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Dr David Adams is the coordinator of the Culture of Peace News Network. He retired in 2001 from UNESCO where he was the Director of the Unit for the International Year for the Culture of Peace, proclaimed for the Year 2000 by the United Nations General Assembly.

Rwanda : l’arme de paix de la masculinité positive

. EGALITE HOMMES/FEMMES .

Un article par Isabelle Grégoire pour L’actualité

Après le génocide de 1994, le Rwanda était composé à 70 % de femmes devenues cheffes de famille. Une situation démographique inédite qui a mené ce pays naguère patriarcal sur la piste de l’égalité entre les sexes. Aujourd’hui, l’État promeut même la masculinité positive.


Grâce aux ateliers BAHO, Théoneste Nyakabaji est passé de père absent pour ses premiers enfants à père engagé auprès de ses deux petites jumelles. On le voit ici avec sa femme, Claudine Umugwaneza (à gauche), et quatre de leurs enfants. (Photo : Isabelle Grégoire pour L’actualité)

C’est quoi, la potion que tu donnes à ton homme ? Je veux la même pour le mien ! » Cette question, Claudine Uwiragiye, 27 ans, agricultrice du district de Musanze, dans les contreforts du parc national des Volcans, dans le nord du Rwanda, se l’est fait poser cent fois. Les voisines et amies de cette femme gracile dans son pagne rouge et jaune étaient convaincues qu’elle avait ensorcelé son mari, tant celui-ci avait changé. Auparavant dominateur, violent et plus assidu au « cabaret » (bar local) qu’à son foyer, Jean-Dedieu Manihiro, 30 ans et lui aussi agriculteur, est devenu en quelques mois un conjoint et un père attentionné. Aussi actif dans l’éducation de leurs deux enfants que dans les tâches ménagères.

« Je peux tout faire, sauf allaiter ! » rigole-t-il en tendant les bras à sa cadette qui nous rejoint dans leur modeste maison en pisé, sise sur l’une des « mille collines » qui ont valu son surnom au Rwanda. En larmes, la bambine de deux ans vient de trébucher dans la cour entourée de plantations de courges, haricots et bananiers. Un câlin, quelques mots doux en kinyarwanda (langue principale du pays) et la petite a déjà oublié son bobo. « Ce n’est plus le même homme », dit Claudine, assise à ses côtés sur l’un des bancs de bois qui meublent la pièce au sol de terre battue et aux murs ornés des photos délavées de leur mariage, en 2017.

« Au début, quand les gars du village me voyaient éplucher des patates ou bercer mon bébé, ils riaient de moi », raconte Jean-Dedieu, polo rayé et pantalon noir dans des bottes de caoutchouc vertes. « Pour eux, je n’étais plus un homme. » Mais peu à peu, ils se sont rendu compte que ce changement avait du bon. Non seulement la famille ne vivait plus dans les coups et les cris, mais elle avait réussi à améliorer ses revenus. « Je ne dépense plus tout l’argent de la récolte en alcool et on gère notre budget à deux. »

Aussi spectaculaire soit-elle, la métamorphose de Jean-Dedieu ne doit rien à la magie. Plutôt que de lui faire boire un élixir, Claudine l’a persuadé de s’inscrire avec elle au programme Bandebereho (« modèle », en kinyarwanda), un « parcours de transformation » de 17 séances hebdomadaires de trois heures chacune, offert aux jeunes parents par le Centre de ressources pour les hommes du Rwanda (RWAMREC). « Sinon, j’aurais fini par le dénoncer à la police. »

Cette ONG, dont le siège se trouve à Kigali, travaille à l’éradication des violences faites aux femmes en faisant la promotion d’une « masculinité positive ». Pour convaincre les plus récalcitrants, ses animateurs masculins — issus des communautés visées — visitent à plusieurs reprises les foyers en conflit, dont la liste leur est fournie par les autorités locales. Les « modèles » comme Jean-Dedieu sont invités à les soutenir en devenant des « agents de changement » dans leur village.

Selon le rapport 2020 de l’Institut national de la statistique, 46 % des Rwandaises mariées ont subi des violences conjugales et 60 % estiment que c’est acceptable. La culture du silence demeure de mise en la matière, même si le nombre de cas signalés et examinés a plus que doublé en cinq ans, pour dépasser les 14 500 dossiers en 2021-2022.

« Impossible de modifier les normes sociales et d’atteindre l’égalité des genres si les hommes ne sont pas impliqués », dit Fidèle Rutayisire, 48 ans, directeur général du RWAMREC, qu’il a fondé en 2006. Cet avocat de formation, féministe convaincu, a lui-même grandi dans un foyer violent. « C’est plus facile pour les hommes d’être changés par leurs pairs que par des femmes », affirme-t-il. Objectif : en finir avec les mythes liés à la virilité — par exemple que seules les femmes peuvent s’occuper des enfants, ou qu’il est acceptable de battre son épouse si elle brûle le repas. Mais aussi permettre aux femmes de s’émanciper avec un emploi rémunéré.

Quelque 50 000 hommes sont touchés chaque année par le Centre de ressources par l’entremise de ses différents programmes (dont Bandebereho), déployés un peu partout dans ce pays de 14 millions d’habitants. « Une goutte d’eau par rapport aux besoins, mais un travail essentiel : trop de foyers sont encore minés par la violence », observe Fidèle Rutayisire, visage rond et regard doux derrière des lunettes. Une violence notamment héritée du génocide qui a déchiré le Rwanda en 1994. En 100 jours, un million de Tutsis ont été exterminés, le plus souvent à la machette, par la majorité hutue. De 250 000 à 500 000 femmes ont été violées, dont un grand nombre se sont retrouvées enceintes (de 10 000 à 25 000 « enfants de la haine » seraient nés de ces viols). Même si 65 % de la population a aujourd’hui moins de 30 ans et n’a pas vécu ces horreurs, les traumatismes demeurent, tant chez les enfants des génocidaires que chez ceux des rescapés.

À la fin du génocide, le Rwanda était composé à 70 % de femmes devenues cheffes de famille (veuves, épouses de génocidaires en prison ou en exil, orphelines). Celles-ci ont donc joué un rôle majeur dans la réconciliation et la reconstruction du pays. La Constitution interdisant toute forme de discrimination, il n’y a plus de privilèges liés aux ethnies (Tutsis, Hutus, Twas), aux religions (chrétiens, musulmans) ou aux régions… tout le monde est rwandais. En 30 ans, d’immenses progrès ont été accomplis (éducation, santé, sécurité, propreté…). Et ce petit pays verdoyant de la région des Grands Lacs, enclavé entre la République démocratique du Congo (RDC), la Tanzanie, l’Ouganda et le Burundi, est le seul au monde à avoir une majorité de femmes au Parlement (61 % des députés).

« Dans notre société postconflit, la seule option était de rassembler les citoyens sur un pied d’égalité », dit Liberata Gahongayire, présidente de Pro-Femmes / Twese Hamwe (« tous ensemble », en kinyarwanda), un collectif impliqué dans le processus dès 1994 (mobilisation des femmes, révision des lois). Mais il a fallu mettre les bouchées doubles. « En plus des divisions ethniques qui avaient déchiré les familles et la société, la tradition patriarcale reléguait les femmes au second plan », poursuit cette historienne, chercheuse au Centre de gestion des conflits de l’Université du Rwanda et à l’Université libre de Bruxelles. « Beaucoup étaient illettrées et n’avaient jamais travaillé ailleurs que dans les champs. » Au fil des ans, des lois garantissant leurs droits ont été adoptées — accès à l’éducation, congé de maternité, avortement (limité aux cas critiques), criminalisation de la violence conjugale, droit à la contraception (à partir de 18 ans), à l’héritage…

Aux côtés de la pionnière RWAMREC, de nombreuses organisations misent sur la masculinité positive. Comme le collectif Pro-Femmes, qui l’inclut dans ses « parcours de transformation visant l’égalité hommes-femmes » destinés aux femmes et aux couples. « La masculinité positive a une double finalité : réduire les violences basées sur le genre et améliorer la situation socioéconomique des familles, et donc de la nation », dit Liberata Gahongayire.

Autre actrice majeure : l’ONG d’origine britannique Aegis Trust, conceptrice et gestionnaire (au nom du gouvernement rwandais) du Mémorial du génocide, perché sur une colline de la capitale, où reposent les restes de 250 000 victimes du génocide contre les Tutsis. Aegis Trust offre des programmes d’éducation à la paix visant un public varié (décideurs politiques, enseignants, jeunes…) qu’elle sensibilise notamment à la masculinité positive.

« Encore loin d’être acquise, l’égalité des genres est un obstacle à notre travail en faveur d’une paix durable dans notre pays », dit la responsable de la planification, du suivi et de l’évaluation, Diane Gasana, rencontrée au Mémorial, où l’ONG a ses bureaux. « Nos formations ouvrent le dialogue en milieu scolaire, au travail et dans la sphère religieuse, et montrent l’apport indispensable des hommes dans la promotion de l’égalité des genres. »

L’État rwandais favorise et accompagne le mouvement. L’implication des hommes dans cette promotion de l’égalité est d’ailleurs l’une des priorités de la nouvelle politique du genre, lancée en 2021 par le ministère du Genre et de la Promotion de la famille. Le ministère de la Santé s’est quant à lui engagé dans le déploiement à plus grande échelle du programme Bandebereho, soutenu notamment par le Centre de recherches pour le développement international (CRDI), à Ottawa.

Le concept de la masculinité positive se propage aussi ailleurs en Afrique. Après la RDC et le Sénégal, l’Afrique du Sud a accueilli en 2023 la troisième Conférence des hommes de l’Union africaine (UA) sur la masculinité positive pour éliminer la violence à l’égard des femmes et des filles. L’UA encourage les sociétés civiles, les chefs religieux et les acteurs économiques à collaborer. Un travail de longue haleine, car partout les résistances sont grandes : les hommes redoutent d’être ridiculisés et de perdre leur pouvoir.

Considéré comme un modèle de développement africain, le Rwanda est dirigé depuis 2000 par le président Paul Kagame, 66 ans, réélu le 15 juillet pour un quatrième mandat. Ancien commandant dans le Front patriotique rwandais, qui a stoppé le génocide en 1994, il est salué pour avoir réconcilié et modernisé le pays. L’agriculture (café, thé, sorgho…) représente toujours 25 % du PIB et 56 % des emplois. Le « pays des mille collines » affiche cependant une croissance économique annuelle de l’ordre de 7 % à 8 %, notamment grâce au tourisme d’affaires et haut de gamme. Aussi propre que sécuritaire, la capitale, Kigali, 1,7 million d’habitants, s’est dotée de grands hôtels et d’un palais des congrès iconique, inspiré d’un ancien palais royal. Les auberges de luxe se sont multipliées aux abords des parcs nationaux comme celui des Volcans — où le permis pour une brève visite aux gorilles des montagnes est facturé 1 500 dollars américains.

Peu de gens critiquent ouvertement Paul Kagame au Rwanda, mais ses détracteurs lui reprochent son autoritarisme — surveillance généralisée, liberté de la presse inexistante, musellement d’opposants… Il vient d’ailleurs d’être reporté au pouvoir avec 99,15 % des voix. Les Rwandais sont aussi soumis à de strictes règles de vie visant à renforcer l’unité nationale. Par exemple, tous les élèves du secteur public, garçons et filles, doivent avoir la tête rasée pour des raisons d’hygiène et d’égalité. Et tous les derniers samedis du mois, les citoyens sont tenus de participer à l’umuganda (travaux communautaires), sous peine d’amende.

N’empêche que les inégalités subsistent. Deuxième pays d’Afrique pour la densité de la population (après l’île Maurice), le Rwanda se situe au 161e rang (sur 193) au classement de l’indice de développement humain de l’ONU, qui mesure la santé, l’éducation et le niveau de vie pour déterminer le degré de « développement ». Et en dépit de la majorité de femmes au Parlement, le patriarcat demeure vivace. Les garçons grandissent toujours dans l’idée qu’ils sont supérieurs aux filles et les violences sexistes perdurent.

« La femme est le cœur du foyer, l’homme est le maître de la famille », selon un dicton rwandais. Les rôles de chacun sont toujours bien ancrés, surtout en milieu rural, où vit 83 % de la population. Soumises et effacées, les abagore (femmes) travaillent aux champs avec leur bébé attaché sur le dos, marchent des kilomètres pour puiser de l’eau et accomplissent l’essentiel des tâches non rémunérées. Les abagabo (hommes) sont les pourvoyeurs, ils prennent toutes les décisions pour la famille, estiment que la sexualité leur est due et jouissent de leur temps libre à leur guise.

Ces différences sautent aux yeux durant les ateliers du programme Bandebereho. Le jour de ma visite, une trentaine d’hommes et de femmes sont assis en cercle dans une salle du centre de santé de Gitare, dans la province du Nord. La plupart sont venus à pied par une piste de latérite rouge avec, en arrière-plan, les sommets bleutés des volcans marquant la frontière avec l’Ouganda. Après les danses, chants et slogans motivateurs qui précèdent chaque séance, cinq hommes volontaires se retirent pendant que l’animatrice installe le matériel d’un jeu de rôle sur les tâches domestiques : poupée en tissu, bassine de lessive, balai, chaudron et bidon d’eau.

De retour dans la salle, chacun doit mimer une tâche — bercer le bébé, balayer la cour, préparer le souper… — avant de quitter la scène en abandonnant sa responsabilité aux hommes qui restent. Au final, un seul se retrouve à tout faire, ne sachant plus où donner de la tête. « Et il n’a même pas de vaisselle à laver ! » s’écrie une participante, soulevant l’hilarité générale. « C’était super-stressant ! reconnaît le volontaire, visiblement déboussolé. Je me suis rendu compte d’un coup de tout ce que mon épouse fait à la maison : elle ne se repose jamais ! »

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En plus des jeux de rôle et des devoirs à la maison, les participants aux séances Bandebereho doivent contribuer à des discussions de groupe. Et réfléchir à leur comportement, souvent identique à celui de leur père. « Les hommes apprennent à parler de leur intimité et à se livrer sur leurs émotions, ce qu’ils n’ont pas l’habitude de faire », dit Emmanuel Karamage, un solide quinquagénaire, coordonnateur de l’initiative pour le district de Musanze. « Ensuite, ils communiquent mieux avec leur conjointe à la maison. »

Lors d’une séance à laquelle je participais, ce responsable local a lancé un débat sur le consentement sexuel. « Avant RWAMREC, ça n’existait pas, le consentement : mon mari rentrait soûl du cabaret et se jetait sur moi sans même me dire bonsoir, raconte une trentenaire, mère de quatre enfants. Si je ne me laissais pas faire, il me frappait. » Murmures gênés des hommes dans l’assistance : eux aussi agissaient ainsi, mais jurent avoir changé. « On a même introduit des préliminaires ! » lance l’un d’eux, sourire fendu jusqu’aux oreilles.

Les exercices pratiques s’avèrent aussi révolutionnaires. Comme le portage dorsal d’un poupon, une technique ancestrale transmise de mère en fille. « Nos pères ne faisaient jamais ça et personne ne nous a appris comment s’y prendre », dit Jean-Baptiste Singiranumwe, un éleveur de 31 ans. Papa de deux enfants, il a terminé son parcours de transformation en 2022. Il m’accueille au domicile familial de Kamugeni, dans le Nord — une maison ocre, flanquée d’un poulailler et tapissée d’inscriptions pieuses. Jean-Baptiste ne se fait pas prier pour me montrer comment il installe sa petite dernière, ravie, sur son dos à l’aide d’un pagne, sous le regard attendri de son épouse, Claudine Nyiramunezero. Le geste sûr, maintes fois répété avec la poupée utilisée pendant les cours, il rayonne de fierté. « Je me sens super-connecté à mon enfant. »

Ex-alcoolique brutal, Jean-Baptiste a pourtant fait vivre un enfer à sa femme, qui me confiera plus tard avoir songé à le quitter et même à le tuer. Il a fini par écoper de deux ans de prison, après de violentes bagarres dans le village. À sa sortie, l’animateur local du RWAMREC, un voisin qui le connaissait bien, est venu lui parler de Bandebereho. Comme dans le cas de Jean-Dedieu et des dizaines d’hommes initiés à la masculinité positive que j’ai rencontrés durant ce reportage, sa transformation a été radicale. C’est en tout cas ce qu’ils affirment, avec l’approbation de leurs conjointes, y compris lorsque je m’adresse à elles seule à seule.

Vu de l’extérieur, cela peut sembler inconcevable. Comment des hommes aussi machistes peuvent-ils changer du tout au tout en si peu de temps ? Selon Fidèle Rutayisire, fondateur du RWAMREC, divers facteurs entrent en jeu, dont le style de formation (participatif), la proximité des intervenants et le soutien inconditionnel des leaders locaux.

Une élue municipale et un policier étaient d’ailleurs présents à un atelier BAHO (Building and Strengthening Healthy Households — créer et renforcer des ménages sains), autre programme du RWAMREC, auquel j’ai assisté à Gatsibo, dans la province de l’Est. Tous deux ont pris la parole pour encourager les participants. « RWAMREC nous aide à stabiliser la sécurité de la région, a déclaré le policier, droit dans ses bottes noires. La paix dans les foyers est le premier pilier du développement de notre pays. »

Tout cela n’empêche pas les rechutes. « Ce n’est pas toujours facile d’arrêter la violence : certains participants disent avoir changé, mais intérieurement, ce n’est pas vrai », constate Jean Baptiste Nsengimana, coordonnateur de terrain de RWAMREC dans le Nord. « Quand ils revoient leurs amis, ceux-ci peuvent les inciter à reprendre leurs anciennes habitudes. » La communication non verbale de certains participants durant les séances — bras croisés et mine renfrognée — laisse en effet entendre qu’ils manquent de conviction et sont venus un peu à reculons. « Mais ils sont minoritaires », assure le responsable local.

Pour mieux comprendre l’effet réel des programmes de masculinité positive en Afrique, une vaste étude a été réalisée par le Centre international de recherche sur les femmes (ICRW, pour International Center for Research on Women), établi à Washington, avec l’appui financier du CRDI, à Ottawa. Publiée en 2023, cette étude (« Promouvoir une masculinité positive pour la santé qui favorise la santé sexuelle et reproductive, les droits sexuels et l’égalité des sexes ») couvrait trois pays (RDC, Rwanda et Nigeria) et comparait les attitudes et perceptions des hommes ayant participé ou non à ces programmes (1 500 interviewés).

Première constatation : être sensibilisé à la masculinité positive n’entraîne pas forcément un changement de comportement positif. « Beaucoup d’ONG offrant ces programmes manquent de personnel suffisamment compétent en la matière et de moyens financiers pour assurer l’évaluation et le suivi nécessaires », observe Chimaraoke Izugbara, directeur de la santé globale, de la jeunesse et du développement à l’ICRW. Les programmes examinés étaient de qualité inégale, tant par la durée (d’une simple présentation d’une heure à une formation plus élaborée) que par le contenu. « Ils se concentrent sur l’harmonie dans les couples, mais n’incitent pas toujours les hommes à une autoréflexion critique sur les normes de genre », poursuit le chercheur d’origine nigériane, joint à son bureau à Washington. « De plus, ils sont souvent mis en place sans tenir compte du contexte socioéconomique et culturel du pays. »

Collaboratrice à cette étude au Rwanda, la chercheuse Ilaria Buscaglia a notamment interrogé des participants au programme Bandebereho, qui fait plutôt bonne figure. « Les hommes qui suivent ce parcours évoluent grandement, ils ne justifient aucune forme de violence sexiste, boivent moins et participent davantage aux tâches domestiques », observe cette anthropologue italienne, installée depuis 2013 au Rwanda, où elle a travaillé pour diverses ONG, dont le Centre de ressources pour les hommes. « Mais il faut faire plus pour changer les normes de genre : pour l’instant, les hommes “aident” leurs femmes et se réjouissent de l’amélioration des revenus du ménage, mais ils s’estiment toujours les chefs de famille. »

L’étude du Centre international de recherche sur les femmes de Washington souligne aussi que certains thèmes associés à la masculinité positive ont du mal à percer, y compris chez les répondants ayant suivi ces programmes. Par exemple, la majorité d’entre eux n’ont jamais fait de test de dépistage du VIH/sida. Même rejet concernant la diversité sexuelle. « L’homophobie est toujours très présente et aucun de ces programmes n’en parle », constate Ilaria Buscaglia. Le sujet est tabou (entre autres pour des raisons religieuses) dans les trois pays étudiés, dont le Rwanda, même si l’homosexualité n’est pas pénalisée sur le sol rwandais — contrairement à ce qu’on voit dans de nombreux pays africains. « Le simple fait d’évoquer les droits LGBTQ+ peut faire échouer tous nos efforts sur l’égalité des genres. »

Beaucoup de travail reste donc à faire pour changer les mentalités. Le déploiement à grande échelle du programme Bandebereho, amorcé en 2023, pourrait y contribuer. Jusqu’ici étendu à 30 000 couples, il vise cette fois à atteindre 84 000 familles de la province du Nord d’ici 2027. Réalisée par le ministère de la Santé et le Centre biomédical du Rwanda en partenariat avec le RWAMREC, cette initiative est notamment cofinancée par Affaires mondiales Canada et le CRDI (1,2 million de dollars), et a aussi reçu le soutien de Grands Défis Canada (1 million) et du Fonds mondial pour l’innovation (2,5 millions).

Pour mieux toucher les familles, le ministère de la Santé s’appuie sur le réseau des agents de santé communautaire (ASC), des bénévoles qui pallient la pénurie de personnel médical partout au Rwanda. Quelque 1 600 ASC (sur les 60 000 que compte le pays), formés par le RWAMREC, recrutent les couples et offrent les 17 séances Bandebereho dans leur communauté. Le programme bénéficiera d’un suivi tout au long du processus. À long terme, l’initiative, intégrée au système de santé, pourrait s’étendre aux 30 districts du pays.

Souvent inspirés de l’expérience rwandaise, les programmes de masculinité positive se multiplient en Afrique subsaharienne. Surtout dans les zones urbaines pauvres, où les besoins sont criants. Comme le souligne l’étude de l’ICRW, un nombre croissant d’Africains sont contraints de s’entasser dans des bidonvilles où la violence basée sur le genre, les grossesses non désirées et les pratiques sexuelles à risque explosent. En outre, les années de conflit armé, d’insécurité et de violence — comme au Nigeria et en RDC — ont accru la masculinité toxique et le manque de services en matière de santé et de droits sexuels et reproductifs.

Le sociologue ivoirien Ghislain Coulibaly, 45 ans, père de trois enfants, compte parmi les plus ardents défenseurs de la masculinité positive sur le continent. Ex-conseiller technique au ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant de la Côte d’Ivoire, et excellent communicateur, il est l’auteur d’une conférence TEDx sur le sujet, diffusée sur YouTube. Ce qui lui a valu moqueries et menaces sur les réseaux sociaux. « Pourquoi tu veux renverser l’ordre social ? »

« Une minorité d’hommes ivoiriens prennent réellement conscience de l’enjeu », affirme le sociologue depuis son domicile d’Abidjan, en Côte d’Ivoire. « Beaucoup croient que je déconstruis leur pouvoir pour le donner aux femmes et que la masculinité positive pervertit les valeurs de la société ivoirienne. » Il est aussi dans le collimateur de certaines femmes, qui estiment qu’il prend trop de place et devrait les laisser mener leur combat.

Rien pour le décourager. « Ces critiques font partie de l’évolution de la société. » En 2019, Ghislain Coulibaly a créé le Réseau des hommes engagés pour l’égalité de genre (RHEEG) en Côte d’Ivoire. Un réseau qui a déjà fait des petits : en RDC en 2022 et au Cameroun cette année. Les RHEEG proposent entre autres des activités de sensibilisation auprès des policiers et des militaires (RDC) et dans les écoles primaires (Côte d’Ivoire). « La masculinité positive, c’est un style de vie, une façon de penser et d’agir qu’il faut transmettre dès la petite enfance, dit Ghislain Coulibaly. Voir papa participer aux tâches ménagères doit devenir une norme. »

À ses yeux, il y a de l’espoir. « Avec l’avènement du numérique et des réseaux sociaux, les jeunes sont beaucoup plus ouverts à d’autres cultures et d’autres manières de faire, dit-il. Les jeunes filles sont aussi de plus en plus scolarisées. » Ce qui devrait rééquilibrer la dynamique des rapports de pouvoir hommes-femmes. « L’éducation est le moteur de cette transformation. »

C’est également le pari de l’ONG féministe rwandaise Paper Crown, qui travaille avec les 14-19 ans. Son programme phare, My Voice, My Power (ma voix, ma puissance, quatre heures d’atelier hebdomadaire, durant 18 semaines), vise à changer les mentalités des jeunes sur les normes de genre. Et à faire de ces derniers des leaders capables d’influencer leurs pairs comme leurs parents.

En ce samedi matin d’avril, une cinquantaine d’ados inscrits s’installent au centre des jeunes de Kayonza, dans la province de l’Est, à deux heures de route de Kigali, où se déroule la formation. Difficile de distinguer les gars des filles : tous portent cheveux ras, amples t-shirts et bermudas de sport. Après une collation composée de beignets offerte par l’ONG, les filles restent dans la salle balayée par la brise tandis que les garçons se dirigent vers un chapiteau planté à quelques mètres, sur un terrain gazonné.

« Avant de mélanger les groupes, on commence par faire comprendre aux filles que des barrières sociales limitent leur développement, mais qu’elles ont des droits », explique Clementine Nyirarukundo, longues tresses, jean et baskets, responsable des programmes et partenariats de l’ONG, qui donne l’atelier aux adolescentes. « Elles peuvent ainsi gagner confiance en elles. » La plupart de celles présentes sont encore intimidées et ont tendance à parler tout bas, le regard baissé. La visite d’une journaliste canadienne n’arrange rien. Mais Clementine les met vite à l’aise. La leçon d’aujourd’hui porte sur une nouvelle méthode de résistance aux agressions (définition des limites, désescalade, tactiques d’autodéfense physique…). Peu à peu, les filles s’enhardissent et font part de leurs expériences en la matière. Clementine insiste sur l’importance de s’affirmer, de lever le menton et de regarder dans les yeux en parlant.

Sous la tente, les gars travaillent aussi sur eux-mêmes. Ils dessinent leur autoportrait et inscrivent sur chaque partie du corps ce qui les a affectés quand ils étaient enfants, leurs peurs, leurs aspirations, leurs bonnes et mauvaises habitudes liées au genre (entrer dans la chambre d’une fille sans sa permission, lui faire une mauvaise réputation, se battre…). « Soyez honnêtes, n’enjolivez rien ! » lance Théophile Zigirumugabe, leur formateur. Jovial et éloquent, il captive leur attention en utilisant leur langage, grossièretés incluses. Les exercices pratiques — destinés aux garçons et aux filles — comprennent aussi l’enfilage de condom sur une banane. Plus tôt ce matin, les protections menstruelles étaient à l’honneur. Sans gêne aucune, un mince ado de 15 ans a présenté une serviette hygiénique à son groupe, l’a dépliée et posée avec soin sur une culotte apportée par les formateurs. « Ça élimine la honte associée aux règles, dit Clementine. Nous voulons montrer que c’est normal et que ça fait partie de la vie. »

De grands cris s’élèvent du côté de l’atelier des filles, à l’autre bout du terrain. « No ! No ! No ! » Les garçons lèvent à peine le nez de leur dessin. Ils savent ce qui se passe. Divisées en deux rangées se faisant face, les filles s’exercent à dire « non ! » à un agresseur en brandissant une main devant elles. « L’objectif est d’utiliser la voix plutôt que la force, dit Clementine Nyirarukundo. Chacune doit comprendre que c’est une arme. » Une arme bien plus puissante que n’importe quelle potion magique.

Isabelle Grégoire s’est rendue au Rwanda à l’invitation du Centre de recherches pour le développement international.

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Construire une culture de paix : Le Festival du Cinéma des Droits de l’Homme de Naples 2024

EDUCATION POUR LA PAIX .

Un article en Il Mattino

Construire la paix, dans un contexte mondial marqué par des tensions telles que celle entre la Russie et l’Ukraine et surtout par le conflit israélo-palestinien : une urgence qui nécessite l’engagement et la sensibilité de tous, mais aussi le professionnalisme de nombreux.

Du 11 au 22 novembre 2024, Naples accueillera la XVIe édition du Festival du Cinéma des Droits de l’Homme de Naples « Construisons une culture de paix », dédiée à une paix à construire précisément dans les jours où le risque d’escalade est plus ressenti. Événement désormais consolidé dans le panorama national et international, le Festival, à travers le cinéma, entend sensibiliser et informer le public sur les grandes questions sociales et l’état des Droits de l’Homme et se propose, précisément en ce moment historique, comme un moment important de réflexion pour l’affirmation des droits dans chaque partie du monde, en partant du Sud, à travers la force des images cinématographiques et le témoignage des protagonistes.


Cette année, l’objectif de la manifestation, réalisée avec la contribution de la Région Campanie et de la Film Commission Région Campanie et avec le soutien de la Municipalité de Naples, est double : dédiée à la mémoire du pacifiste, antifasciste et non-violent Danilo Dolci, né il y a exactement 100 ans à Sesana en Frioul (aujourd’hui Slovénie), la XVIe édition vise à orienter les jeunes vers les Professions de la Paix, une compétence trop souvent ignorée par les écoles et les universités des pays européens et le fera en soulignant, à travers une série d’événements spécifiques, le rôle des experts de la Paix dans le contexte international et en annonçant la création, en collaboration avec l’Université Orientale et l’UPeace ONU du Costa Rica, d’une Summer School dédiée à la mémoire de Mario Paciolla, le coopérant napolitain décédé en Colombie alors qu’il était au service de la Mission locale de l’ONU.

Une soirée d’ouverture dédiée au dialogue international

La cérémonie inaugurale, qui se tiendra le 11 novembre à partir de 18h00 à l’Espace Communal Piazza Forcella, verra la participation d’invités internationaux de grand renom, parmi lesquels Ashok Swain, Directeur du département d’études sur les conflits de l’Université d’Uppsala (Suède), Julie Khrebtan Hoerhager de l’Université du Colorado et Enrico Calamai, ancien vice-consul italien en Argentine, connu pour son engagement en faveur des Droits de l’Homme. Ce sera une occasion de présenter le programme du Festival et de lancer une série de rencontres et de projections qui exploreront des thématiques telles que la Paix, les migrations, les Droits de l’Homme et les résistances à leurs violations.

Un programme de projections, débats internationaux et moments de réflexion

Le Festival présentera une large sélection de films, en compétition pour les prix, choisis parmi des œuvres provenant de 50 pays, avec des histoires allant des conflits armés aux défis liés aux migrations, jusqu’aux luttes pour la liberté d’expression. Les projections des films en compétition se tiendront au palais Corigliano (place San Domenico Maggiore) dans les espaces de l’Université Orientale de Naples qui est parmi les principaux partenaires du Festival. Les projections auront lieu tous les soirs à partir de 19h00 avec la participation de réalisateurs et auteurs internationaux.

(Voir suite sur colonne de droite.)

(cliquez ici pour une version anglaise ou ici pour une version espagnole.

Question pour cet article:

Film festivals that promote a culture of peace, Do you know of others?

(. . suite)

En plus des projections, le Festival du Cinéma des Droits de l’Homme de Naples offrira une série d’événements, avec des rencontres et débats ouverts à des experts et témoins, introduits par des films hors compétition. Le 14 novembre se tiendra, dans la Salle de Conférences de l’Université Orientale, un séminaire intitulé « Parcours de formation pour les Opérateurs de Paix », avec la participation de Roberto Savio (UPeace, Costa Rica), Ashok Swain (Université d’Uppsala), Renato Briganti (Univ. Federico II de Naples) et Laurent Goetschel (Université de Bâle), introduit par le Recteur Roberto Tottoli et les professeurs de l’Université Orientale. En ouverture de la deuxième semaine, l’invitée du Festival sera Daniela Dolci, fille de Danilo et membre du jury du Festival, interviewée par Anna Polo, journaliste de Pressenza et témoin de l’expérience de Trappeto (Palerme). Un autre moment fort sera la rencontre du 19 novembre avec l’organisation Combatants for Peace, formée d’anciens combattants israéliens et palestiniens, représentée par Ezster Koranyi et Rana Slman, qui partageront leurs expériences de paix et de réconciliation, lançant un appel depuis Naples.

Un Festival d’engagement civil à travers le cinéma

Le Festival du Cinéma des Droits de l’Homme de Naples confirme son engagement comme espace de dialogue et de dénonciation, offrant visibilité à des histoires de résistance, de lutte et d’espoir. En particulier, des récompenses telles que le Prix pour la Paix, remis par le Ministre Michele Coduri de l’Ambassade de Suisse en Italie lors de la soirée du 14 novembre au Palais Corigliano, et les prix dédiés aux meilleures œuvres cinématographiques présentées en compétition seront attribués.

Lors de la soirée de clôture du 22 novembre, présentée par Mario Leombruno, coordinateur du concours cinématographique du Festival, les lauréats des différentes catégories et les mentions spéciales seront proclamés ; il sera également annoncé la création de la Summer School « Mario Paciolla » qui débutera au printemps prochain 2025, un engagement qui verra unir le Festival du Cinéma des Droits de l’Homme de Naples, l’Université Orientale et l’Université de la Paix des Nations Unies (Costa Rica) pour présenter les parcours de formation et les horizons professionnels des Opérateurs de Paix aux jeunes universitaires campaniens. La Summer School pourra compter sur la collaboration de certaines importantes universités italiennes et étrangères, déjà présentes au Festival 2024, et sera dédiée à la mémoire de Mario Paciolla, coopérant napolitain et Opérateur de paix.

« Le Festival du Cinéma des Droits de l’Homme de Naples n’est pas seulement une manifestation culturelle, mais un véritable appel à l’engagement civil », explique le coordinateur du Festival Maurizio Del Bufalo. « Dans un monde marqué par les conflits et les injustices, il est nécessaire de continuer à défendre les Droits de l’Homme avec force et détermination, et nous continuons à le faire aussi cette année, en utilisant le Cinéma comme moyen de raconter et de dénoncer les violations et pour promouvoir concrètement la Paix comme un engagement de vie et non seulement comme une aspiration ».

Le Festival cette année encore bénéficie de prestigieux partenariats comme celui avec la FICC (Fédération Italienne des Cercles de Cinéma), Un ponte per et ExpoItaly.

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Côte d’Ivoire: Radio de la Paix

LIBRE CIRCULATION DE L’INFORMATION

Extrait de Radio de la Paix

Radio de la Paix émet ses ondes sur le territoire ivoirien depuis le 1er mars 2017. La radio de la Paix est dirigée par la Fondation Félix Houphouët Boigny pour la recherche de la paix à Yamoussoukro.


(Cliquez ici pour une version anglaise

Question related to this article:
 
How can peace be promoted by radio?

Elle prit la relève de la radio ONUCI FM, la radio de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI). Cette initiative entrait dans le cadre du transfert des activités résiduelles de l’ONUCI afin de consolider les acquis dans le domaine de la communication. Elle fut recommandée par le Secrétaire Général des Nations Unies dans son rapport spécial sur l’ONUCI, le 31 mars 2016, au Conseil de sécurité, qui l’a acceptée.

Radio de la Paix répond aux exigences professionnelles qui garantissent l’indépendance éditoriale, exclusivité et l’impartialité dans le traitement de l’information. La Radio de la Paix a pour missions de promouvoir la cohésion sociale, la réconciliation, le genre et le respect des droits de l’Homme au service de la paix en Côte d’Ivoire.

Radio de la Paix souhaite la Bienvenue aux auditeurs souhaitant connaître ses informations et émissions et contribuer à la diffusion de la culture de la paix en Côte d’Ivoire, mais aussi en Afrique francophone.

Bulletin français 1 novembre 2024


LES LAURÉATS APPELENT À LA PAIX

Nous commençons par le prix Nobel de la paix de cette année. Comme le remarque Joseph Gerson, militant pacifiste chevronné, « le prix Nobel de la paix décerné à Nihon Hidankyo est attendu depuis longtemps et ne pouvait pas arriver à un moment plus important. . . Les États-Unis ont utilisé leur arsenal nucléaire de la même manière qu’un voleur armé utilise son arme lorsqu’il la pointe sur la tête de sa victime. Que la gâchette soit appuyée ou non, l’arme a été utilisée. Tragiquement, c’est le scénario sur lequel le gouvernement russe a travaillé avec ses menaces nucléaires en Ukraine. »

Le leader de Nihon Hidankyo, Mimaki, a fait écho à ces préoccupations : « « On a dit que grâce aux armes nucléaires, le monde maintient la paix. Mais les armes nucléaires peuvent être utilisées par des terroristes. Par exemple, si la Russie les utilise contre l’Ukraine, Israël contre Gaza, cela ne s’arrêtera pas là. Les politiciens devraient savoir ces choses. » Mimaki a ajouté : « Je ne suis pas sûr d’être encore en vie l’année prochaine. S’il vous plaît, abolissez les armes nucléaires tant que nous sommes en vie. C’est le souhait de 114 000 hibakusha. » Nihon Hidankyo représente les hibakusha, les survivants d’Hiroshima et de Nagasaki.

Mimaki ne s’est pas arrêté là avec ses remarques. Il a évoqué le génocide d’Israël contre les Palestiniens. « À Gaza, des enfants en sang sont détenus [par leurs parents]. C’est comme au Japon il y a 80 ans. » Il a déclaré qu’il avait cru que « les gens qui travaillent si dur à Gaza » recevraient le prix Nobel de la paix, faisant référence à l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), qui a également été nominé pour le prix Nobel.

Les gagnants de deux autres prix ce mois-ci ont évoqué le génocide israélien et appelé à la paix.

Han Kang, la première Coréenne à remporter le prix Nobel de littérature, a refusé de tenir une conférence de presse pour célébrer le prix qui lui a été décerné le mois dernier. Elle a cité les tragédies mondiales de la guerre entre l’Ukraine et la Russie et du conflit israélo-palestinien. « Alors que la guerre s’intensifie et que des gens sont tués chaque jour, comment pouvons-nous organiser une célébration ou une conférence de presse ? »

Et Arundhati Roy, en acceptant le prestigieux prix Pinter décerné par PEN anglais pour la littérature, a consacré son discours au « génocide télévisé à Gaza et maintenant au Liban en défense d’une occupation coloniale et d’un État d’apartheid »

« Décrivant la mort de plus de 42 000 personnes, dont des femmes et des enfants, Roy a déclaré que les États-Unis et l’Europe ont préparé le terrain pour une autre situation afin d’apaiser leur culpabilité collective pour leurs premières années d’indifférence à l’égard d’un génocide – l’extermination nazie de millions de Juifs européens.

« Les hostilités pourraient cesser immédiatement. Les otages israéliens pourraient être libérés et les prisonniers palestiniens pourraient être libérés. Les négociations avec le Hamas et les autres parties prenantes palestiniennes qui doivent inévitablement suivre la guerre pourraient plutôt avoir lieu maintenant et éviter la souffrance de millions de personnes. . .

« La guerre qui a maintenant commencé sera terrible. Mais elle finira par démanteler l’apartheid israélien. « Le monde entier sera beaucoup plus sûr pour tous – y compris pour le peuple juif – et beaucoup plus juste. Ce sera comme retirer une flèche de notre cœur blessé », a déclaré l’auteure primée, soulignant que la guerre pourrait cesser aujourd’hui si le gouvernement américain retirait son soutien à Israël.

La lauréate du prix PEN a conclu son discours en exprimant sa conviction que, du fleuve à la mer, la Palestine sera libre.

DISARMAMENT ET SECURITÉ



Nihon Hidankyo’s Nobel Peace Prize Win Could Not Have Come at a More Important Moment

DROITS DE L’HOMME



‘Keep Your Eye On Calendar, Palestine Will Be Free’: Arundhati Roy’s PEN Pinter Prize Speech

DÉVELOPPEMENT DURABLE



16th BRICS Summit adopts Kazan Declaration

ÉQUALITÉ HOMMES/FEMMES



UN Women Leaders Network to convene a diverse group of women leaders worldwide to advance women’s rights and leadership

  

TOLÉRANCE ET SOLIDARITÉ



De Paris à Caracas, des milliers de personnes défilent en soutien à Gaza à travers le monde, un an après le 7 octobre

ÉDUCATION POUR LA PAIX



Mexico: Libraries, key to building a peace-building citizenship

PARTICIPATION DÉMOCRATIQUE



Colombia: The functions of the Congressional Peace Commission are strengthened

LIBERTÉ DE L’INFORMATION



Coop-médias, la coopérative citoyenne qui veut donner «un vrai souffle» aux médias indépendants

Nihon Hidankyo remporte le Prix Nobel de la Paix 2024

DESARMAMENT & SECURITE .

Reçu par email de Maires pour la Paix France – AFCDRP – secretariat@afcdrp.com

Chères collectivités membres de Maires pour la Paix,

Nous avons le plaisir de vous annoncer que l’organisation Nihon Hidankyo, officiellement connue sous le nom de Nihon gensuibaku higaisha dantai kyōgi-kai (日本原水爆被害者団体協議会 – confédération du Japon des organisations des survivants des bombes A et H), a été honorée du prix Nobel de la paix 2024 pour « ses efforts en vue d’un monde sans armes nucléaires et pour avoir démontré par des témoignages que les armes nucléaires ne doivent plus jamais être utilisées ».


M. Kunihiko Sakuma, président de Hiroshima Hidankyo: Message pour la Journée Internationale de la Paix 2024 : “Pourquoi faisons-nous la guerre alors que toutes les vies sont données de façon égale ? Durant une guerre, ce sont les enfants et les personnes âgées qui sont les premiers à perdre la vie. Nous devons éliminer à la fois les guerres et les armes nucléaires pour préserver nos vies !”

(Voir suite sur colonne de droite. . . )

(Cliquez ici pour une version anglaise de ce sujet.)

Question for this article:

Can we abolish all nuclear weapons?

(. . . suite)

Fondée le 10 août 1956, cette organisation japonaise représente les hibakusha, survivants des bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki. Elle milite pour garantir leurs droits auprès du gouvernement japonais tout en s’opposant à l’utilisation des armes nucléaires, y compris à travers les essais et leur financement.

Nous sommes ravis de cette reconnaissance qui souligne l’importance de poursuivre la collaboration de longue date entre Mayors for Peace et Nihon Hidankyo. Cet événement renforce notre engagement commun à leurs côtés pour défendre le plaidoyer en faveur du désarmement nucléaire et de la paix.

Pacifiquement

L’équipe de Maires pour la Paix France

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Coop-médias, la coopérative citoyenne qui veut donner «un vrai souffle» aux médias indépendants

LIBRE CIRCULATION DE L’INFORMATION

Un article par Mathilde Picard dans Vert

Coop un air de fête. Mercredi 9 octobre, le monde de l’Économie sociale et solidaire (ESS) et celui des médias indépendants se sont réunis à l’Académie du climat, à Paris, pour lancer la coopérative Coop-médias. Le but : consolider les finances des Indés et raffermir les liens entre eux face à la concentration de la presse aux mains de quelques milliardaires.


Émission radio en public à l’occasion de la soirée de lancement de la coopérative Coop-médias, à l’Académie du Climat à Paris. © Margot Desmons/Vert

«Coop-médias crée une passerelle entre deux mondes qui ne se parlaient pas : celui de l’Économie sociale et solidaire et celui des médias indépendants», s’enthousiasme auprès de Vert, Mathieu Molard, rédacteur en chef de Streetpress.

Mercredi 9 octobre, le lancement de cette coopérative a fait salle comble à l’Académie du climat, à Paris. La plateforme dédiée au financement des médias indépendants  est maintenant accessible aux citoyen·nes pour qu’ils et elles puissent prendre des parts à partir de 100€. L’objectif ? «Récolter 500 000€ en trois mois», espère Lucie Anizon directrice générale de Coop-médias et secrétaire générale de la coopérative d’énergie renouvelable Enercoop.

Politis, Vert, Blast, Médiacités, Les Jours…. Déjà 22 médias et une dizaine d’entreprises de l’Économie sociale et solidaires (ESS) sont devenus sociétaires. Grâce à cette levée de fonds, de premières aides financières pourront être distribuées courant 2025 sous forme d’appel à projets.

Pour présenter le fonctionnement de la coopérative, journalistes, membres de l’ESS et de la société civile défilent au micro. Toute la soirée, une émission de radio en public, diffusée sur le site du média coopératif Le moment, accueille des tables rondes pour imaginer un nouveau modèle économique pour les médias indépendants.

La directrice générale de Coop-médias, Lucie Anizon, explique à Vert l’origine du projet : «Ça m’étonnait qu’aucun média indépendant ne se soit dit : levons des fonds en capital et mutualisons nos moyens. Ils nous ont dit qu’ils n’avaient pas le temps, l’énergie ou le savoir-faire, donc on l’a fait avec eux en apportant notre savoir-faire de l’ESS.»

«Sortir l’information de la logique de marché»

Dans la salle, tout le monde partage le constat d’un affaiblissement critique de la pluralité des médias. 81% des ventes de presse sont détenues par onze milliardaires, rappelle la vidéo de lancement de la plateforme. Face à cela, Julia Cagé, économiste spécialiste des médias, incite à «faire sortir l’information, qui est un bien public, de la logique de marché et des actionnaires».

À Coop-médias, il n’y a pas d’actionnaires rémunérés, et la gouvernance pour attribuer des financements se déroule selon le modèle un sociétaire = une voix. Résultat : «un vrai souffle» pour ne pas seulement dépendre des appels aux dons et «ne plus être sous assistance respiratoire», lance Paloma Moritz, journaliste chez Blast.

Dans le public, les idées fusent pour renforcer les finances et la visibilité des médias indépendants : discussion autour d’une régie publicitaire de l’ESS, de la présence des Indés sur les chaînes de la TNT ou du rôle des réseaux sociaux dans la diffusion de leurs contenus.

(Cliquez ici pour une version anglaise de cet article.)

Questions related to this article:
 
Free flow of information, How is it important for a culture of peace?

How can we develop the institutional framework for a culture of peace?

Robin Saxod, cofondateur de Coop-médias et Lucie Anizon, directrice générale de Coop-médias . © Mathilde Picard/Vert

Renforcer les liens pour lutter contre l’extrême droite

Ce rapprochement entre médias indépendants provient des rassemblements contre l’extrême droite, organisés les 27 juin et 3 juillet derniers place de la République à Paris, à l’occasion des élections législatives (notre reportage). La coopérative est donc «apartisane mais profondément politique», soutient Robin Saxod, cofondateur de Coop-médias.

Au fil des discours, les intervenant·es encouragent à poursuivre la lutte contre les discours réactionnaires de plus en plus nombreux dans les médias rachetés par les milliardaires Vincent Bolloré ou encore Pierre-Edouard Stérin. Les prises de parole appellent à enrayer la criminalisation des contestations politiques et sociales ou encore à lutter contre la désinformation sur le changement climatique ou le féminisme.

Pour renforcer les moyens des journalistes, Coop-médias propose de mettre en commun certains services tels que la comptabilité, la gestion des sites internets ou encore l’aide juridique… Une idée bienvenue pour Eloïse Lebourg, cofondatrice de Médiacoop, média local basé à Clermont-Ferrand : «quand j’ai été menacée par les groupes fascistes après avoir enquêté sur eux, j’étais bien contente d’avoir quelqu’un qui connaissait un avocat. Lorsqu’on enquête sur l’extrême droite dans une ville moyenne, on est plus facilement repéré, on se sent parfois isolé.»

Pour elle, Coop-médias doit être l’occasion de «sortir du schéma des médias indés très parisiens, il y a des structures indépendantes partout en France, j’aimerais qu’on ait plus de visibilité et qu’on coopère davantage.»

En fin de soirée, les conversations se poursuivent autour du buffet. Yan Pierre le Luyer, cofondateur de Grow Studio, qui produit des podcasts, s’est décidé à prendre une part dans la coopérative pour, explique-t-il, «rééquilibrer les discours dans les médias et donc se doter des mêmes moyens que nos contradicteurs».

L’émission de radio sera diffusée sur les ondes d’Aligre FM (93.1) et Radio Campus Paris (93.9) mercredi prochain.

Vert est devenu sociétaire de Coop-médias pour contribuer à renforcer l’écosystème des médias indépendants.

(NDLR : CPNN a participé à cet événement et est également devenu membre de Coop-médias, pour la même raison.)

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Début de la Troisième Marche Mondiale pour la Paix et la Non-violence : un appel global à l’unité

LIBRE CIRCULATION DE L’INFORMATION

Un article de Pressenza

Le 2 octobre, jour de l’anniversaire de la naissance de Gandhi, la Troisième Marche mondiale pour la Paix et la Non-violence a débuté au Costa Rica, un événement promu par l’Association « Monde sans Guerres et sans Violence » (MSGSV). Cette marche a débuté dans un pays qui, depuis 1948, a choisi la paix en renonçant à l’armée. La cérémonie d’ouverture de la marche a eu lieu à l’Université de la Paix (UPAZ), la seule institution mondiale créée en application de la résolution 35/55 de l’Assemblée générale des Nations Unies en 1980, qui se consacre entièrement à la formation d’étudiants de plus de 120 nations pour construire un avenir de paix.

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(Crédit image: Energia per i diritti umani)

Le recteur de l’UPAZ, Francisco Rojas Aravena, a ouvert l’événement en soulignant le pouvoir de l’éducation dans la construction de la paix. Giovanny Blanco, coordinateur de ‘Monde sans Guerres et sans Violence’ MSGSV au Costa Rica, a exprimé sa fierté quant au choix du Costa Rica comme lieu d’ouverture et de clôture de la troisième édition de la Marche mondiale, appelant à l’unité pour construire une nouvelle ère de paix à travers la non-violence active.

Federico Monge, représentant du bureau du Médiateur, a également pris la parole, soulignant que la paix est un devoir qui doit être garanti à tous, tandis que la vice-rectrice de la vie étudiante de l’Universidad Estatal a Distancia (UNED), Mme Raquel Zeledón Sánchez, a souligné le rôle de l’éducation et des femmes dans la promotion de la paix et du développement communautaire.

(Cliquez ici pour une version anglaise de cet article ou ici pour une version espagnole.)

Question related to this article:
 
Does Costa Rica have a culture of peace?

Rafael de la Rubia, fondateur des marches mondiales pour la paix et la non-violence, a invité toutes les personnes présentes à se consacrer à la croissance personnelle et sociale, en souhaitant que « chacun fasse quelque chose d’inspirant dans cette construction commune qu’est la marche mondiale ». À la fin des discours, Vanessa Vaglio, de Monde Sans Guerres et Sans Violence MSGSV, a dirigé la lecture commune de l’engagement éthique à ne pas utiliser ses connaissances contre l’humanité.

La cérémonie s’est achevée par un acte symbolique, au cours duquel les membres de l’équipe centrale du Costa Rica, du Chili, de l’Équateur, de la Guadeloupe, du Honduras, de l’Italie, de la Pologne, de l’Allemagne et du Suriname, ainsi que les autorités, les étudiants et les enseignants, ont réalisé un grand symbole de paix avec leurs corps, en affichant des signes avec le mot « paix » dans différentes langues.

Accompagné d’un vibrant spectacle culturel avec la participation du duo Contrapunto composé d’Alejandra Espinoza et de Gerardo Cascante, le groupe rythmique du Liceo Diurno de Ciudad Colón, et la présentation de danses ancestrales par les enfants de l’école Quizarco, de la communauté indigène Huetar de Quitirrisí, cet événement marque le début d’une journée mondiale dédiée à la promotion de la paix et de la non-violence, plus essentielle que jamais dans le monde d’aujourd’hui.

La cérémonie d’ouverture a été suivie d’une marche depuis l’université jusqu’à l’Escuela del Rodeo, où les enfants sont venus saluer la Marche mondiale avec de petits drapeaux costariciens. Ensuite, une caravane d’autobus et de véhicules a conduit la marche jusqu’au centre de la capitale, San José, où une nouvelle marche accompagnée par la mairesse de la ville, Mme Yariela Quirós, et les autorités du gouvernement local s’est rendue jusqu’au Parlement costaricien. Là, des représentants du Parlement ont remis à Rafael de la Rubia une motion de soutien à la troisième Marche mondiale pour la paix et la non-violence, qui a été approuvée à l’unanimité.

Enfin, la collecte de signatures pour une déclaration de soutien de tout le peuple costaricien a été lancée, les parlementaires ont été les premiers signataires.

Enfin, l’événement s’est conclu par un hommage à la Déclaration de Paix à tous les Peuples du Monde de la part du Costa Rica et à l’abolition de l’armée, sur la Place de l’Abolition de l’armée, située à côté du bâtiment du Congrès de la République.

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De Paris à Caracas, des milliers de personnes défilent en soutien à Gaza à travers le monde, un an après le 7 octobre

. TOLÉRANCE & SOLIDARITÉ .

Un article par Le Parisien

« Liberté et justice pour les Palestiniens ! » Des milliers de personnes ont manifesté samedi en soutien à Gaza à travers l’Europe et en Afrique du Sud pour le premier anniversaire du sanglant conflit entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas.

Brandissant des pancartes et des drapeaux palestiniens et libanais, plusieurs milliers de manifestants se sont élancés dans le centre de la capitale britannique en fin de matinée. En tête du cortège notamment, l’ancien leader travailliste Jeremy Corbyn (aujourd’hui indépendant) ou encore l’ancien Premier ministre écossais Humza Yousaf.


Londres, le 5 octobre 2024. Beaucoup de manifestants arboraient des keffiehs, symboles de la lutte palestinienne. Reuters/Chris J Ratcliffe

« Arrêtez les bombardements », « Free, free Palestine » ou encore « Arrêtez de bombarder des hôpitaux » ont été parmi les slogans les plus populaires scandés à Londres par les manifestants, qui ont défilé dans le calme. « Il faut un cessez-le-feu maintenant. Combien de Palestiniens ou de Libanais innocents doivent encore mourir ? », a demandé Sophia Thomson, 27 ans, qui manifestait avec des amis. « Le fait que nous soyons aussi nombreux montre que le gouvernement ne parle pas au nom du peuple », a-t-elle ajouté.

Une manifestation en mémoire des quelque 1 205 personnes tuées lors de l’attaque sans précédent du Hamas en Israël le 7 octobre doit par ailleurs se tenir dimanche à Londres.

À Dublin, la capitale irlandaise, plusieurs centaines de personnes ont manifesté leur soutien aux Gazaouis aux cris de « liberté et justice pour les Palestiniens ».

À Berlin, une manifestation propalestinienne a rassemblé plus de mille personnes et une autre pro israélienne en a réuni environ 650, selon la police. À l’extérieur du cortège de cette dernière manifestation, 26 personnes qui avaient apostrophé les manifestants ont été interpellées, a indiqué à l’AFP un porte-parole de la police.

À Rome, des heurts ont opposé des jeunes propalestiniens à la police, avec jets de bouteilles, pétards, gaz lacrymogènes et usage de canons à eau, après une manifestation ayant réuni des milliers de personnes. « L’Italie doit arrêter de vendre et d’envoyer des armes à Israël », « Palestine libre » et « Israël État criminel », ont crié les manifestants.

Au cours de l’offensive menée en riposte par Israël, au moins 41 825 Palestiniens ont été tués à Gaza, en majorité des civils, selon les données du ministère de la Santé du gouvernement du Hamas, jugées fiables par l’ONU. Au Liban, selon les autorités, ce sont plus de 2 000 personnes qui ont été tuées depuis octobre 2023.

Des représentants de LFI à la manifestation parisienne

En France, plusieurs milliers de personnes ont défilé à Paris et dans plusieurs autres villes pour marquer leur « solidarité avec les peuples palestinien et libanais » et demander au gouvernement français d’agir davantage.

A Paris 5 000 manifestants, selon la police, ont rallié la place de la République à celle de Clichy, aux cris de « Palestine vivra, Palestine vaincra ». En tête de cortège, plusieurs figures politiques de la gauche radicale, notamment les représentants de La France Insoumise Jean-Luc Mélenchon et Manon Aubry. Parmi eux, le député Thomas Portes, interrogé par l’AFP, a demandé une nouvelle fois au président Emmanuel Macron de « reconnaître l’État de Palestine ».

(Voir suite sur colonne de droite. . . )

(cliquez ici pour une version anglaise de cet article.)

Question related to this article:

 

Presenting the Palestinian side of the Middle East, Is it important for a culture of peace?

(. . . suite)

Au micro d’un camion présent dans le cortège, Jean-Luc Mélenchon a réitéré son appel aux étudiants à « pavoiser aux couleurs de la Palestine » et « du Liban » à partir du 8 octobre, en réaction à une circulaire ministérielle sur le maintien de l’ordre dans les universités à la veille du 7 octobre, date anniversaire de l’attaque du Hamas en Israël.

Mais pour Mohammed Ghili, 52 ans, membre de l’association Solidarité Palestine, si « c’est une bonne nouvelle, ça arrive bien trop tard » face à ce qu’il nomme « génocide ». Dans la foule, Maya, 37 ans, chercheuse en physique franco libanaise arrivée de Beyrouth il y a une semaine se dit « sidérée du traitement médiatique » de l’escalade au Liban. « On n’entend pas parler des bombardements des civils ».

Parmi le millier de personnes qui ont également défilé à Lyon selon la préfecture, Jérôme Faÿnel, président d’un collectif local de soutien au peuple palestinien, a affirmé que c’était pour lui l’occasion de dénoncer l’anniversaire « d’un an de brutalité inouïe ».

À Toulouse, 300 manifestants ont scandé le nom de « Georges Abdallah », en référence au militant libanais propalestinien Georges Ibrahim Abdallah, incarcéré depuis 40 ans pour complicité d’assassinat. Le 7 octobre doit être examinée sa 11e demande de mise en liberté. « Comment mettre une décision de justice le 7 octobre ? », s’est emportée Soraya, 50 ans, qui n’a pas souhaité donner son nom de famille. Elle dénonce « un parti pris » de la justice, un an jour pour jour après l’attaque sans précédent du Hamas.

Flo, 22 ans, habitant de Vienne (Isère) au chômage, qui n’a pas souhaité donner son nom de famille, est venu manifester comme il le fait depuis un an, et pour lui, c’est un « combat » : pas un « combat symbolique », mais un « combat de justice » pour les peuples palestinien et libanais.

À Nantes, deux défilés regroupant en tout quelque 350 personnes, selon une journaliste de l’AFP, ont parcouru les rues du centre-ville. À Strasbourg, les manifestants étaient 200, tout comme à Bordeaux, où ils ont effectué une minute de silence « en hommage aux martyrs » avant de déambuler dans le calme, en scandant « Palestine vivra, Palestine vaincra ».

Rassemblements en Suisse et en Afrique du Sud

À Bâle, en Suisse, des milliers de personnes se sont également rassemblées dans un parc près de la gare à l’occasion d’une manifestation nationale propalestinienne à l’appel de la Fédération Suisse-Palestine et d’une centaine d’organisations.

À Madrid, 5 000 personnes, selon les autorités, ont manifesté à l’appel du Réseau de solidarité contre l’occupation de la Palestine (RESCOP), avec des pancartes « Boycott Israël » ou « L’humanité est morte à Gaza ». Les manifestants ont appelé le Premier ministre Pedro Sanchez, qui a multiplié ces derniers mois les prises de position critiques vis-à-vis d’Israël, à rompre les relations diplomatiques avec ce pays.

Au Venezuela, des centaines de partisans du gouvernement de Nicolás Maduro et des membres de la communauté arabe ont manifesté devant le siège de l’ONU à Caracas. Portant un drapeau palestinien de 25 m de long et criant « Vive la Palestine libre » ou « Iran, Iran, frappe Tel Aviv », les chavistes ont remis à l’ONU un document appelant à la fin du « génocide » du peuple palestinien et à des « actions concrètes » à l’encontre d’Israël.

En Afrique du Sud, dans le centre du Cap, des centaines de personnes ont manifesté, agitant des drapeaux palestiniens et scandant des slogans anti-israéliens lors d’un rassemblement pro-Gaza. Brandissant des pancartes accusant Israël de génocide et de racisme, les manifestants – dont beaucoup portaient le keffieh, symbole de la lutte palestinienne contre Israël – se sont dirigés vers le Parlement sud-africain.

« Israël est un État raciste » et « Nous sommes tous des Palestiniens », ont scandé des manifestants. Certains d’entre eux ont fait savoir qu’ils soutenaient la plainte déposée par l’Afrique du Sud devant la Cour internationale de justice (CIJ). Pretoria soutient que l’offensive israélienne à Gaza viole la convention de l’ONU de 1948 sur le génocide.

De nombreux Sud-Africains comparent la position d’Israël envers les Palestiniens à l’apartheid, le régime ségrégationniste imposé par la minorité blanche dans le pays jusqu’aux premières élections multiraciales de 1994.

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Bulletin français 1 octobre 2024


. JOURNÉE INTERNATIONALE DE LA PAIX-2024 .

Qu’il soit exprimé en russe ou en ukrainien, en anglais ou en français, en japonais ou en hindi, en arabe ou en espagnol, en italien ou en portugais, le message est le même. Les peuples du monde veulent la paix ! Pour la Journée internationale de la paix, plus de 800 manifestations dans ces langues sont disponibles sur Internet, et nous en avons publié des extraits dans les pages de CPNN la semaine dernière. Cette année, le slogan officiel des Nations Unies était « Cultiver une culture de la paix ».

Le plus grand nombre, 391, soit près de la moitié des actions, provient d’Europe occidentale. Exprimées principalement en français et organisées pour la plupart par le Mouvement de la paix et des syndicats militants, des rassemblements portant le drapeau arc-en-ciel de la paix ont eu lieu dans plus de la moitié des plus de 100 départements français. Exprimées principalement en italien, des manifestations pour la Journée internationale de la paix ont eu lieu dans 44 villes et villages d’Italie, à commencer par la marche annuelle pour la paix d’Assise qui a attiré des manifestants de nombreuses autres villes. En Belgique, 189 villes et villages ont accroché la bannière arc-en-ciel de la paix sur leurs bâtiments publics. Au Portugal, des dizaines de villes et d’écoles ont accroché des tissus blancs à leurs fenêtres pour exprimer leur désir de paix. L’Espagne et le Royaume-Uni ont également été le théâtre de nombreuses actions. « Si vous voulez la paix, préparez la paix » était un slogan fréquent.

En Amérique du Nord, 151 actions ont été organisées pour la Journée de la paix dans 44 des 50 États des États-Unis, le plus grand nombre se situant en Californie et en Floride. Des célébrations ont eu lieu dans les grandes villes, notamment à San Francisco, Chicago et Boston. À San Francisco, le slogan était « Vous êtes un chemin vers la paix. Tout le monde est un chemin vers la paix ». Les écoles, les universités et les églises ont organisé une grande variété d’actions pour célébrer la journée. Au Canada, des événements ont eu lieu dans 6 des 10 provinces ainsi qu’une déclaration officielle du Premier ministre : « Cette semaine, alors que l’Assemblée générale des Nations Unies commence à New York, engageons-nous à nouveau à travailler ensemble pour construire un monde meilleur, plus sûr et plus pacifique. »

Malgré les ravages de la guerre et le fait qu’il soit illégal de parler de guerre en Russie, 32 célébrations ont été publiées sur Internet en Ukraine et 30 en Russie. Tout en appelant à la paix, de nombreuses actions ont mis l’accent sur le soutien à leur camp dans la guerre. À Moscou, où des gens ont été envoyés en prison pour avoir appelé à la paix, beaucoup ont apporté des fleurs et des colombes en papier pour les placer sur la sculpture intitulée « Nous exigeons la paix ! ». En Ukraine, des célébrations en faveur de la paix ont eu lieu dans des abris antiaériens pendant les bombardements. Comme d’habitude, là où c’était possible, dans de nombreuses bibliothèques et écoles, les enfants ont fabriqué des colombes en papier et ont lâché des ballons colorés pour marquer cette journée. Le plus ironique est peut-être l’article de Moldavie où une fête scolaire a été critiquée pour avoir déployé le drapeau arc-en-ciel de la paix, car le drapeau arc-en-ciel peut également être interprété comme un soutien aux droits LGBT !!

Il y a eu 23 actions dans 13 pays arabes et du Moyen-Orient, la plupart rapportées en arabe. Certaines d’entre elles ont souligné le rôle des femmes pour la paix. Le Conseil des femmes syriennes du canton de Manbij a organisé un séminaire de dialogue à l’occasion de la Journée internationale de la paix, soulignant la nécessité de résoudre la crise syrienne et d’y instaurer la paix. À Aden, au Yémen, un événement a été organisé avec la participation de femmes cadres d’élite et de membres du Réseau de solidarité des femmes, avec des discussions sur le statut des femmes et l’importance de refléter leurs priorités et leurs besoins dans le rapport de Beijing.

En Asie et dans le Pacifique, 64 événements ont eu lieu dans 14 pays, la plupart étant publiés en japonais et en hindi. Au Japon, l’organisation « Wa Project TAISHI » a mobilisé des clubs de calligraphie et 27 calligraphes de 49 écoles du pays pour dédier des messages calligraphiés de paix aux sanctuaires de Gokoku. Lors d’une conférence à Mumbai parrainée par l’Institut international pour la paix par le tourisme, Ajay Prakash, son nouveau président, a parlé avec éloquence du pouvoir du tourisme pour rapprocher les gens au-delà des frontières d’ethnies, de religion ou de nationalité. À Nanjing, en Chine, des jeunes chinois et étrangers de 11 pays se sont réunis pour chanter de paix et semer des graines d’herbe violette et dorée qui symbolisent la paix. Un étudiant a déclaré : « C’est très significatif de semer ces graines de mes propres mains. J’espère que lorsque les fleurs d’herbe violette s’épanouiront en mars de l’année prochaine, les gens pourront voir ces fleurs et se souvenir de l’histoire qui se cache derrière elles. »

En Amérique latine et dans les Caraïbes, 59 actions ont été menées dans 19 pays, l’Argentine avec 17 et le Mexique avec 16. À Nueva Leon, au Mexique, le Sommet mondial des lauréats du prix Nobel de la paix a été programmé pour coïncider avec la Journée internationale de la paix. 18 lauréats du prix Nobel de la paix y ont participé, ainsi que 1 200 jeunes de plus de 70 universités de tout le pays. . En Colombie, des événements ont été consacrés à la réconciliation et à la consolidation des accords de paix. Au Mexique, les actions ont été particulièrement émouvantes face à la violence qui déchire le pays. La manifestation de Culiacán a appelé les citoyens à ne pas normaliser ni accepter les conditions de violence et de peur qui persistent dans la ville, qui ont fait plus de 60 assassinats et plus de 70 disparitions forcées.

En Afrique subsaharienne, 43 actions ont été organisées dans 26 pays pour la Journée internationale de la paix. La déclaration officielle de l’Union africaine a reconnu le rôle important de la Biennale de Luanda, le Forum panafricain pour la culture de la paix. Cette année, la participation des militaires des pays africains a été considérable. Au Nigéria, elle a été organisée par le Corps de sécurité et de défense civile. Au Ghana, elle a été organisée par les forces armées ghanéennes à la base aérienne de Takoradi. Au Niger, elle a été organisée par la Haute Autorité pour la consolidation de la paix. Au Gabon, la célébration a eu lieu au stade de la gendarmerie nationale. Au Burkina Faso, le ministère de la Justice a appelé à un retour aux valeurs endogènes pour la construction de la paix et de la tolérance.

Parmi les nombreux événements virtuels organisés pour la Journée internationale de la paix, on peut citer :
La Danse pour la paix
La Médecine pour la culture de la guerre
La Conférence : Résister à l’empire militaire des États-Unis
Des Chansons pour la paix dans le monde
Unite4Peace Worldwide Broadcast

Le nombre total d’actions cette année a été de 834. C’est plus que les 942 de l’année dernière si l’on continue à compter les 153 nouvelles écoles Montessori recensées l’année dernière mais qui ne sont plus disponibles sur Internet cette année.

GLOBAL



Que s’est-il passé cette année: Journée internationale de la paix

ÉTATS-UNIS ET CANADA



États-Unis et Canada: Journée internationale de la paix

EUROPE



Europe: Journée internationale de la paix

ASIE ET PACIFIQUE



Asie et Pacifique: Journée internationale de la paix

  

PAYS EX-SOVIÉTIQUES



Pays Ex-Soviétiques: Journée internationale de la paix

ETATS ARABES ET MOYEN-ORIENT



Etats Arabes et Moyen-Orient: Journée internationale de la paix

AMÉRIQUE LATINE ET CARAÏBES


Latine et Caraïbes: Journée internationale de la paix

AFRIQUE



Afrique: Journée internationale de la paix

À la Fête de l’Huma, des médias indépendants en pleine ébullition

LIBRE CIRCULATION DE L’INFORMATION

Un article par Juliette Quef en Vert.eco

Ça presse. Village des médias indépendants à la Fête de l’Huma, lancement d’une coopérative pour les financer et d’une Maison des médias libres : face à l’extrême droite et à la «bollorisation» de l’information, l’écosystème des «Indés» se coalise.

«Trop bien que vous soyez là», «ça fait plaisir de voir les médias indépendants réunis» : ce weekend, La déferlante, Basta, Blast, Politis, Streetpress, Fakir, Reporterre, l’Age de Faire, Au poste, Mediapart, Socialter, Le média, Le chiffon, Reporters sans frontières, Acrimed, et bien-sûr Vert, étaient rassemblés sous un immense chapiteau de 400 m², en plein cœur de la Fête de l’Huma, au Plessis-Pâté (Essonne). La 89ème édition de la Fête a attiré plus de 450 000 participant·es en trois jours.

Dans le Village, au centre de la vingtaine de stands, l’espace de conférences a fait salle comble et accueilli de riches discussions sur les violences sexistes et sexuelles, la liberté de la presse ou encore les mobilisations écologistes contre l’extrême droite.


Du 13 au 15 septembre à la Fête de l’Huma, le Village des médias indépendants a rassemblé une vingtaine de médias. © Margot Desmons / Vert

Lutte contre l’extrême droite et la «bollorisation» du monde

Cette première édition du Village des médias indépendants à la Fête de l’Huma prend sa source dans les rassemblements contre l’extrême droite, qui se sont tenus les 27 juin et 3 juillet derniers, place de la République, à Paris. Organisés en quelques jours seulement par les «Indés» et la société civile, chacun d’entre eux a réuni quelque 30 000 participant·es (notre reportage).

«À ce moment-là, la priorité n’était plus notre média mais l’événement lui-même, raconte Mathieu Molard, rédacteur en chef de Streetpress, l’un des initiateurs des rassemblements. L’union des organisateurs a été très forte et on a eu l’impression d’avoir contribué, par ces rassemblements et par nos enquêtes, à ce que l’extrême droite n’accède pas au pouvoir.» Avec ces liens raffermis face à l’urgence, le journal L’Humanité a ensuite proposé aux «Indés» de les accueillir à la Fête de l’Huma.

«Le Village des médias indépendants a été un gros succès, on n’a pas désempli, se réjouit Agnès Rousseaux, directrice de Politis. Pour moi, c’est le signe d’une forte demande du public de lieux où la presse converge et d’une prise de conscience de la part des médias qu’il y a besoin de se renforcer et de se soutenir. Le Village nous a donné une visibilité que nous n’aurions jamais eue tout seuls. S’unir permet de décupler notre impact et notre audience.»

(Cliquez ici pour une version anglaise de cet article.)

Question related to this article:
 
Free flow of information, How is it important for a culture of peace?

Coop-médias : financer les «Indés», le nerf de la guerre

Face à la montée de l’extrême droite, les acteurs de l’économie sociale et solidaire (ESS) se sont aussi mobilisés pour accélérer leur projet Coop-médias, une coopérative destinée à financer les médias indépendants. Son lancement est prévu le 9 octobre, à l’académie du Climat, à Paris.

«Entre ESS et médias indépendants, nous avons les mêmes enjeux, raconte Lucie Anizon, secrétaire générale d’Enercoop et l’une des coordinatrices de Coop-médias. Nous sommes face à des mastodontes et les alternatives galèrent». L’idée est de réunir des fonds pour participer au financement des médias engagés qui portent «des valeurs humanistes et progressistes pour une société plus écologique, solidaire et démocratique».

Dès le 9 octobre, les citoyen·nes, médias et entreprises pourront prendre des parts dans Coop-médias et participer à la gouvernance de la coopérative selon le principe 1 personne = 1 voix. La levée de fonds permettra ensuite d’ouvrir des appels à projet dès 2025.

«J’ai découvert un écosystème des médias indépendants très désuni, confie Lucie Anizon. Dans le milieu des coopératives, on sait s’organiser et on sait que la solidarité est la clé de la résilience.»

Une initiative plutôt bien accueillie par les professionnels de l’information. «On manque de structures qui viennent financer nos médias, remarque Mathieu Molard. Les banques ne comprennent pas nos modèles économiques. Elles pensent par exemple que le don n’est pas fiable. On a du mal à trouver de l’argent, même public, pour nous développer, et cela oblige à se tourner vers des mécènes privés.»

Une Maison des médias libres pour les accueillir tous

Après une dizaine d’années d’efforts et un projet avorté, le Conseil de Paris a voté, à l’unanimité, la vente d’un bâtiment situé 70 boulevard Barbès, dans le 18ème arrondissement de Paris, au millionnaire de gauche Olivier Legrain, mécène de la presse indépendance et de plusieurs associations d’aide aux réfugiés, et à la foncière Bellevilles, pour y créer une Maison des médias libres.

D’une surface de 4000 m², celle-ci devrait accueillir, dès fin 2026, les locaux de dizaines de médias indépendants et de leur écosystème, des studios vidéos, ainsi qu’un café-librairie et des espaces de coworking. Le but : contribuer à la défense de la liberté de la presse et au pluralisme dans les médias. «Nous voulons créer un lieu emblématique pour la liberté de la presse à Paris, détaille Agnès Rousseaux. Un espace d’ébullition, de foisonnement pour mener la bataille culturelle et expérimenter de nouvelles façons de produire et de diffuser l’information.»

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