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Dr David Adams is the coordinator of the Culture of Peace News Network. He retired in 2001 from UNESCO where he was the Director of the Unit for the International Year for the Culture of Peace, proclaimed for the Year 2000 by the United Nations General Assembly.

Bulletin français 1 septembre 2026


LA PAIX À TRAVERS LE MONDE

Les initiatives de ce mois-ci en faveur d’une culture de la paix se sont déployées sur les cinq continents.

En Afrique, la présidente de la Namibie, Netumbo Nandi-Ndaitwah, poursuit son action en faveur de l’égalité des femmes, de l’emploi des jeunes et d’une réforme foncière visant à accroître l’offre de logements pour les populations démunies. Elle a encouragé l’autonomisation des communautés grâce à des programmes locaux d’activités périscolaires et de développement global, tout en proposant un accès gratuit à l’enseignement supérieur public et technique pour les personnes défavorisées.

Toujours en Afrique, au Mali, un atelier réunissant 80 éducateurs a porté sur la culture de la paix, la cohésion sociale et l’intégration des enfants déplacés dans le pays.

Au Brésil, des enseignants et des administrateurs du système scolaire municipal de Roraima ont suivi une formation en justice restaurative, axée sur la mise en œuvre de pratiques favorisant le dialogue, l’écoute active et une culture de la paix au sein des établissements scolaires.

À Paris, la Jeune Chambre Économique Française parraine un hackathon réunissant 25 jeunes leaders de diverses nationalités pour une expérience internationale intensive de quatre jours, consacrée à la consolidation de la paix, au leadership et à l’action collaborative.

À Washington, là où Martin Luther King a prononcé son célèbre discours « I have a dream », des milliers de manifestants se sont rassemblés une fois de plus pour réclamer le droit de vote. Ils ont notamment écoutés Bernie Sanders et Alexandria Ocasio-Cortez.

En Australie, deux traités de paix ont été soumis à la ratification du Parlement : l’Alliance pour un océan de paix (*Ocean of Peace Alliance*) et l’Union Vuvale. L’Union Vuvale est un traité conclu entre l’Australie et les Fidji, tandis que l’Alliance pour un océan de paix bénéficie du soutien de l’Australie, des îles Cook, des États fédérés de Micronésie, de la République des Fidji, de la Polynésie française, de la République de Kiribati, de la République des îles Marshall, de la Nouvelle-Calédonie, de la République de Nauru, de la Nouvelle-Zélande, de Niue, de la République des Palaos, de l’État indépendant de Papouasie-Nouvelle-Guinée, des Samoa, des îles Salomon, du Royaume des Tonga, de Tuvalu et de la République de Vanuatu.

En Asie, une discussion sur un programme éducatif pour la paix, réunissant chrétiens et musulmans, s’est tenue sur les pentes du mont Muria, dans le centre de Java. Cette initiative, menée en collaboration avec le Comité central mennonite, a rassemblé des universitaires, des responsables religieux, des acteurs de la paix et des partenaires internationaux afin d’élaborer un programme d’études capable d’intégrer les valeurs de paix, de réconciliation, de justice et de transformation des conflits dans la formation théologique en Indonésie.

Aussi en provenance d’Asie, nous avons publié un article consacré à Zuhra Bahman, directrice nationale de l’organisation *Search for Common Ground* pour l’Afghanistan. Comme elle le déclare : « Je ne m’attends pas à ce que l’Afghanistan devienne une société équitable de mon vivant, [mais] je choisis de faire chaque jour de petits pas vers la collaboration et le développement durable. C’est une base sur laquelle la prochaine génération pourra bâtir. »

Enfin, et c’est peut-être le plus important face au génocide perpétré par Israël contre le peuple palestinien, il existe des initiatives de résistance. Le mouvement israélo-palestinien « Combattants pour la paix » lutte pour la paix aux côtés des Palestiniens en Israël :« Nous assurons une présence physique et apportons une aide — nourriture, eau, soutien juridique et tout autre secours possible — aux dernières communautés qui résistent encore face à la violence des colons et de l’armée israélienne : ordres de démolition, menaces de déplacement, restrictions de pâturage, privation d’eau et de moyens de subsistance, etc. »

Par ailleurs, des organisations juives du monde entier ont publiquement soutenu le mouvement BDS et encouragent une pression non violente coordonnée pour mettre fin à l’impunité d’Israël. Comme elles l’affirment : « À Gaza, Israël perpètre un génocide qui a tué des dizaines de milliers de personnes, dévasté les infrastructures civiles, déplacé la majeure partie de la population et soumis les Palestiniens à la famine et à des punitions collectives. Ces crimes exigent une action concrète de nous, au nom de qui ils sont commis. »

DISARMAMENT ET SECURITÉ


Entretien avec membres de Combatants for Peace

DÉVELOPPEMENT DURABLE


California was mostly solar-powered in May — a global first

PARTICIPATION DÉMOCRATIQUE


Brazil: Restorative Justice program trains educators to foster a culture of peace in municipal schools

ÉQUALITÉ HOMMES/FEMMES


Building an Afghanistan I may never see

  

TOLÉRANCE ET SOLIDARITÉ


Indonesia: Building peace from the slopes of Mount Muria

ÉDUCATION POUR LA PAIX


Koulikoro, Mali : 80 acteurs formés pour renforcer la paix à l’école

LIBERTÉ DE L’INFORMATION




Tabling of the Ocean of Peace Alliance and Australia-Fiji Vuvale Union

DROITS DE L’HOMME


Open Letter from Global Jewish Organizations in Support of Boycott, Divestment and Sanctions

Sénégal: A Vélingara, la jeunesse Croix-Rouge se mobilise contre la violence

. PARTICIPATION DÉMOCRATIQUE …

Un article dans Le Quotidien

Le 17 août dernier, près d’une centaine de jeunes volontaires venus du Sénégal, de la Gambie et de la Guinée-Bissau se sont rassemblés pour la 19ème édition du Camp de jumelage international de la Croix-Rouge. Sous le thème «Jeunesse unie, violences bannies», ces secouristes multiplient formations, actions citoyennes et brassage culturel pour promouvoir la paix dans une sous-région confrontée à des incivilités croissantes.

Vélingara, capitale d’un jour de la paix et de la solidarité. Face à la recrudescence des bagarres rangées à armes blanches, aux tensions autour de traditions dévoyées comme le Kankourang et aux incivilités politiques, la Croix-Rouge a choisi de riposter par l’engagement citoyen. C’est le Préfet du département qui a présidé, le 17 août dernier, la cérémonie d’ouverture officielle de ce rassemblement, entouré des parrains, de nombreux invités et d’une centaine de jeunes volontaires âgés de 2 à 35 ans.


Venue de Dakar, Ziguinchor, Sédhiou, Kolda, mais aussi de pays voisins comme la Gambie et la Guinée-Bissau, cette jeunesse a transformé Vélingara en un carrefour d’intégration.

Lors de son allocution, le Préfet a tenu à saluer la portée de l’événement : «Vélingara est le symbole vivant de l’intégration sous-régionale par le bas. A travers ce jumelage, la commune réaffirme sa vocation de terre d’asile, de paix et de solidarité. Nos Etats partagent des frontières administratives, mais nos peuples partagent une même histoire, des cultures communes et des défis identiques comme la gestion des flux migratoires ou les crises climatiques.»

(Voir suite sur colonne de droite. . . )

(Cliquez ici pour un article de ce sujet en anglais..)

Question for this article:

Can a culture of peace be achieved in Africa through local indigenous training and participation?

( . . . suite)

Entre secourisme, écologie et leadership


Sur le terrain, les volontaires n’ont pas chômé. Le programme, particulièrement dense, a mêlé prévention sanitaire, citoyenneté et développement personnel : séances de dépistage du Vih/Sida et journée d’investissement humain («set-setal») au marché du quartier Sinthiang Houlata, visites de courtoisie aux familles riveraines du camp pour les sensibiliser à la culture de la paix et fabrication de bancs écologiques au profit de l’école hôte, exercices de simulation de premiers secours devant la population, accompagnés de veillées de leadership pour aguerrir la jeunesse à la prise de parole publique, journée d’intégration avec l’exécution des hymnes nationaux et de la Croix-Rouge, olympiades sportives, et veillées ethniques mettant en valeur la diversité régionale.

L’engagement citoyen face au désengagement des élus


Si l’événement a marqué les esprits par sa réussite humaine, les organisateurs ont néanmoins dû braver d’importantes difficultés logistiques. Le passage de la frontière gambienne s’est avéré complexe en raison de l’absence d’autorisation pa­rentale pour plusieurs mi­neurs.


Mais le regret le plus vif des responsables locaux de la Croix-Rouge concerne l’absence de soutien des décideurs politiques. Aucun maire de la zone n’a répondu favorablement aux demandes de soutien financier ou matériel. Une ingratitude déplorée à demi-mot par les encadreurs, rappelant que ces mêmes collectivités font continuellement appel au bénévolat des secouristes lors de leurs manifestations, sans bourse délier.


Malgré ces obstacles, le camp s’impose comme un outil stratégique indispensable. En standardisant les méthodes d’intervention et en créant des réseaux de secours transfrontaliers, ces jeunes prouvent que la solidarité reste le meilleur rempart contre les dérives de la violence.

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Koulikoro, Mali : 80 acteurs formés pour renforcer la paix à l’école

EDUCATION POUR LA PAIX

Un article de Studio Tamani

Un atelier consacré à la culture de la paix, au vivre-ensemble et à l’intégration des enfants déplacés internes s’est ouvert ce lundi 24 août à Koulikoro.


Formation des acteurs de l’éducation de Koulikoro sur le renforcement de la paix à l’école le 24 aout 2026. Crédit photo : Studio tamani

Question pour cet article:

Where is peace education taking place?

Pendant cinq jours, 80 acteurs de l’éducation, dont des directeurs d’école et des parents, vont renforcer leurs capacités sur la sécurité scolaire, l’intégration des enfants déplacés et l’amélioration des apprentissages. La rencontre est organisée par l’Académie d’Enseignement de Koulikoro avec l’appui de JCA [l’Agence de coopération internationale japonaise] à travers l’UNICEF.

(cliquez ici pour une version anglaise de cet article)

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Entretien avec membres de Combatants for Peace

DESARMAMENT & SECURITE .

Les membres du mouvement israélo-palestinien « Combatants for Peace » luttent pour la paix aux côtés des Palestiniens en Israël. Voici des extraits d’articles parus sur Pressenza : première partie et seconde partie, publiés sous licence Creative Commons (CC BY 4.0).

Les deux représentantes de « Combatants for Peace », Iris Gur (Israël) et Mai Shahin (Palestine), participent à l’exposition « Re-imagine-Peace » à Florence. Elles sont invitées toutes les deux à la projection du film « There Is Another Way ». Daniela, Bezzi de Pressenza les a interviewées.

D. B : commençons par vos histoires personnelles : comment avez-vous adhéré à « Combatants for Peace » ?

Iris Gur : Tout au long de ma vie professionnelle, j’ai travaillé dans le domaine de la formation en tant qu’institutrice et chef d’établissement. La formation, pour moi, a toujours été une façon de vivre plutôt qu’un métier que je me serais choisi pour moi-même. J’ai grandi dans une famille juive israélienne sioniste. Mes parents sont arrivés en Israël après la Deuxième Guerre mondiale en tant que réfugiés européens et j’ai grandi avec des histoires sur l’holocauste et la survie. Je n’ai connu qu’un récit, celui suivant lequel le peuple juif avait été persécuté depuis toujours, ce qui ne nous aurait pas laissé d’autre choix que de nous défendre nous-même et notre propre petit pays. Tout ce que je savais des arabes, c’était qu’ils voulaient nous anéantir.

Mon père était officier de l’armée. J’ai donc grandi dans des bases militaires, j’étais très fière de l’armée israélienne, je la croyais invincible. Pendant la plus grande partie de ma vie, je n’ai pas eu une seule occasion de découvrir le point de vue palestinien, et pas davantage de me faire des amis arabes. J’emploie en toute connaissance de cause le terme « arabe », parce que dans mon entourage, le mot « palestinien » n’existait même pas. Quant au concept d’occupation, il m’était tout aussi étranger.

Aujourd’hui, je le sais pertinemment, il m’a fallu des années avant que ma vision du monde ne laisse entrevoir quelques fissures ; fissures que je n’ai pourtant jamais laissé prendre trop d’importance. La personne qui a définitivement modifié mon point de vue, c’est ma sœur Noah. Il y a onze ans, elle avait 17 ans alors, elle a décidé de renoncer à faire son service militaire. Devant moi, s’ouvrait un monde tout à fait nouveau, plein de valeurs, d’idées et de nouvelles communautés.

Sa décision lui a valu quatre mois de prison militaire ; pour moi, c’est le début d’un voyage initiatique, un voyage qui allait me confronter à la réalité de l’occupation, de l’apartheid, et surtout au peuple palestinien.

Si j’ai décidé de rejoindre les Combatants for Peace, c’est que j’avais accepté l’idée que, je ne pourrais transformer concrètement la réalité dans laquelle nous vivions qu’en travaillant en étroite collaboration avec les Palestinien.ne.s et en m’appuyant sur l’action non violente.

Mai Shahin : Je ne suis pas venue à Combatants for Peace sur un coup de tête. J’ai adhéré à l’organisation au cours d’un long processus, qui a pris corps au fil des récits de la vie sous l’occupation en Cisjordanie, là où les contrôles étaient de nature politique, certes, mais aussi physique, émotionnelle et psychologique. C’est l’organisation qui détermine nos mouvements, nos relations et notre capacité à nous représenter un avenir qui dépasse la simple survie. Dans ce contexte, la résistance n’a rien d’abstrait — c’est le quotidien.

Et pourtant, avec le temps, j’ai commencé à me poser une question plus prégnante encore : comment pouvons-nous exercer une résistance sans perdre notre propre humanité ? C’est cette question qui m’a amenée à travailler sur le traumatisme, sur la guérison collective et à la communication non violente.

Il m’est alors apparu de plus en plus clairement que l’occupation ne se borne pas à contrôler le pays, elle a aussi pour effet d’envahir les systèmes nerveux, de détruire la confiance, d’isoler les communautés, de susciter des cycles de violence susceptibles de se transmettre de génération en génération, tant qu’ils ne sont pas cassés.

Je suis donc entrée en contact avec Combatants for Peace. C’était la première fois que je rencontrais des Palestinien.ne.s et des Israélien.e.s que personne n’avait incité.e.s à occulter la réalité pour pouvoir discuter. Au lieu de quoi, nous avons été invité.e.s à rester tou.te.s ensemble à cette réalité tout en refusant que la violence puisse être une réponse.

Ce qui rend si particuliers les Combatants for Peace, c’est que l’organisation n’est pas seulement un lieu de dialogue, c’est aussi un mouvement commun de résistance, qui porte la conviction que la fin de l’occupation, le dépassement des systèmes de domination et la protection de la dignité humaine sont inséparables de relations qui restent à construire. Ce sont les deux faces d’un même combat.

Parallèlement à ce travail, et en étroite collaboration avec des Palestinien.ne.s, des Israélien.ne.s et des partenaires internationaux, j’ai créé Satyam Homeland. Cette organisation est née du même constat : la résistance suppose des endroits dans lesquels, même en pleine guerre, des gens peuvent apprendre à préserver leur humanité. Satyam Homeland est un lieu de socialisation dans lequel se retrouvent des Palestinien.ne.s, des Israélien.ne.s et des acteurs internationaux, qui veulent travailler sur le traumatisme et le travail de deuil, sur la guérison physique, la formation à la résistance non violente, le dialogue et le conte — et par là, prendre une part active au monde. L’organisation n’est pas séparée de Combatants for Peace, elle fait partie d’un écosystème plus grand : une partie incarne le courage politique de la résistance commune, l’autre partie, les pratiques collectives qui rendent possible un engagement non violent durable ; les deux sont en permanence en dialogue l’une avec l’autre.

Après le 7octobre 2023, cette relation s’est encore renforcée. Tandis que les Palestinien.ne.s de la bande de Gaza subissaient massacres et destructions massives, celle.ux de Cisjordanie étaient confrontés à une escalade de la violence, avec des attaques de colons et des expulsions, une situation qui ne pouvait que renforcer les envies réciproques de s’éloigner les un.e.s des autres. La peur et la douleur étaient immédiates, permanentes, étouffantes, ce n’était pas des concepts abstraits. Et pourtant, Combatants for Peace, a réussi à entretenir encore et toujours sa petite flamme. Nous ne nous sommes pas murés dans le silence, nous ne nous sommes pas éloignés les uns des autres. Nous avons continué à parler ensemble, il ne s’agissait pas d’embellir la réalité, mais de pouvoir s’y confronter ensemble. Nous avons pleuré ensemble. Nous avons parlé de ce qui s’était passé. Nous avions des divergences de vue, mais nous sommes restés ensemble.

Et finalement, nous avons posé la seule question qui vaille quand tout vole en éclats : et maintenant, que faire ? Une question que nous n’avons pu nous poser que parce que pendant des années, nous avons construit des relations telles qu’il nous a été possible de résister à une telle fracture.

Mon appartenance à Combatants for Peace, loin de n’être qu’une partie de mon travail, en est surtout le noyau central. Et c’est pour cette raison que je poursuis ce travail, même en Cisjordanie, où tout acte de résistance non violente, toute rencontre, suppose une réelle prise de risques en même temps qu’il est porté par sa propre importance, par la confiance et la responsabilité.

(Note de la rédaction : Deux questions/réponses de la première partie ont été omises :
1. DB : Cette année, Combatants for Peace fête ses 20 ans. Qu’est-ce qui, de votre point de vue, rend ce mouvement si attractif pour des jeunes gens ?
2. DB : C’est vraiment remarquable de voir combien d’organisations israéliennes et palestiniennes se sont réunies en une coalition. Quelles sont, à votre avis, les conditions essentielles pour ce type d’activisme, qui, au-delà de toute différence, repose sur une collaboration ?
Vous pouvez les retrouver ici.)

DB – Vous participez tous deux régulièrement à des actions de « présence protectrice ». Pourriez-vous nous raconter quelques moments marquants de votre expérience ?

Iris – Merci pour cette question ; elle me tient tellement à cœur qu’elle m’en donne les larmes aux yeux ! Je fais partie d’un groupe appelé « Jordan Valley Activists » (Activistes de la vallée du Jourdain). Fondé il y a environ 17 ans par des militants de l’organisation « Combatants for Peace », ce groupe est devenu une entité indépendante, grâce à l’initiative d’Israéliens qui accompagnent et assurent une présence protectrice auprès des bergers et agriculteurs palestiniens de la vallée du Jourdain.

Nous offrons une présence physique ainsi qu’une aide concrète — notamment de la nourriture, de l’eau, un soutien juridique et tout autre type de secours possible — aux dernières communautés qui continuent de résister face aux violences perpétrées par les colons et l’armée israélienne : arrêtés de démolition, menaces de déplacement, restrictions de pâturage, privation d’eau et de moyens de subsistance, etc.

(Voir suite sur colonne de droite. . . )

(Cliquez ici pour un article de ce sujet en anglais..)

Question for this article:

How can a culture of peace be established in the Middle East?

( . . . suite)

J’ai commencé à participer à ces activités de « présence protectrice » en novembre 2023, alors que les violences perpétrées par les colons et l’armée s’intensifiaient considérablement. Ces violences ne visaient plus seulement les bergers dans les champs, mais aussi les familles au sein même de leurs foyers. Par conséquent, la présence des militants a été étendue pour assurer une couverture 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.

J’ai noué des liens étroits avec une communauté particulière appelée « Farsiya al-Razala », composée de cinq familles incluant des enfants, des femmes et des personnes âgées. Il s’agit de l’une des dix dernières communautés de bergers subsistant dans la vallée du Jourdain ; malheureusement, pour elles aussi, le moment du déplacement forcé pourrait survenir très prochainement.

La semaine dernière, j’ai accompagné deux jeunes bergers qui faisaient paître leurs troupeaux dans une zone appelée Hammam al-Malih. Jusqu’à il y a quelques mois, une importante communauté y était établie : familles, champs, troupeaux, enfants et même une école primaire régionale. Tout a été détruit par l’État d’Israël. La population a été déplacée de force, alors même que les terres appartiennent à une église. De l’autre côté de la route, juste à côté de la communauté, se trouve une base militaire installée là depuis de nombreuses années.

Ces derniers mois, des soldats ont pris l’initiative de veiller à ce que — même après l’expulsion des familles et le déblaiement du site — les bergers des communautés voisines ne reviennent pas y faire paître leurs troupeaux. Auparavant, il y avait également une source qui fournissait de l’eau potable aux habitants comme aux animaux.

Le jour où je m’y suis rendu, les deux jeunes bergers nous ont demandé de ne pas les laisser seuls, car sinon, les soldats viendraient les arrêter. L’un d’eux nous a raconté une arrestation précédente :

« Des soldates, âgées de 18 ou 19 ans, nous criaient dessus tout en nous serrant les mains avec des colliers de serrage en plastique. Je leur ai demandé : « Pourquoi ? Il y a de la place pour tout le monde ici. Je demande juste à vivre en paix. » Les soldats nous ont crié : « Foutez le camp d’ici. » »

[Le jeune berger] a répondu : « Où devrions-nous aller ? Nous n’avons nulle part où aller. C’est chez nous. Nous vivons ici depuis toujours. » Ce jour-là, les bergers ont réussi à faire paître leurs troupeaux en toute tranquillité.

Hier, au même endroit, deux soldats sont arrivés et ont arrêté l’un de ces jeunes hommes. L’autre a réussi à s’enfuir. L’un des soldats a tiré en l’air avec son fusil M16 et a déclaré qu’il ne craignait personne. Le berger palestinien a été emmené, menottes aux poignets, vers une base militaire située à quelques kilomètres de là. Quelques heures plus tard, il a été relâché, couvert de bleus et de traces de coups. Ce n’est là qu’un récit parmi des centaines d’incidents quotidiens d’abus.

Yousef, un garçon de 13 ans ayant des besoins spécifiques, m’a appelée pour m’annoncer que sa famille avait reçu un ordre de démolition pour leur maison à Farsiya. Je ne savais que lui répondre. Ce jeune homme et sa famille n’ont pas d’autre foyer.

Mai – La « présence protectrice » est ce qui rend les choses bien réelles. Il s’agit de se tenir aux côtés de communautés soumises à une pression immédiate : agriculteurs, bergers, familles et enfants qui tentent de rester sur leurs terres et de mener une vie ordinaire dans des conditions extraordinaires.

En Cisjordanie, et tout particulièrement depuis le 7 octobre, le niveau de violence, d’incertitude et d’instabilité s’est accru. Au quotidien, ces communautés font face aux attaques de colons, aux incursions militaires et à une pression constante les poussant chaque jour au déplacement.

Dans ce contexte, cette présence n’a rien de symbolique. Elle constitue une forme de protection, mais aussi un acte de témoignage.

Elle transmet un message simple et essentiel : vous n’êtes pas seuls.

Parfois, cela prévient la violence ; parfois, non. Mais cela rompt systématiquement l’isolement, or l’isolement est l’un des principaux outils de l’oppression. C’est là que le lien avec les Combattants pour la paix devient tangible, car la mission des Combattants pour la paix ne se résume pas au dialogue : c’est une résistance commune en action.

La « présence protectrice » en est l’une des manifestations les plus manifestes sur le terrain. C’est aussi là que les pratiques incarnées et sensibles aux traumatismes issues de Satyam Homeland deviennent essentielles, car rester présent dans de tels moments exige un ancrage intérieur, et pas seulement une conviction politique.

Ces deux dimensions sont toujours présentes dans notre travail.

DB – Enfin et surtout : que pouvons-nous faire pour contribuer à votre initiative ?

Iris – Il y a beaucoup à faire. Au-delà du soutien financier, les gens peuvent se rendre sur place et participer, en tant que bénévoles internationaux, à des actions de présence protectrice. Cela comporte certes des risques : un risque physique de violence de la part des colons, ainsi que la possibilité d’être expulsé par les autorités israéliennes. Parallèlement, visiter la Cisjordanie et Israël est sans danger et permet d’acquérir une compréhension plus approfondie et plus juste de la réalité. Rien ne vaut le fait de voir les choses de ses propres yeux et de faire l’expérience directe de la réalité.

L’histoire nous a montré que la pression exercée par la communauté internationale peut influencer les dirigeants, modifier les politiques et même transformer le cours de l’histoire. Chacun peut agir en interpellant les médias, les responsables politiques, les artistes et les personnalités publiques, en faisant évoluer le discours public et en exigeant la fin immédiate de la violence, des exactions, de l’occupation, de l’apartheid et des déplacements de populations.

Cela implique d’exiger l’accès à l’eau et aux moyens de subsistance, la liberté de circulation ainsi que la libération des prisonniers et détenus palestiniens. Cela signifie exiger que tous les êtres humains soient libérés d’une existence marquée par la peur et la violence. Il faut revendiquer la sécurité, la liberté et l’égalité des droits pour toute personne vivant entre le fleuve et la mer.

La nature du débat doit changer : il ne s’agit plus de soutenir un camp contre l’autre, mais de comprendre que l’objectif doit être une vie sûre et libre pour tous les êtres humains.

Quatorze millions de personnes vivent entre la mer Méditerranée et le Jourdain : environ 7 millions de Juifs et 7 millions de Palestiniens. Aucun de ces deux peuples ne partira. Notre avenir est commun, que cela nous plaise ou non. La question n’est pas de savoir si nous vivrons ensemble, mais comment. Nos enfants méritent de grandir dans la liberté, la sécurité et la dignité.

Mai – La première responsabilité est la clarté. Rejeter totalement l’antisémitisme. Rejeter totalement l’islamophobie. Rejeter totalement le racisme anti-palestinien. Rejeter tout cadre qui attribue une valeur inégale à la vie humaine.

La deuxième responsabilité est la vérité. Nous ne pouvons bâtir la justice sur le déni. Nous devons être capables de nommer l’occupation, le déplacement de populations, les inégalités structurelles et la violence, sans recourir aux euphémismes.

La troisième responsabilité est de soutenir les mouvements qui conjuguent résistance et guérison. Car c’est ce qui rend possible une transformation à long terme.

Combatants for Peace incarne la colonne vertébrale politique de la résistance non violente et de la lutte commune. Satyam Homeland porte la dimension incarnée, émotionnelle et communautaire qui permet à cette résistance de perdurer sans s’effondrer. Ensemble, ils représentent quelque chose de rare : une manière de rester humain au cœur de la lutte.

Pour moi, en tant que femme palestinienne travaillant depuis la Cisjordanie, il ne s’agit pas de théorie. C’est une réalité quotidienne, façonnée par les risques, les responsabilités et le deuil, mais aussi par un engagement profond et la confiance née des liens que nous avons tissés par-delà les clivages.

C’est ce qui donne vie à ce travail. Car, en fin de compte, ce que nous bâtissons ne se limite pas à un changement politique. Il s’agit de la possibilité de rester pleinement humains tout en refusant les systèmes qui dénient leur humanité aux autres.

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La Peace Makers Academy 2026 ouvre les candidatures pour un Hackathon international de la paix à Paris

. TOLÉRANCE & SOLIDARITÉ .

Contribution spéciale à CPNN de la Peace Makers Academy

À une époque où les sociétés du monde entier sont confrontées à une polarisation croissante, aux conflits et à l’incertitude, la Peace Makers Academy 2026 réunira 25 jeunes leaders de différentes nationalités pour une expérience internationale intensive de quatre jours consacrée à la construction de la paix, au leadership et à l’action.

Organisée à Paris du 15 au 18 octobre 2026, la Peace Makers Academy est bien plus qu’un programme de formation. Conçue comme un Hackathon international de la paix, elle associe apprentissage par l’expérience, dialogue interculturel et collaboration autour de projets afin de permettre aux participants de devenir des acteurs concrets de la paix dans leurs communautés.

Fondée sur la conviction que la paix est une compétence qui peut s’apprendre, se pratiquer et se transmettre, l’Académie propose une approche globale à 360° de la paix grâce à des ateliers, des simulations, des conférences inspirantes d’experts dans le domaine et des mises en situation.

Plutôt que de se limiter à une approche théorique, le programme encourage les participants à concevoir des réponses pratiques et innovantes aux défis sociétaux actuels. Tout au long de l’événement, des équipes pluridisciplinaires travailleront ensemble pour développer des initiatives capables de produire un impact mesurable aux niveaux local et international.

Du dialogue à l’action

L’une des caractéristiques majeures de l’Académie réside dans sa méthodologie résolument tournée vers l’action.

Au lieu de se limiter à débattre des grands enjeux mondiaux, les participants sont invités à co-construire des solutions concrètes répondant à des problématiques telles que la cohésion sociale, l’inclusion, le dialogue, l’engagement des jeunes ou encore la résilience des communautés.

Le hackathon constitue un véritable laboratoire d’innovation où les participants passent rapidement de l’identification des défis à la conception de projets à fort impact pouvant être développés bien au-delà de l’Académie.

Cette priorité donnée à la mise en œuvre reflète une vision plus large de la paix : non pas simplement comme l’absence de conflit, mais comme la construction active de sociétés inclusives, résilientes et coopératives.

Construire un réseau international pour la paix

Au-delà de l’acquisition de compétences techniques, l’Académie vise à créer une communauté internationale durable d’acteurs du changement.

(cliquez ici pour une version anglaise .)

(Voir suite sur colonne de droite. . . )

Question related to this article:

 

Youth initiatives for a culture of peace, How can we ensure they get the attention and funding they deserve?

(. . . suite)

Les participants auront l’opportunité de nouer des relations professionnelles avec des experts, des formateurs et de jeunes leaders représentant de nombreux pays et cultures. Ces liens ont vocation à perdurer bien après la fin de l’Académie, en favorisant de futures collaborations et des initiatives transfrontalières.

Dernier appel à candidatures

La dernière phase de candidature est désormais ouverte pour les personnes souhaitant rejoindre la promotion 2026.
Les jeunes leaders, étudiants, professionnels, entrepreneurs et citoyens engagés âgés de 18 à 40 ans, animés par un fort intérêt pour la consolidation de la paix et la coopération internationale, sont invités à déposer leur candidature. Le programme se déroulera entièrement en anglais.

Peace Makers Academy 2026
Dates : 15–18 octobre 2026
Lieu : Paris, France
Langue : anglais
Participants : 25 candidats sélectionnés de nationalités diverses

Alors que débute la dernière phase de sélection, il s’agit de la dernière opportunité de rejoindre une communauté internationale engagée à construire la paix grâce à la collaboration, à l’innovation et au leadership.

À propos de JCI et de JCI France

La Peace Makers Academy est organisée par JCI France, l’organisation nationale française de la Jeune Chambre Internationale (JCI).

Fondée en 1915, la Jeune Chambre Internationale (JCI) est une organisation mondiale à but non lucratif réunissant des jeunes citoyens actifs âgés de 18 à 40 ans. Présente dans plus de 100 pays et territoires, elle rassemble plus de 100 000 membres à travers le monde. La JCI développe le leadership au travers de projets qui génèrent un impact positif dans les communautés tout en promouvant la citoyenneté active, l’entrepreneuriat, la coopération internationale et la réalisation des Objectifs de développement durable des Nations Unies. La JCI bénéficie d’un statut consultatif auprès de l’ECOSOC des Nations Unies

À travers la Peace Makers Academy, JCI France contribue à cette mission mondiale en offrant aux jeunes leaders des compétences concrètes en consolidation de la paix, en favorisant le dialogue interculturel et en leur donnant les moyens de transformer des idées innovantes en actions tangibles au service de sociétés plus pacifiques et plus inclusives.
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Press contact: Eva JOURJON — peace.academy@jcef.asso.fr — +33 6 29 09 87 21

(Note de la rédaction : Le 15 août, nous avons parlé au téléphone avec Eva Jourjon qui nous a assuré que les candidatures étaient toujours en cours d’examen, malgré les informations circulant sur Internet indiquant que les candidatures étaient closes.)

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Si vous souhaitez faire un commentaire sur cet article, vous pouvez écrire à coordinator@cpnn-world.org avec le titre “Commentaire sur (nom de l’article)” et nous mettrons votre commentaire en ligne. En raison du flot de spams, nous avons arrêté l’application directe des commentaires.

Bulletin français 1 août 2026


LA PAIX PAR DIALOGUE ET ÉDUCATION

Ce mois-ci, nous présentons des articles provenant d’Asie, d’Afrique et d’Europe.

En Asie du Sud, un mouvement important est en cours en Inde et au Pakistan.

Des militants indiens et pakistanais ont lancé une conversation virtuel qui transcende la culture de la guerre divisant les deux pays. Comme le décrit l’auteure et participante Nawal Amjad, ce dialogue virtuel a suscité l’enthousiasme de jeunes acteurs du changement issus des deux pays. Ce qui devait initialement durer deux heures s’est prolongé pendant près de quatre heures. Ils l’ont baptisé « Une conversation qui a refusé de prendre fin ». Ayant entendu parler des nouveaux événements en Inde, Nawal se décrit comme un « cafard au Pakistan ».

Le nouveau mouvement des « cafards » en Inde est décrit par l’auteure Arundhati Roy. Selon elle, les manifestations menées par des étudiants ont secoué la capitale indienne, laissant entrevoir un avenir différent pour le pays et se propageant à d’autres villes. Le mouvement a débuté lorsque le juge de la Cour suprême indienne, Surya Kant, a qualifié de « cafards » certains jeunes Indiens sans emploi ; Abhijeet Dipke, un étudiant vivant à Boston, a alors publié ce commentaire sur Instagram : « Et si tous les cafards s’unissaient ? » Des millions de personnes ont répondu à l’appel. C’est ainsi qu’est né le « Cockroach Janta Party » (Parti populaire des cafards). Arundhati Roy déclare : « Pour la première fois depuis des années, c’est merveilleux d’être Indien. Alors que tout espoir semblait perdu, ils sont arrivés. »

Depuis l’Afrique, Winner Ogogo décrit comment de jeunes leaders, des décideurs, des innovateurs et des acteurs du développement venus de tout le continent se sont réunis pour faire avancer les discussions sur le développement durable et les aspirations de l’Agenda 2063 de l’Union africaine. Au-delà des sessions officielles, le sommet a favorisé la collaboration entre les délégués de toute l’Afrique, créant des opportunités de partenariats transfrontaliers, d’échanges culturels et d’apprentissage mutuel. Ces interactions reflétaient l’esprit du panafricanisme envisagé par l’Agenda 2063 : une Afrique portée par ses populations, où la collaboration, l’innovation et l’unité constituent le fondement d’un progrès durable.

CPNN suit de près les tentatives difficiles de trois pays africains — le Niger, le Mali et le Burkina Faso — de s’affranchir de la domination néocoloniale. La tâche n’est pas seulement militaire, économique et linguistique, elle est aussi culturelle. À cet égard, nous avons publié ce mois-ci une information selon laquelle le ministère de la Culture du Burkina Faso a suspendu tous les concours de beauté, dans l’attente d’un examen de leurs modalités d’organisation.

Le Conseil de l’Europe a adopté une recommandation sur l’éducation à la paix « par, avec et pour les jeunes ». Le Dr Phill Gittins explique le processus de consultation ayant permis d’élaborer cette recommandation. Des jeunes et des représentants d’organisations de jeunesse non gouvernementales ont pris part aux discussions, à la rédaction et à la révision du texte, aux côtés de représentants gouvernementaux, d’experts et de collaborateurs du Conseil de l’Europe. Il aborde également les modalités de sa mise en œuvre concrète.

Des éducateurs à la paix venus du monde entier (membres de l’Institut international pour l’éducation à la paix) se sont réunis à Grenade, en Espagne, du 19 au 26 juillet, pour de riches échanges d’expériences, d’idées et de cultures. Ils ont salué le Manifeste pour la paix — dont nous avons parlé dans de précédents bulletins — et ont formulé de nombreuses propositions utiles pour son amelioration.

Dans le cadre de cette rencontre à Grenade, les participants se sont rendus dans les sept villages de La Taha, situés dans les montagnes voisines, pour recevoir le manifeste *Pueblos por la Paz* rédigé et approuvé par le conseil municipal. Ce manifeste constitue non seulement un document remarquable, mais aussi un modèle pour les manifestes locaux en faveur de la paix que nous espérons voir élaborer aux quatre coins du monde.

DISARMAMENT ET SECURITÉ


India and Pakistan: A Conversation that Refused to End

DÉVELOPPEMENT DURABLE


African Youth Advancing the Sustainable Development Goals and AU Agna 2063: From Dialogue to Action

PARTICIPATION DÉMOCRATIQUE


La Alpujarra, Granada, Spain: Manifest Pueblos por la Paz

ÉQUALITÉ HOMMES/FEMMES


Au Burkina Faso, le ministère de la Culture suspend tous les concours de beuté

  

TOLÉRANCE ET SOLIDARITÉ


UNESCO Korean workshop: Translating Peace into Action

ÉDUCATION POUR LA PAIX


From Adoption to Action: A New Council of Europe Recommendation on Peace Education by, with and for Young People

LIBERTÉ DE L’INFORMATION


Bike for Peace turns 50. In 2026-27 we visit all nine nuclear powers with one appeal, a nuclear-free world by 2045

DROITS DE L’HOMME


India: Cockroach Democracy: Unarmed and Dangerous

Au Burkina Faso, le ministère de la Culture suspend tous les concours de beauté

. EGALITE HOMMES/FEMMES .

Un article de Radio France International

Coup d’arrêt pour les concours de beauté au Burkina Faso. Le ministère de la Culture a annoncé lundi 8 juin la suspension de toutes les compétitions du genre le temps de revoir leur encadrement. Les autorités évoquent la défense des valeurs culturelles nationales et la nécessité d’adapter ces événements aux idéaux de la révolution progressiste populaire.


Noélie Congo Salouka, directrice générale de la Culture et des Arts du Burkina Faso. © Facebook/Ministère de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme du Burkina Faso

Les reines de beauté et autres Miss ne défileront plus au Burkina Faso, jusqu’à nouvel ordre. L’objectif des autorités est de préserver « l’identité culturelle burkinabè » et « garantir le respect des valeurs morales ».

(Voir suite sur colonne de droite. . . )

(Cliquez ici pour une version anglaise.)

Pregunta(s) relacionada(s) al artículo

Protecting women and girls against violence, Is progress being made?

The new military governments in Africa: Are they promoting a culture of peace?

(. . . suite)

Dans son communiqué, la directrice générale de la Culture et des Arts, Noélie Congo Salouka, explique que cette pause doit permettre de revoir le cadre réglementaire de ces événements afin d’encadrer plus strictement leur organisation. En attendant, plus aucune autorisation ne sera accordée.

Critiques

Dans le secteur de l’événementiel, la décision n’a pourtant rien d’un coup de tonnerre. Ces derniers mois, les concours de beauté attiraient de plus en plus de critiques. Une partie de l’opinion publique leur reprochant de mettre en scène uniquement l’apparence physique de jeunes femmes. Les sponsors se faisaient également plus rares, au point de mettre en difficulté leurs organisateurs.

Reste que cette suspension risque de fragiliser tout un écosystème économique : agences de communication, stylistes, couturiers, artistes ou encore salles de spectacle seront affectés, le temps que les autorités définissent un nouveau cadre pour ces compétitions.

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Bulletin français 1 juillet 2026


«SLOW NEWS » CONTRE «FAST NEWS»

Les médias commerciaux privilégient l’actualité immédiate, ou ce qu’ils qualifient souvent de « dernière heure » (*breaking news* ou “fast news”). Cette approche tend à occulter ou à masquer les processus fondamentaux qui, en s’accumulant lentement au fil du temps, engendrent des changements historiques profonds. Leurs reportages sur le s”fast news” sont saturés d’informations concernant les guerres et les menaces de conflit à travers le monde ; ils ne rendent pas compte de ce que l’on pourrait appeler « les “slow news” de la paix ». Consultez mon blog pour une analyse à ce sujet.

NB: On peut traduire “fast news” et “slow news” par “informations rapides” et “informations lentes.”

Ce mois-ci, le CPNN propose de nombreuses « slow news » consacrées à la paix.

Dans un article publié sur le site *Foreign Policy in Focus*, l’historien américain Lawrence Wittner présente de nombreuses preuves, issues de diverses enquêtes, montrant que le soutien du public à la solidarité et à la coopération internationales est très important — et en augmentation — dans de nombreux pays, y compris aux États-Unis. Cela inclut la confiance du public envers les Nations Unies et l’Organisation mondiale de la santé.

La World Peace Foundation , affiliée à la Fletcher School of Global Affairs de l’université Tufts (Boston), a publié une cartographie mondiale des initiatives contemporaines axées sur la paix, mentionnant notamment les organisations suivantes selon les régions :

Amérique du Nord et Europe : Oxford Network of Peace Studies ; Stockholm International Peace Research Institute ; Peace Research Institute Oslo

Amérique latine : programme « Acción No Violenta » de la FLACSO (Équateur) ; programme de recherche « Visions of Peace » du CALAS ; Université pour la paix au Costa Rica

Afrique : West Africa Network for Peacebuilding ; African Centre for the Constructive Resolution of Disputes

Océanie : National Centre for Peace and Conflict Studies de l’université d’Otago ; Transcend Oceania

Moyen-Orient : Arab Forum for Alternatives (Liban)

Asie : Toda Peace Institute (Japon) ; Mindanao Peacebuilding Institute (Philippines)

Les initiatives répertoriées ce mois-ci par le CPNN vont au-delà de la liste établie par la World Peace Foundation.

Amérique du Nord et Europe :

° À Londres, plus de 3 000 délégués venus de toute l’Europe se sont réunis pour la deuxième Conférence internationale contre la guerre .

° L’École pour une culture de la paix (School for a Culture of Peace) de l’Université autonome de Barcelone a publié son rapport annuel sur les conflits armés dans le monde .

° Le Catholic Institute for Nonviolence , basé à Rome, a nommé un nouveau codirecteur issu de l’organisation américaine pour la paix « Pace e Bene ».

Amérique latine :

° À l’Université nationale autonome du Mexique, une commission a été mise en place pour élaborer des contenus axés sur une culture de la paix.

° En République dominicaine , un programme de réduction de la violence et de promotion de la culture de la paix a été instauré dans les écoles.

° Au Honduras, la sixième édition du Congrès mondial pour la paix se tiendra en août.

Afrique :

° Au Bénin, la dix-septième édition du Forum social mondial se tiendra en août.

Océanie :

° Les dirigeants des îles du Pacifique envisagent de transformer la « Déclaration du Pacifique bleu, océan de paix » en un traité régional.

Asie :

° Jeunes leaders issus de 33 pays ont participé au 12e atelier de leadership des jeunes sur l’éducation à la citoyenneté mondiale à Séoul, sous le thème « Transformer la paix en action ».

À long terme, qu’est-ce qui importe le plus pour l’histoire de l’humanité : les “fast news” ou les “slow news”?

Si les “fast news” nous mènent à une troisième guerre mondiale nucléaire, cela pourrait marquer la fin de l’histoire humaine. Dans le cas contraire, nous pouvons espérer que les “slow news” de la paix nous permettront de survivre à cette période périlleuse de l’histoire et nous aidera à cultiver une culture de la paix.

DISARMAMENT ET SECURITÉ


London: International Conference Against War

DÉVELOPPEMENT DURABLE


The China–Gulf axis is reshaping renewable energy in the Global South

PARTICIPATION DÉMOCRATIQUE


Burkina/Culture : La 6ᵉ édition du FESCUSAN ouvre ses portes au palais de la culture Jean-Pierre Guingané

ÉQUALITÉ HOMMES/FEMMES


Report on Strategic Plan by UN Women Executive Director Sima Bahous

  

TOLÉRANCE ET SOLIDARITÉ


Haïti – Conférence Nationale : Engagements des leaders religieux, déclaration commune

ÉDUCATION POUR LA PAIX


Dominican Republic: Violence Reduction and Peace Culture Promotion Program in Schools

LIBERTÉ DE L’INFORMATION


UAB School for a Culture of Peace annual report: highest number of armed conflicts in the world in the past decade

DROITS DE L’HOMME


US: UN High Commissioner for Human Rights alarmed at deaths in ICE custody, calls for urgent preventive action

Haïti – Conférence Nationale : Engagements des leaders religieux, déclaration commune

. TOLÉRANCE & SOLIDARITÉ .

Un article de Ici Haiti

Vendredi 29 mai 2026 le Ministère des Affaires Étrangères et des Cultes a procédé, à la clôture de la Conférence nationale des leaders religieux pour la Paix, la stabilité et le civisme. À l’issue des ateliers, les leaders religieux ont adopté une Déclaration qui réaffirme leur engagement collectif en faveur de la Paix, de la cohésion sociale, de l’éducation civique, de l’accompagnement des populations vulnérables et de l’insertion effective des jeunes.

Engagements de la Déclaration commune des leaders religieux :

1 – Nous nous engageons à promouvoir, au sein de nos communautés religieuses, des initiatives concrètes de prévention de la violence, d’éducation citoyenne et d’accompagnement des populations vulnérables et d’œuvrer à sensibiliser nos frères et sœurs haïtiens aux valeurs de Paix, de tolérance, de responsabilité citoyenne et de vivre-ensemble, notamment à travers des activités communautaires, des actions de médiation, des campagnes de sensibilisation et des programmes destinés à la jeunesse ;

Nous nous engageons également à renforcer, au sein de nos communautés, les mécanismes de prévention de la violence, les espaces de dialogue, d’écoute et de médiation communautaire, ainsi que les initiatives favorisant l’encadrement, la formation et la réinsertion des jeunes en situation de vulnérabilité ;

2 – Appelons à une mobilisation nationale autour de la Paix, du civisme et de l’insertion et/ou de la réinsertion effective des jeunes, particulièrement ceux issus des communautés vulnérables et affectées par la violence ;

(Voir suite sur colonne de droite. . . )

(cliquez ici pour un article en anglais de ce sujet.)

Question related to this article:
>
How can different faiths work together for understanding and harmony?

(. . . suite)

3 – Appelons l’État, les Leaders religieux, des traditions ancestrales ainsi que des Guides spirituels et philosophiques, le secteur privé et la société civile à unir leurs efforts afin de renforcer la cohésion sociale, promouvoir l’éducation civique et construire une culture de Paix, de stabilité et de civisme ;

4 – Réaffirmons notre volonté à soutenir les victimes de violence et d’accompagner les jeunes à travers des initiatives de formation, de mentorat, d’accompagnement psychosocial, culturel et spirituel ainsi que le développement d’alternatives concrètes à la violence et à la criminalité ;

5 – Recommandons au Ministère des Affaires Étrangères et des Cultes de promouvoir la protection des lieux de culte et d’accompagner les leaders religieux, ceux des traditions ancestrales ainsi que les Guides spirituels et philosophiques dans les initiatives favorisant le dialogue inter-religieux, la cohésion sociale, la promotion du civisme pour la Paix, la stabilité et le renforcement du tissu social haïtien ;

• Enjoignons le Ministère des Affaires Étrangères et des Cultes à mettre en place un Conseil National de Concertation Interreligieuse (CNCI) afin d’établir un dialogue permanent entre tous les secteurs religieux, les traditions ancestrales ainsi que les Guides spirituels et philosophiques pour promouvoir la paix, la sécurité et la cohésion sociale en Haïti ;

• Enjoignons également le Gouvernement à déclarer la date du 28 mai « Journée nationale des Leaders religieux, des traditions ancestrales ainsi que des Guides spirituels et philosophiques », aux fins de pérenniser cette initiative qui implique des groupes dudit secteur dans les questions d’intérêt national ;

• Renouvelons notre engagement à promouvoir un discours religieux responsable, porteur d’espérance, d’unité, de fraternité, de solidarité et de réconciliation dans l’intérêt supérieur de la Nation haïtienne ;

• Réaffirmons enfin notre engagement à œuvrer, aux côtés de l’État haïtien, notamment du Ministère des Affaires Étrangères et des Cultes, de la société civile, à mettre en œuvre des plans stratégiques pour concrétiser la présente Déclaration.

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Burkina/Culture : La 6ᵉ édition du FESCUSAN ouvre ses portes au palais de la culture Jean-Pierre Guingané

. PARTICIPATION DÉMOCRATIQUE .

Un article dans Le Faso

La 6ᵉ édition du Festival de la culture San (FESCUSAN) a officiellement ouvert ses portes le jeudi 28 mai 2026 à Ouagadougou. Prévu pour se tenir jusqu’au 31 mai prochain au palais de la culture Jean-Pierre Guingané, l’événement met en lumière les valeurs culturelles, artistiques et gastronomiques du peuple san.

Placée sous le thème « La culture : facteur de paix et d’unité dans un Burkina Faso multiethnique », cette édition rassemble les fils et filles de la communauté san venus promouvoir leur riche patrimoine culturel dans un contexte de cohésion sociale et de vivre-ensemble. La communauté Dafing (Marka) est l’invitée d’honneur de cette 6ᵉ édition.


Video

Pendant quatre jours, plusieurs activités culturelles rythmeront le festival. Les visiteurs pourront découvrir des danses traditionnelles, des chants, visiter une exposition artisanale ainsi que découvrir également la gastronomie san, mise à l’honneur tout au long de l’événement.

Les organisateurs invitent la population de Ouagadougou à effectuer le déplacement au palais de la culture Jean-Pierre Guingané afin de découvrir les spécificités culturelles du peuple san et de partager des moments de fraternité autour des valeurs traditionnelles burkinabè.

Le promoteur du festival, par ailleurs président du comité d’organisation, Urbain Toé, a insisté sur le fait que ce festival de la culture san n’est pas qu’un simple évènement festif mais un lieu de mémoire, d’éducation, de valorisation et de transmission. « À une époque où les défis de la mondialisation menacent l’homogénéité culturelle, il est de notre devoir de préserver ce que nos ancêtres nous ont légué de plus précieux : notre identité culturelle », a-t-il rappelé. D’après lui, ce festival a pour vocation de mettre en lumière la culture san sous toutes ses formes : la langue, les danses et les musiques traditionnelles, l’artisanat et le tissage, la gastronomie et bien d’autres savoirs.

Représentant le ministre en charge de la culture à la cérémonie d’ouverture, Marguerite Douanio a salué l’importance du festival dans la sauvegarde et la transmission des patrimoines culturels nationaux. « Le peuple san, par sa langue, son organisation sociale, ses pratiques artistiques et spirituelles, a su construire à travers des siècles un patrimoine culturel d’une richesse inestimable. Le FESCUSAN, qui est cette année à sa 6ᵉ édition, est une occasion précieuse de revisiter cette richesse, de la faire revivre, de la partager, et surtout de la transmettre aux jeunes générations. À travers les danses et les chansons traditionnelles, les masques, les expositions artisanales et les mets locaux, ce festival met en lumière tout ce qui fait la grandeur et l’originalité du patrimoine culturel san », a souligné la représentante du ministre en charge de la culture.

(Cliquez ici pour l’article en anglais. )

Latest Discussion

Can festivals help create peace at the community level?

Pour elle, ce festival est aussi une plateforme de dialogue entre le passé et le présent, entre tradition et modernité, et entre les générations. « Dans un contexte mondial marqué par la globalisation, il est impératif pour chaque peuple de renforcer son identité culturelle pour ne pas se dissoudre dans un moule uniforme. Ce festival constitue donc une réponse forte et résolue à ce défi de notre temps. Il me plaît ici de souligner que la culture n’est pas un héritage figé dans le passé. Elle est dynamique, évolutive et vivante. Elle est aussi un facteur de développement économique et social et même politique. Les industries culturelles et créatives offrent des opportunités d’emploi, de revenu et d’échange. Les savoir-faire artisanaux, la gastronomie, les instruments de musique sont des produits d’exportation et des moteurs d’innovation.

C’est pourquoi je lance un appel aux jeunes : appropriez-vous votre culture. Ne la voyez pas comme un simple folklore, mais comme un socle solide sur lequel bâtir un avenir authentique et prospère. Soyez fiers de vos origines, de vos noms, de vos langues, de vos rites et traditions. Le progrès ne signifie pas l’abandon de soi, mais plutôt la valorisation de ce que nous sommes en harmonie avec les autres », a indiqué Madame Douanio.

Selon le représentant des parrains, Mathieu Boro, la communauté san, à travers ce festival, démontre une fois de plus sa plus grande richesse culturelle, sa capacité de résilience, mais surtout sa volonté de préserver, valoriser et transmettre son identité culturelle aux générations présentes et futures. « Dans un monde de plus en plus globalisé, où les cultures tendent à s’uniformiser, il devient impératif pour chaque communauté de se réapproprier ses racines, de renforcer ses repères identitaires et de défendre ses patrimoines matériels et immatériels.

Ce festival n’est donc pas qu’une simple fête. C’est un acte de mémoire, un acte de transmission et un acte de résistance culturelle. Il est aussi un espace de dialogue entre générations, un pont entre le passé glorieux, le présent dynamique et l’avenir que nous souhaitons riche de valeurs. Ces valeurs ne sont pas de simples mots. Elles sont au cœur de nos mécanismes traditionnels de gestion des conflits. Avant que les institutions modernes ne se mettent en place, ce sont nos chefs coutumiers, nos anciens, nos griots, nos forgerons, qui œuvraient chaque jour à maintenir la paix sociale, à réconcilier les familles, à prévenir les violences », a laissé entendre M. Boro.

Pour la représentante de la communauté Dafing (Marka), Céline Zina Bayé, la paix véritable ne se décrète pas uniquement par des accords politiques. Mais, elle se construit, pas à pas, dans les cœurs et les esprits, par l’éducation, le respect mutuel, l’écoute et le dialogue. « C’est là que la culture joue un rôle irremplaçable. À travers la musique, la danse, les contes, les proverbes, les cérémonies traditionnelles, la culture san enseigne la solidarité, la justice, la convivialité, et le respect de l’autre. Oui, la paix peut naître de la culture, lorsqu’on en fait un levier d’inclusion, de partage et d’unité. Et c’est ainsi que nous passerons de la paix par la culture à une véritable culture de la paix. Cela suppose un changement profond de paradigme : considérer la culture non comme un luxe ou une distraction, mais comme un pilier de développement, un outil de résilience et une arme douce contre la violence et l’intolérance », a notifié. Elle a terminé en remerciant les organisateurs pour l’honneur fait à leur communauté pour cette édition.

À travers cette initiative culturelle, les promoteurs du festival entendent contribuer au renforcement de l’unité nationale et à la promotion de la diversité culturelle au Burkina Faso.

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