexes.

Bulletin français 1 mars 2020

 

LES VILLES PRENNENT LE LEADERSHIP .

Les villes prennent les leadership dans de nombreux domaines de la culture de la paix.

Le désarmement nucléaire. New York est en train de devenir la ville la plus récente à planifier le désinvestissement de ses fonds de l’industrie des armes nucléaires. Des audiences publiques dans la ville le 28 janvier ont entendu un large éventail d’orateurs en faveur de cette action. Parmi les intervenants figuraient la campagne mondiale, Move the Nuclear Weapons Money, ainsi que Mayors for Peace, des jeunes de Peace Boat et un représentant de la Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires (ICAN), qui a remporté le prix Nobel de la paix en 2017. Les participants à l’audition ont exprimé leur amour de la ville et leur forte réticence à voir New York, ou tout autre endroit sur la terre, être exposé à la menace de destruction irréversible que représentent les armes nucléaires.

Des centaines de villes ont rejoint l’appel aux villes de l’ICAN appelant à l’abolition totale des armes nucléaires. L’appel déclare: «Notre ville / village est profondément préoccupé par la grave menace que les armes nucléaires font peser sur les communautés du monde entier. Nous croyons fermement que nos habitants ont le droit de vivre dans un monde libéré de cette menace. Toute utilisation d’armes nucléaires, qu’elle soit délibérée ou accidentelle, aurait des conséquences catastrophiques, de grande envergure et durables pour les personnes et l’environnement. Par conséquent, nous saluons chaleureusement l’adoption du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires par les Nations Unies de 2017, et nous appelons notre gouvernement national à le rejoindre. »

L’appel est également soutenu par Maires pour la Paix avec son réseau de 7675 villes dans 163 pays à travers le monde. La ville la plus récente à avoir soutenu l’appel, le 27 janvier, était Oxford au Royaume-Uni.

Le développement durable. ONU Habitat a récemment parrainé le dixième Forum urbain mondial pour soutenir les objectifs de développement durable (ODD) convenus par les dirigeants mondiaux en 2015. Lors de la réunion, qui s’est tenue à Abu Dhabi du 8 au 13 février, les 13 000 participants ont reconnu que “l’urbanisation croissante du monde est une force transformatrice qui peut être exploitée et dirigée pour stimuler le développement durable.” Parmi les organisations de villes participant au Forum figurait ICLEI (Gouvernements locaux pour la durabilité), un réseau de villes dans plus de 100 pays, avec des experts mondiaux dans 22 bureaux.

Lors du Forum urbain mondial, le Parlement mondial des maires a présenté un projet appelé le Parlement virtuel, un outil en ligne pour connecter les maires du monde entier, pour débattre et voter sur des questions politiques et pour échanger des expériences. Par exemple, il a soutenu une action du Congrès américain des maires contre la violence armée.

Réduction des tensions internationales. L’organisation de Cités internationales de la paix rapporte que la première ville de la paix sur la péninsule coréenne a été créée le 5 février près de la zone démilitarisée à Pocheon. Une grande célébration a eu lieu à l’hôtel de ville où le maire Mr Park a signé une proclamation devant une foule de médias, de dignitaires et de plus de 100 citoyens. Pocheon a le potentiel pour aider à réaliser le rêve de la réunification de la Corée du Sud et de la Corée du Nord afin de bénéficier aux citoyens des deux pays.

Violence urbaine. Une nouvelle initiative, le Strong Cities Network (SCN), travaille avec une large coalition pour réduire la violence urbaine . Selon le SCN, “Aujourd’hui, 83% des violences meurtrières se produisent en dehors des zones de conflit, la majorité de ces violences étant concentrées dans les villes”. Leur rapport met en évidence les initiatives réussies à Glasgow (Écosse), Oakland (Californie) et dans les villes de l’Équateur.

La lutte contre la violence urbaine est également la priorité du Forum mondial des villes et des territoires de paix, qui est un projet des Cités et Gouvernements locaux unis. Des forums précédents ont eu lieu à Madrid en 2017 et 2018. Le prochain aura lieu en octobre 2020 à Mexico pour construire “des solutions qui favorisent des environnements urbains capables d’éliminer les expressions de la violence”.

Selon le Strong Cities Network, «les États-nations dominent l’arène politique mondiale depuis des siècles, mais avec plus de la moitié de la population mondiale résidant aujourd’hui dans les villes, il est peut-être temps de repenser qui devrait être à la table des décisions sur la façon dont nous pouvons réduire la violence.” On pourrait dire de même en ce qui concerne le désarmement nucléaire, le développement durable et la réduction des tensions internationales.”

PARTICIPATION DÉMOCRATIQUE

Strong Cities Network: Reducing violence is not impossible, and cities are proving this

LIBERTÉ DE L’INFORMATION

Promotion de la paix au sahel : Les meilleures productions radiophoniques primées

DROITS DE L’HOMME


Amnesty International: Une génération de jeunes militant·e·s reprend le flambeau contre le durcissement de la répression en Asie

DISARMAMENT ET SECURITÉ

New York City hearings pave the way for nuclear weapons divestment

ÉDUCATION POUR LA PAIX

For Bob Marley’s 75th Birthday, Ziggy Marley Reflects On His Father’s Legacy

DÉVELOPPEMENT DURABLE

The Wet’suwet’en Fight Against New Pipeline Spreads Across Canada with Blockades & Occupations

TOLÉRANCE ET SOLIDARITÉ


Switzerland: Lutheran World Federation marks World Interfaith Harmony Week

ÉQUALITÉ HOMMES/FEMMES

Devoted to discovery: seven women scientists who have shaped our world

Amnesty International: Une génération de jeunes militant·e·s reprend le flambeau contre le durcissement de la répression en Asie

DROITS DE L’HOMME .

Un article de Amnesty International

Une vague de manifestations initiées par la jeunesse en Asie brave la répression croissante qui s’abat sur tout le continent, notamment sur la liberté d’expression et de réunion pacifique, a déclaré Amnesty International le 29 janvier 2020 à l’occasion de la publication de son rapport annuel sur la situation des droits humains dans la région.

Intitulé Human Rights in Asia-Pacific: Review of 2019, il présente une analyse précise de l’évolution des droits humains dans 25 États et territoires, et illustre la lutte de toute une nouvelle génération de militants et militantes contre la violente répression visant la dissidence, les campagnes toxiques orchestrées sur les réseaux sociaux et la censure politique généralisée.

« 2019 fut en Asie une année de répression, mais aussi de résistance. Alors que les gouvernements à travers le continent s’efforcent de déraciner les libertés fondamentales, les citoyens se mobilisent – et les jeunes sont en première ligne de la lutte, a déclaré Nicholas Bequelin, directeur régional d’Amnesty International pour l’Asie de l’Est, l’Asie du Sud-Est et le Pacifique.

« Des étudiant·e·s de Hong Kong qui protestent en masse contre la mainmise croissante de la Chine sur la région administrative aux étudiant·e·s d’Inde qui manifestent contre les politiques hostiles aux musulmans, des jeunes électeurs et électrices thaïlandais venus gonfler les rangs d’un nouveau parti d’opposition aux manifestant·e·s pour l’égalité des personnes LGBTI à Taïwan : en ligne et sur le terrain, les mouvements populaires menés par la jeunesse remettent en cause l’ordre établi. »

La résistance de Hong Kong résonne à travers le monde

La Chine et l’Inde, les deux grandes puissances d’Asie, ont donné le ton de la répression
dans la région en rejetant ouvertement les droits humains. Le soutien de Pékin au projet de loi sur l’extradition à Hong Kong, texte conférant au gouvernement local le pouvoir de transférer des suspects vers la Chine continentale, a suscité un mouvement de protestation d’une ampleur sans précédent sur le territoire.

Depuis le mois de juin, une partie de la population de Hong Kong descend régulièrement dans les rues pour réclamer le respect de l’obligation de rendre des comptes face aux méthodes brutales de maintien de l’ordre, notamment l’utilisation injustifiée de gaz lacrymogènes, les arrestations arbitraires, les agressions physiques et les atteintes aux droits humains en détention. Cette lutte contre l’ordre établi a fait ricochet sur tout le continent.

En Inde, des millions de personnes ont contesté une nouvelle loi discriminatoire à l’égard des musulmans et manifesté pacifiquement. En Indonésie, des citoyens et citoyennes se sont rassemblés pour protester contre la promulgation par le Parlement de plusieurs lois menaçant les libertés publiques. En Afghanistan, les manifestant·e·s se sont mis en danger pour exiger la fin du conflit qui sévit de longue date dans le pays. Au Pakistan, le Mouvement pour la protection des Pachtounes (PTM), mouvement non violent, a défié la répression étatique pour se mobiliser contre les disparitions forcées et les exécutions extrajudiciaires.

La dissidence se heurte à la répression

Les contestations et la dissidence pacifiques ont fréquemment fait l’objet de représailles de la part des autorités.

Les manifestant·e·s ont été confrontés aux arrestations et à l’incarcération au Viêt-Nam, au Laos, au Cambodge et en Thaïlande, les gouvernements répressifs en Asie du Sud-Est ayant pris diverses mesures pour réduire au silence leurs opposants et museler les médias.

En Indonésie, plusieurs personnes ont trouvé la mort lorsque la police a réprimé des manifestations en faisant usage d’une force excessive. Pourtant, les autorités n’ont pas fait grand-chose pour amener les responsables présumés à rendre des comptes. Aucun policier n’a été arrêté ni aucun suspect identifié.

Au Pakistan et au Bangladesh, des militant·e·s et des journalistes ont été pris pour cibles par des lois draconiennes qui restreignent la liberté d’expression et sanctionnent la dissidence en ligne.

(Cliquez ici pour une version espagnole de cet article, ou ici pour une version anglaise.)

Question(s) related to this article:

What is the state of human rights in the world today?

Et à Hong Kong, pour écraser les manifestations pacifiques, la police a employé des méthodes dangereuses sans discrimination, notamment la torture en détention. Les demandes d’ouverture d’une enquête digne de ce nom sur la conduite des forces de l’ordre n’ont toujours pas été entendues.

« Les manœuvres des autorités visant à écraser toute forme de critique et à bâillonner la liberté d’expression s’avèrent tout aussi impitoyables qu’imprévisibles, et les personnes osant s’exprimer contre ces gouvernements répressifs en paient souvent le prix fort, a déclaré Biraj Patnaik, directeur pour l’Asie du Sud à Amnesty International.

« Les autorités répondent aux habitant·e·s de la région Asie-Pacifique que leurs aspirations à des sociétés plus équitables sont fantaisistes, qu’il est impossible de remédier aux inégalités économiques, que le réchauffement climatique est inexorable et les catastrophes naturelles inévitables. Surtout, la population s’entend dire que remettre en cause ce discours ne sera pas toléré », a déclaré Biraj Patnaik.

Les minorités sentent le poids d’un nationalisme intolérant

En Inde et en Chine, le simple risque d’insubordination dans des régions théoriquement autonomes a suffi à déclencher la répression d’État, les minorités étant commodément taxées de menaces pour la « sécurité nationale ».

Dans la province chinoise du Xinjiang, jusqu’à un million de Ouïghours et d’autres membres de minorités ethniques à majorité musulmane ont été enfermés de force dans des camps de « déradicalisation ».

Le Cachemire, seul État indien à majorité musulmane, a vu son statut particulier d’autonomie révoqué, lorsque les autorités ont imposé le couvre-feu, coupé l’accès à toutes les communications et arrêté les leaders politiques.

Au Sri Lanka, où des violences contre la population musulmane ont éclaté au lendemain des attentats du dimanche de Pâques, l’élection du président Gotabaya Rajapaksa a affaibli les espoirs d’avancées en termes de droits humains. Un autre homme fort autoproclamé, le président philippin Rodrigo Duterte, a poursuivi sa « guerre contre la drogue » meurtrière.

Les gouvernements ont tenté de justifier la répression en diabolisant leurs détracteurs et en les faisant passer pour des pions des « puissances étrangères », et ils ont renforcé cette répression au moyen de campagnes sophistiquées sur les réseaux sociaux. Ni l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE) ni l’Association sud-asiatique pour la coopération régionale (ASACR), les deux principaux organismes de la région, n’ont tenté d’amener leurs membres à rendre des comptes, même en cas de violations flagrantes des droits humains.

Il échoit à la Cour pénale internationale d’enquêter sur les crimes contre l’humanité commis contre les Rohingyas par l’armée du Myanmar dans l’État d’Arakan en 2017. La Cour examine également les milliers d’homicides commis par des policiers aux Philippines, ainsi qu’un appel de sa décision de refuser l’ouverture d’une enquête sur des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité en Afghanistan.

Par ailleurs, dans le Pacifique, du fait de la politique de détention à l’étranger menée par l’Australie, des personnes réfugiées ou demandeuses d’asile croupissent dans des conditions physiques et psychologiques se dégradant, sur l’île de Manus, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, et à Nauru.

Des avancées contre toute attente

Les personnes qui dénoncent ces atrocités sont régulièrement sanctionnées, mais leur mobilisation fait la différence. Dans de nombreux cas, les initiatives visant à faire progresser les droits humains en Asie se sont avérées payantes.

À Taïwan, le mariage entre personnes de même sexe est devenu légal, grâce au travail de campagne soutenu mené par les militant·e·s. Au Sri Lanka, des avocat·e·s et des militant·e·s ont mené avec succès une campagne contre la reprise des exécutions.

Le Brunéi Darussalam a été contraint de faire marche arrière quant à l’application de lois rendant l’adultère et les relations homosexuelles passibles de lapidation, tandis que l’ancien Premier ministre de Malaisie, Najib Razak, a été traduit en justice pour corruption – une première.

Le gouvernement pakistanais a promis de lutter contre le dérèglement climatique et la pollution de l’air et, pour la première fois, deux femmes ont été nommées juges pour siéger à la Cour suprême des Maldives.

À Hong Kong, la force de la contestation a contraint le gouvernement à retirer le projet de loi sur l’extradition. Pourtant, l’obligation de rendre des comptes étant bafouée pour les violences infligées aux manifestant·e·s depuis des mois, la lutte continue.

« En 2019, en Asie, les personnes qui manifestaient ont été blessées, mais pas brisées. Elles ont été muselées, mais pas réduites au silence. Et ensemble, elles ont adressé un message de résistance aux gouvernements qui continuent de bafouer les droits humains dans le but de consolider leur mainmise sur le pouvoir », a déclaré Nicholas Bequelin.